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Nowhere (DVD)

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Le cunnilingus au chocolat, tout en images, rien que pour vous...

5  27.08.2009

Avantages:
Un O . F . N . I .  qui ne demande qu'à être "vu"

Inconvénients:
Pas vraiment d'histoire, on est loin des standards .  .  .

Recommandable: Oui 

evilash

Plus à mon sujet: Je sais que je suis en vacances prolongées par ici... Mais je sévis chez Podsac ! jetez un oeil sur ...

Membre depuis:06.10.2000

Avis:127

Lecteurs satisfaits:94

Cet avis a été évalué par 32 membres de Ciao en moyenne: exceptionnel

NOWHERE ou DES FOIS JE ME METTRAI BIEN DES CLAQUES POUR ETRE AUSSI CON ET STUPIDE

(Cet avis est dédié à Ginkas2, belle compositrice de mots qui savent perturber les sens et parler aux yeux. Nul doute que cet étrange ballet en couleurs furieuses doit lui être connu, un tel film qui se contemple plus que tout autre ne peut être vraiment compris que par celles et ceux qui ont encore les yeux ouverts.)
(Il est également dédié à Ptijulien03 qui aime les expériences nouvelles et je suis presque sûr que celle-ci lui plairait vu qu'il aime se manger des gamelles cinématographiques... De quoi lui en mettre plein les yeux...)

Du temps de la faculté, un de mes meilleurs amis me parlait souvent d’un auteur qu’il adorait plus que tout, il s’agissait de Brett Easton Ellis. Un auteur qu’il est, je le sais, inutile de présenter tant son autopsie du rejet de soi, du nihilisme, cruelle et teintée d’une amertume féroce est célébrée et en font un des auteurs les plus nécessaires de la littérature contemporaine. Sauf qu’à cette époque pas si lointaine, je n’en avais que faire de cet auteur, je faisais mon malin mais j'étais déjà un gros con.

Surtout que des petits détails tous anodins auraient du me pousser à acquérir une de ses oeuvres, je m’en rends compte aujourd’hui. Quand je regarde la couverture du roman LES LOIS DE L’ATTRACTION, par exemple, l’édition de poche, je sais que la photographie est tirée d’un film totalement inclassable que j’affectionne, ce film ci, NOWHERE... Une couverture étrange, dont le message inscrit n’est pas totalement dévoilé sur la couverture du livre mais qui, quand on a vu le film, se révèle être « God help us »... J’aurais du me douter que le cinéaste Gregg Araki et l’écrivain Brett Easton Ellis étaient proches... par leurs idées, leur façon frontale, crue (frontal nudity) de montrer l’abandon des repères, le conflit avec la réalité, un rejet total des conventions...

C’est ainsi ce qui m’a sauté aux yeux quand j’ai attaqué mon premier roman de Brett Easton Ellis, offert récemment par une artiste, MOINS QUE ZERO. Un portrait sous ecstasy d’une jeunesse absorbée en son centre par son nombril, un portrait quelque part désespéré, à la fois et cruel et doux qui exerce un étrange pouvoir de fascination sur son lecteur... et tandis que j’écorche les pages du roman, j’ai les images de ce film de Gregg Eraki un film vu lors de séances troubles dans les cinémas d’art et essai lyonnais, avec les murs transformés en écran de cinéma... Un film visuellement fou, pop, trash, dopé par une bande son qui avait été qualifiée dans la presse de celle de « la nouvelle génération ». Cette génération, c’était la mienne, ce film était donc mien, et le voici...

La bande annonce :
http://www.youtube.com/watch?v=d4fy3dtoiX0&feature=related
(pour l'objet du titre, c'est plus loin...)

Dark: L.A. is like, nowhere. Everybody who lives here is lost.

