Marathon Nice-Cannes

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Marathon Nice-Cannes

5 18 janv 2009

Avantages:
Pouvoir dire "Je l'ai fait", "J'y étais" .

Inconvénients:
C'est dur……

Recommandable: Oui 

BERTRAND06

Plus à mon sujet: Mai 2010 la Bolivie ... Le film à voir : Avatar... www.LaCigogneRose.com.... Poutou de Tania...Me...

Membre depuis:25.12.2004

Avis:99

Lecteurs satisfaits:88

Cet avis a été évalué par 39 membres de Ciao en moyenne: exceptionnel

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(¸.•´ : (¸.•´ : (´¸.•*´¯`*• PREAMBULE :

L'histoire à commencé il y a cinq ans maintenant. En mars 2003, j'arrive à Nice afin de commencer mon nouveau travail. Présentation de la boîte, des collègues et de mon bureau. Lors de la visite, je remarque un lot impressionnant de médailles accrochées à un pan de mur, et des affiches de toutes tailles avec un point commun : le mot "marathon". Dont une qui me tape particulièrement à l'œil, avec la mention "Seuls ceux qui l'ont fait peuvent porter le nom de Marathonien". Ces mots cinglent mon esprit avec la force d'une flèche. Le temps passe, et un jour j'aborde le sujet avec Philippe, l'heureux propriétaire de cette collection d'environ 15 médailles, arborant les noms de Paris, New-York, Monaco... Un homme simple, abordable, pas vaniteux pour un sou, et d'une humilité impressionnante. Il me raconte qu'il aime courir, qu'il prend du plaisir à franchir les kilomètres à pied, qu'un marathon se joue d'abord au mental ensuite au physique.
Je ne comprend pas très bien ce qu'il veut dire par là mais j'enregistre et me dit "oui, sûrement". Sans conviction mais après tout, pourquoi me dire des niaiseries ? Il faut dire qu'il y a 5 ans, je pesais près de 100 kilos, et déplacer un quintal en footing demande une volonté conséquente...
Et puis les années passent. De temps en temps un petit footing pour me donner bonne conscience mais rien qui me transforme en sportif. Tout juste le sportif du dimanche, celui qui fait rire les passants quand je passe avec mon short et mon t-shirt cachant nullement mon anatomie proche de l'hippopotame urbain alors que je me prends pour Rocky traversant la ville.
Et puis un jour, Nice tombe sous mon charme et une habitante sous le mien, et tout s'enchaîne très vite : mariage, bébé, achat d'un appartement. Je cesse de fumer ("oui chérie, j'arrête le jour du mariage"). La perte de la cigarette entraîne un gain en poids... heureusement, lors de l'essayage du costume de marié le vendeur m'avait dit qu'il serait bon de perdre un peu. Donc perte + gain = statu quo : je suis toujours au quintal. Et voici que l'année 2007 arrive.
Cette année-là, Philippe me parle d'une course qui a lieu tous les ans à St Isidore, à l'entrée de Nice. Son nom : la Ronde des Collines. 18 km avec trois côtes principales dont une à 14%. Heureusement, un bon plan : il y a 4 ravitaillements qui ont lieu dans les châteaux traversés avec dégustation de vin blanc, rosé, rouge et évidemment les quartiers d'orange, eau et autres sucreries bienfaisantes, mais aussi pâté, charcuterie : une course aussi technique que festive. Le tout encadré par des bénévoles aussi sympa qu'efficaces. Cerise sur le gâteau : une tombola à l'arrivée avec de nombreux lots à gagner et on gagne réellement : j'ai gagné un apn cette année-là. Un ami qui fume comme un pompier me met alors au défi de faire cette course. Pari tenu, je m'inscris. Quelques mois plus tard, quasiment sans entraînement, me voici franchissant la ligne d'arrivée, essoufflé et heureux de l'avoir fait. Mais en me disant qu'un entraînement s'impose pour le refaire dans de meilleurs conditions. Je précise que lors des ravitaillements je n'ai bu que de l'eau et qu'on a bien rigolé car avec les copains (une dizaine), nous avons fait cette course déguisés.

Voici comment j'ai commencé à prendre goût à l'effort, puis à faire des petites courses dans les environs de Nice, toujours en conciliant vie privée et vie professionnelle. Car il faut que cela reste un plaisir, dans tous les cas.

Je gardais toujours en-tête la phrase du trophée de mon collègue "Seuls ceux qui ont couru un marathon peuvent porter le nom de Marathonien". Un jour, pourquoi pas ? Ce serait un super challenge, non ?

Et en 2007, courant novembre, j'apprend que la ville de Nice se prépare à organiser un marathon, le Nice-Cannes. Je recherche sur le net, pas grand chose. Et puis en janvier 2008, je trouve le site Marathon06. Tout y est, y compris le formulaire d'adhésion. Je ne sais pas si j'ai raison ou tort, et j'attends pour être sûr de ma motivation. L'inscription est alors de 30€ (+ 3 de frais). En avril, elle passe à 40. Hésitation, énervement, je me décide en juin, elle est déjà à 50+3 soit 53€ pour courir (faut vraiment être motivé !!!!!). Le mois suivant, elle passe à 70€. Fort heureusement les organisateurs tiennent leurs compte et un décompte des dossards libres est inscrit sur le site. En juillet, les 10 000 dossards sont vendus. 10 000 inscrits pour une première édition, le Conseil Général, organisateur, peut-être fier de son défi.

