L'évaluation de l'auteur:
| Avantages: |
Y'a que ça, mille tonnerres ! |
| Inconvénients: |
Si on met trop fort, ca abime les tympans |
| Recommandation pour les acheteurs potentiels? |
oui |
J'ai déposé pas mal de photos avec cet avis. A chaque annotation en forme de (a) vous trouverez une photo correspondant à ce que je vous décris. Toutefois, comme il n'est possible que de déposer 7 photos par avis, j'ai du rassembler mes captures d'écrans sur de mêmes images, merci pour votre compréhension.
(1) Cubism est le fruit de la dernière tournée triomphale du duo anglais le plus célèbre de ses 25 dernières années. Une tournée d'une cinquantaine de dates sur tous les continents, un monumental show éléctro-pop mettant en scène les vieux (a) Neil Tennant et Chris Lowe dans leurs plus beaux apparats de divas modernes.
Une scène comme toujours pleine d'originalité. Chris Lowe à droite, figé devant ses claviers et son écran d'ordinateur, Sylvia Mason-James la choriste aux chapeaux fous, attitrée du groupe et entourée par deux nouveaux collègues chanteurs, et deux danseurs qui viennent mettre un peu d'animation et de contraste au sein du temple musical de l'immobilisme. Enfin, un peu de partout sur le scène, ou dans les décors à l'arrière, un Neil Tennant très posé, mais visiblement heureux pour une fois de sa prestation vocale. A l'arrière plan, un énorme cube composé de 4 rangées de 4 cubes plus petits, monté sur roulettes et disposant de plein de possibilités techniques, d'éclairage, de projection et autres… Un assemblage original qui va évoluer au fil des chansons, modifiant en permanence la scène à la grande joie des heureux spectateurs mexicains de ce concert (Auditorio Nacional, Mexico City, le 14/11/2006).
La notion de cube est omniprésente dans cette tournée, un cube sur scène, 3 groupes de Pet Shop Boys (les 2 originaux, les 2 choristes et les 2 danseurs, souvent tous habillés à l'identique…) (rappelons aux faibles en maths que 3 est l'exposant cube)… j'imagine que le titre de ce magnifique DVD tombait donc sous le sens, de surcroît, allusion au mouvement artistique qui s'est développé en Europe au début du siècle et dont Picasso et Braque sont deux des initiateurs !
Le groupe
Depuis 1984 et leur très fameux « West End girls », les Pet Shop Boys ont classé 39 singles dans le top 30 anglais, 22 dans le top 10 (au 01/01/08). Ils ont vendu plus de 60.000.000 d'albums sur la planète et un nombre plus qu'incalculable de singles. Le groupe n'a jamais cessé de travailler et de progresser et, après près de 25 ans de carrière, continue à se renouveler tout en restant fidèle à son image de fabrique !
Neil Tennant, le charismatique chanteur blond frisé dans les eighties et son comparse à casquette, Chris Lowe, toujours en retrait, ont traversé sans trop d'encombres les années dance, trash, et autres modes. Evidemment, tous deux sont plus dégarnis aujourd'hui mais leur style reste inégalé.
Balades aux mélodies lancinantes ou titres « Hi-Energy », accompagnements ultra riches fouillés à l'extrême, panoplies impressionnantes de remix accompagnant chaque single, l'image Pet Shop Boys est forte et persiste au fil des décennies. Eux-mêmes remixers et producteurs des plus grands artistes (David Bowie, Liza Minnelli, The Killers, Madonna, Kylie Minogue, etc.)
Aujourd'hui, en dehors du Commonwealth et de l'Europe du Nord, les Pet Shop sont malheureusement plus connus pour être des icônes de la musique gay que pour leur exceptionnelle carrière. Je n'irais pas jusqu'à penser qu'il s'en désintéressent un peu, mais peu s'en faudrait. Après tout, lorsque vous collectionnez déjà les voitures de course pour passer le temps, à quoi bon changer quoi que ce soit à votre représentativité internationale…
La liste de leurs tubes interplanétaire ne cesse de s'allonger. « West End Girls" en 1984/1985, "It's a sin" en 1987, "Always on my mind" et "Rent" en 1988, "Being boring" en 1991, "Go West" en 1992, etc… j'en passé et des meilleurs, plus récemment « Miracles » et « Flamboyant » en 2003,ou encore « Minimal » en 2006. Plus de 40 singles, dont 3 seulement auront été des reprises. Le tout prochain Integral qui devrait sortir en 2008 sera un carton assurément, les promos que j'ai eues en mains sont fabuleusement modernes et entraînantes.
