Cet avis a été évalué par 48 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Après mon avis sur le Club Lookéa Issil, il me semblait indispensable de vous parler de Marrakech. Biensur il s'agit de mon ressenti et de mon expérience ; chaque personne voit les choses suivant sa sensibilité, ses centres d'intérêt…
Nous prenons donc la navette de l'hôtel pour nous rendre dans le centre de Marrakech. Comme je l'ai précisé, la navette ne nous pose pas vers la place Jamaa Fna, il nous faut remonter l'avenue Mohamed V ( grand père du roi actuel). À peine descendus et fait quelques pas, un chauffeur de taxi nous appelle : « allez viens, je vous emmène et vous fais visiter la ville ». Biensur, nous refusons, ce n'est que le début d'une longue série de « NON ». L'avenue Mohamed V est une voie de transition entre la vieille ville et la nouvelle. La circulation est dense ; très bruyante et très polluée. Des mobylettes (biensur le port du casque n'est pas obligatoire), des voitures, des bus, des vélos, des calèches, des ânes ; tout se mélange. Autant dire que les animaux ne sont pas à la fête ; ils font vraiment peine. Mais voilà, il nous faut traverser la route et là ça se complique ; les passages piétons, il y en a, mais personne ne s'arrête. En somme il faut slalomer entre les voitures, les mobylettes…parce qu'ils ne freinent jamais. Au départ c'est tout à fait surprenant voire même flippant. Les Français ne sont pas les rois pour laisser la priorité aux piétons, mais ça n'est pas comparable. Les voitures klaxonnent en permanence, un véritable concert. Au niveau de la place Jamaa Fna, toujours avenue Mohamed V, s'élève le minaret de la Koutoubia (la plus grande mosquée de Marrakech). Bien évidemment nous n'avons pas pu la visiter.
On s'avance doucement vers la place Jamaa Fna et suivant l'heure qu'il est, la place est plus ou moins remplie. A partir de 16h00-17h00, des petites roulottes commencent à prendre place et se transforment en petits restaurants. Des monceaux de nourriture sont présentés et attendent les clients qui pourront s'installer sur des bancs. Des monticules d'oranges pour boire son jus pressé. La place c'est aussi les charmeurs de serpents (des cobras et autres serpents font partie du spectacle), des femmes vous interpellent pour proposer un tatouage au henné, un monsieur installé sur sa chaise attend des clients potentiels (est-ce un arracheur de dents ou les vend il ? en tous cas sa table en est remplie), des vendeurs d'eau, des saltimbanques, des petits singes, des cireurs de chaussures, des vendeurs de peaux, des écrivains publics….. un spectacle vivant totalement dépaysant. Bien entendu, tous ces services sont payants, même quand vous prenez une photo ; il suffit de ruser un peu sinon vous passez votre temps la main dans le porte-monnaie. Les odeurs, les sons, le monde, il faut le voir pour le croire. On a la tête pleine tellement nos sens sont en éveil. Et tout d'un coup l'appel à la prière, le chant du muezzin se fait entendre de minarets en minarets et ça apporte une nouvelle dimension à cette ville. La 1ère fois que je l'ai entendu, c'était place Jamaa Fna, j'ai été impressionnée, d'autant plus que je ne m'y attendais pas du tout ; c'est assez beau à la fois. Il y a 5 appels à la prière ; si je me souviens bien à Marrakech, le 1er est à 2h45, le 2nd 12h35, le 3ème 16h10, le 4ème 19h40 et enfin le dernier 21h10. Suivant les villes,
Photos pour Marrakech, Maroc
La Medersa Ben Youssef
les appels ne sont pas tous à la même heure. Tout autour de la place, des restaurants sur plusieurs étages ; la place vue des terrasses est aussi impressionnante en haut que en bas.De la place, on accède aux souks ; c'est incontournable. Des épices, des chaussures, des vêtements, des bijoux, des fruits secs, des céramiques…. De la couleur, des odeurs (pas toutes agréables d'ailleurs) et toujours du bruit. A partir de ce moment-là, autant dire que le cerveau travaille à 300km/s; il enregistre tellement d'informations qu'au bout de quelques heures, il sature complètement. C'est aussi à cet instant que le mot « NON » est le plus utilisé. A chaque mètre on est sollicité par un vendeur ; au départ ça surprend, ça étonne et ça finit par être fatigant. C'est incroyable la quantité de marchandises ; c'est à se demander comment ils s'en sortent pour vivre. Les souks, un véritable labyrinthe dans lesquels il est très difficile de se retrouver, alors on se laisse guider par nos pas. On se retrouve dans des petites ruelles le coin des ferronniers ; des jeunes enfants ainsi que des adultes travaillent le fer pour fabriquer des lampes…., par hasard on arrive dans le coin des épices, des pyramides d'épices de toutes les couleurs sont présentées et vendues ainsi que des remèdes miracles ; repousse des cheveux…. C'est absolument époustouflant. Etant une adepte de la couleur, autant vous dire que j'étais ravie d'en voir autant ; orange, rouge, jaune…. Un feu d'artifice permanent de couleurs éclatantes. Acheter maintenant, comme chacun sait, il faut marchander ; combien ? 250,00DHR ! 125,00 ! 240,00 !…… jusqu'au moment où vous finissez pas être d'accord. Biensur, on l'a moins cher mais au fond on se fait quand même avoir, c'est le jeu voilà tout. Quoi qu'il en soit, ce que vous payez là-bas, vous ne l'auriez jamais pour le même prix en France, donc c'est quand même une affaire. Pour ma part, je préférais marchander le matin ; j'avais plus d'énergie. Au bout de quelques temps, ce brouhaha perpétuel me fatiguait. N'étant pas une adepte du lèche-vitrine en France et encore moins au moment des fêtes de Noël, autant vous dire que je ne suis pas prête à remettre les pieds dans des magasins.
