mon bac, ou comment trouver un Roméo
10.06.2003
Avantages:
ambiance (presque) studieuse et rencontre
Inconvénients:
vous me direz, moi j'en vois pas
Recommandable:
Oui
 bananavahine
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Membre depuis:01.01.1970
Avis:31
Cet avis a été évalué par 62 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
1997. Juin. Comme tous les ans, des centaines, des milliers de lycéens à bout de nerfs, tendus, prêts à rompre de tant de fatigue neuronale et d’épuisement psychologiques, des centaines, des milliers de lycéens disais-je se rendent l’œil hagard et le pas lourd vers leurs centres d’examen. Ils boivent des litres de café, et transportent dans leurs poches pléthore de barres énergétiques, en-cas protéinés et autres cochonneries chocolatées. Ils vérifient fébrilement, qui sa calculatrice (ou ses pompes ?), qui son dicco (ou ses pompes ?), qui sa bouteille d’eau (faut pas mourir de soif non plus).En juin 97, je passais mon bac. Mais pour moi, point de thermos de café (pouah ! pas bon !), point de Mars fiévreusement déballé et englouti (ça colle aux dents), point de clopes entre deux doigts tremblants (ça pue, les clopes, et un joint avant le bac, faut pas déconner non plus !). Non, moi, le bac, j’y suis allée toute guillerette, parce que je ne m’inquiétais pas franchement, et que c’était le signe délicieusement avant-coureur de futures études potentiellement passionnantes et surtout probablement lointaines. Je suis donc « allée au bac » comme j’étais allée au lycée auparavant : plus préoccupée de mon aspect que de mes connaissances. D’autant que le bac, vous n’imaginez pas, ça ouvre un champs immense de rencontres puisque les élèves sont rassemblés par section et non par lycée. J’avais donc à portée de la main tous les terminales S du coin.En vérité, si, j’étais un peu inquiète tout de même le premier jour. Je portais un string pour la toute première fois de ma vie, et je me demandais si ça serait confortable, parce que les épreuves durent tout de même 4 heures (quelle torture !). Je me posais donc ce genre de questions existentielles devant mon bol de céréales (je vous l’ai dit : pas de café), et après avoir avalé non sans satisfaction les dernières horribles gélules à la semence de poisson sensées stimuler mon intellect que ma tortionnaire de mère avait tenu à m’acheter, pour me signifier qu ‘elle s’investissait (et investissait) dans mes études. Je ne parlerai pas des épreuves, le sujet étant plutôt inintéressant, long, fastidieux, et surtout je ne me souviens de rien, même pas du sujet certainement tout bidon qu’ils nous ont dégotté en philo.Non, ce dont je me souviens, c’est d’avoir croisé, dès le premier matin, un ange. Un pur ange blond, avec de grands yeux bleus, et un sourire à tomber par terre. Il m’a semblé, en rejoignant ma salle d’exam (qui était à côté de la sienne), qu’il avait croisé mon regard, et dès lors ma motivation principale pour aller en épreuve tous les matins, ce fut lui. Je guettais sa sortie de la salle, je me plantais devant la porte pour avoir une chance de croiser son regard limpide d’être irréel car trop beau, je me répandais en spéculations sur mes feuilles de brouillon durant les épreuves (m’a-t-il vue, d’où vient-il, les anges passent-ils des exams ?). Je lui trouvais une folle ressemblance avec le Roméo de Baz Luhrman. Et là il faut que je précise à tous ceux qui vont faire « ouh ! la fan de Di Caprio ! » qu’à l’époque, toutes les midinettes n’étaient pas encore toutes folles de Léo puisqu’il n’avait pas fait Titanic, je réclame donc le droit de ne pas être catégorisée (même à retardement) midinette, je n’en ai jamais été une. Par contre j’ai adoré R+J, et je me prenais un peu durant le bac pour Claire Danes.La semaine passa donc, mais il ne se passa rien. Mon angélique bachelier ne sembla pas s’apercevoir de ma faculté à toujours me fourrer sur son chemin, trop préoccupé qu’il était à passer son bac, l’innocent. Alors que sa Juliet était là ! Le dernier jour, je décidai de prendre (pour son bien, n’est-ce pas) son destin en main. Je me débrouillai donc pour sortir en avance (ça c’est facile) de l’épreuve, et j’allai me poster devant la porte de sa salle. Quand celle-ci s’ouvrit, il était toujours assis (qu’il était beau dans la labeur, avec sa chemise à carreaux). Donc je repère sa place, et j’attends. C’est que j’avais eu le temps d’élaborer une stratégie, durant l’épreuve. Je ne pouvais pas rentrer dans sa salle. Ils sont méfiants, au bac, ils croient qu’on va inscrire des pompes sur toutes les tables si on en a l’occasion. Donc j’ai étudié attentivement la liste affichée sur la porte, et par un jeu de déductions logiques, en comparant avec l’ordre des tables tel que j’avais pu l’observer dans ma salle, je déduisis que mon chevalier aux doux cheveux