Comme un rêve infidèle à toute volonté,
L'Amour à tirant d'ailes un jour s'est envolé
Sur les parois de sel en son cœur abîmé
Etirant sur son Elle un vent de liberté…
Anamor caressait depuis la nuit des temps
L'espoir universel de la reconquérir,
Paré d'un violoncelle, s'apprêtant à mourir,
Il se mit à marcher, dans les affres du vent…Epuisé par l'absence il se posa un jour
A l'ombre d'un vieux hêtre qui parlait au ciel,
Elle existait peut-être, Anafée de toujours,
Savait-elle en silence qu'il n'était qu'amour…
Les feuilles caressaient la nature invisible
Des membres de son Être paré d'invincible,
Il serait tout pour Elle, Elle serait tout pour lui,
Refermant ses paupières, il s'offrit à la nuit…Les étoiles chantaient en ce soir éclatant,
Et les roses valsaient sous le soleil flottant,
Les bougies pavoisaient d'une flamme éternelle,
Il la rêvait si haut, il la voulait si Belle…
Un oiseau se posa sur son âme endormie,
Lui insufflant vaillance aux marches de l'oubli,
Il la verrait vieillir, malgré son incroyance,
Fallut il simplement qu'il s'arme de patience…Anafée se cachait, là-haut sur la colline,
Assise sur le mur de son plus beau rempart,
Perdue dans ses pensées, elle songeait, clandestine,
Que l'amour ne pouvait naître d'un seul hasard…
Il serait son printemps, elle serait son hégire,
Il serait son royaume et son plus bel empire,
Ils n'attendaient plus rien, oubliée par les siècles,
Des siècles de soupirs qui ne s'attendent plus…Lorsque sonna minuit, au cœur de février,
Elle quitta son dédale pour l'éternité,
Vêtue d'un rien fidèle et d'un drap de soie blanche,
Elle refoula ses peurs et partit en silence
Vers cet amour étrange qu'elle voulait immortel…
Perdue dans le brouillard,
La nymphe se pencha
Sur un oiseau blessé,
Et d'un geste blafard
Le posa sur ses mains
Pour tuer son chagrin…« Je ne peux te soigner,
Petit être fragile,
Où est ta destinée,
Montre-moi ton exil
Et je te sauverai… »
-Je rêve d'un vieux hêtre
Et d'une branche tendre
Pour porter mon être… »Anafée cœur de cendres
Se mit à galoper
Dans la nuit esseulée…
Affolée par la nuit,
Elle se posa sans bruit
Sous un vieil arbre mort…Et l'oiseau s'envola…
A l'aube chancelante
Elle aperçut une ombre
Gisant dans la pénombre
D'un vieux sous bois en pleurs…Il l'avait attendu…
Il la prit dans ses bras,
Et murmura tout bas
« Anafée, mon Empire »…Et d'un tendre regard,
Elle fredonna sans voix
« Anamour, mon Hégire »…
Dans l'infini des temps,
Ils sèmeraient mille ans
Le bleu de leur Amour
D'une valse à mille Tant…Il n'est point de hasard
En cette humanité…
Si vous cherchez l'Amour,
Il se trouve peut-être
Aux racines d'un hêtre
Dans les bras de Morphée...
Mille et une tendresses à tous…
Ne L'oubliez pas…Tendresses...
15.02.2009 01:55
"Anamor caressait depuis la nuit des temps L'espoir universel de la reconquérir, Paré d'un violoncelle, s'apprêtant à mourir, Il se mit à marcher, dans les affres du vent…" Ce passage est tout simplement exceptionnel, j'ai imaginé la scène de tout en tout que tu as créé de ces quelques mots... Il y avait bien longtemps que je n'étais pas passé par ici, je suis pas déçu !
28.06.2008 15:26
Oh que c'est beau toutes ces notes et mots de velours pour tant de tendresse et d'amour !!!
03.04.2008 16:58
je n'ai plus de mot pour décrire tellement c'est merveilleux