Recette française

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wonderbra is wunderbar.

5  24.07.2005

Avantages:
c'est du francais

Inconvénients:
c'est une recette parfois écoeurante .

Recommandable: Oui 

DegueulMan

Plus à mon sujet: du 25/07 au 02/08 j'ai un trou de bal énorme... tant pis.

Membre depuis:13.07.2005

Avis:3

Lecteurs satisfaits:1

Cette recette a été évaluée par 6 membres de Ciao en moyenne: très intéressante

Je trouve quand même incroyable de devoir s'offusquer à une heure du matin, mais je n'en dors pas. Alors.
Du coup je me retrouve devant mon écran en écoutant la voisine de l'autre côté de la cour gémir comme une furieuse sous ce qui parait être les coups de butoir d'un mari zélé. Elle crie plutôt pas mal la coquine vu que la susdite cour fait quand même facilement 500 mètres carrés et que nous sommes à l'opposé. Voila a peu près à quoi se résume l'amour dans l'intimité. « hmpf oh oh oh oooh oui oh oh hmmmpf OUIIII. ». Ca ne va pas m'empêcher de m'offusquer moi je vous le dit.
Ce qui m'offusque, c'est le paradoxe. Quand vous lisez ou écoutez des histoires ou vous vous dîtes vraiment, pas un peu ou à peu près, mais vraiment « ce gars est en train de raconter ma vie et ce que j'ai dans la tête !!! » ça offusque. D'abord je ne peux que me dire, mais mon vieux Jean Louis, finalement, sous couvert de tes envies de marginalité, tu as une vie et une psychologie foutrement banale. Tu n'as rien d'unique. C'est assez vexant pour arrêter l'effondrement dans la lourde noirceur du sommeil profond. Et puis viens l'orgueil, vexé lui aussi qui en re tartine une couche en se disant que finalement, j'ai une vie et une psychologie de héros de roman lu a des milliers d'exemplaire ou vendu a des millions en format musical. Comment s'endormir en se disant qu'on fait rêver des millions de gens parce qu'on est tout à fait semblable aux autres et que si je décidais de me décrire ce serait une pale et minable redite ? Sacré paradoxe, mais bon. Le pire, c'est que ces mecs m'écrivent, mais en plus avec du talent ! Chose que, vous le sauriez si vous viviez dans moi, je recherche avec impatience et acharnement.
Mais je me dis que j'ai bien choisi ma voie, et que la réponse à mes questions et le pansement de mes souffrances se trouve là. Puisque j'ai une trop grande gueule, plutôt que de m'entendre répondre trop fréquemment, « ferme la deux minutes on n'en peut plus » autant raconter la même chose, mais en une seule fois, et à tout le monde. Ca évite les redites.
Je ne sais pas comment vous êtes vous, mais moi apparemment je suis bizarre. (Je privilégie le terme artiste pour parler de moi mais c'est pompeux et d'aucun me trouvent simplement bizarre.) Le bizarre c'est quoi ? C'est de penser des trucs, tout le temps, sans s'arrêter, et de ne pas pouvoir s'empêcher de les dire au risque de se les raconter soi même. Vous savez (oui vous le savez, je sais que vous le savez vous là) un couple, que ce soit 10 ans, ou un an pour les plus malchanceux, finit par se confondre dans l'ennui à force de se ressasser les mêmes salades tous les jours. L'habitude rend le discours plat, comme s'il érodait la tempe et la rendait lisse à toute discussion. Ben un gens bizarre, il est pareil, somme toute. A force de passer ses nuits à se raconter des trucs avant de s'endormir (ce qui fait que du coup il met des heures à s'endormir, finit par devenir nocturne et donc alcoolique) il finit par ne plus entendre ses propres histoires et devient frustré d'avoir envie de divorcer de lui-même. Ca peut aller très loin, mais dans la majorité ça rend juste aigri et peu apte à affronter la vie avec le sourire. Pour autant le bizarre s'aime, et aimerait bien passer du temps avec un bizarre, mais pas avec lui-même, il se connaît trop. Logique.
Par exemple, pas plus tard qu'hier à 5h30 du matin, mes amis n'avaient de cesse de me répéter dans la voiture « Jean Louis… TA GUEULE ». Mais en rigolant. Certes ils n'en pouvaient plus, mais ça les faisait marrer. Ce petit rire doucement partagé entre la joie d'entendre des inepties un peu originales, et la saturation d'entendre une voix sortir des absurdités indigestes. Moi c'est juste que j'avais entendu (vers 03h30) « Schlumschlart » (je n'ai pas très bien l'orthographe de ce mot parce que je ne parle pas du tout allemand) dans la chanson qui passait, et qu'à 5h30 du matin, je n'avais pas terminé la conclusion de mon énorme théorie sur la définition de ce mot. Mais que voulez vous. Moi ça m'interpelle. J'entends schlumschlart, je ne comprends pas, ce mot résonne dans mes oreilles puis vient frapper mon imagination. Alors il faut bien que j'en fasse quelque chose, je ne vais pas le laisser s'évanouir comme si j'étais un malpropre de la pensée. (Ne cherchez pas ce mot dans vos dictionnaires franco-allemand, il m'arrive aussi parfois de comprendre certaines sonorités de travers et de les travailler selon mes goûts propres.) (Parce que oui, l'oreille comme la bouche, a du goût, du nez et du palais. C'est du moins ce que je pense.)) Et bien peut être que oui, trois heures, sans le moindre silence, à entendre une théorie fumeuse sur le schlumschlart, est une rude épreuve qui soûle au point d'envoyer trois heures de « ta gueule jean louis. Mais tu ne t'arrêtes jamais ? » Nonobstant, j'aurais pété un plomb de me garder ça pour moi tout seul. Parce que ce n'est pas parce que je n'en parle pas que je n'y pense pas… au schlumschlart. Surtout qu'au même moment mon cerveau étrange essayait d'imaginer le chanteur manger du basmati au papayou à Moscou. (Je vous ai dit que je ne parlais pas allemand, il faut bien que j'essaye de traduire les bribes de sonorités que j'entends.) Et ces scènes (mythiques d'ailleurs, je vous conseille parfois de vous connecter à mon imagination, il y a des scènes d'anthologie à l'intérieur) il faut bien que je les fasse partager pour vérifier leur possible réalisme. En plus, le gens bizarre ne partage pas ses pensées avec le tout venant. Il le fait avec les gens qu'ils aime, pour leur prouver qu'il les aime, et parce que l'amour donne envie de se montrer nu et de s'offrir (toujours nu) à ou aux autres. C'est d'ailleurs bien pour ça que ça fait longtemps qu'on baise à poil et non plus en doudoune. C'est l'amour. Quelqu'un qui a une doudoune dans la rue (sauf s'il est collégien bien sur) aux bras d'un ou d'une autre, sachez qu'il ne l'aime pas, et que ce couple risque de s'effondrer sous peu.