Partie 1 – JE VOUDRAIS BIEN ME PROMENER EN ROLLER SUR LE BORD DE L’OCEAN ET CROISER DES NYMPHETTES EN TRAIN DE POSER SUR LA PLAGE



Los Angeles... la période scolaire a commencé et tous les jeunes adolescents sont sur les bancs de l’école. Le soleil tape fort sur les mentalités, les parents sont contents d’avoir ces agaçants garnements en moins à la maison. A l’école au moins, il seront sages, et, de retour à la maison, ils apprendront gentiment leurs leçons et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes. Celui de Walt Disney et des Bisounours (ou des Popples, tout dépend de quel côté vous êtes après tout, moi je préfère les popples personnellement...). parce que dans le monde de Gregg Araki, ben ils font pas ça les adolescents. Non... la preuve...

Dar est un jeune garçon au tempérament obscur qui aime capturer tout ce qu’il voit au travers de son camescope. Il a une relation (qu’il croit) forte avec la jolie Mel, et il aime pouvoir se blottir dans ses bras. Sauf que Mel aime aussi faire des câlins à la ténébreuse Lucifer. Et Dark a également les yeux qui sont attirés par un jeune lycéen nouvellement arrivé, Montgomery. Et tout autour d’eux gravitent d’autres personnages, Dingbat, Egg, Bart, Elvis, Ducky, Handjob (branlette en vf), CowBoy... tous des jeunes qui aiment s’envoyer en l’air, consommer de l’alcool, des drogues, bref, se vider la tête et les tripes par tous les moyens possibles et imaginables. Seul Dark semble regarder tout cela d’un oeil horrifié par tant de néant, et n’a qu’une envie, se sauver de là, de L.A. au plus vite...

Dark: Lucifer, you are so dumb you should donate your brain to a monkey science fair.

D’autant plus qu’il a remarqué un détail fort curieux, un étrange alien reptilien se promène dans la ville et s’est mis en tête d’éradiquer littéralement tous ses jeunes adolescents de la surface de la terre. Ainsi, Dark voit de quoi s’affoler et vouloir prendre la fuite avec Mel et essaie de la convaincre tant bien que mal... En attendant, on assiste aux petites vies de tous ces jeunes gens, aussi anonymes que les murs de la ville qui les a avalés... Un joyeux foutoir désorganisé que certains critiques ont qualifié de Beverly Hills sous acide... Rien que ça...

Avec ce film là, Gregg Araki achevait ainsi son cycle de « teenage decadence », un cycle qu’il avait entamé quelques années plus tôt avec les films SO FUCKING WHAT ! et surtout THE DOOM GENERATION, film barré que les apôtres du no future avaient cru voir comme un bel étendard cinématographique. Autre point commun entre ces films que leur réalisateur d’origine asiatique, leur acteur principal (ici dans le rôle de Dark), James Duval, une sorte d’ange brun, alter ego du cinéaste de par son apparence physique qui laisse envisager des origines asiatiques également...

Mel: Isn't sex the best tension release there
Photos pour Nowhere (DVD)
  • Nowhere (DVD) La couverture des Lois de l'attraction
  • Nowhere (DVD) Chambre de Dark
  • Nowhere (DVD) Chambre de Mel
  • Nowhere (DVD) Défonce
Nowhere (DVD) La couverture des Lois de l'attraction
_ Salut c'est moi qui ait l'honneur de faire la couv' du roman Les lois de l'attraction... Et ouais !
is? It's like a really good sweaty game of racquetball. Except you get to come at the end.


Au travers de ces films, Araki ne cherche pas du tout à fustiger ni à se moquer de la jeunesse américaine, des jeunes en général du tout, non, il en dresse un portrait au vitriol, punk, empreint d’un nihilisme tel qu’on pourrait d’ailleurs craindre un traitement visuel proche du néant. Alors qu’il n’en est rien, sa mise en scène, dans chaque film, est personnelle, inventive, et il fait montre d’un progrès incroyable qui culmine d’ailleurs dans ce troisième segment. Il brosse une sorte de soap opera à la mode djeunss (Beverly Hills ou Gossip Girl ne sont effectivement pas loin) ( Serenaaaaaaaaaaaaaaah !!!! ) (pardon), et y fait mitonner dedans tout plein d’idées crades, sorties des égouts qu’il laisse suffisamment mijoter pour qu’elles en sortes toutes colorées. NOWHERE donne l’impression de mater un épisode de série télé avec des jeunes désoeuvrés dedans, qui se trahissent, qui se baisent, se suicident et qui se cognent les uns aux autres, la seule différence étant que tout a été grossi.

