August & Everything After - Counting Crows

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August & Everything After - Counting Crows

Rock/Pop - Enregistrement Studio - 1 CD(s) - Label : Geffen - Distributeur : Universal Music - Date de Sortie : 01/02/1994 - EAN : 720642452820

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100% positif

1 avis de la communauté

Avis sur "August & Everything After - Counting Crows"

publié le 04/08/2004 | cbyt
Membre depuis : 02/12/2003
Avis : 77
Lecteurs satisfaits : 63
Plus à mon sujet :
Gagner de l'argent sur le dos des pauvres, c'est inhumain .......... ça prend trop de temps !
Excellent
Avantages un des meilleurs albums rock
Inconvénients une fois écouté, on ne peut plus s'en passer
très intéressant
Textes
Musique
Arrangements
Créativité
Chant/voix

"♪ Round here ♪"

August and Everything after

August and Everything after

Après avoir tourné en rond autour des bacs, il a bien fallu que je me rende à l’évidence que l’été 2004 ne faillirait pas à la règle : pas de nouveautés pendant l’été. L’été c’est réservé au festival et marketing oblige, il faut attendre le mois des vendanges pour récolter la cuvée de fin d’année.
Pas de quoi s’en faire, c’est l’occasion d’en profiter pour acheter les anciens albums, vous savez tout ceux qu’on note sur un carnet pendant l’année en attendant de trouver un petit moment pour les écouter.

Mais la liste est longue, très longue. Il faut encore faire le tri … profitant des prix Fnac, mon choix se porte sur Stereophonics, les premiers Lynyrd Skynyrd, un Clash, Mogwai….et par hasard je découvre un album de Counting Crows « Hard Candy » déjà vieux d’un an mais qui avait échappé à ma vigilance lors de sa sortie.
Fan depuis leur début, j’ai conclu ma commande avec ce CD. Quelques jours d’attente avant d’installer la galette dans ma platine et 2, 3 écoutes avant de me morfondre dans une profonde déception. Loin d’être à la hauteur de ce que j’attendais et pas motiver pour écrire une pige dessus, j’ai décidé de m’attarder sur leur premier opus « August and everything after »
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╚═╩═╩═╩═════════════ Mon histoire de corbeaux commence en 1993 quand sur les ondes de Ouï FM (et oui encore …) débarque un Objet Musical Non Identifié. Au milieu d’une programmation plutôt musclée, « Mr Jones », morceau mi-folk, mi-pop, mi-rock, mi-country vient squatté la bande FM. La première écoute fut un véritable choc … anonyme … impossible de savoir qui se cache derrière ce monsieur Jones. De longues heures passées à guetter la prochaine programmation seront satisfaire ma curiosité : Counting crows et déjà un titre qui commence à enflammer les ondes de la radio rock (les autres comme d’habitude mettront un peu plus de temps à raccrocher le wagon mais bon, ce n’est pas le sujet). Mais trop tard, de toutes façons, je suis intoxiqué, il m’en faut plus. Il me faut un album et vite.

L’attente ne sera pas trop longue avant que « August and everything after » débarque dans les bacs. Et le verdict mettra encore moins de temps avant de tomber…. Exceptionnel. 11 titres pour un pur chef d’œuvre. Une vraie révélation. Je ne crois pas qu’aucun album m’ait laissé une telle impression à ce jour. Même après 10 années à osciller sous les faisceaux de mes platines laser, cet album me procure toujours les mêmes sensations. Même les albums suivants n’offriront jamais le même feeling que AAEA.
Mais avant de décrire un peu plus en détail ce premier opus, je vais essayer de vous présenter un peu plus les californiens à l’origine de ce splendide album. Comment un future contrôleur aérien (Matt), un plongeur dans un restaurant (Adam), un vendeur de disque (Dan), un manager de club (Ben), un programmeur (Charlie) et un producteur (Dave) ont pu en arriver là ?
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╚═╩═╩═╩═════════════ Tout commence en 1989, dans le quartier de San Francisco Bay quand David Immergluck en entremetteur de génie (mais il ne le saura que bien des années après) va permettre à Adam Duritz, chanteur et David Bryson, guitariste de faire connaissance. Leur passion commune pour le folk américain traditionnel va immédiatement renforcer leur amitié et notre duo décide de composer ses propres morceaux.
Et dès l’année suivante, ils commencent à écumer les cafés et les petits clubs de la baie. Et c’est sous le nom de Counting Crows, référence à une rime sur une vieille divination anglaise, que notre duo distille leurs compositions acoustiques.

