Patrick Episode 3 : les Yorkshires sont lachés !
02.10.2002 (10.03.2004)
Avantages:
Le yorkshire éclate facilement sous une presse hydraulique
Inconvénients:
mais il fait des taches
Recommandable:
Oui
 Galaktik_Lapinou
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Hmmmmrrrrrpfffr...
Eh ! J...
Membre depuis:17.06.2002
Avis:14
Lecteurs satisfaits:22
Cet avis a été évalué par 34 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Résumé de l'épisode précédent : Patrick ne s'appelle toujours pas Patrick, mais il est quand même officiellement le stagiaire de Montpellier Off. Avant de recevoir l'insigne honneur d'utiliser la photocopieuse et la machine à café de la start-up, il doit faire ses preuves en ramenant un article pour chacune des sous-catégories de la rubrique dont il est chargé : "Chiens écrasés, vieilles dames impudiques et gnous". 3. les Yorkshires sont lâchésC'est avec vingt-quatre heures d'avance et pas mal de taches sur mes vêtements (1) que je bouclais mes articles. L'entretien avec l'octogénaire sado-maso s'était plutôt bien passé : sitôt qu'elle comprit que j'étais bien le jeune homme si gentil qui l'aidait à traverser sa rue tous les matins, que j'étais journaliste, que non, décidément non, je ne tenais pas à ce qu'on me fouette et que son berger allemand, malgré ses yeux doux et sa tendre attirance pour ma jambe (première série de taches) laissait mes parties intimes dans un état de sérénité rarement rencontré hors des plus reculées des lamaseries tibétaines ; après, donc, qu'elle eût compris tout cela (et ce fut un peu long, car elle était sourde et un peu gâteuse) l'interviou se passa de façon courtoise et détendue. Elle me parla longuement de l'attrait sexuel propre à la Maladie de Parkinson, des mérites buccaux des édenté(e)s et de la façon dont, à son club de bridge, elle recrutait pour ses parties fines. Elle laissa même entendre que le président dudit club avait des particularités anatomiques remarquables mais je renonçais, malgré son insistance, à prendre les coordonnées de ce monsieur. Elle me proposa du café, des gâteaux et du popper. Comme je refusais ce dernier, elle me dit que je ne savais pas ce que je perdais ; je vis alors l'ancêtre chenue s'enfiler dans les naseaux un sniff assez long pour défoncer toute la clientèle de la Villa Rouge (2) avant de beugler "Putain ! Ce que ça fait du bien, bordel !", de se jeter sur un canapé et d'y demeurer affalée dans une position rappelant vaguement celle d'une bouse en plein soleil, à cela près que les bouses ne portent pas de string léopard et ne vous le balancent pas en pleine figure en hurlant « Fais moi mal ! ». Je profitais de sa brève euphorie pour m'éclipser. Tout fout le camp, bordel ! Y'a plus de vieillesse...A l'agence d'emboutissage canin, les choses furent un peu plus faciles : dès que je prononçais le mot "journaliste", les portes du paradis semblèrent s'ouvrir devant moi. Le directeur me reçut immédiatement, me parla du concept novateur de son centre, m'expliqua qu'une étude avait révélé que rien n'est meilleur contre le stress que de buter des yorkshires et que, justement, tenez, ça tombe bien, c'était la vocation du centre. Les séjours y étaient certes hors de prix mais que voulez-vous, c'est pas moi qui fixe le cours du yorkshire mon bon monsieur. Il me fit essayer plusieurs des activités proposées aux clients et je pus constater qu'effectivement, la presse hydraulique était une méthode d'extermination aussi efficace que réjouissante et qu'en plus, une fois le clébard bien écrasé, on pouvait le faire encadrer et ramener le tout chez soi pour une somme relativement modique (les cadavres produits par les autres activités étaient quant à eux revendus aux cantines scolaires). Je me rendis toutefois compte qu'écrabouiller l'une de ces sales bêtes sans être taché par les éclaboussures demande une certaine pratique et que bon, mine de rien, massacrer des petits chiens c'est un métier. Deuxième série de taches. Je commençais à me délecter de mon séjour, des yeux de biche de l'assistante