Il ne faut pas cependant voir NOWHERE comme une parodie bête et méchante des soap ou des sitcoms, du tout. Le film, comme les romans de Brett Easton Ellis auxquels il renvoie, se regarde comme un long trip de 75 minutes totalement halluciné, qui fait se demander au spectateur ce que diable il est en train de regarder. Le film est plus une oeuvre d’art picturale qu’un bout de pellicule enflammée (vive le nitrate d’argent !, dirait Shosanna.... Comprenne qui pourra... !), une oeuvre qui comme les peintures ou les photographies d’art fait réfléchir, contient de la matière et ne sert pas qu’à amuser la galerie (d’art). NOWHERE est un chef d’oeuvre du cinéma cinglé, malade, vicié parce que justement il contient dans ses tripes cette folie... NOWHERE est un film viscéral, et ce n’est pas étonnant que cela se voie et s’entende...

Ducky: Have you seen Egg? It's her turn to recycle the aluminum.

Partie 2 – JE VOUDRAIS BIEN VOUS GARANTIR UNE MEILLEURE QUALITE DE VIE DANS LES ANNEES A VENIR MAIS JE CRAINS DE ME PRENDRE LES PIEDS DANS LE TAPIS



NOWHERE est donc une sorte de version trash punk d’un épisode de série télé à la façon de BEVERLY HILLS. C'est-à-dire qu’il prend comme cas d’étude tout un groupe d’adolescents (tous mignons avec de jolies jupettes pour les filles, et des beaux torses tous nus pour les garçons), les observe, les analyse, et ne les juge pas. Ils sont tous différents les uns des autres, sont caractérisés par une attitude, une tenue vestimentaire et un nom qui se révèle plus être un pseudonyme qu’autre chose. Ils sont tous des anonymes, nous ne savons pas grand-chose d’eux, on a l’impression d’être en face de personnages de slashers venus ici se faire tronçonner par un fou furieux masqué. D’ailleurs, c’est presque ce qui se passe puisqu’un alien vient en désintégrer quelques uns… Et mince, quoi, un alien, ça fait peur hein...

Les seuls éléments d’information qui nous sont apportés quant à ces personnages vides sont leurs préférences sexuelles, et c’est bien tout ce que l’on connaîtra d’eux de tout le film. L’intérêt ici n’est donc pas de vouloir faire s’émouvoir le spectateur sur tel ou tel personnage mais plutôt de lui renvoyer une image tordue mais pas si éloignée de la réalité d’une jeunesse désoeuvrée et quasi déshumanisée. Le cinéaste nous les montre comme laissés à l’abandon, avec aucune figure parentale pour les soutenir (les parents sont montrés comme des caricatures grotesques, telle la mère de Dark, le visage recouvert d’un masque de soin verdâtre). Est-ce une façon de nous dire que si, sans la quelconque autorité, les enfants se transforment en pauvres âmes égarées vouées à l’anéantissement le plus total (par désintégration, par meurtre ou par suicide…) ? Le spectateur est finalement libre de se faire sa réponse… à lui d’y réfléchir… Mais comme chez Ellis (dans LESS THAN ZERO ), il ne porte aucun jugement ni de réponse, il ne fait que les offrir à notre regard. Un désespoir certain transpire des images... (ou de celles évoquées à la lecture du roman si proche de ce film).

