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Cet avis a été évalué par 17 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Chaque été, lorsque je suis à Hossegor, je me réserve une ou deux soirées à Saint-Sébastien.
Saint-Sébastien, station balnéaire du Pays Basque espagnol, Donostia pour les basques, San-Se pour les intimes, à quelques kilomètres à peine de la frontière, ville plongeant dans l'Atlantique par la grace d'une baie majestueuse, la Concha. Depuis plus de dix ans, j'y "fais les tapas". Et, comme en dix ans, j'ai converti bien du monde à cette soirée typiquement espagnole, cette année, nous étions 25 ! Pour éviter de prendre 5 voitures (et donc de prendre 5 fois le risque d'un accident dans la grosse heure d'autoroute au retour... avec quelques grammes d'alcool dans le sang...), nous avons loué un mini-bus. 1.900 FF pour 25 personnes, avouez qu'on aurait eu tort de se priver.
Après un trajet déjà joyeux ponctué d'un arrêt au bureau de change (pour la dernière année) où chacun met 300 FF dans la caisse commune (payant ainsi le car et toutes les consommations de la soirée), nous arrivons à 18h30 à San Se, pour le traditionnel paseo sur la Concha, c'est à dire une petite ballade destinée à admirer la magnificence de la baie surplombée par la colline et sa vierge (que j'ai longtemps prise pour un Christ... surtout la nuit après quelques verres !). Après cette courte marche qui nous a ouvert l'appétit, destination le vieux centre ville : des dizaines de petites rues pavées et piétonnes qui forment un savant labyrinthe autour de la plaza de toros et des charmantes églises. Ce centre-ville historique a été parfaitement rénové et entretenu : les balcons à encorbellements, les volets peints, les enseignes des échoppes vous transportent dans une Espagne passée et pourtant très vivante. Dans ces rues, nous croisons des espagnols à l'heure de l'apéritif, des touristes français ou de toute nationalité gagnés par le dépaysement. La plupart déambulent, ou discutent devant les cafés avec un verre à la main. L'ambaince est chaleureuse et nous discutons avec plusieurs groupes.
Et nous commençons le rituel des dégustations, passant d'un bar à l'autre pour savourer leur spécialité : au Tamboril sous les arcades de la plaza de toros, nous tachons les serviettes avec des anchois à l'huile délicatement parfumés et nous nous brûlons les doigts avec des croquettes de fromage au jambon. A l'Itxarra, sous un plafond de jambons odorants, le jamon pata negra beliota (un cochon sauvage élevé exclusivement aux glands de chêne) fond sur la langue en y laissant une saveur presque sucrée. A l'Euskadi, la tortilla entre pan (omelette aux pommes de terre servie sur une tranche de pain) nous cale l'estomac et chacun s'interroge : quelle est donc la recette de ce plat tout simple pour qu'il soit si merveilleux ? A la Cepa, nous finissons par les plats chauds : Calamars à l'encre pour les connaisseurs non rebutés par l'aspect de ragouniasse noirâtre de ce plat délectable, calamars frits pour les plus frileux, les deux cuisinés devant nous derrière le comptoir. Ceux qui ont encore faim picorent des bocadillos, ces mini-sadwiches aux mille recettes, des mini-brochettes qui allient audacieusement poulpe et jambon, langoustines et poivrons marinés et qui, placés en évidence sur les comptoirs, nous mettent l'eau à la bouche.
Et, dans chaque bar, pour accompagner le plat, chacun boit un ou plusieurs verres de rosé (dire clarete) servi dans les petits verres plats et larges propres aux tapas.
Après le repas en promenade, vient le pousse-café : dans un bar auprès de l'église, nous nous réchauffons (en est-il vraiment besoin ?...) avec un Carajillo, café brûlé au cognac dont la simple préparation est déjà tout un poême. Pendant que l'expresso se prépare, le serveur verse un fond de cognac sur 2 morceaux de sucre qu'il fait dissoudre consciencieusement d'une cuillère délicate et experte. Puis il allume le cognac sucré qui réduit de moitié avant d'être éteint par le café. Un délice... mais qui cogne violemment sur le crane dès le deuxième (dès le premier pour être honnête). Pour se remettre de ce coup de massue, nous dansons là sur des rythmes de samba, de salsa et de rock, attirants des espagnols qui nous rejoignent dans cette fête improvisée. Il est deux heures, le bar ferme. Pas envie de retourner au car pour autant... Alors, après un foot autour d'une canette de bière sur une place, nous rejoignons le Musée du Whisky. Un ami se met au piano, une copine prend le tambourin et nous créons un mini-concert cacophonique tout en sirotant un whisky grand cru pour les amateurs ou un gin-orange pressée pour les accrocs à la vitamine. Le temps passe vite. Il est 5 heures et temps de reprendre la route. Quelle bonne idée d'avoir pris un mini-bus : c'est à peine si nous parvenons à marcher jusqu'à son bord. Tout le monde s'écroule dans le car. Le silence s'installe, puis les ronflements. Je m'étire avec un grand sourire : c'était une soirée d'anthologie...
15.03.2006 10:43
pour le car tu as raison c'est ce que font les landais il organisent des sorties de ce genre et peuvent profiter au maximum des soirées animées......
17.08.2001 19:12
Et après on critique l'usage de l'alcool..:)
17.08.2001 19:09
j ai pu decouvrir ce pays a l aide de la course de velo la semaine passee!!!a+++