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E comme... Enfants (Droit des...)

5  25.02.2005 (26.12.2005)

Avantages:
Ca fera peut - être ouvrir les yeux à certains .  .  .

Inconvénients:
Ce sont des enfants qui souffrent .  .  .

Recommandable: Oui 

father.mike

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Membre depuis:01.01.1970

Avis:23

Cet avis a été évalué par 12 membres de Ciao en moyenne: très intéressant

Un petit (bon d'accord long...) texte que j'avais écrit il y a 2-3 ans et que j'ai déjà publié sur mon site perso, mais que je remet ici car je me rend compte que les choses ne bougent pas...
Je n'ai pas fais de nouvelles recherches sur les chiffres etc. donc c'est un état des lieux qui date d'il y a 2-3 ans...

****************

Je viens de finir le rapport complet en anglais de l'OIT j'ai donc pu affiner mes chiffres et mon avis, voici donc un petite mise à jour (qui rallonge le texte mais bon on est jamais trop précis)

****************

1. Généralités

Tout travail effectué par un enfant n'est pas nécessairement du travail infantile qu'il faut abolir.

Le travail au sens « activité économique » est une définition statistique.

D'un côté il y a le travail dans sa forme acceptable (c'est-à-dire positif pour l'enfant) et de l'autre, le travail infantile qu'il convient d'éradiquer.

Les chiffres présentés ci-après se basent sur les définitions du Bureau International du Travail dans la Convention sur l'âge minimum datant du 26 juin 1973.
Cette convention concerne l'âge minimum d'admission à l'emploi, sous la forme « activité économique ».

Ainsi, tous les chiffres de ce message à propos du travail des enfants concernent tous les enfants de moins de 15 ans ayant une activité professionnelle à l'exception :

- des enfants de moins de 5 ans
- des enfants de 12 à 14 ans qui passent moins de 14h par semaine au travail à condition que leurs activités ou leurs occupations ne soient pas dangereuses

et incluant les enfants de 15 à 17 ans :

- effectuant un travail dangereux : dans les industries reconnues comme dangereuses et/ou travaillant plus de 43 heures par semaine quelque soit le travail
- effectuant une des pires formes de travail qui existe :

* trafic ou vente d'enfant
* esclavagisme (servage de remboursement de dette ou tout autre forme de servage) ou tout travail obligatoire ou forcé
* recrutement obligatoire ou forcé pour un conflit armé (comme soldats, combattants de première ligne, porteurs, esclaves sexuels, messagers ou espions, etc.)
* prostitution, pornographie et toutes les formes d'utilisation sexuelle d'un enfant
* et toutes activités illicites comme la fabrication ou la vente de drogue ou de toutes autres activités définies dans les traités internationaux

Un travail est reconnu dangereux à partir du moment où :

- il expose l'enfant à des abus physiques, psychologiques ou sexuels
- il se situe sous terre, sous l'eau, à des hauteurs élevées ou dans des espaces confinés
- il s'effectue à l'aide de machines, d'outils ou d'équipements dangereux, ou bien qu'il comporte un travail manuel ou une manutention de charges lourdes
- il s'effectue dans un environnement dangereux pour la santé, comme par exemple lorsque l'enfant est exposé à des substances, agents ou process dangereux, ou bien à des températures, niveaux sonores ou vibrations nocifs pour sa santé
- il s'effectue dans des conditions particulièrement difficiles comme pendant de longues périodes, la nuit, ou que l'enfant est irrationnellement confiné dans les locaux de l'entreprise.

2. Les chiffres

En 2000, il y avait 1 531,1 millions d'enfants de moins de 18 ans dans le monde.

Sur ce total, 351,7 millions avaient une activité économique (23%) dont 210,8 millions d'enfants de moins de 15 ans.