de direction, de l'invitation à dîner du directeur, de la flûte de champagne qu'on venait de me servir, de la jouissance qu'il y a à envoyer sa déontologie rejoindre chez les Grecs sa morale journalistique, bref, de tous ces petits riens qui font que la presse est une grande et exaltante aventure, quand, mine de rien, l'un quelconque de mes interlocuteurs me glissa un vicieux "Dans quel journal écrivez-vous, déjà ?". Force me fut d'admettre que je n'étais ni à la Dépêche du Midi, ni à l'Hérault du Jour, mais à Montpellier Off. Immédiate décomposition de mon entourage. Confiscation de la coupe de champagne. Fermeture des yeux de biche. Raccompagnement brutal jusqu'à la porte. Coup de pied au cul et insultes diverses. Chute dans la boue. Troisième série de taches. Ce n'est que bien plus tard que je pus apprendre l'origine de la viscérale haine qui existait entre notre Maître (3) et le directeur du centre d'emboutissage et que je me rendis compte qu'on m'avait envoyé au casse-pipes. Pour l'heure, je demeurais persuadé que le massacreur de yorkshires en chef était un sombre crétin (ce en quoi je n'avais pas tort) et qu'il portait atteinte à la liberté de la presse. Je ne me privais d'ailleurs pas de le souligner dans l'article rageur que, sitôt rentré chez moi, je consacrais à la jeune entreprise. Le papier sur la pré-Alzheimer au croupion en folie fut lui aussi torché en moins de deux. Restaient les gnous. Qu'est-ce que j'allais bien pouvoir dire sur les gnous ? Dans un éclair de génie, j'inventais une Amicale Montpelliéraine pour l'Intégration des Gnous qui militait activement pour que la mairie reconnaisse enfin que rien en ville n'était aménagé pour ces pauvres bêtes et que si un jour, sait-on jamais, on recevait quelque ambassade de quelque pays aussi lointain qu'exotique accompagnée de son gnou sacré, on serait bien emmerdés et ce serait bien fait, il fallait écouter, na na na na nère on vous l'avait bien dit. C'est ce qui s'appelle caviarder un article et, quand on a un minimum de conscience professionnelle, c'est très mal. Manque de bol, ma conscience était justement partie visiter le Parthénon, dont ma déontologie et ma morale lui avaient dit des merveilles. Je caviardais donc allègrement en ricanant. Mesquinement.Tout fier tout content, je téléphonais à la Chef pour lui annoncer mon triomphe. Elle prit ça avec flegme et dit que, puisqu'il était encore tôt, je n'avais qu'à passer au bureau : Julien (4), le secrétaire de rédaction, y était encore et pourrait jeter un œil ou deux sur mon travail. Avais-je bien entendu ? Oui, j'avais bien entendu ! Bonheur immanent ! Joie indicible ! J'allais enfin accéder aux locaux de Off... Toubicontignoud (1) Ceci est un astucieux zeugme. Je vous précise ça afin que vous vous couchiez moins bête ce soir et que vous ayez un mot compliqué pour épater vos copains de bistrot demain. (NdR) (2) Si vous n'avez jamais entendu parler de cette boite de nuit, cela signifie que vous n'êtes pas montpelliérain, que vous n'avez jamais mis les pieds dans le milieu festif de l'Hérault et qu'en outre vous êtes d'une stricte hétérosexualité. (NdR) (3) Patrick veut bien entendu parler de notre Vénérable et Vénéré Maître le Rédac' Chef, Celui dont Neuf Fois Douze Vierges Baisent Respectueusement les Traces de Pas lorsqu'il Lui Prend l'Envie de Se Mêler au commun des mortels et qu'Il Consent à Descendre dans les Rues de Montpellier. Si maintenant vous ne voyez toujours pas de qui il s'agit, lisez les précédents épisodes, surtout "Prise de Tête et de Contact" et "Combat de Nains et de Vieilles". (NdR) (4) Ce nom est purement fictif : en réalité, le secrétaire de rédaction de Off se nomme Lapinou. (NdR)
Galaktik_Lapinou
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10.10.2002 10:30
etxterminer des petits chiens : un reve devenu realité...
08.10.2002 19:26
Je vois que J.E. Moustic t'inspire... C'est donc particulièrement inintéressant : mensonge + plagiat + pub. Moralité : dans mon RDC.
08.10.2002 12:51
trop dur d'attendre tout le temps la suite:-(