Battement d'ailes à Heathrow...
23.02.2004
Avantages:
Léger
Inconvénients:
Aucun ! C'est lundi, faut sourire un peu !
Recommandable:
Oui
 Solangejazz
Plus à mon sujet:
Merci à toutes, merci à tous! :-) ... Et le match n'est pas encore perdu! :-))
Membre depuis:24.07.2003
Avis:90
Cet avis a été évalué par 35 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Préambule : Une grève ayant retardé ces jours derniers un départ en avion, j’ai voulu protester à ma façon, c'est-à-dire avec légèreté, n’en voulant surtout pas au personnel d’Air France. Au contraire même, puisque leur grève, outre la légitimité dont je n’ai pas à douter, m’a procuré quelques moments de rêverie.
J’ai, à tout dire, une sainte horreur de la Saint Valentin... L’événement, au delà de ses enjeux commerciaux me semble trop « convenu » pour être sincère. D’autant qu’il rappelle à l’ordre des amoureux qui, pour étourdis qu’ils soient, n’ont pas besoin d’être rappelés pour être amoureux...et si besoin était, alors, je doute qu’ils le soient encore. L’amour ne se juge ni à la quantité de fleurs offertes à la promise mais plutôt au nombre de boutons que durant toute l’année on lui propose (proverbe à moi !) Ceci dit, puisque fête il y a, fête des amoureux à moi il y aura !Et pour moi, le jour choisi, c’est la Saint Félix…Cela m’arrange d’autant plus que mon foutu avion qui devait partir il y a déjà huit heures a décidé de ne faire son plein en terroristes que dans six heures. Donc, je poireaute, je navette, je tomatise toute mon impatience en invoquant Hermès, Air France et ma canette de bière coincée entre les cuisses…Que vais-je pouvoir bien faire pendant tout ce temps ? Et soudain, Saint Félix m’apparaît ! Moi qui ne suis guère habitué aux révélations, à moins qu’elles ne soient littéraires (quoique encore, avec le temps, il y en a de moins en moins !), donc moi, peu enclin aux signes du Divin, ne voilà-t-il pas un saint, tout modeste du calendrier, venir à mon secours ! Grâce soit rendue aux gentilles hôtesses au sol d’Air France (je les surnomme « aérosols ») d’avoir installé mes compagnons de vol et moi-même dans de jolies chaises plastifiées orange et bleues dans l’une des nombreuses « cantines » réservées aux magasiniers. Ceux-ci étant en grève, nous profitons ainsi non seulement du silence de la nuit (enfin celui-là de silence, je le connais aussi chez moi...) mais surtout des néons publicitaires pétaradant de la lumière comme d’autres font l’amour au marteau piqueur. Et entre deux flashes, que vois-je, sur le mur de l’antre des magasiniers ? Un calendrier Pirelli ! Fasciné par l’animal qui figure sur la pleine page de février, ma curiosité qui n’a d’égale que ma soif d’apprendre, me porte aux chevets de cette belle fort dénudée pour la saison. Je tâte, je constate, j’expectate... En bref, je suis dans tous mes états ! En la Saint Félix, je viens de découvrir la femme de ma vie, la femme dont j’ai toujours rêvé, à savoir belle, belle, encore belle et surtout avec seulement deux petits pois Bonduelle (vais-je gagner des centimes d’euro avec cette référence à la marque ?) qui affleurent avec peine de son cerveau. L’hôtesse de l’air au sol, dont le rôle est de subvenir à notre déshydratation à l’aide de son caddie de flotte et de jus d’orange avarié s’approche de moi, étonnée par le soin que j’apporte aux menus détails de la chambre d’hôte de ce calendrier. Je rougis un peu, mais pas trop…L’émotion sachant généralement chez moi se contenir en deçà des zones cérébrales. Je réfléchis…en fait mon émotion a du mal à se contenir ! Ce qui n’était il y a à peine un instant qu’une porteuse d’eau, emmitouflée dans son habit de nurse « made Air France », est d’une beauté…rougissante ! J’inspecte une nouvelle fois le calendrier. Je n’ai pas rêvé, j’ai en face de moi la réplique vivante de la photo, avec l’avantage de savoir ce qu’il y a dessous sans avoir besoin d’enlever le dessus.Il a quand même du bol ce Solangejazz ! Quand les avions ne partent pas, ce sont les fusées qui arrivent à lui ! (Ne pas tenir compte de cette remarque : il s’agit d’un monologue intérieur, façon Hamlet mais en plus fun !) Bon sans voyeurisme aucun, passons à la description de la bête... Le gros problème, c’est que lorsque je suis amoureux, je deviens soudain d’une myopie infernale. Chez certains l’amour conduit au priapisme, moi l’amour me conduit à la myopie quasi intégrale. (Just a joke!)Autant vous dire que ma description de la Belle, pour ne pas être réaliste sera fidèle aux portraits de Pollock (j’exagère un peu quand même !)Elle est belle, ni grande, ni petite, à la taille de ces étoiles qui scintillent plus que les