Funboard : sensations XXL aussi pour les filles
17.03.2005 (29.07.2005)
Avantages:
Sensations fortes, communion avec les éléments (vent et eau)
Inconvénients:
saisonalité du sport et ça c'est très frustrant ! ! !
Recommandable:
Oui
 speedcoco
Plus à mon sujet:
Membre depuis:27.04.2004
Avis:12
Cet avis a été évalué par 7 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Je vais vous parler plus spécifiquement du funboard qui est une déclinaison de la planche à voile classique. Je vous vois venir d'ici avec votre hors sujet... Je pourrai vous parler de la planche à voile classique tel qu'on la pratique lorsqu'on débute, de la navigation pépère. Je pense que c'est inutile car les autres avis sur le sujet sont très intéressants et suffisamment complets, donc j'ai pas envie de les paraphraser.
Ceci étant dit, je vais tenter de répondre à cette question qui doit brûler les lèvres de certains : "c'est quoi le funboard par rapport à la planche à voile ?" Donc pour bien comprendre la différence, un peu d'histoire : En 1965, le Californien Jim Drake place sur sa planche de surf un gréement qui peut basculer d'avant en arrière. Il dispose un aileron à l'arrière et une dérive au centre pour assurer la stabilité. La planche à voile est née et déferle sur les côtes européennes près de 10 années plus tard. Facile par petit vent, la planche à voile est nettement plus sportive par des vents de force 4 et plus. A Hawaii, la planche à voile devient Funboard. Les planchistes confirmés recherchent dès lors à améliorer la vitesse et la maniabilité. Les planches muent rapidement. Elles perdent ainsi leur dérive, gagnent en vitesse. Elles sont amputées d'un tiers de leur longueur (3m70 -> 2m50), gagnent en légèreté. Elles reviennent aux formes de leur ancêtres, le surf. Avec de telles qualités pourquoi ne pas sauter les vagues ? Pour contrôler la planche dans les airs, on y ajoute des cale-pieds (footstraps). Pourquoi le Funboard nécessite-t-il au minimum un vent de Force 4 (7 noeuds ou 13 km/h) ? C'est le minimum nécessaire pour que la planche déjauge ; en dessous de cette limite le volume du flotteur n'est pas suffisant pour supporter le planchiste. Cette nécessité incontournable de déjauger pour pratiquer cette discipline est la différence entre planche à voile et Funboard. Qui dit funboard dit aussi harnais : c'est en général une ceinture qui comprend un crochet sur sa partie ventrale, elle permet au funboardeur de s'accrocher à son wishbone. Sont également quasi-indispensables : -La combinaison intégrale ou shorty selon la météo, car même en été quand ça souffle et qu'on est mouillé, ça caille ! -Les gants afin de ne pas s'arracher la peau des mains sur l'antidérapant du wishbone (je conseille les gants qui protègent jusqu'au bout des doigts plutôt que des mitaines : c'est moins "fashion" mais ça protège mieux) -Les chaussons s'avèrent aussi très utiles pour préserver ses petons de l'érosion exercée par les footstraps et pour éviter de glisser sur le pont.
Et voici les grandes disciplines du funboard de compétition: Les Vagues - Waves Les coureurs s'affrontent en duel dans les vagues devant un jury qui note l'exécution sur des critères esthétiques et techniques.
La Formula Windsurfing Son principe est simple : régater sur n'importe quel parcours, dans un vent compris entre 7 et 35 nœuds (12 à 65 km/h), en n'utilisant qu'un seul flotteur et 3 voiles (restriction de matériel). Le Slalom La discipline Slalom n'est plus officielle depuis 2001 ! Le parcours du slalom est mouillé le plus près possible du bord de la plage pour assurer le spectacle. Les coureurs se doivent de donner le maximum de leur vitesse pendant 2 à 3 minutes. Le départ se fait soit à terre, style 24 heures du Mans, soit sur l'eau entre un bateau et une bouée.
