...à tous mes coeurs
à ceux qui le savent déjà
à ceux qui le sauront
parce que la solitude singulière
devrait s'écrire au puriel
.☆*´¨)Ômbre
Le soir, l'image du firmament
s'étire et s'étend sous mes pieds,
se tord et s'allonge au couchant...
de l'échaffaud, étale le trépied.
Et que la forme svelte de l'ébène
s'étouffe et se dilue au crépuscule
disparaît vers où se lève le soleil
étirant ses ailes fines de libellule.
Le midi au zénith, rive son clou,
cache le fantôme sous les semelles,
timide, peureux, effrayé de l'aplomb
de l'astre rayonnant dans le ciel.
Ômbre...
Mon amie raccourcie,
petite
obscure,
en boule ramassée,
attend son heure...
le moment de la journée
où elle tentera de s'enfuir
devinant déjà
qu'elle est à tout jamais retenue,
pendue à son fil
...à moins qu'en sautant, elle puisse s'évader,
quelques secondes, quelques instants,
d'un temps volé de liberté subtilisée
aux lois défendant les règles exigeantes
d'une sévère gravité
Ômbre...
...Et si la lumière n'existait...
finalement que pour me dessiner une ombre...
que pour m'animer d'un espoir de pénombre. Un espoir qui me vêtirait dans la froide solitude...
barbouillerait les murs d'une bande dessinée
où de grotesques personnages emmêlés,
des héros d'apparat, des silhouettes bâclées,
à gesticuler, à sauter, à danser pêle-mêle,
s'évertuant par la seule volonté
de ses folles arabesques estompées.
traçant d'un trait léger mon corps familier, balayant la pierre,
crissant sur le sable,
fuyant au sol,
glissant par terre,
se coulant et rampant sur le banc,
se dissolvant dans l'herbe sous la lune,
courant après mes pas d'une allure identique...
enjambant avec ses pas de moulin
d'inexistantes haies posées au loin.poussant ses membres à l'horizon
en révérence vers son point de fuite
tordant le corps et sa raison
jetant au styx mon âme à sa suite
comme si elle ne pouvait plus me quitter,
viscérale à moi,
attachée,
me dessinant une couronne de laurier
en projetant mes cheveux emmêlés
et me faisant un pied de nez
lorsqu'à la figure je porte mes doigts écartésEt cette ombre,
crêpe noir de mon être
brassard sur mon âme
tache sombre
de l'existence en berneéternel fantôme de suie,
aux bras écartelés
ballants
pendus à mon corps décharné
tu m'aimais
parce que tu étais mon ombre
tu me ressemblaiset je n'étais que l'imparfait pochoir entre le soleil et toi
un masque
un empêcheur de lumière
un cache
une punition de clartétu es ma pluie
je suis le sol détrempé quand elle est terminée
lorsque les nuages ont remballé leurs seaux de nuées
et qu'ils sont partis
je suis
l'ennui
qui git au fond des flaques évaporéesje suis
la boue
qui retient encore l'humiditérenonçant à l'eau
commençant à craqueler
sa terre en lambeaux,son sol desséché.
☯ 10p0tc6li
23.06.2008 23:30
Bonsoir, je passe te lire et te remercier de ton passage sur mon avis ainsi que de ta bienvenue ;) J ai choisi cet avis pour te lire parce que j aime particulièrement la poésie.. et tes lignes sont très jolies.. supers photos d ombres également :) Bonne soirée ! biz
29.01.2008 10:02
Cette clarté obscure qui descend sur mon esprit à chaque mot que je lis... Merci!
18.01.2008 00:02
l'ombre et la lumière... les jeux de moire dans les yeux de l'autre la mélancolie qui voile le soleil ... j'aime tout ça....