... Mais s’il refuse, humblement, cette comparaison-ci, « Parle avec elle » constitue un chef-d’œuvre dont même le maître Bunuel n’aurait pas eu à rougir ! Et si on entend couramment dire que « le dernier Almodovar est aussi son meilleur » c’est peut-être tout simplement ... Lire l'avis
Alors même qu’il est idolâtré, à juste titre, par l’ensemble de la critique depuis une vingtaine d’année, Pedro Almodovar se sent toujours recouvert de l’ombre de Luis Bunuel. Mais s’il refuse, humblement, cette comparaison-ci, « Parle avec elle » constitue un chef-d’œuvre dont même le maître Bunuel n’aurait pas eu à rougir ! Et si on entend couramment dire que « le dernier Almodovar est aussi son meilleur » c’est peut-être tout simplement parce que le réalisateur évolue, se remet en question…s’améliore ! L’évolution est, ici, flagrante avec un film qui rompt avec l’univers habituel d’Almodovar pour y gagner en sérénité…le réalisateur aura même été jusqu’à se séparer, le temps de ce film, de ses acteurs fétiches…
Marco y Lydia. Marco est un journaliste d’une quarantaine d’année. Un jour, alors qu’il cherche un sujet de rubrique pour son journal, Marco tombe sur l’interview de Lydia, une Torero. Non pas qu’il s’intéresse à la tauromachie, mais le caractère trempé de la jeune femme l’intrigue. Faisant finalement sa connaissance après qu’elle est jouté, le premier contact se révèle plutôt froid (Lydia sort tout juste d’une relation qui s’est mal terminée et se méfie des médias). Pourtant, Marco finit par dompter la belle et le couple trouve dans les bras de l’autre l’espoir de guérison d’une rupture mal vécue. Mais alors même qu’ils envisageaient leur avenir ensemble, un taureau moins conciliant qu’un autre envoie Lydia dans un coma profond…sans espoir de rémission…
Benigno y Alicia. Après s’être occupé d’une mère possessive durant les quinze dernières années de sa vie, Benigno est enfin libre de vivre la sienne (de vie). Son diplôme d’infirmier en poche, il cherche déjà la femme qui remplacera la mère. Cette femme c’est Alicia, une danseuse professionnelle qui prend des cours dans l’immeuble en face du sien et qu’il espionnait déjà du vivant de sa mère. Un jour qu’il se trouve, enfin, le courage de l’aborder, Benigno raccompagne la belle jusqu’à chez elle. Pourtant, il ne la reverra plus pendant des semaines ! C’est finalement à l’hôpital qu’il la retrouvera, plongée dans un coma profond par un accident de voiture. Il s’arrange, alors, pour se faire engager comme infirmier personnel afin de veiller sur celle qu’il aime…
Marco y Benigno. Les deux hommes se rencontrent (sans se rencontrer) à une représentation de ballet : une chorégraphie de Pina Bausch qui évoque les difficultés d’être femme à notre époque (thème récurent dans le film). Le destin qui plonge leur deux amies dans le coma les fait de rencontrer à nouveau aux chevet de celles-ci. Commence, alors, une réflexion commune sur la femme…qui débouchera sur une indéfectible amitié. Mais leurs deux visions des choses sont radicalement opposées. Benigno qui parle constamment à Alicia, lui racontant ses journées et remplaçant, ainsi, le dialogue par le monologue, et Marco, le journaliste, étrangement incapable de communiquer avec Lydia. « Parle avec elle » lui dit Benigno…comme s’il savait déjà que lorsque la communication s’éteint, l’être aimé disparaît avec elle (thème récurent…dans la vie de tout couple)…
Almodovar joue avec maestria des troublantes ressemblances et oppositions entre ses deux histoires de couple (qui, au final, n’en formeront plus qu’une). Ressemblances, tout d’abord, entre les deux personnages féminins. Toutes deux évoluent dans le monde de la danse (une vision très poétique de la tauromachie : y voir une danse macabre entre l’homme (ou ici la femme) et l’animal), toute deux sont des êtres exceptionnels, espionnées (par Bénigno et par les médias) et qui finiront par aimer ceux qui les espionnent (Benigno et un journaliste) avant de tomber dans le coma ! Notons au passage que le choix de la danse par Almodovar est un autre trait de génie : la danse est souvent appelée le « langage du corps »…ici, il est le langage d’êtres qui, plongés dans le coma, n’auront plus accès au langage phrasé ! On en revient à l’idée du film qui veut que c’est bien la solitude qui tue, l’impossibilité de communiquer…comme si chaque être était défini par les relations qui le lient aux autres…