Pour le public français, Pet Shop Boys est un groupe quasiment inconnu. En effet, la discrétion médiatique du groupe lui coûte cher en France alors que dans les pays du nord de l'Europe, il est considéré comme l'égal d'un Depeche Mode ou d'un U2. Monsieur ou madame tout le monde, pour ne cibler aucune Véronique en particulier, avoue ne pas les connaître mais est capable de fredonner Go West ou West End girls. Curieusement, pour bon nombre de nos concitoyens, le Pet Shop Boys est un individu dont l'on se moque avec joie. Le pécore moyen qui aime à se moquer des gays (et j'en connais malheureusement plusieurs), n'hésite pas à qualifier leur œuvre de, je cite, « musique de pédé ». Certes, sur le fond c'est assez vrai, mais sur la forme plutôt discutable. Toutefois, ce même individu rougira lorsqu'il apprendra que la chanson qu'il beuglait dans les gradins de son stade de foot est basée sur le thème de Go West, tube oublié des Village People mais succès interplanétaire en 1992… Peu connus par leur nom, mais populaires par leur talent, les Pet Shop Boys sont un vrai anachronisme du paysage musical.
Un anachronisme persistant toutefois, qui fait que nombre de critiques, surtout depuis la sortie de l'excellent album Fundamental, en 2006/2007 les qualifient de plus grand groupe de pop anglais de tous les temps après les Beatles (rappelons que l'Irlande ne fait pas partie de l'Angleterre, et que le Rock n'est pas de la Pop, les fans de U2 ne m'enverront donc aucun cailloux).
Le DVD
Le packaging (5) se compose d'une boite cartonnée, d'un DVD et de sa boite et d'un petit livret contenant un texte de Chris Heath, le biographe officiel du groupe, un texte en forme d'interview / documentaire d'une dizaine de pages. Rien de bien folichon mais l'œuvre n'en a pas besoin tant sa qualité générale est grande.
Le DVD contient le concert de 28 chansons, ainsi que quelques extra, une galerie de photos et un commentaire du groupe sur leur voyage au Mexique. Je passerai outre cette partie et la biographique réservées aux fans absolus et sans grand intérêt pour les autres.
Le son est disponible en trois formats, Dolby 5.1, PCM Stéréo et en DTS, chacun y trouvera donc son compte, et les possesseurs de lecteurs DTS bénéficieront d'une qualité audio excellente, sans le moindre souffle ni défaut à signaler. Une seule piste vidéo. Contrairement , et heureusement dirais-je, au DVD Montage (1999/2000), aucun scribouilli graphique et peu réussit ne vient encombrer la vidéo, ruinant par la même le plaisir d'admirer des choses à la fois simples et pourtant si créatives.
La créativité
Voilà un peu l'image de marque de l'inénarrable duo. L'époque des chapeaux pointus des années 1992/1993 est loin derrière nous, déjà 15 ans, pourtant l'on sent dès les premières secondes du concert que quelque chose de nouveau va jaillir sous nos yeux pour atteindre nos tympans et attiser notre curiosité. Ce cube, si statique en début de concert ne peut rester à l'identique fort longtemps, il va se passer quelque chose et lorsqu'il commence à s'illuminer de teintes bleues et roses dès que le groupe entonne Psychological, le premier titre de la soirée, nous devinons déjà qu'il est promis à un brillant avenir !