Il y a la motivation, l'inscription, ne reste plus que la course. Non seulement ce sera le premier marathon Nice-Cannes, mais ce sera aussi mon premier : deux raisons qui sonnent dans mon esprit comme un leitmotiv : je dois le faire.

Afin de ne pas changer les bonnes habitudes, cet avis est découpé en plusieurs parties dont voici les titres :

1 - L'histoire du Marathon Nice-Cannes
2 - L'entraînement - L'équipement
3 - Le petit + : les journalistes
4 - La veille de la course - Le marathon
5 - Mon avis - Conclusion

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(¸.•´ : (¸.•´ : (´¸.•*´¯`*• 1 - L'HISTOIRE DU MARATHON NICE-CANNES :


► L'histoire du marathon :

Il aura fallut 5 ans avant que la marathon voit le jour. Pourtant le département des Alpes-Maritimes est riche de coureurs de tout niveau. Nombreux sont les anonymes qui courent simplement pour se maintenir en forme (on les voit souvent sur la Prom'), pour garder la ligne, qui font partis ou non de club et qui parfois pratiquent diverses style de course : bitume ou trail. Les courses régionales offrent d'ailleurs de multiples possibilités, allant de quelques km (Prom' classic par exemple), au semi-marathon (à Nice), jusqu'au marathon (mais il faut se rendre à Monaco). La ville de Nice reçoit aussi un Iron Man et joue le jeu du sport avec de nombreuses pistes cyclables offrant une sécurité pour les vélos et les coureurs avec plusieurs km de tranquillité, sans parler de toutes les associations reparties aux quatre coins de la ville. Il est ainsi possible en footing de se faire toute la promenade des Anglais, mais aussi aller de l'aéroport jusqu'à Carros ou jusqu'à Cagnes sans risquer de se faire écraser.
Et nombreux sont les coureurs qui voulaient un marathon Nice-Cannes.
Il aura donc fallut attendre 2008 pour que cela se réalise. Et ce ne fut pas sans mal.

Heureusement, la ténacité d'un homme a porter ses fruits. Pascal Thiriot, le Président d'Azur Sport Organisation. Un homme qui sait organiser des courses, puisqu'il a à son actif la création de la Prom' classic et le Raid Canca (qui s'appellera Raid Nice-Côte d'Azur dès 2009).

C'est l'homme-phare de cette magnifique course. Celui grâce à qui tout a pu se faire. Je dis cela gratuitement car je ne connais pas cet homme autrement que par ce qu'il a réalisé. Et même si il n'a pas été seul à faire que cela soit, c'est lui l'homme clé qui a su fidéliser et centraliser les forces pour habilement arriver à ce superbe résultat. Je ne pourrais parler autrement d'un homme qui organise une course telle un marathon, pensant réunir 10 000 coureurs maximum, (alors que trois mois avant la date fatidique tous les tickets étaient vendu, c'est dire l'engouement !!!), et qui en plus d'une météo incertaine a pris un pari sur une épreuve difficile, et placée directement deuxième derrière le marathon de Paris en nombre de participants ! Une lourde responsabilité !


► De l'idée à la conception :

L'histoire débute en 2003. Le projet est lancé, mais il reste dans les cartons. En 2006, le Conseil Général, sous l'égide de son président Christian Estrosi, est emballé et décide qu'il faut absolument lancé un marathon digne de la région PACA. 2 années seront nécessaire à la mise au point. Il faut définir et reconnaître le circuit, s'assurer que le parcours est faisable physiquement, créer un comité d'organisation et faire la promotion de l'évènement. Un site internet est aussi nécessaire. Cela facilitera les inscriptions et permettra de diffuser les informations. Bonus supplémentaire , un compteur permettra de mesurer l'engouement des coureurs par leurs inscriptions. Il faut aussi convaincre les communes traversées de jouer le jeu. Recruter les bénévoles. 1600 bénévoles ! Une vraie armée. Quarante personnes seront nécessaire pour venir à bout du projet. L'organisation s'offrira même un salarié à temps plein.
Le parcours sera entièrement fermé à la circulation. Les ravitaillements seront régulièrement disposé, avec un épongeage tous les 2,5 km et un ravitaillement en sucre, fruits, etc... tous les 5 km. Au 20 et au 30ème km des produits énergétiques seront offert par un sponsor, Scientec Nutrition. Personnellement je n'ai pas testé car je me suis habitué à mes gels et je ne voulais pas risquer un mal au ventre en bouleversant mes habitudes.
Canal + s'associe à la manifestation sportive en dépêchant un reporter qui courera les 20 premiers kil avec sa caméra et dont le reportage sera diffusé le 10.11. sur Canal.
La SNCF est sollicitée pour ramener ceux qui le souhaitent à Nice. Le voyage sera gratuit pour les participants (à moins que cela ait été compté dans les frais d'inscription.
Une médaille et une barquette de pâtes à la sauce tomate à l'arrivée, décidément rien n'est laissé au hasard.