Fort d’une petite renommée, nos compères décident en août 1991 d’enregistrer quelques maquettes et s’entourent pour l’occasion du bassiste Matt Malley, le clavier Charles Gillingham et le batteur Steve Bowman, amis rencontrés sur la scène locale de San Francisco Bay. Le déclic est immédiat, et les premiers concerts donnés à cinq montrent que l’alchimie fonctionne. Et elle fonctionne si bien qu’en avril 1992, DGC Records les repère et les signe. On les retrouve 2 mois plus tard sur une scène de Los Angeles en première partie de …… Bob Dylan.

C’est à l’automne 1992, qu’ils décident d’enregistrer leur premier album et d’innover un mode d’enregistrement assez inhabituel. Ils louent un manoir sur les hauteurs d’Hollywood et s’y installent pour la durée de l’enregistrement. Ils éprouvent le besoin de vivre leur musique. D’ailleurs non seulement, ils enregistreront toujours sur ce mode là mais tous les morceaux sont enregistrés en live.
Pendant l’enregistrement de l’album, en janvier 1993, les Counting Crows seront invités à remplacer Van Morrison pour la cérémonie d'ouverture du Rock and Roll Hall Of Fame.
Au mois d’août, Dan Vickrey, guitariste de son état, rejoint le groupe qui est maintenant au complet.
Et c’est le mois suivant que August and everything after vient remplir les bacs. C’est T-Bone Burnnet qui s’installera aux manettes. On lui connaît entre autres ses performances avec Elvis Costello ou Roy Orbison.

La consécration ne tarde pas à venir et les tournées s’enchaînent pendant un an pour les CC qui réalisent les premières parties de Midnight Oil, Suede, Cranberries ou encore Cracker. AAEA est rapidement déclaré album rock de l’année 1994. Les portes du monde s’ouvrent à eux. L’album se classe 4è au Billboard US en avril 1994 et y restera pendant 93 semaines. Et les awards viennent rapidement garnir les étagères et le groupe multiplie ses interventions et duos. Surfant sur la vague du succès, nos six californiens voguent sereinement, envahissent l’Europe à l’automne 1994. Une mésentente entre Adam Duritz et Steve Bowman causera le départ de ce dernier et c’est en septembre 1994 que Ben Mize s’installe derrière les fûts.

En mai 1995, le groupe se sent assez mature pour travailler à un nouvel opus et repart s’enfermer dans les hauteurs hollywoodiennes. C’est le 15 octobre 1996 que Recovering the Satellites débarquent sur les platines. Cette fois, l’artillerie lourde est sortie car c’est Gil Norton qui s’installe aux commandes (on lui doit entre autres les productions des Pixies, Echo and the Bunnyman, Del Amitri). Si l’émotion est toujours présente, les compositions toujours aussi belles, la magie ne fonctionne pas comme 3 ans auparavant. Il en reste un très bon album mais il manque cette spontanéité qui faisait de AAEA un délice.
Il n’empêche que dès le 20 octobre 1996, RTS s’installe tout simplement en tête du Billboard US.
Et dès le mois suivant, les corbeaux entament la tournée US embarquant dans leurs bagages Fiona Apple et Cake. Il faudra attendre la fin du printemps 1997, pour les voir fondre sur l’Europe.
Ils continueront leurs performances scéniques durant toute l’année 1997. Le résultat sera un splendide double album live « Across a Wire – Live in New York » qui débarquera le 14 juillet 1998. Reprenant les titres des deux premiers albums, ce double CD délivre toute la magie des Counting Crows sur scène. Si Adam Duritz donne vie à ses morceaux en studio, sur scène, il les transcende.