Mais il y aussi une opposition entre les deux histoires. En effet, le personnage de Lydia est issu d’un milieu violent (la tauromachie) tandis que celui d’Alicia vient d’un milieu ou règne l’harmonie (la danse). Cette opposition est symbolisé par deux scènes importantes du film : les rituels de l’habillage ! Pour Alicia tout se passe dans le calme le plus complet (sa blouse délicatement glissée sous les draps et attachée sur les côtés par des lacets) tandis que pour Lydia c’est beaucoup plus violent (le costume de lumière attaché par les mêmes lacets…mais serrés avec rage !). Oppositions dans les influences aussi avec le coach « ange gardien » d’Alicia qui la protège et l’entourage de Lydia (son ancien entraîneur) qui cherche à lui nuire. Oppositions, enfin, dans les destins, lorsqu’une est guérie par la parole tandis que l’autre sombre dans le mutisme…
Pour la forme, Almodovar retrouve le format classique du mélodrame. D’ailleurs, on pourra noter que son film débute sur une chorégraphie ( femmes seules, évocation de la solitude…) pour s’achever sur une autre (qui elle fait évoluer des couples…car c’est bien là le message du film : pour vivre heureux, vivons en couple !). Entre temps, Almodovar se livrera à quelques exercices de style en multipliant les flash backs et chorégraphiera les vies de ses protagonistes au rythme de l’excellente B.O. de son film. On y trouve aussi un belle trouvaille : l’intervention d’un film (muet) dans le film. Intitulé « L’amant qui rétrécissait » et réalisé par Almodovar lui-même, ce film est, en fait, un moyen détourné d’évoquer les pulsions sexuelles et l’acte litigieux commis par Benigno…sans pour autant « diaboliser » le personnage ! A noter, d’ailleurs, que si « Parle avec elle » est le film le plus charnel du réalisateur, avec l’omniprésence des corps souvent dénudés de Lydia et d’Alicia, il est aussi l’un des moins « sexuellement explicite »…
On pourrait s’étonner de la méthode utilisée par Almodovar pour parler des femmes ! En effet, les féministes les moins perspicaces pourrait s’indigner qu’on rende ainsi muette les deux personnages féminins en les plongeant dans le coma, comme pour dire qu’on (les hommes) s’entend mieux réfléchir quand elles la bouclent ! En fait, c’est tout le contraire et vous aurez sans doute déjà deviné en lisant les paragraphes précédents que Lydia et Alicia sont les vrais personnages principaux de « Parle avec elle » !
Mais Almodovar en profite aussi pour glisser quelques piques acérés dans les flancs de ses détracteurs de toujours ! Les médias, tout d’abord, pas les critiques de film (qui lui vouent un véritable culte aujourd’hui) mais plutôt la presse people et la télévision (la scène ou la journaliste interview Lydia en orientant ses questions sur sa vie privée).Le clergé aussi dans une scène hilarante où il est question de missionnaires appliquant la scène du même nom à des nones pas vraiment consentantes ! La société actuelle, enfin, dans laquelle les gens ne se parlent plus…ils s’envoient des e-mails. Le manque de communication engendrant la solitude, fléau des générations présentes et futures…
Quant au casting du film, il reflète les intentions de son réalisateur : se renouveler tout en progressant ! Ainsi, aucuns des quatre acteurs principaux n’avait tourné dans un film d’Almodovar avant « Parle avec elle ». Mais tous, que ce soit Javier Camara (également à l’affiche de « Lucie et le sexe » actuellement en salle) dans le rôle Benigno, Dario Grandinetti (l’un des acteurs argentins les plus connu) pour Marco, Rosario Flores (qui avait délaissé les plateaux de tournages pour les studios d’enregistrement depuis 1992) dans le rôle de Lydia ou Leonor Watling qui incarne Alicia, se révèlent parfaits dans le rôle qui leur a été désigné !