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(¸.•´ : (¸.•´ : (´¸.•*´¯`*• 2 - L'ENTRAINEMENT - L'EQUIPEMENT


► L'entraînement :

La règle d'or : on ne fait pas un marathon sans préparation. Cela peut paraître évident, mais je peux vous dire, pour l'avoir vu, qu'hormis quelques jeunes téméraires , les kamikazes qui se sont lancés dans cette aventure sans prépa ont mis plusieurs jours à s'en remettre. Courir 5 km, tout le monde peut le faire, 10, c'est plus dur, 20, rare, mais 42, il faut s'entraîner. Ce n'est pas naturel de courir une telle distance.
Alors fort des conseils de Philippe, mon Marathonien-mentor, j'ai commencé ma prépa tranquillement quasiment un an avant l'épreuve. Doucement, un à deux footing par semaine, sur petites distances, histoire de perdre du poids petit à petit, en accroissant au maximum ce désir sous-jacent car je rappelle que je n'étais pas encore inscris au marathon. Mon mentor étant relativement muet sur le domaine de la préparation (et j'avoue être curieux et tétu, donc j'aime glâner de ci-de là les renseignements), je me rend dans quelques librairies à la recherche d'ouvrage parlant de marathon, et de textes idoines. Ciao sera par ailleurs une excellente source (comme quoi... ) et un auteur en particulier : Runnerar. Je le contacte et le courant passe. Nous discutons motivation, engouement, volonté, puis de la préparation à adopter. Et sur ce plan-là, j'ai confiance. Runnerar a fait ses preuves, comme en témoignent ses deux superbes avis sur les marathon de Reims et de Paris. Je vous conseille d'aller y jeter un oeil, vous ne serez pas déçu. Il me fournit ses conseils (dont voici un extrait "Semaine du 21/04 au 27/04 : Mardi : 40' de course un court arrêt de 3/5 ' et course 10 minutes, Jeudi : 40' de course un court arrêt de 3/5 ' et course 20 minutes, Dimanche : sortie 1 heure 30 à ta convenance". Et cette aide va se révélée précieuse, car elle sera déterminante. En effet, Runnerar me crée un programme qui va évoluer avec mes progrès et chaque sortie sera pour moi un plaisir supplémentaire. Certes certaines fois cela sera dur, surtout lors de séances de fractionné, mais quel plaisir après. Et quand je dis déterminant, c'est parceque par comparaison, les deux amis qui ont courus le marathon avec moi n'ont quasiment pas eu de prépa adaptée, et ils sont non seulement arrivés derrière moi, mais aussi dans un sale état (un avec une crampe phénoménale derrière la cuisse droite, l'autre pire que si il avait fait les 100 bornes de Millau...). Grosso modo, l'entraînement consistera en deux à trois sorties par semaine entre mai et août puis trois en septembre et octobre. Un week-end sur deux une longue distance (entre 15 et 20 voir 25 km) mais obligatoirement une sortie le dimanche pour habituer le corps à fournir un effort ce jour-là. Quelques courses dominicales réparties une fois par mois donneront une idée sur les performances et sur le temps que je ferai au marathon (un semi en avril fait en deux heures m'indiquera par exemple un temps de 4h15, 4H30 au 42kil). Lors des courses du dimanche, je profiterai des conseils de Lolo qui me donnera aussi un plan conçu en fonction de mes temps de courses, que lui aussi a fait et qu'il connaît bien. Il me fournira aussi des compliments (les gels) pour m'aider lors de cette épreuve, à charge pour moi de les tester lors des entraînements et des courses avant le marathon. Lors de discussions avec un ami, Sacha, ce dernier m'apprend que lors de meeting d'athlétisme, il utilise des cachets de sel pour prévenir des crampes. Il m'en donne un flacon et les conseils qui vont avec : faire une cure de ces cachets à raison de 4 par jours et deux avant chaque course.

► L'équipement :


Ces footing seront donc l'occasion de prendre confiance en moi, mais aussi de renforcer les muscles (d'en découvrir de nouveaux aussi...) et donc de tester le matos. D'abord la tenue : un t-shirt respirant, pas trop ample, ni trop serré, et dont la matière ne rape pas les tétons : comique mais peu agréable ! si c'est un haut que vous voulez absolument porter, mettre du sparadrap sur le bout des seins) ; le short, dont l'entrejambe peut rapidement brûler, sera aussi choisit avec une poche intérieure notamment pour y loger la clé de la voiture ou le téléphone portable. Une bonne montre chrono pour savoir l'heure et connaître son temps, mais aussi qui fasse cardio pour ne pas présumer de sa santé et l'entretenir au lieu de la détruire : les premiers entraînement doivent être basés sur l'endurance, donc un rythme très tranquille : une course lente en vitesse mais longue en temps. Vaincre le chrono se fera donc petit à petit, avec la multiplicité des courses. Ensuite, il faudra faire un choix entre trois produits. Le but étant de parcourir un marathon, il est nécessaire d'emporter des compléments alimentaires qui aideront à poursuivre l'effort physique. Comme ces aides se présentent sous forme de gel liquide (en plus des barres de céréales), on optera soit pour la ceinture avec des petites gourdes, la ceinture avec une ou des grosses gourdes et encore le camel-bag, sorte d'outre à porter dans un sac à dos. Là, chacun choisira. Personnellement j'ai pris la ceinture avec une poche zippée pour le téléphone et une grosse gourde dans laquelle j'ai versé deux gels, les deux autres étant dans la poche de la ceinture avec le portable. Au niveau des chaussettes, une fois de plus c'est Runnerar qui va me donner la solution : les Run50 ou Run80 de Décathlon : de très bonnes chaussettes qui tiennent bien le pied, évitent les frottements, et permettent aux petits petons de bien respirer. Les chaussures seront des Nike, toujours prises à Décathlon pour 70€ environ (je ne me rappelle plus les références précises. Lors de l'entraînement j'ai souvent couru avec un brassard autour du bras contenant un lecteur mp3. Pas le jour de la course, afin de pouvoir discuter avec mes amis de souffrance et par politesse pour le public venu nous soutenir.