Tour à tour, et au fil des chansons, notre cube va devenir rangée de cubes, puis rectangle, puis triangle, puis s'ouvrira pour devenir creux, il hébergera danseurs puis chanteurs, une vraie trouvaille, un énorme travail de constructivisme artistique, fidèle à l'image des Pet Shop Boys, toujours en avance de deux ans sur les mouvances à venir. Une mise en scène impeccable, issue du travail de David Barnard, un spécialiste de la vidéo musicale.
Les deux choristes qui accompagnent à la fois Sylvia Mason James et Neil Tennant, ainsi que les deux danseurs portent les mènes tenues que les deux artistes anglais. Il arrive donc selon les jeux de lumières, que l'on perde l'un en croyant voir l'autre. Plutôt sympa d'imaginer pendant quelques secondes que le très rigide Tennant devienne d'un coup le souple danseur qui se met a tournoyer sur le dos sur l'avant de la scène. Evidemment, lorsque l'on connaît l'âge du bonhomme et ses talents habituels de danseur, l'illusion ne dure qu'une fraction de seconde, mais toutefois, l'idée était bonne. Associée à celle du cube, elle donne un fantastique aspect spectaculaire à ce concert des Pet Shop Boys, réputés pour leur immobilité sur scène. Bravo donc pour la partie visuelle du concert, renouant avec l'extraordinaire tournée Performance, datant de la fin des années 1980.
Les chansons
J'attaque déjà le milieu de ma troisième page sous Word et je n'ai parlé finalement que de la chanson d'introduction du concert, Psychological. 27 autres titres viennent illuminer cette magnifique prestation, des titres récents, ainsi que tous les classiques du groupe, il en faut pour tous, anciens comme nouveaux fans.
Je ne vais pas détailler tous les titres, sans quoi cet avis sera encore beaucoup trop long, mais seulement vous parler de ceux qui m'ont le plus marqués, j'en profiterai pour vous glisser quelques images du cube, histoire d'illustrer un peu cet avis et d'essayer de vous communiquer au mieux mon envie de vous faire découvrir ce DVD !
4 - Left to my own devices : le titre phare de l'année 1988 pour le groupe. Remis à la sauce 2008, soit 20 ans plus tard, il présente une rythmique plus péchue, plus entraînante qui le fait maintenant figurer comme petit frère du gigantissime It's sin. Ce titre ne figure dans aucun album studio si ce n'est dans l'album de remixes Introspective, proposée dans une version longue et plus classique, un chef d'œuvre de la pop du à la participation à la production de Trevor Horn et Stephen Lipson.
8 - Minimal : le single de 2007 interprété dans sa version studio. Le cube déployé alors en un rectangle de 2 rangée de 4 carrés affiche les lettres du titre du single lorsque Tennant reprends M.I.N.I.M.A.L, rien de mieux pour inciter le public à participer et à hurler sa joie… D'ailleurs, une partie d'entre eux, les plus hystériques probablement, tout près de la scène semblent m'approuver puisque munis de leur propres lettres MINIMAL, se joignent allègrement au cube, conduisant Tennant à un quasi fou-rire. (b). Minimal se termine sur le début de Shopping, un vieux titre de l'album Actually (1987), usant des mêmes artifices graphiques sur le cube.
10 - Rent : la balade romantique teintée de l'ironie anglaise par excellence, « je t'aime, tu payes mon loyer »… Tennant a disparu de la scène, mais si vous consultez l'image (c), ce n'est que pour se réfugier dans la seconde case de la rangée du bas des cubes en position Minimal. En haut à gauche, l'un des danseurs se livre à des pitreries que j'ai du mal à interpréter. Vous n'avez plus qu'à acheter le DVD pour vous y essayer.
12 - Heart : Après l'entracte ou les convives sont conviés à aller boire une tequila par Ian McKellen (oui, un gars qui tient un petit rôle dans le Seigneur des Anneaux ainsi que dans X-Men), le concert reprend avec une version ultra modernisée de Heart (1988). Le cube, déployé en 3 met alors en valeur toutes ses possibilités, à tour de rôle lumineux, coloré, transparent, un vrai spectacle qu'une photo (c) ne suffira hélas pas à rendre.