Vous l’avez sans doute compris si vous êtes arrivé jusqu’ici, ce nouveau film d’Almodovar m’a emballé ! Chef d’œuvre poétique, lyrique…et psychanalytique ( !) sur la nécessité de communiquer pour vivre, ce film permet à Almodovar d’aborder son art sous un nouvel angle. Mais s’il s’est considérablement adouci depuis ses premiers films sulfureux, il y gagne en sérénité et n’oublie pas pour autant de régler quelques comptes ! « Parle avec elle » est, décidément, le meilleur film du réalisateur qui n’a plus à rougir de la comparaison avec son maître : Luis Bunuel !
P.S : vous voudrez bien me pardonner d’avoir été si long…mais si je me suis laissé emporter par mon sujet c’est qu’il y avait de quoi !
Lundi 29 Avril 2002. Les vacances sont finies et comme j'ai bossé durant les deux semaines de congé, je profite de ce dernier jour pour rattraper mon retard inexcusable. L'enjeu de la journée est de voir successivement trois films. Beaucoup me diront que ...
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Avantages: dense, émouvant,mise en scène sublime, acteurs parfaits, etc Inconvénients: il faut savoir accepter les invraisemblances de l'histoire
« Parle avec elle » s’ouvre et se clôt sur deux magnifiques scènes de ballet. La première représente deux femmes vêtues d’une chemise de nuit qui avancent et se cognent telles deux somnambules. Un homme empressé, prévenant, écarte les meubles qui leur fon ...
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Avantages: Talent d'Almodavar, histoire mystérieuse Inconvénients: quelques longueurs...
Rien qu'au nom de Pedor Almodavar et à cette affiche si mystérieuse, je m'attendais à un chef d'oeuvre... Et je n'ai pas été déçu ! Dès la première image, ce visage ravagé, perdu dans la souffrance au point de ne plus ressentir aucune émotion, nous donne ...
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Rire
Histoire
Acteurs / Actrices
Mise en scène
très intéressant
23.04.2002
Magistral Evaluation du produit Parle avec ellepar
Sinskara
Avantages: innombrables Inconvénients: à première vue, très peu
Je ne pense pas que ce que je suis en train de faire soit très bien, en fait j'en suis même sûre ; d'autant plus que c'est le premier avis que j'écris sur un film. Je sais pertinemment qu'il faudrait le regarder, plusieurs fois tant qu'à fai ...
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Avantages: Un film superbe Inconvénients: Des idées parfois dérangeante... mais c'est le propre d'Almodovar
Qui n’a jamais attendu que l’être aimé plonge doucement dans le sommeil, quitte lentement la lourdeur de la journée pour lui murmurer tendrement des mots doux à l’oreille ? N’espère t-on pas secrètement que dans l’abandon du ...
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...Le fabuleux destin d’Amelie Poulain, un film dont le titre ne me disait rien avant qu’une amie m’en parle. Elle m’en a dit uniquement du bien et m’a même dit qu’elle voulait retourner le voir. J’ai ensuite entendu beaucoup de personnes en dire du bien. Je suis donc allée le voir il y a deux semaines et j’ai été très decue. Je n’ai pas du tout aime et je me suis embêtée. J’ai trouve cela très long et il ne se passe pas grand chose. Pourquoi j’en ai entendu dire tant de bien, je me le demande....
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Avantages : dénonce les dangers du racisme Inconvénients : pas trés original
..."Les Rivières Pourpres"
Si Mathieu Kassovitz avait pu nous plonger dans un univers méconnu par ceux qui ne le partagent, dans ce film il semble montrer où mènerait la haine, l'intolérance et la peur de l'autre. Si Vincent Cassel et Jean Réno sont parfaitement crédibles et parfois droles dans leurs rôles, ce film n'en reste pas moins un policier à message. L'histoire n'est pas ennuyeuse à proprement parler, elle est même difficile à suivre et le dénouement ne donne pas les réponses de façon évidente pour tous. Le message, lui, est véhiculé de manière assez claire pour être compris de tous. Si l'intention est louable, un peu plus de subtilité aurait été la bienvenue....
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