En tout cas le seul personnage encore humain de tout ce microcosme demeure donc le héros, Dark, qui comme le spectateur se ballade d’un groupe de jeunes à l’autre, d’un phantasme à un autre, et nous offre ses yeux afin que l’on puisse observer le tout. Une certaine mélancolie se dégage du personnage, conscient de son vide affectif, et surtout du manque d’humanité de ses amis. En même temps, ce n’est pas étonnant, le cinéaste nous fait savoir que ces jeunes suivent des cours au lycée particulièrement étranges tels qu’un cours d’Histoire des catastrophes thermonucléaires, ou des génocides. Pas étonnant qu’avec une telle éducation, nos personnages en perdent totalement pied et n’aient plus du tout envie d’appartenir au genre humain. Il y a de quoi vouloir fuir toute cette fange, dans laquelle grouillent les êtres humains comme des insectes…

Zero: Don't steal the car, my mom'll kill me.
Atari Gang Member: Yeah? Well, tell your mom I said thanks for the bitchin' wheels, bitch.

Sinon, Gregg Araki ne fait pas vraiment de cadeau quand il nous filme cette bande de jeunes, car même s’il irrigue sa mise en scène d’une certaine flamboyance, les séquences demeurent malgré tout froides, tristes et surtout cruelles. Le cinéaste est un déjanté total, ne l’oublions pas, et son film regorge de séquences chocs dans lesquelles la méchanceté et la cruauté font bon ménage. Ainsi en est il d’une scène de romance pastorale qui virevolte dans une séquence quasi insoutenable de viol. Nous ne sommes pas chez Gaspar Noé (et son stupide IRREVERSIBLE ) heureusement, Araki n’a pas forcément envie de dégouter le spectateur et de lui retourner l’estomac.

Les jeunes de son film ne sont pas vraiment caressés dans le sens du poil et le cinéaste les malmène physiquement (par exemple, rapports sados-masos avec arrachage de piercings) et mentalement (dépendance à la drogue, boulimie, anorexie, tout y passe dans le film…). Et surtout ils manquent d’amour, aucun des personnages ne semble aimer la bonne personne. Ainsi pour faire simple, A aime B qui aime C qui aime D qui aime E qui aime A… Une petite note d’humour qui cache quand même une grande vacuité sentimentale… Gregg Araki se montre donc bien amer… Comme son homologue écrivain Brett Easton Ellis chez qui (du moins dans celui que j’ai lu) on retrouve cette même peinture glaciale… Et la même description d’une ville comme vue dans un épais brouillard...

On nage entre deux eaux, entre deux courants, le chaud et le froid, et forcément le spectateur s’en retrouve encore une fois déstabilisé. Le film malmène le spectateur dans tous les sens, dans la mesure où tout se révèle finalement terriblement nihiliste. Il n’offre aucune chance de survie à ses héros, ils sont désespérés et leur seule façon qui s’offre à eux de s’en sortir est par la mort. Il n’y a plus de salut dans la survie… Est-ce encore un message alarmiste, ou la vision d’un cinéaste passablement amer et horrifié par ce qu’il a pu voir et étudier ? Encore une question en suspens… Un nouveau sujet à débat… NOWHERE n’est pas un film qui se laisse apprivoiser aussi facilement qu’il le fait croire, il faut lui enlever toute sa coquille pop pour se rendre compte que ce qu’il cache à l’intérieur est bien plus torturé qu’il ne semblait… Ils sont rares ces films, qui maquillés sous une certaine couche d’outrances, se révèle finalement bien plus porteurs de messages que le moindre reportage télévisé… Gregg Araki, avec son film, arrive donc à inquiéter le spectateur. Car son film, NOWHERE, s’il pose des points d’interrogation, se permet également de mettre des points d’exclamation. D’ailleurs, quelque part, tout son film est un gigantesque point d’exclamation, et il est très visuel…

Partie 3 – JE VOUDRAIS BIEN PARLER DE FILM QUE LES GENS AURONT VRAIMENT ENVIE DE VOIR ET PAS JUSTE LEUR FAIRE PENSER QU’UN JOUR PEUT ETRE...