Le Free Style À l'intérieur d'une zone d'exhibition proche de la plage, les concurrents s'élancent pour montrer à un jury l'étendue de leur talent. Sauts sur eau plate (speed loop), manœuvres radicales, figures acrobatiques sont enchaînés pour convaincre les juges mais également pour régaler le public tout proche. J'en ai fini pour la partie théorique que je souhaitais exposer - pour être plus exhaustive, je vais peut-être écrire un avis prochainement dans la rubrique voile pour expliquer plus en détail une partie plus technique et néanmoins très utile à propos des différentes allures du vent et des réglages de voiles qui en découlent (valable pour la planche mais aussi pour toute entité flottante munie d'une voile)-
Voici donc maintenant mon expérience personnelle que je démarre par un petit flash back ! Eté 1980 : j'ai 8 ans et je passe mes vacances au bord de l'eau avec ma famille comme tous les ans. J'ai commencé à pratiquer l'optimiste (sorte de dériveur tout petit contenant un enfant) car ma mère a eu la bonne idée de m'inscrire dans une école de voile. Sur ma petite coquille de noix, je tiens fièrement la barre de ma mini-embarcation tout en écoutant les conseils du moniteur. Mon regard s'arrête alors sur des véliplanchistes, je les regarde évoluer avec envie : "moi aussi je veux faire de la planche, j'en ai marre de mon radeau !!". Je tanne donc ma mère qui se renseigne à l'école de voile et là... le couperet tombe : ils ne prennent pas les enfants de moins de 10 ans aux cours de planche !!! Là dessus coup de bol !! Ma mère sympathise à la plage avec une femme qui possède une planche à voile : c'est décidé, je vais plus la lâcher de la saison, adieu les châteaux de sable et vive la glisse ! Elle me prête volontiers son flotteur sur lequel j'exerce très vite mon équilibre. Mais j'en veux beaucoup plus et devant mon insistance et ma détermination, elle ramène avec elle le lendemain sa voile tempête (c'est une toute petite voile adaptée au grands vents et aux enfants) et m'apprend à lever la voile de l'eau avec le poids du corps et à partir. Me voilà donc sur la planche en train de glisser sur l'eau, agripant le wishbone avec mes petites mimines. C'en était fini, me voilà contaminée à vie par ce doux virus ! L'année d'après, j'obtiens une dérogation eu égard à ma grande taille pour mon âge et intègre un stage de planche. Vers l'âge de 16 ans, je me suis tournée vers le funboard. J'ai aujourd'hui 32 ans et cette passion ne m'a jamais quittée. --------------------------------- Quelques conseils pour les personnes motivées par le funboard Où apprendre, où pratiquer ? Dans une école de voile labellisée EFV (école française de voile) ou FFW (fédération française de Windsurf) ou à l'UCPA. Je voudrais juste vous mettre en garde sur le plagiste vaguement véliplanchiste qui va vous proposer des cours de planche). Dans les organismes agréés, vous avez l'assurance de la qualité de l'enseignement dispensé par des moniteurs diplômés qui vous apprendront énormément sur ce sport mais surtout sur les conditions dans lesquelles l'exercer (météo, sécurité etc). Par ailleurs l'UCPA, en plus d'avoir des monos compétents et pédagogues, met à votre disposition un matériel récent et de très bonne qualité. Faudra aussi que j'écrive un avis sur les sports nautiques à l'UCPA, ça s'impose même si, vous avez compris que, question apprentissage, je recommande.