A peine les bacs garnis, nos six compères reprennent la route de LA et s’octroie les services de David Lowery (Sparklehorse, Lauren Hoffman …) et Dennis Herring (Cracker, Camper van Beethoven, …) derrière la console, pour leur troisième album « studio » ou plutôt « manoir ». Il faudra attendre plus d’un an pour que « This Desert Life » voie le jour, le 2 novembre 1999. Un disque lumineux et sublime. A tel point, que le groupe égal presque son chef d'oeuvre "August And Eveything After". L'émotion est à son comble et le groupe prouve qu'il est aussi capable de signer quelques titres plus rythmé mais toujours aussi inspiré.
Nouvelle tournée qui embarque au passage David Immergluck comme septième membre officiel de la troupe.

Et dès 2001, nos 7 oiseaux repartent enregistrer leur dernier opus en date « Hard Candy » qui sortira en juillet 2002 débutant directement à la cinquième place des charts US. Mais Hard Candy est un disque sans saveur et ne possédant qu'en de rare moment l'émotion contenu dans les autres albums du groupe. Que s’est-il passé en 3 ans, personne ne saurait le dire. Pourtant l’affiche est prestigieuse puisqu’on retrouve Ryan Adams, Sheril Crow ou la tout aussi talentueuse Leona Naess.
D’ailleurs, les ventes s’essouffleront rapidement. En espérant qu'il ne s'agisse que d’un incident de parcours.

D’ailleurs le « Accidentally in Love » composé pour la BOF de Shrek 2 et sorti en mai dernier laisse présager une toute nouvelle inspiration très encourageante pour la suite de leur carrière
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╚═╩═╩═╩═════════════ Oubliés les guitares saturées, les murs d’amplis, les grosses basses ou les rythmiques dévastatrices. Counting Crows reprend tous les ingrédients du folk traditionnel, mêlant savamment la basse, le piano, les percussions, les guitares acoustiques et électriques, l’accordéon, l’harmonica ou encore le banjo. Une première écoute de « August and everything after » suffit à percevoir la finesse du jeu, la sensibilité donnée à la musique et surtout … et surtout la voix magnifique d’Adam Duritz. Nul besoin de faire rugir les décibels, cette voix feutrée, ce petit grain, ces notes qui viennent du fond de la gorge suffisent à vous donner les frissons.
Ecouter AAEA, c’est un peu partir en voyage, un voyage dans le domaine du rêve et de la nostalgie, un rêve où il semble pleuvoir tout le temps. Adam nous fait partager ses envies, ses peines, ses rancoeurs, ses amours, ses certitudes, ses incertitudes aussi. Un témoignage touchant, prenant, qui vous noue les tripes, qu’on écoute sans dire un mot. On se laisse bercer par la musique, on se laisse enlever par les mots.

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╚═╬═ « Round Here » s’ouvre sur une guitare égrenant quelques notes comme telle une douce litanie donnant le tempo puis la voix douce et feutrée d’Adam accompagnée par des accords d’orgue vient nous compter l’histoire d’un homme qui a bien appris et bien retenu toutes les leçons qu’on lui a inculqué pendant son enfance et qui se retrouve adulte, terrifié, face à lui-même, incapable de quoique ce soit, plus un fantôme de lui-même qu’une personne réelle.
Il faut attendre le premier refrain pour entendre dans le fond, une batterie, légère, venir rythmer le morceau. C’est l’occasion d’entendre Adam monter sur un registre plus haut, une tonalité où sa voix donne ce qu’elle a de meilleur.
Plus l’histoire avance et plus le morceau prend de la puissance alternant intensité et calme, traduisant le désarroi de cet homme, impuissant, chaque refrain rappelant ses leçons apprises étant enfant et qu’il n’arrive pas à mettre en application.
Ce premier morceau donne d’emblée la couleur et l’intensité de AAEA