Il ne faut vraiment rien laisser à la légère. C'est aussi important que la préparation. Il faut d'ailleurs mettre à profit la prépa pour roder son matériel, "casser" ses chaussures (les mettre à la forme du pied), tester les gourdes, sacs, tenues et surtout se tester soi-même. Plus facile à dire qu'à faire, mais en m'y prenant à temps, j'espère mettre toutes les chances de mon côté. Un détail tout bête : ne jamais mettre des chaussures neuves le jour de la course, et prévoir environ une pointure et demi au-dessus car les pieds se dilatent lors de l'effort : ils ont donc besoin d'espace pour fonctionner...et pour respirer.


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(¸.•´ : (¸.•´ : (´¸.•*´¯`*• 3 - LE PETIT + : LES JOURNALISTES :


L'inscription se fait par internet. Il est aussi possible de le faire par courrier, mais pourquoi se priver d'un tel outil simplifiant la vie de tous ? Alors, comme la majorité des inscrits, je remplis mon formulaire et l'envoie. Puis j'adresse par courrier le papier du médecin indiquant qu'il n'y a aucune contre-indication à ce sport. Papier d'ailleurs parfaitement inutile et seulement demandé en France... afin de pouvoir définir statistiquement le nombre de licencié aux ligues d'athlétisme (ce qui évite aux adhérents d'aller chez le médecin une fois par an) et donc de dire que c'est une fédération importante. Il fallait le dire....

Au mois d'octobre, je reçois un mail m'annonçant qu'une équipe de journalistes désire suivre deux personnes, ayant déjà ou non effectué un marathon. Toujours prêt à faire une co...erie, je me porte candidat. Toujours chanceux, le résultat arrive fin octobre : je suis sélectionné. Pour ma femme un autre challenge se prépare : les journalistes souhaitent me filmer à domicile, avec la famille.... je lui annonce la nouvelle : elle me fusille.

Les journalistes sont en fait dépêchés par IFA, la Fédération Internationale d'Athlétisme, basée à Monaco, afin de réaliser une série de reportages, revendus à une chaîne américaine qui diffusera ces derniers dans le monde entier. Chaque reportage racontera un marathon dans le monde, et suivra le parcours de quelques participants, les filmant dans leur domaine professionnel, à domicile puis lors du marathon, du départ à l'arrivée, entrecoupé des ravitaillements et de la course.

Je demande à mon patron si il accepte de recevoir les journalistes, il est ok. Encore un challenge.
Alors je me retrouve avec Sabine (la reporter) et Bruno (le caméraman) en train de faire des scènes symbolisant ma vie quotidienne au taf. "Oui, voila, comme ça".."et ça tu le fais aussi, et vas-y recommence, c'est bien là...". Puis nous voici à la maison avec femme et enfants, à passer dans le salon, à table, dans le jardin ("et donc vous jardinez aussi ? Si on faisait une scène avec les enfants dans le carré de tomates ?"... euh.... "et vous bricolez aussi et .." Une petite série de prises de vues plus tard, autour d'un café, nous enregistrons un plan plus large qui permettra de mieux connaître mes motivations et la réponse à la question "Pourquoi faire un marathon ?".
Cela restera une grande expérience. J'apprend que dans la journée l'équipe enregistrera l'interview avec une seconde candidate (une maîtresse d'école) et qu'un troisième personnage fait partie du reportage : monsieur le député-maire ex-ministre Christian Estrosi.


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(¸.•´ : (¸.•´ : (´¸.•*´¯`*• 4 - LA VEILLE DE LA COURSE - LE MARATHON :


► Philippe, rappelle-toi quand tu me disais que la veille d'un premier marathon, on ne dort pas, ou très mal : tu avais raison. Quel stress !!!! J'ai du dormir 6 fois. Ou plus précisément, je me suis réveillé 5 fois dans cette loooooooongue nuit ! Pourtant j'ai tout fait pour me coucher tôt. Mais si l'heure fatale approche, le stress est conséquent, plus moyen de faire marche arrière (très dur en courant...), il reste encore un peu de travail : préparer son sac. Et surtout ne rien laisser au hasard .
Je me remémore les conseils, et exécute mon devoir tel un militaire prépare sa mission. Oublier un détail et c'est tout le marathon qui est compromis.
Un petit truc : Accrocher le dossard récupérer durant les trois jours avant la course avec les deux épingles à nourrice...
Préparer son sac de rechange. Celui-ci est en fait fournit par l'organisation, sera numéroté et transporté par camion pour être restitué à l'arrivée. Il comportera donc un t-shirt un short et des chaussettes de rechange, des baskets souples pour reposer les pieds, une bouteille d'eau. La douche attendra : je reste sur Cannes chez des amis qui m'offrent l'hospitalité, et donc je ne serais pas obligé d'attendre mon retour à la maison.
Ne pas oublier la puce électronique : placée sur la basket, au niveau du laçage, c'est elle qui me chronométrera et me fournira mon temps officiel. Elle est consignée : la perdre me coûtera 15€, ne pas l'oublier !!! Les organisateurs ont tout prévu : il y a même un schéma explicatif pour montrer comment et où fixer cette puce.
Prendre un vêtement qui tiendra chaud demain matin, avant le départ. Beaucoup prennent un sac poubelle (en faisant un trou dans le fond du sac, au milieu, cela fait un coupe-vent très pratique... et surtout qui tient chaud). Personnellement j'opte pour un vieux survêtement que j'enlèverai une demi-heure avant (il sera mis dans le sac et remis aux personnes chargées des consignes). Un coupe-vent fétiche me protègera du froid au départ et un ami posté au 10ème km le récupérera à mon passage.
Ces détails peuvent paraître insignifiant, mais en oublier un et c'est toute la préparation qui tombe à l'eau.