En effet, NOWHERE est une claque visuelle, il est un film qui se regarde vraiment, il est une véritable œuvre d’art qui comme une peinture s’observe avec tous les sens réunis. Le film n’est pas qu’une succession de saynètes sans âmes, il est surtout une véritable expérience sensorielle qui vous transporte particulièrement loin. Nous ne sommes pas loin du syndrome de Stendhal quand on regarde ce film tellement il capture les yeux de son spectateur pour ne plus les lui rendre. Chaque segment du film a été fait d’une telle façon pour qu’il en sorte différent des autres. Chaque séquence a une empreinte visuelle d’une force telle qu’elle reste imprimée dans notre mémoire. Le film est la mise bout à bout d’images marquées par le sceau d’un style pictural particulier. Chaque séquence a été composée comme un tableau d’art moderne.

Lucifer: I gotta burn off these calories fast, before I blow up. Let's go rollerblading or something. You wanna come along, Dark?
Dark: I'd rather have my ball hairs burned off with an acetylene torch!
Lucifer: Well, that can be arranged.

Le film est donc à voir dans tous les sens du terme, jamais il ne laisse indifférent tellement il est beau visuellement. Il donne l’impression au spectateur de se promener dans une galerie d’art moderne, dans laquelle divers peintres contemporains auraient élu domicile. Certains critiques ont avancé le terme de pop art pour NOWHERE, et ce n’est pas faux, car par moment en effet, l’ombre de Andy Warhol se promène au dessus du film. Chaque scène est marquée par une couleur dominante qui semble avoir contaminer toute la pellicule et on a l’impression de voir le rêve, la vision d’un cinéaste radicalement habité par les œuvres de Warhol.

Ainsi en est il de la séquence où on voit Mel au téléphone avec Dark, dans laquelle sa robe à pois colorés se mêle à sa tapisserie ce qui fait qu’elle se confond littéralement avec le mur. Ou ces séquences visuellement fabuleuses mettant en scène le condamné en sursis Bart. Dans la première, il est en train de se shooter à l’héroïne, allongé sur un échafaudage métallique, sous un soleil couchant, la couleur est donc orange vive… Dans la seconde, où on le voit allongé dans sa chambre, tout le moindre élément de décor est recouvert de mots, de phrases au sens no future, ce qui fait que l’image donnée est particulièrement choc.

Les décors du film, en effet, ont été intelligemment composés. Chaque personnage, on le comprend très vite, a un habitacle en accord avec sa personnalité. En gros, le lieu habite le personnage plus que celui-ci ne l’habite vraiment. La chambre de Egg est parsemée de fleurs dans tous les coins, jusque sur ses murs et elle a des plantes qui poussent à l’intérieur même de sa chambre. La chambre de Dark relève de la science fiction pure, avec un portrait de lui-même armé de flingues sur les murs, et une fenêtre qui donne sur une gigantesque lune. Ajoutez à cela une couleur bleue très brutale sur l’ensemble et vous comprendrez que le personnage est « visiblement » dopé par de violents tourments psychologiques.

Dark's Mom: How long where you in that shower abusing yourself? You masturbate too much, young man. If you keep this up, one day it's just going to wither up and fall off.

Mais NOWHERE n’est pas qu’un bijou visuel, il est aussi un film qui s’écoute, sa bande son étant particulièrement riche en morceaux phares de la scène indie des années 90. Tout y passe, du rock ( 311, ELASTICA, MARILYN MANSON, HOLE, CURVE…) à la pop ( BLUR, SUEDE, RADIOHEAD…), électro et trip hop ( CHEMICAL BROTHERS, MASSIVE ATTACK ) etc. une bande son assurément générationnelle comme l’avait écrit les Inrocks, en son temps. Le film s’est offert une bande originale assaisonnée par les plus gros groupes de l’époque, il faut l’entendre pour le croire, c’est tout bonnement excitant. D’ailleurs, il faut rappeler que le film traite énormément de sexe, sans tabou aucun, et la bande son est bien là pour échauffer les esprits… De là à dire que NOWHERE est un vaste clip dingo de 85 minutes, et bien on en est effectivement pas loin, mais il est rare que les clips vidéos fassent autant réfléchir et bousculent autant.

