L'évaluation de l'auteur:
| Avantages: |
Le fort sentiment de fraternité entre les Hommes - la façon de relater le fait historique - le grand tourbillon émotionnel lors de la lecture |
| Inconvénients: |
La conception du livre (mais c'est pas grave ! ) |
| Recommandation pour les acheteurs potentiels? |
oui |
La forte charge émotionnelle rencontré dans cette œuvre romanesque vous propulsera le temps d'un livre dans l'univers incroyable de la bataille de VERDUN.
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♠ INTRODUCTION ♠
Il faut que je vous présente un livre qui est cher à mon cœur. Vous devez sûrement vous dire : pourquoi ? Tout simplement parce qu'il évoque un sujet qui me concerne : la bataille de VERDUN.
En effet, je suis né dans la Cité de la Paix et j'y est vécu plusieurs années. Puis, j'ai deux arrière grands-pères qui ont participé à cet engagement militaire. L'un n'a jamais revu le clocher de Dannevoux, son petit village natal car il a été tué dans des circonstances difficiles pendant l'attaque du fort de Vaux et l'autre a survécu dans l'enfer mais il fut hanté par des visions cauchemardesques qu'il avait vu pendant ces dix mois d'atrocités permanentes. Il est mort quelques années plus tard à la suite de gazages allemands. J'ai également participé au deuxième son et lumière de France, à VERDUN, où je rentrais chaque soir de juin et juillet dans la peau de Jean, un instituteur breton dans le civil qui fut mobilisé sur le front devant VERDUN. J'essaie également de perpétuer ce souvenir en m'impliquant dans d'autres manifestations dont le but essentiel est la mémoire, que nous, Verdunois, avons le devoir, plus que d'autres, de faire passer aux jeunes générations.
Vous comprendrez désormais pourquoi cet ouvrage a pour moi une forte valeur sentimentale.
Et puis, je serais tenté de vous demander : qui d'entre vous n'a pas comme moi, un arrière grand-père, un grand-père ou bien un père qui fut recensé parmi les victimes de cet engrenage militaire ? Je pense que vous devez être nombreux à être concerné, indirectement, par cette bataille, la plus grande de tous les temps.
A présent, je vous laisse découvrir l'œuvre d'un écrivain régional qui mériterait amplement une renommée nationale.
♠ PRÉSENTATION DU ROMAN EN QUELQUES MOTS ♠
· Titre : NEUF DE DER
· Auteur : Patrice MACEL
· Nombre de pages : 241
· Année de publication : 2004
· Genre : roman historique
· Édition : Aucune. Autoédition
· ISBN : 2-95 18324-1-9
♠ RÉSUMÉ DE L'HISTOIRE ♠
J'ai écrit ce bref résumé en 2004. Il a été publié dans le N°73 de la Revue Trimestrielle de l'Association « Connaissance de la Meuse, (dont je fais partie) en juin 2004.
Un seul mot d'ordre : reconquérir la crête du Mort-Homme afin de sauver VERDUN et la Patrie française. De jeunes soldats, parfois n'excédant pas les vingt ans, viendront mourir sur la terre meusienne, cette terre que la plupart des Poilus engagés ne connaissent pas. Pour Edmond Murand, jeune agriculteur tarnais, VERDUN ne signifie rien. C'est juste un nom, une petite ville sans intérêt nichée au cœur de la Meuse. Mais les soldats se disent que « peut-être plus tard, quand on interrogera un type de là-bas, on lui demandera où il habite ; il répondra non sans aucune fierté : à VERDUN, c'est dans l'Est de la France ».
S'il doivent sauver cette « putain » de ville pour que la guerre s'arrête, ils la défendront avec bravoure, courage et héroïsme en prenant des risques considérables.
L'heure de l'assaut approche. L'anxiété monte d'un cran dans le régiment. Le lieutenant Ranot leur annonce qu'il faudra gravir la colline du Mort-Homme à découvert, sous la mitraille et les obus allemands. La peur et l'angoisse leur tordent les boyaux. Ils vivent avec elles au quotidien. D'ailleurs, un des soldats du régiment s'est suicidé.