Comment passer du windsurf classique au funboard ? Pré-requis : connaître les allures du vent et les réglages de voile qui en découlent, maîtriser les principes de base de la planche à voile à savoir les principales manoeuvres (empanage, virement de bord) et pour finir être capable par petit temps d'aller où l'on veut avec sa planche (ce qui implique savoir louvoyer c-à-d remonter au vent en tirant des bords successifs en zigzag). Mais en remplissant toutes ces conditions, vous ne pourrez pas d'emblée, vous lancer dans les vagues par vent force 8. Il faut y aller progressivement si on ne veut pas se dégoûter définitivement. On commence par s'habituer à naviguer par vents un peu plus forts que d'habitude. On se familiarisera alors à une position du corps plus penchée vers l'eau et on se déportera progressivement vers l'arrière du flotteur, on améliorera la précision de ses appuis sur la planche qui deviendront plus souples et plus précis. On pourra alors prendre une planche mixte munie d'une dérive mais plus courte que les planches classiques et munies de footstaps (cale-pieds). Puis on apprend le beachstart (ou départ de la plage), là ça devient plus confortable car on n'a plus besoin de tirer pour sortir la voile de l'eau, mais on démarre du bord wishbone en mains (le niveau de l'eau mi-mollets jusque légèrement au dessus des genoux). Ensuite on se muni du harnais et on apprend à s'accorcher au wishbone, à s'en décrocher et à naviguer en maintenant sa voilure avec son poids de corps uniquement (les bras ne sont plus là que pour équilibrer). A ce niveau d'apprentissage vous allez sentir combien nous gagnez en confort dans la navigation ! Puis vous apprenez à chausser/déchausser les footstaps, vous aurez alors la sensation que le flotteur est un prolongement naturel de vos pieds. Une fois à l'aise, vous changez de planche et optez pour une planche de funboard (plus petite, plus légère et sans dérive). Vous apprenez alors le waterstart ou départ dans l'eau (c'est comme le beachstart sauf qu'ici on démarre dans l'eau sans avoir pied, wishbone en mains. C'est la force du vent dans la voile qui vous hisse sur la planche), vous perfectionnez vos virages et commencez à "jiber", vous vous familiarisez avec la prise de care (c'est comme au ski, on appuie avec son pied sur le bord de la planche pour la faire tourner) qui vous permettra de remonter au vent en l'absence de dérive !!! Vous découvrez la navigation au planing (c'est quand la planche déjauge, l'avant se cabre et s'élève légèrement au dessus de la surface de l'eau, seul l'arrière de la planche s'appuie sur l'eau) avec une petite planche. Vous éprouverez alors une sensation de glisse et de vitesse indescriptible qui donne un peu l'impression d'avoir un hydroglisseur sous les pieds ! Ca y est vous êtes entré dans la dimension funboard ! Vous pourrez alors commencer à apprendre des figures et/où à naviguer dans les vagues. Conditions physiques pour la pratique du funboard : et un bon coup de pied aux vieux clichés !!! Il ne faut pas avoir peur de tomber à l'eau !!! On ne se fait jamais mal si on évite de tomber sur le matériel lorsqu'on chute. Il faut de l'équilibre, mais celui-ci se développe avec votre évolution dans ce sport. Un tempéramment sportif mais nul besoin d'être athlète. C'est accessible à un sportif occasionnel qui aura cependant beaucoup plus de courbatures qu'un sportif régulier ! Ne pas souffrir de pathologies graves de dos, articulations etc mais ça c'est valable pour tous les sports ou presque ! Contrairement aux idées reçues, ce sport ne nécessite pas une force exceptionnelle. En effet, ce qui fait la différence, c'est pas la force mais la qualité de ses appuis et le bon réglage de sa voile par rapport à la position du vent (on va plus ou moins ouvrir sa voile afin d'optimiser la force exercée par le vent dans la voilure). Ca nécessite aussi une bonne connaissance et anticipation des éléments comme repérer les risées sur un plan d'eau (endroits où le vent souffle plus fort), anticiper les raffales de vents, les déventes. Donc le windsurf se contrefiche de votre force physique, l'important c'est de naviguer avec sa tête, en anticipant et ensuite avec son corps qui va permettre d'ajuster les appuis afin d'optimiser les réglages corps-voile-flotteur-eau-vent. Si vous naviguez comme un bourrin en tirant comme un malade sur votre wishbone et en poussant très brusquement sur vos jambes, vous passerez plus de temps "au bouillon" que sur votre planche". Une planche de funbord, ça se manie en douceur et souplesse tout en restant assez ferme : "une main de fer dans un gant de velour, en somme..."
