Une page d'amour que c'est beau !!!!!!!!
15.04.2004
Avantages:
beau style, passionnant
Inconvénients:
aucun
Recommandable:
Oui
 auraeorca
Plus à mon sujet:
bien occupée par bb et reprise du boulot, je lis vos messages mais avec un peu de retard!! !
Membre depuis:18.06.2003
Avis:93
Lecteurs satisfaits:24
Cet avis a été évalué par 17 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
@@@@@@@ Les étapes d’écritures du livre: @@@@@@@ Comme pour ces romans, l’écrivain effectue une préparation méthodique pour les recherches approfondies des différents aspects, lieux, milieux, conversations et des intérieurs des habitations. Il lit des d’ouvrage de médecine et stocke toutes ces informations sous forme de fiche, puis il fait une étude pour chaque personnage, ensuite il s’attaque à l’ébauche du roman et enfin au plan détaillé. C’est seulement une fois finis tous ces travaux « de recherches » qu’il s’attaque à l’écriture proprement dite de l’œuvre ! Quelles étaient les intentions de Zola en écrivant cet œuvre ???? « Une page d’amour(…) a du être, dans ma pensée, une opposition, une halte de tendresse et de douceur. J’avais, depuis longtemps, le désir d’étudier, dans une nature de femme honnête, un coup de passion, un amour qui naît et qui passe imprévu, sans laisser de trace. Le titre veut dire cela : une page dans une œuvre, une journée dans une vie. » ( La pléiade, p.1610) Pourquoi ce thème ???? « Ainsi, nul roman sur la rente viagère n’apparaît dans les deux premières listes(…) ; nul roman sur Paris, non plus ; et nul roman qui du être l’étude de la passion amoureuse » ( La pléiade 1609) Zola à son arrivée aurait vécu dans un logement d’où l’on voyait Paris et quand il écrit ce roman, il avait envie de décrire ses souvenirs de jeunesse Emile Zola commença la rédaction de ce roman en mai 1877 à l’Estaque, près de Marseille A cette époque, les romans étaient dans un premier temps publié en feuilleton dans une revue ou un journal. Mais un fait tout à fait nouveau pour l’époque, c’est la réclame : avant la parution dans son journal de cet œuvre, le rédacteur en chef fait de la publicité ! Voici la réclame : « Vers la fin Novembre, Le Bien Public commencera sous ce titre : Une Page d’Amour, un roman d’Emile Zola. C’est une page intime qui s’adressera surtout à la sensibilité des lectrices dans une note absolument opposée à celle de l’Assommoir. Ce roman pourra être laissé sans crainte sur la table de la famille. » Pléiades p1622, tome II Début de publication en feuilleton le 11/12/1877 et fin le 4/04/1878. Publication en livre le 21/04/1878. C’est un roman en 5 parties, contenant claque 5 chapitres courts.
@@@@@@@ Les personnages: @@@@@@@ Hélène Née en 1824, c’est la petite-fille de Macquart, fille d’Ursule& de Mouret, provient de la branche Macquart : hérédité mauvaise. Elle se marie à 17 ans avec un commerçant marseillais, et devient Mme Grandjean . Après quelques années ils décident de monter à la capitale, mais à peine arrivés son mari meurt ; ( p63 édition poche) « la maladie qui devait emporter son mari s’était déclarée, le lendemain de leur arrivée (…) et pendant huit jours elle resta enfermée avec le moribond, entendant Paris entier gronder à sa fenêtre. ». Elle se retrouve alors veuve avec un enfant à charge dans une ville qui lui est inconnue ! Heureusement que l’abbé Jouve l’aide à s’installer à Paris, elle vit paisiblement dans une petite maison ! Son caractère peut se résumer en quelques adjectifs : honnête, pure, solitaire, caractère faible et passive. Elle représente la condition de la femme vivant des rentes de son mari mais notons que son train de vie lui permet une domestique, Rosalie ! Sa vie est simple et tranquille, seule ombre au tableau : l’étrange maladie de sa fille Jeanne. Sa fille Jeanne a 11 ½, elle est née en 1842. Atteinte d’une grave maladie, elle a de fréquentes crises. Mais ce qui frappe surtout dans ce personnage, c’est son étrange personnalité, elle alterne des crises aiguës, des problèmes de santé et convalescence. Elle fait des caprices pour garder sa mère auprès d’elle, profite de sa santé fragile pour s’accaparer d’elle! Le roman commence avec une des crises de la jeune fille, elles ressemblent à l’épilepsie. :” « L’éther la rend folle(…) Elle avait de violentes contractions, soulevé sur les talons et sur la nuque, comme pliée en deux. Puis, elle retombait, elle s’agitait dans un balancement qui la jetait aux deux bords du lit.(…) Elle cherchait à saisir des objets dans le vide pour les tordre » (p54 poche) “Elle est si délicate (…)à l’époque où la santé d’une femme se décide La mère affolée sort en courant de chez elle pour aller chercher son médecin de famille, le Dr Bodin, celui n’est pas là … Ne sachant que faire, elle demande de l’aide à ses voisins qu’elle ne connaît pas et comme par hasard le voisin est médecin!!!!!!!!!Ainsi, elle se lie d’amitié avec ces voisins et fréquente les réceptions du mardi données par Mme Deberle. Au dernier chapitre de la 1° partie chute de la balançoire d’Hélène change radicalement le rythme du livre ! Contrainte à l’immobilisation, elle change de personnalité, repense à son passé, se met à penser, à rêver, à s’imaginer héroïne du roman qu’elle lit. Est-ce une prémonition, un rêve ou un désir inconscient de rompre avec sa vie étroite ? La tranquillité