15 - Numb : l'un des titres les plus lents de l'album Fundamental qui sert de base à cette tournée est ici mis en valeur par une vidéo projetée sur le cube déployé à son maximum. Une vidéo en noir et blanc du plus bel effet issue du mouvement constructiviste du cinéma russe, tout un programme… (c)
19 - Home and dry : Anachronique titre de l'anachronique groupe interprété à la guitare par Neil Tennant et ses choristes pendant que Chris Lowe et Pete Gleadall (en coulisses) ajoutent nappes de violons et piano. Une petite réussite bien meilleure à mon avis que la version studio ou ses remixes, tellement live, tellement mélodique, tellement acoustique, un régal pour les oreilles. (c)
20 - Always on my mind : (d) Un arrangement un peu saboté parce que trop sur vitaminé donne à ce classique de 1988 un aspect bon marché que je n'ai pas apprécié comme le public en délire semble l'avoir fait… Plus la peine de chanter, Neil, les mexicains le font pour toi. Peut être est-ce la présence des deux demi tètes à l'effigie du groupe sur la scène qui conduit à cette réussite… je préfère largement la version de la tournée Performance entamée à la guitare par Tennant à cette nouvelle mouture de Always on my mind, dommage personne ne m'a demandé mon avis avant la mise en place de cette tournée 2007 !
21 - Where the streets have no name : (d) Probablement le titre le plus ludique de la soirée. Au revoir les costumes british noirs, bonjour les tenues de cow boys pour ce titre très américain du groupe irlandais U2… allez comprendre. Clou du spectacle de la soirée, l'un des danseurs apprends à danser devant le cube à un autre mesurant 6 mètres de haut, projeté sur la partie gauche du cube, tandis que sur la droite, la figure du Tennant de 1991 (la date de sortie du single) entonne les paroles du refrain de la chanson, le tout, surmonté d'un chapeau rouge d'au moins 4 ou 5 mètres de large… On dira ce que l'on voudra, que l'on aime ou pas, mais personne ne pourra dire que le spectacle, l'humour et l'autodérision ne sont pas là !
23 - The Sodom and Gomorrah show : (e) Fou rire à leur tour des choristes (e), qui, déguisés en folles militaires arrivent en se dandinant des fesses sur la scène, passant entre 3 des morceaux du cube, tournés sur le côté. Les danseurs les suivent, munis de leurs M16 en plastique rose… Ode à l'iconographie gay du groupe, autodérision poussée à son maximum et surtout illustration du titre de la chanson. Tennant, couvert de ses médailles de général sud-américain reste imperturbable au centre de l'arène pendant que ses ouailles se déchaînent en pitreries à ses côtés. Au fond de la scène, un batteur torse-nu fait semblant de s'éclater en tapant avec raffinement sur son instrument (e) Absolument fabuleux !
26 - It's a sin : Le chef d'œuvre mythique de l'éléctro pop (1987) interprété une fois de plus avec parfaite maîtrise dans une version hi-energy nourrie à la vitamine E et introduite par une version courte de So Hard (1990) du plus bel effet, interprétée par les 3 choristes seuls. Un nombre incalculable de pistes sur ce titre qui lui donne une richesse et une épaisseur musicale quasiment inégalée encore à ce jour dans une chanson pop. Le cube ouvert en en épi donne lui aussi tout ce qu'il a dans le ventre, heureusement que le concert se termine, sans quoi il ne resterait plus rien à donner au public (e). Tennant finit la chanson sans micro, exhortant le public à hurler les paroles de la chanson, 'Every place I've ever been, Everywhere I'm going to, It's a sin…'
Il est temps de conclure
Avant qu'une volée de lectrices ne se jettent sur moi, je tiens à vous rappeler que je parle bien sur de cet avis. Vous l'aurez compris, je suis non seulement fan du groupe, mais aussi fan de ce DVD, peut être leur meilleur depuis Performance, si ce n'est le meilleur tout court.
Tout y est, classiques, nouveaux titres, humour, créativité, un vrai régal pour tout fan de musique pop et, ou, électronique. Je vous recommande donc de dépenser les quelques euro qui vous permettront de faire figurer cet incontournable dans votre DVDthéque !