« Oh je voudrais tant que tu te souviennes
Cette chanson était la tienne
C'était ta préférée, je crois
Qu'elle est de Prévert et Kosma*»
Il hésitait. En haut, campé sur sa branche, ce qu’il tenait pour certitude il y a encore quelques secondes semblait soudain devenir beaucoup plus incertain.
Quatre enfants, dont un bébé qui venait juste d’apprendre à dire « papa ». Une femme qui allait la quitter, elle lui avait annoncé. Douze ans de vie commune, ça faisait tout de même un petit bout de chemin commun…Mais là, tout de suite, quel constat ? Son travail … Dix-neuf ans qu’il travaillait comme gardien dans un hôpital privé, et deux petites augmentations seulement.
De sa famille d’intellectuels, il était la honte qu’il ne fallait sous aucun prétexte ébruiter. Officiellement pour son bien, le protéger de ceux qui se moqueraient de sa maladie, mais tous savaient que sa mère que sa mère n’assumait pas d’avoir mis un tel déchet humain au monde.Même ses enfants ricanaient de lui, parfois, et leur mère avait bien vite cessé de les disputer. Il était seul, seul contre beaucoup de choses, tous les choses, toute une société. Ou les forts gagnent et les faibles peuvent crever, qu’est-ce qu’on en aura à foutre ?
Marche ou crève, connard.- Tu es doué pour le dessin, et si tu n’avais pas eu cette tare intellectuelle, peut être serais-tu devenu architecte. Mais t’es même trop con pour pouvoir esquisser ton avenir, lui avait dit un jour un professeur de dessin.
Des larmes vinrent à couler le long de sa joue.Trop tard pour regretter.
- Je sais, marmonna t-il.Il hésita encore un peu, pensant à tout ce qu’il avait vécu de beau depuis son enfance. Il s’était promis de revoir Nathalie quand il était petit, dans son centre spécialisé – Coin des Attardés, selon les scolarisés de l’école primaire normale -.
Quand il avait reçu son premier diplôme, il avait lu dans les yeux de son père beaucoup de fierté, il était très heureux. Il se voyait un avenir radieux. Mais il avait oublié … la maladie. C’était impardonnable, personne ne voudrait de lui. Il passa sa corde au cou,
« Le compte avait commencé
A rebours
Etait-ce vertige déveine
Qui sait
Un voyage un aller seul
Au long court
D'où l'on ne revient jamais *»sauta de la branche.
On entendit juste un petit sratch.« Maintenant tu es avec les anges
Pour toujours
Pour toujours et à jamais
Sorry angel
Sorry so
Sorry angel
Sorry so *»* Serge Gainsbourg
10.07.2004 12:17
le "compte à re-bours" d'où l'on revient toujours...
02.07.2004 14:43
A lack of hope
30.06.2004 16:16
C'était l'homme à la tête de chou ??? Brrrrr, frissons.