[…] Round here we're carving out our names
Round here we all look the same
Round here we talk just like lions
But we sacrifice like lambs
Round here she's slipping through my hands
Sleeping children got to run like the wind
Out of the lightning dream
Mama's little baby better get herself in
Out of the lightning […]

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╚═╬═ « Omaha » est totalement inspiré du folk traditionnel américain. Dès l’ouverture, l’accordéon et la rythmique guitare acoustique/batterie donne immédiatement la mesure de ce morceau plus « léger ». Rapidement la basse et surtout la mandoline viennent égayer cette ballade folk.
Si le contraste est saisissant avec le titre précédent, on s’installe très vite dans le rythme et finalement, on imagine mal qu’un autre morceau puisse s’intercaler à cet endroit. Et si Adam Duritz joue moins sur ses cordes vocales, sa voix et surtout son accent très caractéristique s’inscrivent parfaitement dans le ton du morceau.

[…] Omaha Somewhere in middle America
Get right to the heart of matters
It's the heart that matters more
I think you better turn your ticket in
And get your money back at the door […]

╔═╗
╚═╬═ « Mr Jones » le tube matraqué sur les radios du monde entier qui a fait connaître les Counting Crows au grand public mais surtout qui a été une révélation pour moi débute sur cette désormais célèbre suite d’accords électriques (Am F Dm G Am F G) juste accompagnés d’une batterie. Adam balance l’introduction de son histoire avant d’être rejoint par le reste de ses musiciens. Car cette chanson est autobiographique et même si elle a souvent été mal interprétée à l’époque, elle raconte seulement une soirée où Adam et Marty Jones, anonymes parmi les anonymes, timides mais un peu éméchés, flashent sur 2 filles dans un bar et de fil en aiguille se refont leur monde à eux, réalisant leurs rêves et leurs envies.
La consonance très folk, le débit de paroles élevé donne un rythme très entraînant, le genre de rythme sur lequel on ne peut s’empêcher de taper du pied… et puis, il y a la voix d’Adam Duritz qui enveloppe le tout et qui donne toute la couleur à ce morceau, toute son âme.
Et même après le matraquage radio, même après avoir écouté cet album des centaines de fois, je prend toujours autant mon pied à écouter ce morceau, comme au premier jour.

[…] I will paint my picture
Paint myself in blue and red and black and gray
All of the beautiful colors are very very meaningful
Gray is my favorite color
I felt so symbolic yesterday
If I knew Picasso
I would buy myself a gray guitar and play […]


╔═╗
╚═╬═ L’orgue et la batterie très jazzy donnent une ambiance beaucoup plus feutrée à « Perfect Blue Buildings ». Une mandoline discrète vient relever un refrain qui éclaire cette chanson qui sans traiter de choses catastrophiques, raconte comment la vie peut être grisâtre, fade, ennuyeuse.
Le refrain tranche avec ce constat dévoilant comment cet homme en proie aux visions comatiques retrouve la pureté des formes, la beauté des couleurs, la sérénité. Cet homme, qui essaye par tous les moyens de ne pas tomber dans le piège de ses visions.
Cette ballade jazzy est extrêmement agréable à l’écoute et démontre une fois encore l’étendue des inspirations des Counting Crows et leur talent à les mettre en scène.

[…] It's 4:30 A.M. on a Tuesday
It doesn't get much worse than this
In beds in little rooms in buildings in the middle
of these lives which are completely meaningless
Help me stay awake, I'm falling...

Asleep in perfect blue buildings
Beside the green apple sea
Gonna get me a little oblivion
Try to keep myself away from myself and me […]


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╚═╬═ « Anna Begins » entame sur une rythmique syncopée basse et batterie où seules quelques notes éparses de guitare viennent de temps à autre troubler cette ambiance qu’installe la voix d’Adam.
La structure musicale du morceau se construit lentement, chaque instrument prenant petit à petit sa place dans l’histoire, naturellement, guidé par les paroles, les chœurs venant conclurent cette histoire.
Une histoire qui au début ne devait être qu’une aventure de vacances, sans lendemain, mais les sentiments s’en mêlent, l’histoire se complique même si chacun essaye de se persuader que ça ne peut pas durer.