!!! Avis aux filles !!! Comme ce sport ne nécessite pas une force herculéenne, alors il vous est forcément accessible. Si vous franchissez le pas en intégrant un stage de funbord vous verrez que face à vos co-stagiaires qui seront masculins à 90% vous êtes loin de démériter. J'en veux pour exemple que je pratique cette activité sans avoir un physique de body-buildeuse (1m70 pour 58kg). Il m'est d'ailleurs arrivé de mettre une raclée à un gars qui m'avait défié en me disant alors que je ne lui avais rien demandé : "tu es meilleure que moi en technique mais je suis sûr qu'à la course je t'écrase". Manque de bol pour lui, le chemin le plus rapide en mer n'est pas forcément la ligne droite. je me suis donc légèrement déportée de la ligne droite "point de départ - point d'arrivée" pour opter pour une trajectoire plus ventée (la force du vent en chaque point du plan d'eau se lit sur les vagues) et plus favorable en terme de courant (se lit aussi sur l'eau et dans le relief de la côte). Bref bien qu'il pompait avec ses bras comme un taré sur son wishbone, suis arrivée avant lui et surtout beaucoup plus fraiche que lui (j'ai pas eu besoin de beaucoup pomper !) A noter aussi, la grande majorité des funboardeurs sont des hommes en général très cool, pacifistes, ils sont aussi assez peu machos, et plus attachés aux sensations et à la beauté du geste technique et des figures qu'aux performances physiques. Donc en tant que fille, vous serez toujours bien accueillie par ces indiens (le terme n'est pas péjoratif au contraire ! je m'en expliquerai plus loin) une fois l'étonnement de voir un squaw sur leur "spot" passé. La culture et la philosophie du funboard Elle est fortement imprégnée des mêmes valeurs que celles des surfeurs et des "voileux" : goût pour la liberté, proximité avec Dame Nature, esprit d'entraide (car quand face aux éléments un être humain seul n'est absolument rien) et égalitaire. le stéréotype du funboardeur est le suivant : tout d'abord, il est cool, très cool et souriant. très proche de la nature il est capable de percevoir les signe avant-coureurs des changements de temps tout comme les indiens d'amérique qui observaient énormément la nature et les éléments en exploitant le meilleur de ceux-ci tout en les respectant. Il portent les cheveux longs (d'où la comparaison aux américains emplumés) parfois lockés façon Bob Marley même s'il est blond. Sa peau est tannée par le soleil (comme les peaux-rouges), et une légende voudrait qu'il fume parfois du chanvre "indien" ?
Trève de blagues j'ai pas encore parlé de quelque chose d'essentiel : les conditions de sécurité qui me sont pourtant si chères. 1 ) ne jamais partir seul, même si on maîtrise comme une bête. Car même si vous pensez avoir apprivoisé Eole et Neptune, sachez que ce n'est pas le cas. Plus prosaïquement, une crampe toute bête peut vous conduire à la noyade comme dans tous les sports nautiques d'ailleurs. C'est une activité qui se pratique encadrée si possible avec surveillance et bateau à moteur. 2 ) Ne pas bâcler le montage de la voile et du matériel, soignez les noeuds pour qu'ils tiennent tout en étant facilement dénouables lorsqu'ils sont mouillés. En effet, en cas de difficulté sur l'eau (on dérive très vite en mer), vous devez impérativement pouvoir démonter intégralement la voilure rapidement dans un endroit où vous n'avez pas pieds, plier la voile, placer le mat + wishbone sur la planche et ramer pour éviter d'être embarqué par le courant 3) respecter les baigneurs et faites-vous respecter par eux N'utilisez que le chenal ou le spot réservé à la voile et aux bateaux. si vous vous faites embarqué dans une zone de baignade, posez le mat à l'eau et revenez dans votre zone à pieds ou en ramant sur votre planche. Le planchiste est très dangereux pour le baigneur : chute violente du mat, aileron tranchant comme une lame de razoir lorsque la planche navigue vite... Par ailleurs, n'hésitez pas à virer les baigneurs des zones qui leur sont interdites. Ainsi, ivre de vent, d'eau salé et de liberté, vous rangez et lavez le matériel à l'eau douce avec une seule préoccupation, la météo du lendemain : "j'espère que ça va souffler, que je pourai tirer des bords comme un goret sous corticoïdes";. Et jusqu'au coucher, vous vérifierez périodiquement que le vent n'a pas tourné, car comme tous les funboardeurs, vous n'aimez pas trop la brise thermique ;-D Alors cet été n'hésitez plus, osez donc faire "fumer l'aileron"*** ***(j'ai omis de dire dans la partie culture que le funboard a son propre vocabulaire ; faire fumer l'aileron signifie naviguer très vite au planing, car il n'y a quasiment plus que l'aileron qui est en contact avec l'eau
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26.08.2005 16:17
oui, une discipline qui a l air assez fantastique !
17.05.2005 20:21
très intéressant, même si c'est clair : c'est pas pour moi !
21.03.2005 17:42
ouah j'attend mes prochains congés avec impatience moi ... Merci de m'avoir remis l'eau a la bouche.. a+