► Avant le départ

Réveil à 6h30. Le départ est prévu avec un ami à 7heures. On pense traverser Nice sans encombre et arriver vers 7h20. Cela nous laissera une heure de stress avant le départ prévu à 8h45. Je prend mes deux cachets de sel anti-crampe.
Cela peut paraître tôt, mais mon rendez-vous avec les journalistes nous contraint à cet impératif. Ils désirent me voir avant le départ afin de me filmer et m'interviewer lors de mon échauffement. Je leur précise de suite que je ne compte pas m'échauffer pendant un ou deux kilomètres : je veux bien en faire 42, pas 43 ni 44... faut pas exagérer...non mais.
Avec mon ami nous arrivons sur la Promenade des Anglais au niveau du théâtre de verdure vers 07h15. Il y a déjà un peu de monde, nos amis de souffrance reconnaissables au sac orange (le sac-consigne) qu'ils portent. Les employés de la mairie finissent de monter les sas qui permettront aux coureurs de se compartimenter en fonction du temps qu'ils souhaitent réaliser. Un sono diffuse un peu de musique. Le son est faible, cela ne va pas durer...
Un détail qui a son importance : des toilettes sont positionnées le long de la Prom' et nous en profitons pour nous vider un peu et nous soulager beaucoup : courir avec l'envie d'uriner est très désagréable... quand à courir avec l'envie de ch.. c'est quasi impossible : l'estomac vous saute dans le ventre et impose de s'arrêter...donc adieu la course. Notre choix s'avérera payant : à 8h15, il y a déja une queue de 10 à 15 personnes devant chaque toilette... l'horreur. Un spectacle particulier : les hommes qui urinent dans la mer tout le long de la Promenade... drôle de spectacle qui m'empêchera de me baigner pendant quelques jours...
Le rendez-vous à lieu devant la Maison du Département. Nous y retrouvons Sabine et Bruno, accompagnés de deux autres équipes chargées de filmer le marathon sous différents plans, et aussi de nous filmer (Mr Estrosi, la maîtresse et moi-même) sur l'ensemble du parcours. Poignées de main, distribution des rôles, surtout ne pas se perdre : la foule commence à venir et cela devient difficile de se déplacer. Avec 10 000 concurrents attendus au même endroit, c'est compréhensible. Et me voici en train de courir parmi les gens simulant un échauffement que je n'aurai probablement jamais fait. Ebahis les badauds/passants/coureurs me regardent faire quelques dizaines de mètres devant la caméra, tentant de me frayer un chemin parmi la foule. Je m'amuse comme un petit fou à imaginer ce que pense les gens :"Qui c'est celui-là ?", "Tiens une télé locale qui filme les coureurs", "il a rien d'autre à faire ?"...etc. Puis Mr Estrosi arrive et lui aussi à droit à ce régime particulier. L'exercice sera encore plus difficile avec son armée de garde du corps. Cela me fait d'ailleurs penser que c'est un métier, car protéger un type en plus de faire un marathon, faut en vouloir...
Voici enfin le décompte du chrono. Franck et Michel (un ami qui s'est retrouvé dans cette aventure après que son patron l'y ait inscris par défi) sont à mes côtés. On est fébrile, impatient et inquiet à la fois. Comment gérer son effort, n'est-on pas trop présomptueux, et surtout Pourquoi ?
La musique est très forte. On se croirait à 5 mètres des enceintes ; on est à 200 mètres : les personnes situées à côté n'entendront pas le starter du départ : elles seront sûrement sourdes...
8h45 : BOUM. Gros coup de canon, c'est parti. Il y a tellement de monde devant nous qu'il faudra quelques dizaines de secondes avant que l'on avance. Les confettis tombe du ciel. Un hélicoptère filme la scène, il tournera longtemps et enchantera l'animateur qui nous fera faire des holas sympatiques (et réchauffantes) à maintes reprises. Un immense drapeau promotionnel rappelle que Nice est candidate aux JO d'hiver de 2018. L'instant est magique.
Nous passons sous la banderole, nos pieds franchissent la ligne de départ et la puce électronique enregistre notre passage sur le tapis idoine.


► Pendant la course :

