excentrés du monde
06.08.2002
Avantages:
exotique et de haut niveau
Inconvénients:
introuvable en métropole
Recommandable:
Oui
 Jean-no
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Membre depuis:01.01.1970
Avis:99
Cet avis a été évalué par 10 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Le Margouillat est un journal que vous ne trouverez pas chez votre marchand de journaux, à moins que vous n'habitiez l'île de la Réunion. L'éditeur "centre du monde" (nom de baptème un peu auto-ironique pour situer une île de l'océan indien) a publié en 1986 le premier numéro d'une revue baptisée "le cri du margouillat", ancètre, on le devine, du Margouillat tout court. Alors que toute la presse de bande dessinée métropolitaine vivait la plus grosse crise de son histoire (disparitions de Circus, Pilote, Tintin, Métal hurlant, charlie... ), le Cri du Margouillat a suivi son bonhomme de chemin. Publication bénévole et passionnée, devenue peu à peu très professionnelle, le Cri du Margouillat aura accueilli dans ces pages des auteurs tels que Appollo (Louis Ferdinand Quincampoix, éd. Vents d'ouest), Lancelot (devenu depuis rédacteur en chef de Fluide Glacial), Li An (illustrateur du cycle du Tschaï, chez Delcourt), Téhem (auteur de Malika Sekouss), Michel Faure (La balade au bout du monde), Guy Delisle (Shenzen), Hua Chao Si (Cases en tôle), Mandico (créatifs en vue du monde la pub, dont on se rappelle les réclames pour ING Direct), mais aussi et surtout des auteurs dont personne n'aurait voulu en métropole, des auteurs Malgaches ou créoles comme Anselme ou Hopobok, des auteurs aux thèmes rarement traités en bandes dessinées : le temps des colonies, la créolitude, l'afrique. En peu de temps, le cri du Margouillat est passé du stade du bon fanzine à celui de véritable magazine culturel réunionais, tenant lieu à la fois de Charlie Hebdo, de Canard enchaîné, de Fluide Glacial et de télérama (la télé en moins). Les critiques musicales et littéraires du Cri du Margouillat, sans concessions, ont vite fait d'établir une réputation métropolitaine à cette publication, réputation cantonée aux cercles concernés : pour le reste, en dehors d'une participation symbolique à quelques festivals, le Cri du Margouillat n'a jamais eu vocation à quitter son île. Il faut dire que la langue qui y est parlée n'est pas celle de Molière, quoique aussi délectable, bon nombre d'histoires ne sont vraiment comprises que par ceux qui parlent créole ("té lé mol aster, na point rien pou fé") - ce qui n'est pas mon cas - ou qui connaissent la vie politique réunionaise.
En l'an 2000, le Cri du Margouillat change de nom et de format : "le margouillat" est né, ce n'est plus un magazine au format A4 mais un tabloïd en couleurs. Devenu mensuel et tenant assez bien ses délais, le journal tire à présent à 10 000 exemplaires, ce qui est plutôt bien, et parvient à garder son excellente qualité rédactionnelle. Devenu plaque tournante de la bande dessinée de l'hémisphère sud, le Margouillat publie à présent des auteurs sud-africains, a des contacts en afrique de l'ouest et organise un festival impressionnant (Cyclone BD) auquel tout auteur de BD métropolitain rêve de se voir inviter. Les auteurs du Margouillat sont toujours bénévoles et passionnés, jusqu'à quand tout cela durera-t-il ? Si j'ai réussi à aiguiser votre curiosité, vous pouvez aller sur le site http://www.margouillat.org/ d'où il est possible de commander des numéros du Margouillat et des albums du Centre Du Monde. 1,6 euros le numéro.
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21.01.2003 14:57
Koman ou konne le Margouillat ? Le margoullat le la, mais toi nana oubllie parle de Tiburce !
06.08.2002 10:24
Décidement, tu n'en finis plus de m'étonner. Je vais de découvertes en découvertes.