La répartition exacte des enfants ayant une activité économique était la suivante :

5-9 ans : 73,1 millions (garçons : 38,1 millions, filles : 35 millions) soit 12,2% du nombre d'enfants de cet âge dans le monde dont :

Economies développées : 800 000 (1,4% de la classe d'âge dans ces pays)
Economies en transition : 900 000 (3,1%) Asie et Pacifique : 40 millions (12,3%)
Amérique Latine et Caraïbes : 5,8 millions (10,6%)
Afrique Sub-Saharienne : 20,9 millions (23,6%)
Moyen-Orient et Afrique du Nord : 4,8 millions (10,8%)

10-14 ans : 137,7 millions (garçons : 70,9 millions, filles : 66,8 millions) soit 23% du nombre d'enfants de cet âge dans le monde dont :

Economies développées : 1,7 millions (2,8%)
Economies en transition : 1,5 millions (4,2%)
Asie et Pacifique : 87,3 millions (26,5%)
Amérique Latine et Caraïbes : 11,6 millions (21,5%)
Afrique Sub-Saharienne : 27,1 millions (34,7%)
Moyen-Orient et Afrique du Nord : 8,6 millions (19,6%)

15-17 ans : 140,9 millions (garçons : 75,1 millions, filles : 65,8 millions) soit 42,4% du nombre d'enfants de cet âge dans le monde dont :

Economies développées : 11,5 millions (31,3%)
Economies en transition : 6 millions (29,1%)
Asie et Pacifique : 86,9 millions (48,4%)
Amérique Latine et Caraïbes : 10,3 millions (35%)
Afrique Sub-Saharienne : 18,1 millions (44,8%)
Moyen-Orient et Afrique du Nord : 7,5 millions (31,8%)

Parmi tous ces enfants :

1,2 millions étaient l'objet d'un trafic ou d'une vente d'enfant dont :

Asie et Pacifique : 250 000
Amérique Latine et Caraïbes : 550 000
Afrique : 200 000
Economies en transition : 200 000
Economies développées : chiffres indisponibles

5,7 millions était soumis à l'esclavagisme (servage de remboursement de dette ou tout autre forme de servage) ou tout travail obligatoire ou forcé dont :

Asie et Pacifique : 5,5 millions
Amérique Latine et Caraïbes : 3 000
Afrique : 210 000
Economies en transition : chiffres indisponibles
Economies développées : chiffres indisponibles

300 000 étaient engagés dans un conflit armé dont :

Asie et Pacifique : 120 000
Amérique Latine et Caraïbes : 30 000
Afrique : 120 000
Economies en transition : 5 000
Economies développées : 1 000

1,8 millions faisaient l'objet d'un trafic sexuel (prostitution, pornographie et toutes les formes d'utilisation sexuelle d'un enfant) dont :

Asie et Pacifique : 590 000
Amérique Latine et Caraïbes : 750 000
Afrique : 50 000
Economies en transition : chiffres indisponibles
Economies développées : 420 000

600 000 étaient impliqués dans des activités illicites comme la fabrication ou la vente de drogue ou de toutes autres activités définies dans les traités internationaux dont :

Asie et Pacifique : 220 000
Amérique Latine et Caraïbes : 260 000
Afrique : chiffres indisponibles
Economies en transition : chiffres indisponibles
Economies développées : 110 000

3. Conclusion et ouverture

246 millions (70%) des enfants qui travaillent sont exploités selon les pires formes de travail des enfants.
171 millions (49%) font un travail dangereux pour leur santé.
Depuis 1987, les différents conflits ont fait des millions de victimes mineures, dont 6 millions de blessés graves qui demeurent fortement handicapés et 2 millions de morts. Dénoncés par Amnesty International, les Etats-Unis continuent à incorporer des mineurs dans leur armée (et à appliquer la peine de mort aux délinquants mineurs au moment de leur crime).

Pourquoi le travail des enfants nous conduit dans un cycle infernal ?

Tout d'abord, le travail des enfants met en danger l'avenir des générations futures. Préjudiciable aux enfants en tant qu'individus, il les prive de leur enfance, entrave leur développement et se traduit parfois par des traumatismes physiques ou psychologiques à vie.
À la fois résultat et cause de la pauvreté, le travail des enfants perpétue les conditions défavorisées et l'exclusion sociale.

Pourquoi résultat de la pauvreté ?

Parce que dans un pays pauvre, où les conditions de vie sont misérables, il faut que chaque membre de la famille puisse contribuer à la survie de celle-ci.
Ainsi dès qu'un individu est en mesure d'avoir une activité salariée, il est bien souvent mis à contribution pour enrichir la famille. De plus, les activités des pays pauvres sont souvent demandeuses d'enfants de part leurs spécificités.
Quoi de plus simple pour exploiter des mines étroites que des enfants frêles et passe-partout ?
Quoi de plus précis que des yeux neufs d'enfants ?
Quoi de plus rapide que des doigts fins, souples et agiles de jeunes enfants ?