Afin de retrouver le silence, quoi de mieux que d'aller visiter La medersa Ben Youssef. Mais pour ça, il faut déjà la trouver. Il faut savoir que dès l'instant où vous demandez votre chemin, il y a une chance sur 2 pour que vous tombiez sur un guide. Et là dans le mille ; un jeune nous demande de le suivre et même si on ne le souhaite pas, il ne nous laisse pas vraiment le choix. Nous voici devant, bien entendu il attend sa pièce. Le mieux pour avoir un renseignement c'est de s'adresser à un commerçant, en général ils sont sympas et ne vous demandent rien en échange. Mais bon, à Marrakech, ils vivent du tourisme ; cela dit pour eux nous sommes des euros ambulants, rien d'autres. La Medersa Ben Youssef, est une ancienne école coranique édifiée en 1570 et restaurée en 1960. Il s'agissait de la plus grande école du Maghreb. Elle accueillait jusqu'à 900 élèves répartis dans 150 cellules. Nous avons donc la joie de pouvoir la visiter et davantage encore en tant que fille.(40,00DHR l'entrée pour 1 personne). L'architecture est magnifique et riche en détails. La cour intérieure avec son bassin central, sa porte en bois sculptée, son plafond en bois, les mosaïques…. A contrario,les cellules (chambres) sont très sobres. Certaines ont des ouvertures sur la cour, d'autres sur la Médina.Ils étudiaient dans leur chambre, préparaient leur thé, leur repas… Suivant le milieu d'où ils venaient, les ustensiles étaient majoritairement en terre ou en bronze.
Après le calme(enfin presque, vu la quantité de touristes), nous voilà de nouveaux dans les rues ; il nous faut retrouver notre chemin dans cette ville labyrinthique. Nous passons devant des étales de poissons, des petits magasins où ils vendent un peu de tout. Mais on finit toujours par arriver place Jamaa Fna sans le vouloir. De cette manière on découvre d'autres rues, d'autres curiosités que nous n'aurions sans doute pas visitées si nous les avions cherché. Dans ces ruelles pleines de mondes, il faut toujours être vigilants : un scooter vous rase, un homme poussant sa roulotte derrière vous n'a pas le temps lui de marcher lentement ; il faut tout le temps se pousser.
Le taxi à Marrakech est un bon moyen pour se balader ; déjà ils vous emmènent directement à l'endroit de votre choix. Soit il vous propose de vous attendre, pour vous conduire ailleurs ou alors il vous explique comment vous rendre à pied de ce lieu à un autre. Les chauffeurs de taxi sont en général très sympathiques, ils font des commentaires des bâtiments devant lesquels nous passons, nous expliquent pleins de choses et c'est très instructif. C'est ainsi que j'ai appris que les 19 portes de Marrakech sont toujours en rapport avec des routes qui mènent à une autre ville…. Bab signifie porte. 2 sortes de taxis : les petits (Fiat Uno, Peugeot 205….) et les grands (Mercedes) accueillant 5 personnes. Rouler en taxi c'est être en prise directe avec la circulation locale qui parfois est réellement effrayante ; à tel point que certaines fois je préférais bouquiner que regarder. Mais c'est assez folklorique aussi ; on rigole plus dans un taxi marocain, que dans un taxi lyonnais et bien évidemment ça coûte beaucoup moins cher.
Les cigognes ; et bien oui il y en de partout. Je suis vraiment une plouc, je croyais qu'il y en avait qu'en Alsace. C'est dans ce quartier (juif je crois) que nous trouvons le Palais de La Bahia (entrée 20DHR), construit en 1880 pour Ba Ahmed le grand Vizir du sultan. Une petite demeure de 150 pièces afin de loger ses 4 épouses et 24 concubines. Ce palais est de plain-pied, avec inévitablement des cours intérieures, des bassins et de la végétation.Hormis un guide qui parlait dans je ne sais quelle langue, ce lieu est calme et richement décoré. Bien entendu des mosaïques de partout, mais aussi des peintures au plafond, sur les portes…. En somme pas un seul bout de mur blanc ou lisse : du sol au plafond, tout est décoré. Un peu chargé peut être, mais néanmoins très beau ; dommage par contre qu'il n'y ait pas de mobiliers, afin de voir à quoi ressemblait réellement ce palais en étant habité .