Ça y est, c'est parti. Les obus, la mitraille, le feu de la guerre, les bruits d'une très forte intensité qui martèlent la tête de ces braves gars et qui explosent leurs tympans à en devenir fou, la frayeur… A présent, le sort en est jeté. Edmond Murand est face au danger. Il essaie de se protéger comme il le peut. La Dame Noire a déjà emporté plusieurs de ses camarades. Et lui, pourquoi est-il encore en vie ? Il n'y a que Dieu qui détient la réponse. Mais existe-il vraiment ? La vue de tous ces corps déchiquetés, inertes, jonchant ce pauvre sol meurtri par la « connerie » humaine laisse douter. Le paysage est totalement bouleversé, pilonné de toute part, les arbres sont calcinés par le Trommelfeuer. L'odeur est insupportable. Une immense fumée stagne dans le ciel. On dirait la nuit !
Soudain, un obus explose à quelques dizaines de mètres de lui. Il est projeté en l'air puis retombe à terre. Il ressent une douleur atroce à la jambe. En effet, il est touché par un éclat d'obus. Son sang se mélange à la terre. Il se fait un garrot en attendant les infirmiers de la Croix Rouge qui ne tarderont pas à venir. Ils reviendront le chercher dès que les combats se seront calmés. Pendant ce temps, il attend. Il n'a plus que ça à faire. Il souffre horriblement et essaie de trouver une position plus confortable afin d'atténuer cette terrible douleur qui lui monte à la tête…
C'est ici même qu'il fera la connaissance de Fernand, malheureusement dans de tristes conditions. Celui-ci est blessé au ventre. Il a reçu une rafale de balles de mitrailleuses allemandes. Il perd beaucoup de sang. En attendant les brancardiers, ils vont se raconter leur vie. Fernand est breton. C'est un amoureux de la mer. Pourtant, elle lui a pris son père quand il était jeune. Tout en souffrant, il raconta la mer, sa famille, la mer, son travail et puis encore la mer…
Fernand est mort. Edmond est désormais seul. Il vient de perdre un ami qu'il connaissait juste depuis quelques heures…
Quelle heure pouvait-il bien être ? Est-ce que les brancardiers de la Croix- Rouge vont arriver avant qu'Edmond rejoigne le Ciel ? Va-t-il revoir sa femme et sa petite Émilie ?
♠ DESCRIPTION DU ROMAN ♠
Le texte est écrit dans un langage simple et courant, ce qui permet de lire le livre dans de bonnes conditions, sans avoir à chercher sans cesse les mots inconnus dans un dictionnaire. On relève dans le récit la forte présence du narrateur. On parle dans ce cas de narrateur interne car il participe à l'histoire en tant que narrateur personnage. Dans ce cas, le récit est raconté à la première personne du singulier (je). Ici, le narrateur personnage est le héros principal : Edmond Murand. Je pense que ce type de procédé est positif car il permet de tout savoir sur le personnage (ou du moins tout ce qu'il veut bien nous dire). On connaît ses pensées intimes, ses craintes, ou encore quelques éléments de sa vie avant le conflit, ses origines, etc. On a ainsi l'impression que le héros se confie au lecteur. Ainsi, on peut se sentir proche du personnage et pourquoi pas s'identifier à lui. On note également la présence de monologues ce qui accentue cette impression.
La focalisation est interne, car comme il a été dit ci-dessus, le narrateur se met à la place du personnage c'est-à-dire que l'on en sait autant mais pas davantage que le personnage lui-même. C'est un peu dommage car on éprouve tellement de sympathie envers lui que l'on aimerait en savoir un peu plus. Mais je comprends parfaitement pourquoi l'auteur a choisi ce point de vue. Les autres n'auraient pas été adaptés à l'histoire. En effet, un point de vue omniscient aurait posé problème.
Le rythme du récit s'échelonne sur une période de quelques jours, courant avril 1916. En si peu de temps (il est fait allusion ici au temps fictif et non au temps réel), Edmond nous « plonge » dans un gigantesque « vortex » d'émotion qui ne cesse de s'accentuer au fil de l'histoire.
