1972. Jeux Olympiques de Munich.
En pleine nuit, un commando palestinien investit les appartements des athlètes israéliens.
Durant, les heures qui suivront, le monde va retenir son souffle pour suivre les négociations avec les terroristes et trembler pour les otages dont deux d'entre eux trouveront la mort.
Le lendemain, alors qu'ils tentent de fuir avec les otages, cinq membres de ce commando sont abattus par les policiers. Ils auront eu le temps, avant de mourir, d'exécuter les neufs otages Israéliens restants.
La suite des évènements est tenue secrète. Le gouvernement Israélien ne le confirmera jamais mais Golda Meir, alors premier ministre de l'Israël à cette époque, ordonnera des représailles contre 11 personnes susceptibles, d'après les services de renseignements, d'avoir commandité cet acte terroriste.
Les cinq hommes chargés de cette mission devront sillonner le monde à la recherche de ces proies.
C'est cet épopée que retrace le dernier film de Steven Spielberg : « Munich ».
C'est simple, dès les premières images, on prend une claque. Et le reste se confirme pendant 2h30 environ. 2h30 intenses tant au niveau de l'histoire que des images ou des questions soulevées.
Spielberg ne tombe jamais dans le piège de la propagande et évite de faire de son film un leitmotiv pour une guerre de religion.
Il pose d'autres questions et se tourne principalement vers la nécessité de la loi du Talion (« Mais si malheur arrive, tu paieras vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure. » d'après l'Exode.)
Et ses hommes, qui n'existent plus, vont se poser les mêmes questions. Si au départ, ils sont d'accord pour faire payer les commanditaires de cette infamie, petit à petit, le doute s'installe en eux. Où les mène leur croisade ? Sont-ils en train d'y perdre leur âme ? Leur humanité ?
De plus, quand une proie est repérée et assassinée, elle est remplacée par un être encore plus abjecte. Les doutes grandissent et font place à la paranoïa. S'ils n'existent plus, ils peuvent disparaître sans que personne ne le sache ou plutôt ne le reconnaisse. La simple opération de représailles tourne au complot international pour ces hommes, armes de la vengeance…
Pas besoin d'expliquer les motivations, on les sent tout de suite : le carnage qui va suivre est la résultante d'une envie de vengeance et de justice. La façon d'opérer est aussi simple : sur les cinq membres de l'équipe, il y a celui qui commande, celui qui fabrique les bombes, celui qui conduit, celui qui fabrique les faux papiers pour passer les frontières et celui qui nettoie après le passage des guerriers, afin qu'ils ne soient pas démasqués.
Les questions qui peuvent les surprendre et les empêcher de faire leur travail sont assez vite éludées. Autour d'une table, lors d'un repas, scène mémorable par son efficacité et sa sincérité, ces hommes qui ne se connaissent pas et qui n'ont pas forcément les même idéaux, s'allient pour la juste cause.
Spielberg ne prend aucun parti pris, ce qu'on a pu lui reprocher. Mais peu reprocher cela à quelqu'un alors qu'il relate une affaire si épineuse, si dangereuse ?
Je ne le pense pas.
De plus, il fait su spectaculaire, certes, mais derrière se cache tant de malaise qu'il arrive à les faire ressortir et le éclairer grâce, justement, à ce spectaculaire.
Steven Spielberg profite de cette vengeance pour prendre conscience de ce qui se passe dans le monde et qu'on est loin du pays imaginaire.
Le monde est sombre, cruel, pernicieux. On le découvre en même temps que les cinq agents du Mossad, qui partis pour « une noble quête », se perdent en chemin en mettant face à la réalité. Le contre terrorisme est-il aussi abjecte que le terrorisme lui-même ? Spielberg ne répond pas vraiment à cette question. Il n'y tient pas. Mais il laisse le spectateur appréhender cette question et y réfléchir. A coup de séquences chocs, il l'amène fatalement à se poser la question.
Et quand on croit que le calvaire est terminé, il nous assène une séquence tout en contradiction : l'union de deux êtres amoureux et les flashs d'une tragédie, d'un massacre, le tout se fondant dans un malaise psychologique qui fait qu'on ne ressort pas indemne de ce film.
« Munich » est un film complexe à tout point de vue. Je recommande fortement de regarder « Un jour en septembre », un documentaire qui sort en même temps que le film et qui retrace ce qu'il s'est passé durant la prise d'otage, les négociations, jusqu'au final tragique. Tout ce qui est dans ce documentaire est survolé par le film de Spielberg ou alors relaté, vu de loin…
Les deux films sont très complémentaires.
« Munich » a également la particularité de ne pas présenter les lieux de l'action avec un carton comme il se fait d'ordinaire. Non, Spielberg fait une carte postale et au spectateur de reconnaître les lieux. Quand on voit la tour Eiffel, on sait forcément où l'on est!
« Munich » n'est pas un film ordinaire. Ce n'est pas un simple divertissement avec de l'action et des réflexions. Il ne laisse pas indifférent. C'est le genre de film que l'on ne regarde pas vraiment pour le plaisir. Il peut même nous prendre l'envie d'avoir peur de revoir cette barbarie une seconde fois… Alors âme sensible s'abstenir. « Munich » est sombre, très sombre… presque désespéré et désespérant.
En ce qui concerne les bonus, il n'y a pas grand-chose. Une introduction de Steven Spielberg et un making of de 13 minutes. Cela est voulu, pas par faute de documents mais parce que la production n'a pas voulu s'étendre sur un sujet aussi douloureux et épineux. Le strict minimum est dit, le film est fait, on s'arrête donc là…
15.04.2008 17:36
Je l'ai vu celui aussi. cf mon avis
16.10.2006 14:38
tiens j'amais vu celui ci...merci
16.10.2006 14:12
J ai pris une claque en le voyant en février dernier. Spielberg est un des meilleurs réalisateurs au monde.