Les premiers kilomètres sont un pur moment de bonheur. Le public est présent et nous sommes littéralement portés par les cris et les encouragements. L'organisation a eu la très bonne (excellente) idée d'inscrire les prénoms des concurrents sur les dossards (alors que normalement ce sont les noms), ainsi le public nous appelle directement et j'avoue que cela procure un effet vraiment génial "Allez Bertrand, allez Michel, allez Franck". Les kilomètres passent facilement. Les autres le seront aussi (plus ou moins), mais ceux-ci revêtent un caractère particulier car la souffrance n'est pas là, tout le monde sourit, les blagues fusent et on découvre des styles particuliers : les coureurs déguisés (un couple d'indien, des hommes en femmes, des personnes avec des casques en forme d'antenne d'insecte), des jeunes, des vieux, et surtout des personnes venues de toute la France...et de tous pays. C'est ainsi que nous allons voyager de Nice à Cannes, en compagnie de Bretons, de Savoyards, de Toulousains, de Parisiens, d'Alsaciens, et d'Anglais, beaucoup d'Allemands, des Italiens (la frontière n'est pas loin), des Monégasques, mais aussi des Ecossais (facilement reconnaissables...). J'apprendrais à l'arrivée qu'une trentaine de nationalités étaient présentes : félicitations. Et pour ceux qui aiment les chiffres, il y avait environ 300 Italiens, 200 Anglais, 150 Allemands, une centaine de Belges et autant de Suisses, quelques Américains, un Néo-Zélandais, un Russe.. et trente Monégasques entre autres.
Au niveau de l'Arénas, vers le 3ème km, Franck nous abandonne : son rythme est plus élevé que le nôtre. Je ne veux pas le suivre : je fais ce marathon pour le plaisir, pas pour faire un temps.
Passage devant l'aéroport, premier ravitaillement, nous ne nous arrêtons pas afin d'éviter les bouchons et de ne pas glisser sur les flaques d'eau. Les 5 premiers kil sont avalés sans difficultés. Un ami posté un peu plus loin me récupère mon coupe-vent. Il me le rendra le soir : c'est sympa, merci Philippe. Et oui, LE Philippe qui m'a involontairement lancé dans cette aventure et qui ne peut malheureusement pas m'accompagné à cause d'une sale blessure qui ne veut pas guérir. Son meilleur temps est de 3h30 : il a les yeux brillants et je sens qu'il en a gros sur le cœur, mais on ne peut lutter contre la nature. Ce n'est que partie remise... on se verra sur d'autres courses Philippe, c'est promis.
Nous courons doucement, à notre rythme. Je bénis Runnerar, Philippe et Lolo de leurs conseils. Je tape régulièrement dans la gourde : deux gels arôme ananas dilués dans de l'eau me procurent l'énergie et l'hydratation nécessaire. Je profite des ravitaillements pour bien boire. Deux ou trois verres à chaque fois, cela fait du bien. Rien de bien spécial pendant ce début de marathon. Tout le monde sourit, l'effort n'est pas conséquent, l'ambiance est euphorique. Attention toutefois à ne pas se surestimer : la tentation est grande d'accélérer, il ne faut surtout pas et veiller à bien conserver son rythme. Le cardio est un allié précieux. Je conserve le rythme de mes entraînements et j'en profite pour calmer Michel qui accélère chaque fois qu'une fille est devant nous. C'est un sudiste au sang chaud... le suite de la course me donnera raison.
Après l'aéroport, nous continuons de longer la côte et passons Saint-Laurent du Var, Cagnes sur Mer, Villeneuve-Loubet et sa Marina baie des Anges. Nous sommes au 12,5k. Puis vient la longue ligne droite de 3km longeant Biot et Antibes est en vue. Qu'est-ce qu'elle est longue cette route parallèle à la Siesta. Et toujours ce public qui nous encourage. La vue est superbe : la mer à gauche et la montagne derrière nous, surplombant Nice.
La foule sur le bord de la route se densifie, nous entrons dans Antibes. Nous sommes à la moitié du marathon. J'ai les jambes un peu lourdes, mais rien d'anormal. Je sais que le plus dur reste à faire. J'ai déjà parcouru plusieurs fois cette distance et je sais ce que cela fait. Je suis dans mes temps normaux. Un sentiment de fierté m'envahit, il sera vite dissipé par la montée du château d'Antibes. Cette montée est ridicule, petite mais raide et elle va me casser les pattes. Je préfère marcher pour la monter, je n'aurai pas du.
Michel me lâche dans la montée. Il a un bon rythme mais mes jambes sont trop lourdes, je préfère les laisser se reposer un peu. Je sais qu'il est particulièrement sportif et que les challenges ne lui font pas peur : la preuve en est sa présence ce jour...
Le tour d'Antibes est magnifique. J'avais déjà parcouru avec ma femme et mes enfants le tour du vieil Antibes à pied, mais évidemment en footing on mesure encore plus la chance d'habiter cette région. Les commentaires de mes voisins vont d'ailleurs tous dans ce sens. Nombreux sont d'ailleurs ceux qui profiteront du marathon pour rester le week-end sur la côte d'azur. Je passe pour la première fois sous une banderole "semi-marathon". Cela fait 2heures 26 minutes 37 secondes que je cours.
Photos pour Marathon Nice-Cannes
  • Marathon Nice-Cannes Avec Michel
  • Marathon Nice-Cannes La fin de la course
  • Marathon Nice-Cannes Pour le plaisir
Marathon Nice-Cannes Avec Michel
Le diplôme de l'arrivée
Pour moi les choses commencent à se gâter. A la sortie d'Antibes, le parcours n'est pas aussi plat que je le pensais et je découvre, en alternant marche et footing, la fameuse montée de la Garoupe. Et le sadisme des organisateurs : un ravitaillement est situé en bas de la côte !!! Je plaisante en disant sadisme : il s'avère qu'un ravitaillement nécessite de la place pour les bénévoles qui doivent installer les tables sur plusieurs dizaines de mètres et faire cela sur une petite route est inenvisageable : un parking très large en bas de la côte fera l'affaire... hélas pour les coureurs. Et pas question de le déplacer : chaque ravitaillement est disposé selon un critère précis : tous les 2,5km, alternant les épongeages et les ravitaillements en eau, sucreries, fruits etc... C'est d'ailleurs lors d'un épongeage que je verrai un concurrent prendre une pleine poignée d'éponges, en jeter la majorité pour n'en garder qu'une dans la main, privant les suivants de cette aide précieuse et bienvenue. Il y a donc aussi des cons égoïstes chez les marathoniens...heureusement en minorité. Fermons la parenthèse.
