Plus à mon sujet:Déjà Février ? Prochaine étape : la Saint Valentin :-)
Membre depuis:01.08.2010
Avis:268
Lecteurs satisfaits:75
Cet avis a été évalué par 7 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
La seule différence entre un fou et moi, c'est que moi, je ne suis pas fou.
Cette citation d'un des plus génial et délirant artiste peintre de tous les temps n'a rien de surprenant. Ce livre superbe illustre bien cette folie soit-disant maîtrisée. Il en aura fait sa marque de fabrique tout au long de sa vie. Ses moustaches insensées en seront un bien bel exemple. Comme le choix de sa muse ô combien médiatique, la belle Amanda LEAR .
TASCHEN
Livres, agendas et calendriers. Sur le site www.taschen.com, vous pourrez rechercher et commander ces articles qui sont presque des oeuvres d'eart à eux tous seuls. A chaque fois que j'ai eu un livre d'art aux éditions TASCHEN entre les mains, j'ai été séduit par le soin apporté aux reproductions des oeuvres, la présentation, le texte descriptif et naratif.
Benedikt TASCHEN est un éditeur allemand, célèbre essentiellement pour avoir fondé la maison d'édition qui porte son nom.
Ce livre consacré à Salvador DALI ne déroge pas à la règle de qualité qui a fait la réputation des éditions TASCHEN depuis la création de cette maison d'édition en 1980.
Robert DESCHARNES
Né en 1926, il est le biographe attitré de Salvador Dali. Son étroite collaboration artistique avec le peintre lui permet de pouvoir évoquer sa vie et son oeuvre avec justesse.
Gilles NERET
Il est à l'origine de nombreux livres d'art chez l'éditeur TASCHEN. Historien d'art, éditeur, il est lui aussi lié à l'oeuvre de Dali.
Découverte
L'édition que je possède a été imprimée en Italie en 1991. Elle présente une couverture souple. Depuis, j'ai pu voir d'autres éditions en librairies. Elles présentaient le même contenu mais la couverture était à chaque fois différente et elle était cartonnée. Pas de chlore dans le papier (c'est un bon point). Il est légèrement glacé, assez épais, de belle qualité. 224 pages au total. Chaque page de couverture (recto et verso) ont un prolongement de 9,5 cm qui peut servir de double marque-pages. Le livre mesure 23 x 30 cm. Ce format généreux donne de l'espace pour de belles reproductions des toiles de l'artiste, mais aussi de quelques sculptures. Le texte est bien aéré, présenté sur fond blanc de façon classique. Certaines doubles pages sur fond noir reprennent des gros plans d'éléments importants et qui se rejoignent. La biographie sur quatre pages est bien rédigée, accessible et on y retrouve de belles photos de l'artiste
Photos
Salvador DALI et ses fameuses moustaches ! Son personnage était en fait une oeuvre d'art humaine à part entière.
à toutes les époques de sa vie.
La reproduction de ses oeuvres
Certaines oeuvres sont présentées sur une pleine page, quelques unes sont sur deux pages. D'autres enfin n'occupent pas plus que la moitié d'une page. Le choix n'est pas toujours le meilleur, mais tout est relatif. Par exemple, en page 145, le Rêve causé par le vol d'une abeille autour d'une pomme-grenade, une seconde avant l'éveil (1944) est très bien mis en valeur, dans une reproduction de 17 x 21 cm, la marge blanche pouvant servir de cadre. Par contre, en page 160, il faudra se contenter d'un format réduit de 14 x 17 cm pour le magnifique et subliminal Galatée aux sphères (1952).Le livre est riche d'environ 160 reproductions, essentiellement des peintures, mais aussi quelques sculptures et dessins, qui se décomposent ainsi :
6 doubles pages
45 pages quasiment pleines
77 oeuvres reproduites sur une moitié de page
26 reproductions de petites tailles voire même de vignettes
5 doubles pages de détails de tableaux regroupés par théme
Analyse paranoïaque critique