pouvait être Mr S…. ou Mr de St… Je dois dire que je penchais pour le nom à particule qui était fort beau, et qui semblait mieux correspondre à mon beau prince à la peau dorée.A ce moment-là, je n’avais pas encore déterminé ce que j’allais faire de cette information. Mais je suis une fille éminemment organisée et très prévoyante (un peu aussi le genre à ne rien vouloir jeter parce que ça peut servir un jour…). Mais une fois rentrée à la maison, au fin fond de ma cambrousse, et désœuvrée de tant de rien à faire (plus de révisions, et plus de tenue à choisir pour le lendemain), j’ai décidé d’exploiter le fruit de mes recherches. La journée était propice puisque mon tyran personnel était au boulot, j’ai donc attrapé l’annuaire, et me suis mise en quête de mon mystérieux amoureux.J’ai commencé par chercher en ville, et mes recherches s’avérèrent fructueuses. J’avais commencé par le nom à particule, visiblement peu commun, et en un seul exemplaire dans le bottin. J’attrape mon courage à deux mains, et le combiné de l’autre, et je tape religieusement le numéro. C’est qu’il ne faut pas se tromper, quand on veut rencontrer un Roméo. Je tombe sur une charmante dame à qui je demande sans me démonter si elle possèderait par hasard dans son entourage un jeune éphèbe à la beauté irréelle qui aurait passé son bac à tel endroit dans la semaine. Elle me répond après un petit temps de silence que oui, effectivement, son fils passait son bac. Je lui explique alors ma démarche, très poliment et posément (s’agirait pas de faire mauvaise impression sur la belle-famille), elle semble ravie et comprend très bien mon choix, son fils étant très charmant et beau, etc… Comme je suis scientifique dans l’âme, je vérifie tout de même : son Apollon de fils portait bien une chemise à carreaux ce matin-là ? Et là, silence, puis elle m’annonce, visiblement (non, audiblement) déçue, que son fils portait un sweet beige. Je m’étais trompée de prince… Elle tenta de m’expliquer (elle était trop mignonne, cette douce maman) que son fils était très beau, et gentil, tout ça…. Mais drapée dans cette douce indifférence que confèrent l’amour porté à un autre, et l’anonymat du téléphone, je lui répondis poliment mais fermement qu’il n’était pas celui que je cherchais. J’avais des recherches à poursuivre. Après quelques appels infructueux à des Mr S… n’ayant pas d’enfant bachelier dont la beauté illuminait le jour, je tombai sur une sœur de bachelier, plus septique qu’une fosse (excusez ce jeu de mot à 2 balles, je commence à être fatiguée), qui a un frère qui, muni d’une chemise à carreaux, passait son bac. Je vérifiais cette fois-ci directement par de nombreux détails, afin de ne pas perdre mon temps avec une sœur d’inconnu. Il semblait bien que ce soit le bon, mais la sœur était très réticente à mon histoire, et croyait fortement à une plaisanterie de camarades de son frère. L’innocente, elle ne réalisait pas, à le côtoyer chaque jour, qu’elle avait un ange pour frère. Ou bien était-elle aussi séraphique que son frère et par là même, son essence divine lui semblait normale ?Enfin je lui laissais mon numéro et obtins qu’elle le transmit à l’objet de mes recherches. Le soir même il appela. Un peu éberlué, mais flatté. Et non, il ne voyait pas du tout qui je pouvais être. J’étais plutôt vexée, et lui plutôt inquiet d’être poursuivi par une folle ou un boudin. Plutôt direct, mon ange. Nous discutâmes longuement, le courant passait bien, et il était séduit de ma démarche (ainsi que du fait que je sois une surfeuse, il devait penser que si je flottais, je n’étais au moins pas obèse). Après un échange de lettres et de photos (Dieu ! qu’il était beau à 4 ans, inimaginable !), nous nous rencontrâmes, et il me sauta dessus quasi instantanément. J’arrêterai le récit ici, car c’en était la partie la plus intéressante, l’ange s’avérant assez imbu de lui-même et légèrement macho. Notre histoire dura l’été, en pointillés, et fut très agréable car mon prince était des plus décoratifs, et fort intéressant tant qu’il ne parlait pas trop. Il avait en plus un petit goût de cerise et d’amande amère, un vrai délice… En espérant que cette partie de mes mémoires vous aura amusés, et vous aura démontré qu’il faut oser. Je précise que tout est vrai, que j’ai eu 4 en philo (et ils disaient qu’en S on ne pouvait pas avoir moins de 5 !), que j’ai eu mon bac avec mention, et que les strings, c’est très confortable…
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16.07.2004 23:15
je constate d'après ses deux com, que Polo est en manque... les filles! un geste quoi! i me fait d'la peine...
16.07.2004 23:14
Si tu avais été un cran au-dessus de la folie amoureuse, tu l'aurais suivi jusqu'à son domicile et après tu aurais jeté de cailloux à sa fenetre...
16.07.2004 23:12
Et quelle détermination!!!!