Comme promis, le CUNNILINGUS AU CHOCOLAT c'est par ici :
http://www.youtube.com/watch?v=CSfMv4e65kM

Tout le film est rythmé par des images incroyables et des chansons qui vous rentrent dans la tête, et sèment le chaos avant d’en ressortir, bref, NOWHERE dépasse largement son statut de film dérangé pour devenir un petit film culte, malheureusement oublié car ce genre de film est souvent perçu comme étant un produit underground. Mais il ne faut pas oublier que l’underground des fois comporte des vénus en fourrure et autres velours… bref, il serait donc dommage de passer à côté de NOWHERE, ou d’en avoir peur car même si le film est dérangé et met le cerveau de son spectateur en plein trip halluciné, il est également gonflé par un humour noir, souvent très osé. Les dialogues ne font parfois pas dans le raffinement, et également il faut reconnaître un judicieux second degré dans les mots, voire un décalage total entre le vu et l’entendu… NOWHERE, en somme, il faut le voir et l’entendre pour le croire… L’impression d’avoir vu enfin sur grand écran (ou sur le petit puisqu’il est question ici d’un dvd) la vraie, la meilleure adaptation d’un roman de Brett Eston Ellis (avec LES LOIS DE L’ATTRACTION, évidemment...).

Elvis: Now spank me. Spank my hot, tight, rock-hard ass.

JE VOUDRAIS DIRE DEUX MOTS SUPPLEMENTAIRES SUR



La mise en scène :

Je pense qu’il est inutile que je revienne sur la mise en scène hors normes de Gregg Araki. Je dirai juste que si le Monsieur a obtenu une certaine consécration critique avec ce film, il lui aura fallu attendre de réaliser son vrai chef d’œuvre, savoir MYSTERIOUS SKIN (avec le formidable acteur Joseph Gordon Lewitt) pour avoir en plus de la reconnaissance des critiques, celle du public. Il s’est depuis assagi, son dernier film SMILEY FACE (avec une Anna Faris définitivement stone), étant plus un délire potache un poil allumé mais nettement plus inoffensif au regard de ce NOWHERE sorti de nulle part et pourtant fabuleux. On est en droit d’attendre la suite des évènements et d’espérer un retour du Monsieur au cinéma frappé.

L’interprétation :

Le gros point fort de NOWHERE vient surtout de son casting composé de belles gueules improbables toutes vues à droite et à gauche, que ce soit à la télévision comme au cinéma qui tous gravitent autour de James Duval (Dark). Celui-ci, ténébreux et angélique, joue encore de son physique imberbe et innocent pour mieux tromper le regard, tout comme il l’avait déjà fait dans les films précédents de Araki. Encore tout jeune acteur, il ne s’était pas encore trop fait remarquer mais certains le reconnaîtront aujourd’hui pour l’avoir vu porter le costume de lapin dans le démentiellement ténébreux DONNIE DARKO

A ses côtés donc se retrouvent pèle mêle :

Rachel True, qui dans le rôle coquin de Mel, la fausse petite amie de Dark, s’en sort plutôt bien, mais en même temps il ne lui est pas demandé grand-chose si ce n’est d’être jolie et de jouer les fausses timides. Nathan Bexton, alias Montgomery, transformé en androgyne aux yeux vairons s’amuse visiblement beaucoup à troubler le jeune héros du film en jouant les jeunes innocents à l’esprit torturé. Kathleen Robertson, quant à elle, interprète une carnassière Lucifer, aux lèvres particulièrement sexy qui déversent des paroles plutôt fleuries…

Dans leur cercle d’amis on sera ravis de faire la connaissance avec des jeunes acteurs aussi doués que :
Mena Suvari (pas encore en train de faire trempette avec des pétales de rose dans AMERICAN BEAUTY), en petite teenager toute mimie et toute douce, un des rares personnages softs du film,
Ryan Philippe (à ses débuts de sex symbol éphémère), dans un rôle très hot de garçon un peu fou du cunnilungus au chocolat,

Shad: [ricanant] I... wanna... die. LET'S ALL DIE.