Pourquoi cause de la pauvreté ?

Parce qu'un pays qui ne dispose pas d'une main-d'œuvre qualifiée ne peut participer de manière constructive à l'économie globale.
Et pour qu'un pays ait une main d'œuvre qualifiée, il faut former la population.
Former une population cela passe par la mise en place d'un système capable d'assurer l'éducation de tous. Et l'éducation cela commence par une instruction dès le niveau élémentaire.
L'éducation ça commence par l'apprentissage de la lecture, du calcul, etc.

Selon un rapport de l'Unicef, 130 millions d'enfants, dont 73 millions de filles, ne sont pas scolarisés. Des millions d'autres se morfondent dans des écoles médiocres où ils n'apprennent presque rien. 150 millions quittent l'école avant la cinquième année d'études, sans avoir acquis les notions élémentaires de calcul, de lecture et d'écriture.
Les programmes d'aide à la pauvreté doivent donc compter l'élimination du travail des enfants parmi leurs objectifs.

Pourquoi ?

Parce que le travail des enfants est un obstacle considérable à leur apprentissage.
Les enfants qui commencent très jeunes à travailler à plein temps ne peuvent recevoir une instruction.
Et ceux qui, courageux, étudient tout en travaillant à plein temps ont tendance à échouer.
Toutes ces conditions font que, pour ces enfants, la probabilité d'obtenir un emploi décent quand ils deviennent adultes est très faible.
On diminue ainsi leur aptitude à contribuer à la croissance économique et à la prospérité, et de ce fait, c'est tout le développement national qui en prend un coup.
Et comme dans tout cercle vicieux, ce sont les générations futures que l'on condamne à suivre le même chemin.

Malheureusement, depuis l'adoption de la Convention internationale sur les droits de l'enfant, un million d'enfants ont été recruté chaque année pour la prostitution.

En effet, en interdisant le travail aux enfants, on empêche leurs familles de bénéficier de l'argent qu'ils pourraient rapporter en ayant une activité salariée.
Ainsi, nombre de famille n'hésite pas à les vendre à des proxénètes ou les enfants eux-mêmes se prostituent n'ayant plus la possibilité de ramener de l'argent à leurs familles.

Pour lutter contre ce fléau, il faut protéger les enfants. Et leur protection passe par plusieurs mesures.
Tout d'abord, permettre à leurs familles d'avoir des moyens financiers suffisants pour qu'ils n'aient pas besoin de se prostituer.
Ensuite traquer et arrêter les pédophiles et les touristes sexuels qui osent dire : " Dans ces pays là, c'est la tradition. Les enfants sont initiés très tôt. Ce sont des jeux sexuels " ou " Après tout, ça les aide à vivre. Il vaut mieux ça que de mourir de faim "
Pour cela il faut mettre en place des moyens d'investigation, des moyens législatifs et des moyens répressifs pour que tout cela cesse.
Et surtout rappeler, comme ça a été fait au Congrès de Stockholm sur " l'exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales " le 27-31 août 1996, que "Les enfants, TOUS les enfants du monde ont une valeur intrinsèque et sacrée. L'enfant abusé sexuellement n'est jamais coupable, mais toujours victime, même s'il " drague le client ".
Aucun regard accusateur ou méprisant ne doit être adressé à l'enfant prostitué.

Pour finir, selon les chiffres du Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef), 650 millions d'enfants vivent dans un état d'extrême pauvreté; près de 800 millions d'enfants souffrent de malnutrition; 32 000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque jour pour des raisons qui auraient pu être évitées (notamment la malnutrition, les infections respiratoires et la malaria).

Il faut donc que tous les moyens soient mis en œuvre pour que chaque enfant ait de quoi se nourrir, de quoi se soigner, etc.