J'ai longtemps étudié le bizarre du coup, pour tâcher d'en comprendre les rouages. Et l'explication la plus simple et la plus vraisemblable serait que le bizarre est un amoureux de la langue et de la communication. Pas celle vite fait de gens civilisés. Pas la platitude notoire des couples normaux ou des amis de longues dates ou encore des collègues de bureau, non. Loin de là. On parle là de l'essence même de la communication et du langage. Son intrinsèque définition. La plupart du temps, si le bizarre utilise cette passion a des fins élargies, usant d'instruments (plumes, instruments à musique, micro, pancartes, crayons etc.) on l'appellera artiste. Poète ou peintre ou chanteur à texte par exemple. En revanche, quand le bizarre n'a pas vocation, dans l'instant ou il communique, à pourvoir une quelconque forme d'art, il sera mal compris, voire totalement incompris et donc maudit d'entre les maudits.
Ce qui m'amène a une conclusion formidablement bien sentie. Pour voir ou entendre de l'art, il faut se mettre en condition d'en recevoir. Aimer ou ne pas aimer est simplement une question d'ouverture et de moment, de bonne disposition ou pas. (Malheureusement, l'orgueil commun a tous fait qu'on revient rarement sur la décision de ses propres goûts, quand bien même on se serait trompé à cause d'une erreur d'appréciation due a une humeur particulière en temps voulu. Mais c'est une autre histoire.)
Le bizarre a le mot juste quand il ne fabule pas sur le schlamschurt. Et le mot juste appelle néanmoins le « tu vas fermer ta gueule jusqu'à ce qu'on descende du bus s'il te plait. Essaye de faire ça pour moi merci. » Parce qu'il est compris en tant qu'œuvre artistique et non en tant que simple mot juste. Nous sommes trop habitués à la généralité et à l'a peu près pour goûter avec plaisir aux joies de la justesse. Pour vous donner un exemple, moi quand je suis amoureux, et que je touche le corps de l'être aimé (que ce soit simplement prendre la main dans la rue, ou passer un doigt dans le cheveux) je jouis de la main. J'ai longuement réfléchis à ça, je l'ai pensé, repensé, j'ai fait des tests, des essais, j'ai noté, et j'en suis arrivé à cette conclusion parfaite que j'avais des orgasmes des doigts. J'aurais très bien pu lui dire « Françoise, j'aime te toucher. Ou alors, j'aime te sentir contre moi, ou bien n'importe quelle banalité totalement compressée, résumée, vaguement retranscrite) mais non. Je m'arrête de marcher, je la regarde dans les yeux et je lui dis tout de go, « Françoise, tu me fais jouir des doigts. » Et alors là c'est l'hécatombe. Soit elle tombe amoureuse folle de la bizarrerie à laquelle elle est confrontée. (Enfin un poète, enfin quelqu'un de pas banal…etc.) Ou bien elle se lasse d'entendre des inepties et se lance dans un grand « tu peux pas te taire deux minutes ? Ou parler comme tout le monde ? » Et pourtant, je n'ai fait que dire ce que tout le monde ressent, mais je l'ai dit avec les vrais mots définissant réellement le sentiment qui sur le coup m'incombe entre les doigts. Mes doigts, comme ceux de tous les amoureux j'imagine, jouissent. Certes ils n'éjaculent pas hein, ni ne se dilatent (bien qu'ils deviennent un peu moites) mais jouir ce n'est pas seulement ça.
Le bizarre se sent donc une obligation perpétuelle de définir parfaitement ce que la majorité met du cœur à généraliser en étiolant totalement la pureté de la chose. Vous arrivez la première fois chez l'être aimé, tout excité, plein d'une envie furieuse, vous dites quoi vous une fois passée la porte ? Ben moi je dis « tiens, dans mon idée c'était du parquet dans ton appart', pas du carrelage. » Je trouve que ça a un certain chic, un flegme tout britannique inhérente à la GRANDE et VRAIE nature humaine que de dire publiquement ce qu'on pense, même si ça à l'air bien anodin.
Il m'est arrivé, pour poursuivre ma quête d'exemple, de me retrouver face un militaire en pré retraite, fanatique d'astrologie, à parler d'éclipse de lune pendant une heure, en n'ayant qu'une seule envie, sa fille dont il était le seul rempart sur le canapé. Et bien pendant cette heure que la dite fille a trouvé éternellement long, puisqu'elle ne voyait pas la poésie même du désir de parfaire la communication, quel que soit le sujet, je me suis moi excellemment amusé. Je n'ai rien retenu de ce qu'il me racontait, photos à l'appui. Je ne me souviens pas d'un traître mot de ce qu'il m'a expliqué, pourtant je pourrais refaire mot à mot mes réponses et mes questions. Parce qu'empreintes de pureté et de profondeur, mon discours était une telle recherche scientifique de la vérité, que je m'en souviens comme d'une équation trouvée par un scientifique dans son laboratoire. Cette même équation qui est pour lui le résultat de longues années de recherche, qui va lui permettre d'avancer dans ses dites recherches, il ne l'oubliera pas de si tôt. Et bien pour le bizarre, communiquer, et penser la vie, c'est la même chose.
Pour en revenir à ma musique allemande. « We're all living in America, Coca cola is vunderbar." Dans ma tête, et donc pendant plusieurs très longues minutes, dans la tête de mes amis forcément, vunderbar ressemble étrangement à wonderbra. Et les wonderbra mine de rien sont assez vunderbar. Wonderbra… Vunderbar… Et bien moi ça suffit à me réjouir, pas besoin d'une théorie fumeuse la dessus, je suis content comme ça, à le répéter à tue tête sur plusieurs kilomètres… WONDERBRA IS VUNDERBAR.