Je passe le trentième en 3heures 41 m,19s. Je viens donc de faire 9 km en 1 heure et quart : je prends conscience que je vais mettre plus de 4h30 pour boucler ce marathon. Ma fierté en prend un coup, mais je ne veux pas flancher et je mise sur le mental pour continuer. Mes forces reviennent petit à petit. J'alterne toujours marches rapides et footing, mais j'augmente la durée de ces derniers pour perdre le moins de temps possible. On quitte le bord de mer et on entre dans une partie boisée, longeant des villas de rêve. Il s'agit du Cap d'Antibes. Réputé pour sa beauté, sa richesse, il ne trahit pas sa réputation. Au 26ème km, retour sur le bord de mer. Enfin... je dis cela, mais une réalité va m'anéantir : la baie qui s'offre à moi est splendide et je l'admire lorsqu'un participant me dit "Tu vois l'autre bout de la baie, tout là-bas ?" en me désignant un point lointain ,très lointain. "Oui, c'est Cannes ?" "Oui, et le Palais est juste derrière." Je garde mon optimisme "Ok, y a plus qu'à...".
Et soudain, vers le 33ème km, je reconnais Franck de dos. Il est à 15 m de moi. Ma fierté prend le dessus, je me remets en route et je passe Franck en n'oubliant pas de lui donner une petite tape amicale dans le dos "Allez courage Franck, courage". Je poursuis ma lancée et j'attends de passer le virage suivant pour me remettre à marcher, en m'assurant qu'il n'est pas derrière moi. Un coup vache, mais qui me laisse à penser que ma stratégie de course est bonne : partir doucement, ne pas se fatiguer trop vite et garder des forces pour pouvoir finir sans trop souffrir. Franck est parti trop vite, il le paie maintenant. Je reprends mes footings et je retrouve une forme qui me permet de ne pas perdre trop de temps. Le ravitaillement du 35ème est un grand moment : je remercie et félicite les bénévoles et saute sur les quartiers d'orange et les verres d'eau. J'en profite pour vider mes deux tubes de gels dans la gourde. Et toujours ce public tout au long du parcours. C'est impressionnant de gentillesse.
Au 37ème je rattrape Michel et prend de ses nouvelles car il traîne un peu sa jambe droite. Il m'annonce alors qu'il a eu une crampe terrible et qu'il préfère ralentir, marcher un peu pour ne pas aggraver la douleur et pourvoir ainsi finir. Je reste un peu avec lui puis reprend mon rythme, n'oubliant pas que je suis attendu à l'arrivée par les journalistes et ma famille. Dont ma femme qui cache sa fierté derrière son amour mais que je ne remercierai jamais assez pour sa patience et son courage, car il en faut pour supporter mes bétises au quotidien.. et mes entraînements réguliers.
38ème, entrée dans Cannes. Personnellement, l'un des meilleurs moments de ce marathon. Ma défunte tante qui habitait cette ville aurait été fière de son neveu. Je ne peux que lui dédier cette course. Le parcours n'est pas aussi beau que je le pensais car l'organisation a prévu une boucle qui nous oblige à longer une horrible voie ferrée, à passer sous un pont avec une montée et une descente pentues à souhait et enfin nous arrivons à la pointe de la Croisette.
Arrivé au rond-point de l'entrée de Cannes, ma femme est là, tenant Tania à la main, toutes deux sont fières. Mon cousin Denis et sa femme sont aussi venus, que c'est agréable d'être encouragé par les siens ! Mes jambes sont dures comme des bûches mais quel plaisir que d'être là et de les voir. C'est grand, c'est beau.
Plus qu'un kilomètre et demi à souffrir. Je marche afin de reprendre des forces avant l'arrivée et je ne veux pas être filmer en marchant : mon égo serait trop vexé. La Croisette ne m'a jamais parue aussi longue. Le public est au rendez-vous : partout des anonymes qui vous encouragent en criant votre prénom. Et il en faut du courage, car entre le premier et moi, il y a plus de 2 heures d'écart, et ils sont toujours là. Alors respect public et merci encore.
Je passe enfin devant le Majestic, le Martinez, le Carlton, tous ces palaces qui font la fierté de cette ville (et qui contribuent à la richesse de la cité azuréenne). Impossible de marcher, il faut honorer le public. J'aperçois au loin la banderole de l'arrivée. Denis est à mes côtés. Un pur régal que de finir en sa compagnie. Lui qui est habillé pour une promenade en ville se retrouve à courir avec moi et s'offre le plaisir de franchir la ligne d'arrivée, tel un marathonien... plaisir personnel pour quelqu'un qui aurait aimé faire cette épreuve mais que le poids des âges contraint hélas à seulement admirer et envier. J'ai une pensée pour sa maman, ma tante, qui habitait pas très loin d'ici et qui hélas n'a pu venir, partant trop tôt rejoindre ses frères et sa sœur, au paradis. Nous passons ensemble la ligne.
J'aurai mis en temps réel 5 heures 24 minutes 29 s, et en temps total 5 heures 26 m10s. La différence s'explique par le fait qu'au moment du départ, nous étions loin de la ligne donc nous avons passé la ligne de départ près de 2 minutes après les premiers.
Sabine et Bruno sont là, caméra et micro pointant dans ma direction. Interview à chaud, premières impressions, on filme la remise de la médaille. C'est impressionnant comme un petit morceau de ferraille peut avoir autant d'importance à mes yeux à cet instant.
Je fais un rapide calcul : 2h20 pour 21 kil, et 3h pour les 21 derniers. A titre de comparaison, les Kényans ont mis 2h11 pour tout faire... j'ai encore du boulot !