Heather Graham (pas encore tirée par Austin Powers, ni sauvée par Johnny Depp du scalpel de Jack l’éventreur, ni porno star en patins à roulettes dans BOOGIE NIGHTS ), dans un rôle très chaud puisqu’elle est la partenaire du précédent et qu’elle aime beaucoup le chocolat,

Lilith: Blood is cool.

Chiara Mastroianni (déjà connue parce que fille de…), en grande prêtresse sado maso arracheuse de piercings,
Christina Applegate (déjà connue, pas encore ALLUMEUSES !, et encore moins amnésique comme SAMANTHA WHO ?) dans le rôle d’une jeune fille un peu gauche, amuse la galerie vue qu’elle s’est enlaidie pour le rôle,
Jordan Ladd (pas encore connue pour être passée entre les griffes du Grand Quentin Tarantino dans GRINDHOUSE ni dans les hôtels des pays de l’est de Eli Roth ) joue une fille un peu coquine qui aime fouetter les fesses de son copain ultraviolent à coups de ceintures,

Guillermo Diaz (pas encore le personnage récurrent qu’il est dans la série WEEDS ) joue le rôle d’un jeune homme plutôt désespéré par son petit ami junkie, joué par…
Jeremy Jordan, justement (qui décidément est resté oublié des castings à Hollywood) qui joue sur son physique musculeux de jeune éphèbe défoncé,
Sarah Lassez joue quant à elle la petite fille modèle qui aime les fleurs, Egg, il n’est alors guère étonnant que le traitement qui lui est réservé dans le film soit si particulier,
Et enfin, Jaason Simmons (déjà star, pas encore déchue, de ALERTE A MALIBU Y A EVILASH QUI S’RAMENE) dans son propre rôle, celui de la star à midinettes qui n’en peut plus d’attirer les midinettes…

Dark : I'm doomed. I'm only 18 years-old and I'm totally doomed.

Et derrière eux sont reconnaissables dans la foule Traci Lords, Rose Mac Gowan, Denise Richards, et plein d’autres acteurs de passages, qui font des petits coucous à la caméra… Et il est toujours plaisant de s’amuser à les reconnaître.

ET LE DVD DANS TOUT CA ?



En ce qui concerne l’objet, et bien disons qu’il est de qualité assez standard, le film n’étant pas des plus connus, hélas, il ne bénéficie pas d’une édition à en faire tomber votre monnaie dans les mains. la copie qui a été utilisée pour le dvd ne devait pas être de belle qualité et c’est fort dommage qu’il n’aient pas plus soignée leur édition. Pour ce qui est des bonus, disons qu’il y en a plus à lire qu’à voir... des extraits de critiques lors de la sortie du film, pour l’essentiel, histoire de rappeler que le film est important mais que bon voilà, quoi, pas besoin d’en faire une grosse édition non plus... En tout cas, c’est ce que semble nous dire l’éditeur...

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Commentaires sur cet avis
centori

centori

13.09.2009 09:57

Partie 3 &#8211; JE VOUDRAIS BIEN PARLER DE FILM QUE LES GENS AURONT VRAIMENT ENVIE DE VOIR ET PAS JUSTE LEUR FAIRE PENSER QU&#8217;UN JOUR PEUT ETRE... <===) nan nan pas du tout envie !

Carole-Altan

Carole-Altan

07.09.2009 08:43

complet. Altan

amundain

amundain

04.09.2009 12:41

Bon, je manque cruellement d'inspiration pour poster un commentaire constructif, je vais me contenter du E.

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