d’humeur de la mère n’est qu’apparente puisque qu’elle se prend de passions passagères. Mais sa fille la veut totalement pour elle donc, tout au long du livre, il y aura un duel entre les états d’âmes de la mère et la possessivité de la fille ! Ainsi la plupart du temps, elle subit sa fille à cause de ses caprices et s’abaisse devant les plaintes plus ou moins fondées de celle-ci !Elle vit dans un dévouement presque total envers Jeanne, seule l’œuvre de charité et de garde-malade auprès d’une vieille femme, la mère Fétu la fait vivre hors de la maison… Mais Jeanne devient même jalouse de cette « sortie » qui lui vole sa mère pendant quelques maigres minutes ! A cause de la santé fragile de la fille, la mère s’efface et se force de taire son tumulte intérieur. Dans cette triste vie de femme honnête et dévouée, apparaîtra l’amour, naîtra alors un conflit entre amour mère-fille et amour homme-femme ! Lequel se trouvera-t-il au premier plan ? ? Autour des personnages principaux de la mère, de la fille et des voisins, apparaîtront comme des ombres les personnages secondaires, influenceront-ils le cours du récit ? Ces personnages en demie-teintes sont l’abbé Jouve, Bodin : le vieux médecin de famille, la voix de la sagesse et un ami de l’abbé : un certain Rambaud ! Deux personnages annexes sont selon moi : la mort et Paris ! La mort est comme un personnage du livre, discrète, omniprésente, incarnée dans les parents et le mari d’Hélène, elle est menaçante chez Jeanne. Comme un animal qui couve pendant les crises de la jeune-fille ! Elle semble dans ces moments au premier plan La ville de Paris semble un personnage, car elle change d’aspect suivant les états d’âmes du perso qui la contemple. Il y 5 descriptions dans le livre, une pour chaque partie. « faire de Paris, vue d’une hauteur, une sorte de d’être vivant, témoin muet d’un drame, toujours là et changeant d’aspect lui-même suivant les divers états d’âmes des personnages » (La pléiade, p.1611) @@@@@@@ Où et quand ?? @@@@@@@ Zola décide de placer l’action de ce roman à Passy, un beau quartier de Paris dans le 16° arrondissement, voici les descriptions que l’écrivain fait de ce lieu ! « C’était sur une colline bordant la Seine, un quartier riche, retiré et silencieux, bâti seulement de pavillons et d’hôtels particuliers, entourés de parcs » (Note1 p824 pléiade) « Passy était une commune indépendante qui ne fut annexée à Paris qu’en janvier 1860 : ville de province, maisons 3 étages(…).Des grilles laissant voir des pelouses(…). La ville est en hauteur, avec des rampes, des escaliers qui vont à la Seine » (pléiade p353 poche note 3) L’action se déroule en 1853, lors des premières années de la III ° république.@@@@@@@ Les grands thèmes @@@@@@@Les conseils de l’abbé ! Ami de famille : l’abbé Jouve lui fait comprendre qu’une femme jeune ( la 30taine) ne doit pas vivre seule, pas convenable dans la société, femme adulte en éternelle position d’infériorité comme si elle était incapable de raisonner et de comprendre où se trouve le bien pour sa famille. La parole de l’abbé la trouble, elle s’était habituée et accommodée de sa vie. Dualité entre la femme et l’Abbé ( comme dans la Conquête de Plassan). Le mariage proposé par l’abbé serait la solution contre le danger que court une femme qui vit sans un homme à ses côtés, en proie à elle-même. La femme doit selon la société être soutenue et contrôlé par un homme( père puis mari), ce n’est pas convenable qu’elle vive seule avec sa fille. Présence du prêtre continue et discrète, comme une petite qui propose un autre choix de vie. L’abbé essaye de raisonner et de confesser Hélène mais en vain : P 972 2° « ma fille, voyez-vous cette belle nuit, cette paix suprême en face de votre agitation… Pourquoi refusez-vous d’être heureuse ? » Pour l’abbé, la joie qu’elle refuse réside dans le mariage. L’amour… Oui mais lequel ??? Amour ( = immoral, impossible, inavouable, terrestre) se transforme en amour pour le divin. Besoin d’aimer qui par convenance puis par passion change le sujet sur lequel se porte cet amour, en devenant une dévotion croissante, excessive !@@@@@@@ Mon humble point de vue !!! @@@@@@@ C’est un roman à l’intrigue très simple, peu de personnages mais un style captivant et qui nous fait entrer dans la peau des perso principaux. De grandes scènes à effets, de la tension, du suspens, scène que l’on voit se dérouler sous nos yeux comme du théâtre, conflit entre l’amour et le devoir On ne s’ennuie pas une seconde, j’espère à travers cet avis vous avoir donné envie de lire ce roman mais vous avoir dévoilé le pot aux roses ! A bientôt !!!!
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14.10.2007 22:31
que tedire, j'ai plus de E , et en plus c'est mon premier zola..apres suit tombé dans la marmitte
12.05.2004 13:34
J'ai lu pas mal de Zola quand j'étais au lycée: Au Bonheur des Dames (cf avis), Pot-bouille (prochain avis?), le Ventre de Paris, la Bête Humaine, l'assomoir, Nana, Germinal...je crois que c'est tout (ah, si, hors RM, Thérèse Raquin) et j'ai adoré. Ton avis est excellent et nous donne tout ce qu'on voudrait savoir sur le livre. Bon, il va peut-être falloir que je m'y mette, à les lire tous et dans l'ordre!
26.04.2004 22:45
j'aime tout Zola, mais je trouve que celui ci sort du lot et est beaucoup plus doux ! vraiment bon avis !