♠ IMPRESSIONS SUR LE ROMAN ♠
A l'heure où j'écris ces quelques mots, je viens de terminer, pour une seconde fois, la lecture de ce roman. Et je dois avouer que l'émotion est toujours aussi intense. Mes yeux se remplissent de larmes qui viennent brûler mes pupilles. Surtout, n'y voyez aucun sentiment d'exagération car c'est vraiment ce que je ressens. Comment a-t-on pu arriver à un tel degré de haine et d'acharnement ? C'est une question importante que nous devons nous poser où encore une question essentielle : quel est le sens de la vie sur Terre ? Nous seuls détenons la réponse.
Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'au travers de cette œuvre romanesque, l'écrivain a réussi à me faire revivre cet épisode tragique de l'Histoire de notre pays. Je pense que le devoir de mémoire était son but. Et il l'a atteint. Au travers de ces pages d'écriture, il a réussi à me faire revivre le quotidien des Poilus, que je trouve bien retranscrit par rapport à ce que l'on peut imaginer de la réalité, des témoignages et des documents historiques. Il n'oublie pas de parler des rats, de la vermine, de la soif, de l'hygiène exécrable, des conditions météorologiques. Si vous avez été visiter le Mémorial de Verdun, c'est ce qui ressort le plus souvent et c'est bien. Mais je trouve qu'il a abordé un sujet assez « tabou » et intéressant : la sexualité. Ces Poilus n'en avaient plus et lorsqu'ils parlaient des femmes, c'était avec des propos directs et sans détour. Il va même jusqu'à parler dans son récit d'un soldat qui se masturbe n'y tenant plus. Il parle également de l'égalité devant la mort. Il veut entendre par cela que la mort rapproche les Hommes. Qu'ils s'appellent Mamadou, Adolphe ou Lucien ; qu'ils soient juif, musulman ou chrétien ; qu'ils soient instituteur, agriculteur ou marin, ils vivent tous le même quotidien : la peur, la souffrance et la haine ; ils meurent tous quasiment de la même façon ou du moins tout horriblement.
Ce qui m'a le plus marqué dans ce roman, c'est le fort sentiment de fraternité qu'il s'en dégage. Je ne vous en dit pas plus ce sujet.
Je voudrais également vous préciser que ce récit va bien au delà de la terrible évocation de la bataille de VERDUN. Vous allez sans doute me dire pourquoi ? Parce qu'il en ressort de fort sentiments humains que le personnage ne cesse d'exprimer, notamment à l'encontre de sa petite fille Émilie et de sa femme mais aussi à l'encontre de Fernand qu'il va rencontrer dans de tristes conditions. Je vous invite à le découvrir en lisant ce livre « bourré » d'émotions.
Les défauts sont peu nombreux et concerneraient plutôt la conception du livre que l'histoire en elle même. Malgré tout, dans le récit qui se déroule en 1916, lorsque les Poilus font allusion aux Allemands, ils utilisent deux termes :
· Les boches,
· Les schleux.
J'ai entendu dire que le deuxième terme fut employé lors de la deuxième guerre mondiale et non lors de la première, mais c'est une information que je n'ai pas pris soin à vérifier.
♠ PRÉSENTATION ET CONCEPTION DU LIVRE ♠
Les pages ne sont pas numérotées, les chapitres ne sont pas nettement démarqués et ne portent pas de nom. Il n'y a pas de sommaire. C'est un peu difficile à s'y retrouver. Mais c'est un détail qui n'a pas grande importance. Ce qui compte, c'est le contenu de l'histoire et la fidélité que l'auteur a accordé par rapport aux faits réels qui se sont déroulés en 1916 devant VERDUN.
En première de couverture est photographié un casque Adrian de la première guerre mondiale qui est posé sur une lettre de Poilu. Et à côté du casque se trouve une plaque d'identification, que tous les soldats portaient à leur cou. Il s'agit d'une belle couverture. Les lettres de NEUF DE DER y sont inscrites en vermeil. Est-ce volontaire ? Est-ce que l'auteur a voulu faire référence à la couleur du sang ? Quant au titre du roman, je ne voudrais pas trahir l'écrivain en dévoilant ce qu'il signifie. Si vous voulez le savoir, je vous invite à le lire. Moi, j'ai fini par trouver son sens mais longtemps après la première fin de lecture car il n'est pas explicite.