La situation peut sembler critique et inextricable…
Mais de nombreux programmes permettent de garder espoir et doivent être multipliés, comme ceux de l'IPEC et de ses partenaires :

Zambie : Un plan national d'action contre le travail des enfants a été mis au point et suivi de la ratification de la Convention 182 de l'OIT en 2001. Le gouvernement a amendé la loi sur l'emploi des jeunes et des enfants et a décrété l'école gratuite à partir de 2002 afin d'élargir l'accès à l'éducation. Le programme IPEC a contribué à renforcer les rapports entre les organismes publics impliqués au moyen du partage d'informations, d'études de recherche, de visites d'autres projets et de la création de systèmes de référence.
Sous l'égide du programme IPEC, des études sur les mesures recommandées pour abolir l'exploitation sexuelle commerciale ont été publiées et le rapport entre le travail des enfants et le HIV/SIDA au niveau sous-régional a été étudié. Dans le cadre d'un projet pilote, 608 garçons et 616 filles ont cessé de travailler et ont pu profiter de solutions de remplacement: 662 d'entre eux sont dans des écoles ordinaires, 226 dans des écoles de transition et 115 dans des écoles professionnelles.

Bangladesh : Plus de 340 centres d'enseignement polyvalent ont été établis pour répondre aux besoins des 30 000 enfants employés dans les secteurs du travail domestique, de la préparation des «bidis», de la fabrication d'allumettes, du bâtiment et du cuir.
Quelque 16 000 enfants reçoivent maintenant une éducation spéciale, 10 000 profitent de services de conseil-orientation et plus de 12 000 ont accès aux soins de santé. Approximativement 9400 familles participent à un programme d'habilitation économique. Vingt-huit groupes de surveillance constitués au niveau de la communauté s'efforcent d'empêcher le travail des enfants, notamment le travail domestique.
Un système informatique de suivi est actuellement mis en place pour suivre les progrès de chaque enfant et famille associés au programme.

Guatemala: Depuis avril 2000, l'IPEC collabore avec les employeurs et des ONG pour interdire le recrutement d'enfants dans l'industrie des feux d'artifice.
Une étude nationale sur le travail des enfants dans cette industrie a été effectuée et a favorisé la prise de conscience concernant ce problème aux niveaux municipal, départemental et national.
Des membres importants de l'assemblée nationale se sont déclarés en faveur de nouveaux règlements pour régir l'industrie des feux d'artifice.
Plus de 3000 garçons et filles ont reçu des bourses et les familles de 453 enfants qui ont cessé de travailler et suivent maintenant des études normales participent à des activités destinées à leur procurer un revenu de remplacement.
Des séminaires ont été organisés pour aider les producteurs à moderniser leur entreprise, à améliorer la gestion et à incorporer des mesures de protection des travailleurs.

Ukraine : En juin 2000, l'institut ukrainien de recherche sociale a publié une étude nationale du travail des enfants qui a provoqué le lancement d'un programme d'extraction-réadaptation d'au moins 100 enfants victimes de prostitution, de 600 enfants travaillant dans des zones rurales et de 500 enfants travailleurs sans abri.
Le gouvernement a récemment signé un accord préliminaire avec l'IPEC en vue de l'abolition du travail des enfants. Dans le cadre d'une campagne d'alerte nationale, 2500 enfants âgés de 6 à 10 ans et leurs parents ont reçu des informations sur les droits des enfants et les dangers du travail précoce.
Plusieurs ouvrages à ce sujet ont été publiés en ukrainien et distribués. Les chaînes de télévision et journaux nationaux ont traité de ce sujet à l'occasion de la journée mondiale contre le travail des enfants. Le projet renforce l'aptitude des syndicats à lutter contre le travail des enfants et a permis de former 40 représentants recrutés parmi 8 syndicats nationaux ukrainiens. De plus, 32 inspecteurs sociaux ont acquis les connaissances et compétences nécessaires pour répondre aux pires formes de travail des enfants.

**************

Voila désolé pour la longueur (enfin vous devez commencer à avoir l'habitude lol...)
Merci à ceux qui auront lu jusqu'au bout...

Mike

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Commentaires sur cet avis
lolym

lolym

28.02.2005 23:14

Et dire que les gamines dont je m'occuppe râlent quand je leur demande de mettre la table...

MissEmma57

MissEmma57

28.02.2005 14:15

Ca fait froid dans le dos... on sait que ça existe mais tous ces chiffres...

ardechoise

ardechoise

28.02.2005 11:40

des vérités mais je me demande toujours à notre niveau comment il est possible d'agir..

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