[…] My friend assures me, "It's all or nothing."
But I am not really worried I am not overly concerned
You try to tell yourself the things you try to tell yourself
To make yourself forget I am not worried
"If it's love," she said, "then we're going to have to think about the consequences."
She can't stop shaking
I can't stop touching her and...
This time when kindness falls like rain
It washes her away and Anna begins to change her mind
"These seconds when I'm shaking leave me shuddering for days," she says
And I'm not ready for this sort of thing […]


╔═╗
╚═╬═ « Time and Time again » nous dévoile une nouvelle ballade rythmée entre l’orgue Hammond et une guitare mélancolique, Adam pose délicatement sa voix sur une ligne de basse monocorde qui essaye de traduire la monotonie des grands espaces, la solitude et la frustration que peuvent éprouver les gens qui les peuplent.
Une interprétation toujours aussi sublime, alternant moments de plénitude et puissance.

[…] So when are you coming home
Sweet angel?
You leaving me alone?
All alone?
Well, if I'm drowning darling, you'll come down this way on your own

I wish I was traveling on a freeway
Beneath this graveyard western sky
I'm gonna set fire to this city
And out into the desert
we're gonna ride […]

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╚═╬═ « Rain King » installe une rythmique folk beaucoup plus classique, mandoline / guitare / basse / batterie, très efficace, qui surprend au premier abord, après le calme imposé par les deux morceaux précédents mais qui rapidement vous met un coup de fouet. Et une fois de plus, c’est la voix de Duritz qui donne définitivement son âme à ce morceau qui d’une simple chanson folk devient un pilier de cet album. Il a un véritable don pour faire vivre ses chansons et nous faire partager ses histoires.

[…]When I think of heaven
(Deliver me in a black-winged bird)
I think of dying
Lay me down in a field of flame and heather
Render up my body into the burning heart of God in the belly of a black-winged bird
Don't try to bleed me
I've been here before and I deserve a little more […]

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╚═╬═ « Sullivan Street » nous replonge immédiatement dans les rythmes suaves qui constellent cet album. Guidé par le piano, Adam Duritz, d’une voix emprunte de velours accompagné par une divine Maria Mc Kee au chœur, nous raconte l’histoire de la rue Sullivan où il déposait sa petite amie de l’époque qui vivait là, avec sa mère et avec qui il ne pouvait partager la nuit.
Sans être une véritable déchirure, cette histoire que nous fait partager Adam est remplie de mélancolie, pas celle qui rend triste mais celle qui ramène à de bons souvenirs et sur lesquels ont nourris quelques regrets.
Une superbe chanson servie par un magnifique Charlie Gillingham au piano.

[…] Take the way home that leads back to Sullivan St.
Where all the bodies hang on the air
If she remembers, she hides it whenever we meet
Either way now, I don't really care [...]

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╚═╬═ On retrouve dans « Ghost Train » un peu la même ambiance jazzy qui s’était installé sur Perfect Blue Buildings. Une atmosphère lourde étouffante marquée par une batterie syncopée et une basse très présente, sournoise, lourde, embarrassante. Seuls les accords de guitare qui viennent émaillé le refrain rompent avec cette moiteur.

[…] She buys a ticket 'cause it's cold where she comes from
She climbs aboard because she's scared of getting older in the snow
Love is a ghost train rumbling through the darkness
Hold on to me darling I've got nowhere else to go […]

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╚═╬═ « Raining in Baltimore » est sûrement la chanson la plus triste, la plus amère de cet album et peut-être aussi une de mes préférées. Adam Duritz seul, au piano, nous dépeints la solitude d’un homme, au milieu de nulle part, loin de tout, qui voudrait juste être à côté de celle qu’il aime.
Le duo voix / piano est majestueux. Les notes sont douces, juste quelques accords posés, délicatement, support suffisant pour qu’Adam puisse poser sa voix dessus.
Un accordéon lointain, vient le temps d’un souffle poser quelques notes aériennes avant de disparaître.