► Après la course :


Je constate à présent l'importance de l'évènement avec le public qui applaudit, les bénévoles qui font et ont fait un travail titanesque. Rien que sur l'arrivée ils sont plusieurs dizaines, occupant un nombre de poste incroyable : plusieurs jeunes (et jolies) filles qui remettent les médailles, une équipe chargée de récupérer les puces électroniques en coupant le fil plastique reliant la puce à la chaussure, une équipe qui remet les sacs-consignes, une autre qui offre une assiette de pâtes sauce tomate chaudes (que c'est agréable et bénéfique !!!), une autre équipe de masseur/kiné, les animateurs... etc, etc... incroyable !
Sabine et Bruno me donnent congés, ils ont déjà vus Mr Estrosi (arrivé bien avant moi, chapeau) et la maîtresse d'école qui a finit sa course en battant le temps qu'elle s'était fixé. Ils ont maintenant un long travail à effectuer pour mettre tous leurs enregistrement en forme et concevoir un bon reportage. Ils m'informent que je recevrai une copie du reportage en mars, avril 2009, je suis impatient.
Denis, Caroline, mon épouse et les enfants sont impressionnés par tout ce monde, par cette ambiance un peu surréaliste : les concurrents sont fatigués, fourbus, mais heureux. La joie et la souffrance se mêlent sur les visages. Partout la même phrase des coureurs "Je l'ai fait", du public "Bravo".
Je retrouve Franck qui est arrivé 11 minutes après moi, victime d'un départ trop rapide qui l'a obligé à s'arrêter pour reprendre des forces. Il passe la ligne dans un sale état. Il semble k.o., j'ai même peur qu'il tombe. Il est fracassé. Il pensait même rentrer en train, bénéficiant du trajet retour compris dans l'inscription mais il n'aura pas la force d'aller jusqu'à la gare, c'est sa femme qui viendra le chercher. Michel a disparu, impossible de savoir où il est. Il est maintenant 15 h 45, mon ventre crie famine. Certes j'ai mangé la portion de pâtes chaudes offerte par l'organisation, mais je sens qu'il faut que je reprenne des forces.
On quitte le village de l'arrivée et sur le chemin, toujours ce public qui nous félicite, les "Bravo" qui sont autant de tapes amicales dans le dos, de sourires qui me vont droit au cœur.
Nous nous dirigeons vers l'appartement de mon oncle, lorsque le téléphone retentit : c'est Michel. Il m'explique qu'il vient d'arriver, et qu'il a été obligé de s'arrêter au niveau d'une ambulance victime d'une crampe. Après une piqûre réparatrice, il est repartit mais a perdu une demi-heure. Impossible donc pour lui de me rattraper. Je suis néanmoins content car j'ai eu peur un instant qu'il ait abandonné. Ouf, il aura sa médaille et pourra rentrer chez lui la tête haute, et montrer à son patron qu'il a eu raison de miser sur son tempérament de vainqueur.
La fin de la journée se fera autour d'une belle tablée, à manger des pâtes que j'apprécie pleinement... pour cause !
Ma femme prendra le volant au retour : cela soulagera mes gambettes qui me tirent un peu. Pour donner une anecdote : passé la ligne d'arrivée, je me suis surpris à faire le tour d'un trottoir pour ne pas avoir à lever la jambe : c'est dire si cela vous chatouille.... évidemment cela dépend aussi du niveau : certains coureur arrivés longtemps avant moi semble frais comme des gardons : nous ne sommes pas tous fait dans le même moule...
Lendemain du marathon, repos. Mes jambes sont lourdes mais je me déplace sans difficulté. J'attend le mardi pour aller courir un peu, juste vingt minutes très très tranquille pour dérouiller un peu. Cela fait du bien. Ensuite méga repos de plusieurs jours.. bien mérité.
Les journaux relatent l'évènement et le net se fait l'échos de cette magnifique course qui n'aura que des louanges ... ou presques. Les bémols : pas assez de trains mis à disposition par la SNCF pour le retour Cannes-Nice, des gobelets en plastiques alors que des petites bouteilles sont plus pratiques (allez courir avec un verre à la main....) et une deuxième moitié de parcours plus difficile qu'annoncée sur le site de la course. Pas grand chose donc de négatifs au regard de la prouesse réalisé. Pour s'en convaincre, il suffit de lire le livre d'or du 
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Commentaires sur cet avis
ange305512426

ange305512426

22.02.2009 20:53

Tu n'as pas fait semblant...Félicitations

Lydine

Lydine

05.02.2009 11:27

Ouahhhh ! Superbe avis , et oui le goût de l'effort est essentiel ! et un mental d'acier ! Marseille / Cassis pas mal non plus ! ( la gineste ). EEEEEEEE

FLO971

FLO971

23.01.2009 17:51

on ne peut pas faire plus complet comme avis, bravo !

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