♠ EXTRAIT DE "NEUF DE DER" ♠
« Je suis maintenant bien planqué et m'apprête à me lancer ; Robert me suit comme toujours. Au moment où je déboîte, je me retrouve nez à nez avec deux Allemands qui sortent d'un abri fait d'arbres tombés et de branches ; nous sommes à moins de trois mètres les uns des autres. Je n'ai pas le temps d'armer mon fusil et me rends compte que le premier lui, est prêt à tirer. Sans réfléchir et en baissant la tête, je lui fonce dessus en pointant la baïonnette de mon fusil que je venais à peine de remettre à sa place. Au moment où je transperce le boche en pleine poitrine, j'entends un coup de fusil. Je me souviendrai longtemps du bruit que cela a fait et que dire quand il a lentement glissé contre moi pour s'affaler au sol.
Et heureusement pour moi, le coup de fusil entendu venait de l'arme de Robert qui lui, avait eu le temps de descendre l'autre qui était un peu plus loin. Sans nous poser la moindre question, nous allons nous remettre à l'abri dans un trou. Alors, je tape sur l'épaule de mon ami :
- Merci copain, tu m'as sauvé la vie. Quelle chance pour moi que tu te sois trouvé derrière moi ! […]
Toujours dans un déluge de balles, d'obus, de terre et de boue, toujours sous une pluie battante, je continue, je progresse. Je ne sais pas exactement où je vais mais j'y vais. Je vais l'atteindre cette satanée crête ! On va lui faire plaisir à Joffre. On va aller les chercher les schleux. Le Mort-Homme, c'est pas un nom allemand, ça sonne quand même bien français, Le Mort-Homme ! Alors on doit y aller. Et puis tant pis si au fond, je n'en ai rien à foutre de VERDUN et si je n'y remettrai jamais les pieds ; mes amis et moi, on va la sauver. Après tout, ils n'ont rien demandé, tous ces gens qui vivent dans cette région, alors, on va leur rendre, leur terre, leur village, leur maison. Plus tard, quand on interrogera un type de là-bas, on lui demandera où il habite ; il répondra, non sans une certaine fierté :
- A VERDUN, c'est dans l'Est de la France !
Dans d'autres circonstances, ça doit être joli, ici ! Alors, pourquoi germaniser ce coin ? Non, on va te défendre, jolie petite ville, ne t'inquiète pas, on est là !… »
♠ CONCLUSION ♠
Je ne sais pas si j'ai réussi à vous convaincre de lire ce livre. Je m'y suis peut-être pris un peu maladroitement dans la syntaxe ou encore dans ce que je voulais faire passer comme message. J'espère que vous ne me jugerez pas trop sévèrement.
Tout ce que je peux vous dire, c'est que j'espère fortement que ce petit auteur du nord meusien devienne grand car il a la passion au bout des doigts. Le talent et les idées ne lui manquent pas. Et si vous décidez de lire ce roman, je peux vous garantir une intense émotion qui vous « scotchera » au livre pendant tout le long de la lecture car il est rempli d'émotions et dépeint la réalité. Le sentiment de haine et de fraternité entre les Hommes vous laisseront sensible à toute l'émotion que vous pourrez ressentir en lisant le récit de cette génération sacrifiée de ceux de l'Argonne de 1916. Il est certes que vous n'en ressortirez pas indemne et que vous verrez votre père, grand-père ou arrière grand-père différemment après avoir lu ce livre.
Retenez bien ce nom :
Patrice MACEL
NEUF DE DER
A découvrir absolument !
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NB : Son premier livre est sorti en 2002. Il s'intitule « Le Méandre ». Je n'ai pas encore eu l'occasion de le lire mais d'après les témoignages, il est fabuleux. Il mérite que l'on y prête attention. Pour tous les amoureux de la Meuse et du Tarn, l'histoire se déroule entre Verdun et Castres, Albi et Sivry-sur-Meuse.
| Autres avis |
Les fenêtres
Evaluation du produit Neuf de der - Patrice Macel par
christiandv
Avantages: roman plein de sensibilté et de tendresse
Inconvénients: je n'ai pas trouvé d'inconvénients
Je n'ai pas lu "Neuf de Der", (par manque de temps) mais je ne doute pas une seule seconde que ce soit un bon livre. Si je me permets d'intervenir, c'est que je souhaite vous inviter à lire un autre roman de Patrice MACEL qui s'intitule "les fenêtres" en ...
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inintéressant
03.11.2008
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