En fait, je crois que tout bêtement, l'artiste, ou le bizarre si vous préférez, est nocif quand il a trop tendance à se répéter. Mais comme un enfant qui découvre un jouet et ne l'abandonnera qu'une fois fait le tour complet des possibilités d'imagination du jouet en question, le bizarre ne se contente pas d'accumuler des idées, des questions, et des théories et de les laisser s'endormir sans en avoir fait le tour complet, même s'il faut pour ça passer par des chemins qui franchissent, de loin, les frontière de la non absurdité.
Grâce à ça, en Allemagne je suis a peu près certain de faire mon petit effet en chantant dans un bar « wonderbra is vundeurbar » ou bien au japon de m'écrier « oppai ippai »…
C'est mignon oppai ippai. Ca ne veut syntaxiquement absolument rien dire, mais symboliquement c'est sublime. Oppai veut dire poitrine, sein, nichon, loche, ploplo, et ippai veut dire beaucoup, trop, ça suffit, j'en peux plus. Le plus souvent ippai est utilisé en fin de repas. « Je vous ressert ? » « iie, ippai » (merci j'ai plus faim, ce serait de trop) Pour moi, et pour tout bizarre qui se respecte, la consonance résonnant dans les oreilles du « oppai ippai » est un véritable trésor de poésie qui offre à l'imagination des multitudes d'images. Pour le japonais normal, non bizarre, ça lui offre juste un fou rire d'incompréhension totale. Allez savoir…

De la même façon que je lis trois pages d'un bouquin, et qu'il me faut 4 pages word de ce que vous pourrez penser être une ineptie, pour pouvoir m'endormir. Parce que ces 4 pages word la, aussi inintéressantes soient elles, aussi décousues soient elles, reflètent parfaitement (toujours ce besoin d'exactitude de la définition du sentiment) ce qui me courrait dans la tête alors que je tâchais de m'endormir. Et la, personne ne pourra me dire ta gueule. Juste vous ne lirez pas jusqu'au bout.
Ca vous arrange, vous n'avez pas à me frapper, ou me menacer de sortir du bus au prochain arrêt, et moi ça m'arrange, parce que je vais pouvoir m'endormir plus vite.

En vous remerciant bonsoir.


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Commentaires sur cette recette
carlino

carlino

19.04.2007 11:55

trés compact merci de t'être raconter

Zatoichi

Zatoichi

22.08.2005 15:34

degueulman c trop long et moi j'ai trop sommeil... t encore au café en bas de chez toi ?

feline79

feline79

01.08.2005 14:29

un bon avis mais tu aurai dû l'aérer un peu car c'est un peu lourd à lire

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