This circus is falling down on its knees
The big top is crumbling down
It's raining in Baltimore fifty miles east
Where you should be, no one's around

I need a phone call
I need a raincoat
I need a big love
I need a phone call

These train conversations are passing me by
And I don't have nothing to say
You get what you pay for
But I just had no intention of living this way

I need a phone call
I need a plane ride
I need a sunburn
I need a raincoat

And I get no answers
And I don't get no change
It's raining in Baltimore, baby
But everything else is the same

There's things I remember and things I forget
I miss you
I guess that I should
Three thousand five hundred miles away
But what would you change if you could?

I need a phone call
Maybe I should buy a new car
I can always hear a freight train
If I listen real hard
And I wish it was a small world
Because I'm lonely for the big towns
I'd like to hear a little guitar
I think it's time to put the top down


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╚═╬═ « A murder of One » vient conclure cet album sur un rythme mélangeant habilement pop, folk et rock. Son tempo plus enjoué vient nettoyer toute cette mélancolie, toute cette pluie qui maquille cet album. Un peu à la manière d’un livre qu’on referme une fois l’histoire terminée.
Il fallait un morceau pour terminer cet album, difficile d’en imaginer un autre que celui-là qui termine sur une note presque optimiste : « Change »
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╚═╩═╩═╩═════════════ Peu d’artistes ou de groupes peuvent se vanter d’atteindre la maturité dès leur premier album, pourtant à l’écoute de celui-ci et des suivants, force est de constater que c’est bien le cas pour Counting Crows. Non pas que je n’aime pas les suivants (même si le dernier est très moyen) mais celui là renferme quelque chose de magique, difficile à cerner et encore plus à expliquer, un je-ne-sais-quoi qui se produit dès que les premières notes de Round Here viennent cristalliser l’atmosphère. Si musicalement, c’est très bon, sans être réellement hors du commun, vocalement, c’est exceptionnel et l’alchimie qui en ressort est vraiment fabuleuse. On sent que ces 6 là, vivent leur musique, chaque note, chaque son, chaque mot trouve naturellement sa place sur chacun des 11 morceaux. Seul un groupe enregistrant live peut arriver à une telle homogénéité. Il n’y a rien à enlever, les arrangements sont sublimes autant que subtils. Les multiples écoutes permettent de déceler des notes, des instruments, que l’on n’entend pas toujours la première fois.

Je crois que je me suis suffisamment étalé sur le sujet, aussi, je vais vous laisser savourer cet album.
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Tracklist

01. ROUND HERE - 5:32
02. OMAHA - 3:40
03. MR. JONES - 4:33
04. PERFECT BLUE BUILDINGS - 5:01
05. ANNA BEGINS - 4:32
06. TIME AND TIME AGAIN - 5:13
07. RAIN KING - 4:16
08. SULLIVAN STREET - 4:29
09. GHOST TRAIN - 4:01
10. RAINING IN BALTIMORE - 4:41
11. A MURDER OF ONE - 5:44


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Cet avis a été lu 2087 fois et a été évalué à
58% :
> Comprendre l'évaluation de cet avis
très intéressant

Commentaires sur cet avis

  • lub.na publié le 20/07/2005
    tu t'es étalé avec brio sur le sujet, il est rare de savoir décrire la musique....
  • lub.na publié le 20/07/2005
    voilà de quoi me donner envie d'écouter le reste
  • lub.na publié le 20/07/2005
    « Mr Jones » "...... formidable, rien que par ta description , je viens de mémoriser le morceau, je l'entends là et je tape du pied :o))))))))) au début, ne m'évoquait rien, et là chapitre de la description de la dite chanson, I got it :o) absolutely Fabulous
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Rock/Pop - Enregistrement Studio - 1 CD(s) - Label : Geffen - Distributeur : Universal Music - Date de Sortie : 01/02/1994 - EAN : 720642452820

Caractéristiques Principales

EAN: 720642452820

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