Cet avis a été évalué par 16 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Saint-Jacques de Compostelle, lieu mythique… Les silhouettes de cavaliers vêtus d’armures et dont l’habit s’orne d’une grande croix blanche apparaissent : les Templiers. Ces moines soldats sont bientôt suivis d’une foule de personnes, de toutes conditions mais partageant tous le même espoir, la même quête…
Saint-Jacques de Compostelle, lieu sacré… Ultime étape d’un chemin long et difficile, un lieu de rendez-vous avec Dieu et avec soi-même…
C’est sur ce chemin que nous mène Paulo Coelho.
Les premières pages sont surprenantes. Il s’agit d’une épreuve de passage au rang de Maître dans une congrégation (une secte ?). Certes, compte tenu du titre du livre, je me doutais bien qu’il y serait question de spiritualité, de religion, mais je ne m’attendais pas à cela. Je vérifie le nom de l’auteur, incrédule…
Je dois préciser que je me suis intéressée à cet auteur depuis peu de temps, en fait depuis une lettre à M. Bush publiée dans un grand quotidien français peu avant l’invasion de l’Irak. Coup de pub, conviction personnelle ? Je pencherais plus volontiers pour la seconde solution, d’autant que cet article m’a touchée et donné envie de découvrir l’homme qui en était à l’origine.
C’est cette raison qui m’a poussé à continuer ma lecture et le récit de cette épreuve ratée. Cet échec constitue, pour l’auteur, le motif nécessaire à un pèlerinage sur le chemin de Compostelle. Pourtant, ce chemin est commencé presque à reculons…
Car l’homme qui l’entreprend est orgueilleux, élitiste. Il cherche une sorte de spiritualité supérieure, réservée à quelques uns. Et il rechigne à consacrer de nombreuses semaines à une quête bien incertaine, qui est d’abord la recherche d’une épée, celle qu’il aurait dû recevoir lors de la cérémonie des premières pages pour consacrer sa qualité de Maître. Ainsi, peut-être plus que Dieu, c’est une certaine forme de pouvoir qui est recherchée.
Cette caractéristique nous rend le personnage plus proche, du moins pour moi qui me sens assez éloignée de toute conviction ou préoccupation religieuse.
D’ailleurs, au cours de son voyage, le pèlerin apprend un certain nombre de rites, d’exercices qui tendent à la recherche d’une sorte d’harmonie avec soi-même et avec le monde. C’est une recherche universelle, qui dépasse les principes du RAM, la congrégation de Paulo Coelho et que l’on retrouve notamment dans la philosophie asiatique.
Le chemin de Compostelle est le chemin des hommes ordinaires. Paulo Coelho en fait un chemin de sagesse où il apprend à être à l’écoute des autres. C’est une vision de la religion qui peut sembler un peu simpliste, une sorte d’amalgame entre divers courants de pensée. Mais cela ne l’affaiblit en rien. Car ce livre, cette vision est peut-être symptomatique d’une certaine volonté, la même que celle qui anime les tenants de l’anti-mondialisation quels que soient leurs convictions religieuses : remettre l’homme au centre du monde, en harmonie avec lui-même et son environnement. L’idée est louable et ne semble en rien sectaire. Elle est présentée dans un style simple avec, il est vrai, quelques passages surprenants. Mais il n’est pas question de tout prendre à la lettre et de faire acte de prosélytisme. A chacun son chemin de Compostelle…
20.05.2006 21:20
J'ai ce livre dans ma bibliothèque, mais il va falloir que je le lise, j'aime bien cet auteur!!
04.02.2005 18:59
super avis!
04.12.2004 14:23
Coelho, j'avais bein aimé "Veronika.."