L'évaluation de l'auteur:
| Avantages: |
De bon acteurs, de bon dialogues |
| Inconvénients: |
Un manque de souffle, des effets spéciaux catastrophiques . |
| Recommandation pour les acheteurs potentiels? |
oui |
Je profite de mes derniers instants de répits avant de commencer dès demain une semaine de travail aux alentours de 70 heures (il faut ce qu'il faut). Alors hier soir, une petit soirée barbecue sur la plage avec quelques amis (sympa sauf les moustiques) et aujourd'hui j'en profite pour pondre un nouvel avis. Après ma sortie musique d'hier, je retourne à mon classique ciné avec mon interminable cycle Gabin. Je vais vous parler aujourd'hui d'un film de 1939, « Remorques ».
*** HISTOIRE ***
André Laurent est le capitaine du Cyclope un bateau remorqueur dont la mission est de sauver les navires en perdition en pleine mer et de les ramener à bon port en pleine tempête. C'est un homme droit et fier qui est respecté de tous ses hommes et adoré de son épouse Yvonne à laquelle il est marié depuis plus de 10 ans. De mariage, il est justement question ce soir-là, puisque Poubennec, l'un de ses marin fête sa noce en présence de tous l'équipage mais l'orage gronde et ils sont rapidement appelé en plein milieu de la fête pour prêter assistance au Mirva.
André quitte donc sa femme en proie à une nouvelle angoisse sans se rendre compte que cela la rend de plus en plus malade. Elle ne sait pourtant pas qu'un danger bien plus grand que la tempête l'attend en plein milieu de la mer.
Le Mirva est commandé par Marc, un capitaine contrebandier et une racaille qui méprise la vie de son équipage et entraîne sa jeune épouse Catherine dans ses folies à tel point que celle-ci préfère affronter la mer en furie sur une frêle canote que de rester sur le même navire que lui. C'est en récupérant cette canote qu'André rencontrera Catherine pour la première fois sans se douter qu'elle va le conduire sur les chemins d'une passion qui lui fera oublier tous ses devoirs.
*** DISTRIBUTION ***
Réalisateur : Jean Grémillon.
Scénario et dialogue : Jacques Prévert.
Michèle Morgan : Catherine, la femme de Marc
Jean Gabin : André Laurent, capitaine du remorqueur
Madeleine Renaud : Yvonne, la femme d'André
Fernand Ledoux : Kerlo, le bosco
Charles Blavette : Gabriel Tanguy
Jean Marchat : Marc, capitaine du "Mirva"
Nane Germon : Renée Tanguy
Anne Laurens : Marie Poubennec
Raymone : La bonne de l'hôtel
Marcel Duhamel : M. Poubennec
Jean Dasté : Le radio
Henri Poupon : Le docteur Molette
Léonce Corne : Un invité à la noce
René Bergeron : Georges, le radio du "Mirva"
*** AVIS ***
« Remorques » marquait la reformation à l'écran du couple mythique de « Quai des brumes », tourné en 1938, Gabin - Morgan d'autant plus sensibles que de nouveau le scénario et les dialogues de ce film sont signés par Jacques Prévert d'ailleurs l'auteur fait un clin d'œil à « Quai des brumes » au début du film quand Gabin dansant avec la jeune mariée déclare juste avant de la rendre à son époux : « elle a de beaux yeux ». Cependant cette fois-ci, on s'éloigne du monde dramatique absolu et glauque de ce précédent. André, le capitaine du Cyclope est aussi sûr de lui que Jean le déserteur était ravagé par ses doutes et sa douleur. C'est un capitaine et un meneur d'homme à l'opposé des personnages campés habituellement par l'acteur à cette époque.
En contrepoids, le personnage d'Yvonne représente la femme soumise détruite par son rôle. Par ce personnage, le réalisateur stigmatise ainsi la vie des épouses de marins qui doivent constamment partager leur mari avec, la mer, une maîtresse bien envahissante.
Mais à ce petit jeu arrive une nouvelle femme qui instille dans ce couple une dose de passion. Catherine, jouée par Michèle Morgan, est devenue l'ennemie de son époux Marc qui est l'exact opposé d'André et à ce petit jeu ils vont tous s'y bruler les ailes car si Yvonne ne peut pas lutter contre la beauté de Catherine, cette dernière ne peut rien contre le sens du devoir d'André et finalement ils vont tous se perdre dans cette relation à trois.
Cependant, la force dramatique n'est pas aussi grande que les autres associations Gabin - Prévert (« Quai des brumes » et « Le jour se lève »). La réalisation me semble parfois un peu décousue avec quelques incohérences dans l'enchaînement des événements et il manque ce souffle supplémentaire des drames. Il reste la prestation des acteurs et surtout celle de Michèle Morgan qui excelle dans ce personnage de femme à la croisée des chemins, en proie à la rage et au désespoir en face de Marc mais aussi à la passion et à une certaine résignation amoureuse en ce qui concerne André. La palette des sentiments jouée par la jeune actrice (à l'époque) est d'une grande largesse.
Pour le reste, il y a aussi ces scènes de tempêtes qui même pour l'époque apparaissent d'un ridicule affligeant avec ces petits bateaux miniatures visiblement aspergés d'eau dans une petite bassine. On est loin du « En pleine tempête » (avec George Clooney) et autres films de notre époque et même du « Tunnel », film contemporain d'un autre genre mais dont les effets spéciaux (terme peu approprié cependant) étaient quand même plus convaincants.
*** CONCLUSION ***
Un bon drame des années 30 servi par une bonne distribution et de bons dialogues mais qui n'atteint pas les sommets des plus grands chefs d'œuvre de cette époque avec une mention spéciale pour Michèle Morgan.