Non loin de là, le musée Dar Di Said, qui est un musée d'arts décoratifs dédié au travail du bois (entrée 20DHR). Franchement, l'architecture est belle, la montée d'escaliers épuisante comme celle de la Medersa Ben Youssef d'ailleurs : à se demander s'ils étaient des géants à l'époque. C'est un ancien palais toujours avec sa cour intérieure arborée, mais à part ça je n'ai pas trouvé l'exposition très intéressante. On retrouve des anciennes portes en bois sculptées, des serrures en bois, des instruments de musique, des outils…. Mais les objets sont assez mal présentés et finalement ça n'apporte pas grand chose, je trouve.
Finalement, le complexe d'artisanat ETS Bouchaib, situé dans le même quartier est un lieu fascinant tant pour ses peintures au plafond que pour les objets qui y sont vendus. Cette boutique de très grande taille vous propose de multiples choses : les prix sont affichés, aucune mauvaise surprise et pas besoin de marchander. Un vendeur vous suit tout au long de votre parcours, avec dans l'idée quand même de vous faire acheter quelque chose. Par contre, il vous explique les techniques de travail, d'où ça vient… c'est très intéressant. Les meubles, les tapis sont splendides. Vous pouvez acheter une porte en bois sculptée 1 400 000DHR (environ 14 000€) : chère me direz-vous ? Non, réellement, quand on voit le travail ça les vaut. Biensur, je n'ai pas les moyens mais je respecte le travail des artisans parce que je sais le temps que l'on peut passer sur quelque chose. Pour le même prix en France, vous ne trouveriez pas le même produit. Les meubles en marqueterie sont richement décorés ; pas toujours facile de leur imaginer une place chez soi. Rien que pour le plaisir des yeux, il faut se rendre dans ce lieu ; attention il y a tant de choses à voir de ce fait la visite est longue. Biensur, il y a les chaussures (le prix affiché est souvent inférieur au 1er prix demandé dans les souks), les bijoux…. Honnêtement, je pense préférable de le faire en deux fois : au bout d'un moment il y a saturation et je suis certaine d'être passée à côté de belles choses.
Envie de calme ? Suivez moi au jardin de Marjorelle. Jacques Marjorelle est né en France, fils d'un ébéniste Louis Marjorelle (très connu ; pour ma part jamais entendu parler de ce monsieur). Bref, Jacques, de son prénom ,est arrivé à Marrakech en 1919 pour continuer son travail d'artiste. En 1924, il a en sa possession un terrain qui deviendra le jardin de Marjorelle et qu'il ouvrira au public. Les variétés de plantes, d'arbres des 5 continents sont présentes dans ce jardin qui est très bien entretenu. Et c'est pourquoi les bambous n'ont pas toujours la même tête, et oui !!! Au milieu du jardin, un bassin rempli de nénuphars, de tortues, de poissons ; c'est magnifique, d'autant plus qu'il est peint en bleu outremer. Il y a des spécimens de plantes totalement extra terrestres. Faites un détour par ce jardin, ça en vaut la peine. Il accueille le musée d'Art Islamique également, mais nous n'y sommes pas allés.
Pour finir, la grande surface : Aswak Assalam. Ben oui c'est comme ça ; avec mon chéri on adore faire les grandes surfaces des pays que nous visitons. On achète des bonbons…. Bref des produits locaux avec l'écriture du pays. Nous avons un mur entier, de jouets, de bonbons… ça nous éclate. Là, la pêche n'a pas été particulièrement bonne, dommage. Et enfin METRO, histoire de ramener de l'alcool de figues ; parce que dans la grande surface ils ne vendaient pas d'alcool.
J'espère que ma petite visite vous aura plu. En résumé, Marrakech c'est assez difficile à décrire. Avec nos portables, nous avons enregistré les sons et avec l'appareil photo nous avons capturé des images. C'est une ville vivante, colorée, bruyante, une ville à voir. Je pense qu'une semaine c'est trop court, parce qu'il y tant de choses à voir et honnêtement j'étais assez contente de retrouver le calme de ma chambre et la baignoire pour me détendre. Mais franchement je ne regrette pas d'avoir fait la connaissance de cette ville ; elle révèle nos sens.
22.09.2007 23:58
vraiment l'impression de me retrouver un an en arriere !! rien ne manque a ta description de marrakech !!
24.07.2007 22:10
mon neveu en revient, il a particulièrement aimé.
13.07.2007 20:05
cool l'avis