autres mais que l’on ne rencontre dans le ciel que les jours de bonne humeur, les jours où le chagrin et la bruine sont partis jouer aux saules pleureurs sous d’autres cieux. Elle est belle comme les doigts qui s’agitent sur un piano et font sonner l’ivoire des touches à la façon de ces pauvres qui désespérément tendent la main au ciel plus qu’à l’argent. Elle est belle car elle n’est pas seulement belle. Dans sa gorge un violon dévoile des éclisses et un chevalet qui donnerait à tout archet un désir passionné, brusque, et violent de colophane… (J’arrête là, çà devient hard !) Soudain, sa tête dodeline, d’un mouvement du menton, elle efface l’ombre de sa lèvre inférieure tandis que les foutus néons tapotent de la vitre son front sans plis. J’aperçois son cou et ce chignon encombré qu’elle a tenté de réussir. Cheveux trop souples, il est tard pour les cheveux…les siens n’aiment pas le garde-à-vous. Je reprends en main la situation et en pareille circonstance, mieux vaut d’emblée rire un bon coup. Cela n’a pas raté, le chignon explose en mille flammèches désordonnées dont certaines, craintives je suppose, viennent chercher refuge au creux des seins de la Belle... Moi, d’une famille de bonne éducation, poli et courtois, que puis-je faire face à une telle adversité ? Je cours, je vole à la recherche des cheveux disparus, n’hésitant pas d’embrasser à tout va cette peau blanche au goût d’Amboine. N’ai-je pas eu mon brevet de secouriste ? ! Une dame dictée, je ne le saurais jamais, soit par la jalousie, soit par la pudibonderie, me lance : -Monsieur, de quel droit ? -Madame, je vous demande de rester calme. Je suis mandaté pour effectuer les premiers gestes anticipés de secours potentiel. Voyez ma carte ! Et je lui sors dans le même élan une carte plastifiée et d’un très bel effet, qui prouve ma qualité de membre de l’association des amis de David Gatz. Silence de chrysanthème dans la salle. J’en profite, prenant une voix de stentor de boîte vocale - D’ailleurs, je profite, mesdames, messieurs, de l’intervention de Madame, pour vous demander de rejoindre la salle adjacente à celle-ci. Et cela dans le silence, s’il vous plaît ! Cela n’a pas manqué ; une conne a lancé : - C’est quoi « adjacente » ? Je regarde ma Pirelli en nature, lui demandant du regard de traduire. - Salle 135, gauche, droite, en passant par la médiane O.K. ? ! Tandis que tous ces terroristes potentiels de l’intelligence défilaient, un sourire ineffable d’antimoine colorait la salle, notre salle. « Aucun baiser ne peut avoir la saveur de l’amour s’il n’a le désir du fruit défendu. » (Ce n’est pas un proverbe à moi, mais il est tellement mauvais que je n’ai pu m’empêcher de le citer, il est d’Alain Finkelchoucroute). Elle était là. J’étais là. On se caillait la frisette, mais l’on était ensemble. Et curieusement, alors que son panty était déjà au sol, j’eus envie de rhabiller son corps, de lisser son corps de crème de nuit, de passer mon regard sur le rimmel qui avait coulé. L’envie aussi d’embrasser son cou, avec précaution, de tordre gentiment ses mèches d’un auburn clair autour de mes doigts. Envie enfin de sentir sous la pression de mes mains graveleuses le grain opaque de sa peau (faut pas oublier que je suis myope !) Cependant, la voix de la Belle brouillait mes instruments de vol et tout romantisme étant, je dus me rendre à l’évidence suivante : un violon, c’est avant tout fait pour être joué… (Je passe sur toutes les scènes susceptibles d’être lues par un public non averti !) C’est seulement lorsqu’elle cria si fort qu’un touriste japonais crut bon d’intervenir pour s’enquérir de la situation. Je me rendis compte que mon beau violon avait cassé une corde.Je ne compris qu’une heure plus tard qu’elle n’avait filé qu’un bas… Dédié à ma Belle qui me manque si fort que j’en arrive à espérer qu’en voyant mon passeport, les States me diront : « Revenez après la Saint Félix ! »
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17.02.2005 18:02
" Et pour moi, le jour choisi, c’est la Saint Félix " Tu es peut-être amoureux d'un chat ???
06.02.2005 17:51
cet avis a fait rentrer un rayon de soleil dans ce dimanche après-midi gris et ennuyeux, et d'autant plus, à une semaine de 'the' date !! :-( Bah, j'aurais beaucoup plus tenté de fêter la Saint Félix de toutes les façons, mais c'est toujours moi qui joue avec les jouets offerts aux chats par la marque du même nom (que mon chat boude effrotément ! ;-)) Enfin, c'est pas juste, non seulement les calendriers Pirelli ne présentent que des femmes, de plus , les stewards sont en minorité dans les 'aérosols' !
03.07.2004 23:01
Finalement...il me restait un E...;-)