Moi, Salvador DALI, plus connu sous l'anagramme délicieuse et délictuelle d'Avida DOLLARS, je vous livre en bloc mon analyse paranoïaque critique de mon oeuvre et qui mieux que moi pourrait le faire. * Le christ de Saint-Jean de la croix Remarquez tout d'abord que le Christ est devenu un simple anonyme. Là où l'on peut lire la mention INRI, il n'y a qu'un morceau de papier blanc. Il appartient ainsi à tout le monde, sans origine, ou au contraire, n'ayant pas d'appartenance désignée, il est sans nom, sans âme ? La double lecture et analyse n'aura de cesse dans ce tableau de pouvoir le lire de deux façons à chaque fois. La lumière le baigne de côté, son côté gauche. Il n'est pas assis à la droite de Dieu mais bien à cette même place, misérable sur sa croix. Point de couronne d'épines ni de sang. D'ailleurs, il n'est pas cloué mais magnétisé sur la croix. Supplice encore plus pénible si l'en est. Il est suspendu dans un ciel totalement noir, symbole de solitude, de froideur, d'abandon. Seul, sans nom, il flotte dans une position spatiale et volontairement inclinée vers le bas, car c'est lui qui semble s'agenouiller, s'incliner devant nous. Mais dans un délire ultime, n'ai-je point été diablement inspiré que d'inclure de façon invisible et pourtant si évidente, un détail sexuel afin que l'homme sans nom puisse être aussi un être de chair et suggérer par une subtile allusion sexuelle qu'il n'est rien d'autre qu'un homme, si on lui extirpe sa parenté divine ? N'avez-vous pas remarquez que sa tête ainsi penchée largement en avant se superpose presque exactement avec son entre-jambes ? Ce détail provocateur n'a rien de surprenant. Les évocations sexuelles dans mes oeuvres sont légions. J'ai voulu séduire les âmes, honorer les croyances catholiques qui me sont chères tout en continuant de mettre en avant le délirium paranoïaque de mes oeuvres passées et futures. Tout en bas du tableau, de simples pêcheurs, allusions évidentes aux pauvres pêcheurs que nous sommes. Cependant la séparation entre l'humain et le divin tient à une distance importante et au détachement de chacun dans ces actes.
Avida DOLLARS
André BRETON (1896-1966), écrivain, est surtout connu pour avoir été le chef de file du mouvement surréaliste, dont Salvador DALI faisait parti. Jalousie ? Tout comme Dali avait fini par rejeter avec dégoût Pablo PICASSO qu'il avait pourtant encensé, André BRETON tourne le dos à Dali et l'affuble d'une anagramme peu flatteuse : Avida DOLLARS. Dali avide d'argent ? Plus encore de reconnaissance ! Et en grand génie légèrement dérangé et excentrique, il aimait qu'on le reconnaisse et qu'on l'adule. Amanda LEAR avait rapporté cette anecdote où il parcourait les rues de New York agitant une clochette car il ne supportait pas l'idée que les passant ne puisse pas le reconnaître. Cette anagramme va servir Dali car il va en jouer et prétendre qu'il avait toujours rêver d'être millionnaire. Mais ce rejet de la part d'André BRETON est dû au tournant de l'oeuvre de l'artiste, qui était critiqué pour faire tout simplement du Dali de commande, sans autre inspiration que de plaire et non plus de provoquer ou de surprendre.
Le sel de la terre
Salvador DALI s'aime intensément, s'impressionne lui-même. Il est complètement mégalomane et s'en défend. Dans les premières pages du livre, les tableaux mettent en scène le village de Cadaqués, son père ainsi que deux auto-portraits. Il y a de nombreuses citations, comme si Robert DESCHARNES avait interviewé le maître et nous rapportait ainsi l'original mot à mot de ses conversations avec lui. Il est aussi fait référence aux contemporains de Dali, ainsi qu'à sa vie personnelle en parallèle avec celle, on ne peut plus glorieuse du point de vue de l'artiste.
Dali ne mâche pas ses mots et ose dire que le jour de sa naissance était un jour quasiment divin voir mystique, que son frère décédé avant sa naissance n'était en fait qu'une copie de lui-même ou qu'il expérimente chaque jour le plaisir suprême d'être Salvador DALI !
Gala
Il est impossible de dissocier Dali et Gala, de part leur union mais aussi parce qu'elle a été source d'inspiration pour nombre de ses tableaux, la représentant même comme la mère de Christ rien que ça !
Gala (1894-1982) était d'origine russe. Epouse de Paul ELUARD, elle a aussi été la maîtresse du peintre Max ERNST. La rencontre de Gala avec Dali en 1929 est un véritable coup de foudre et ils resteront ensemble jusqu'à la fin de leurs vies.
Page 81, l'Angélus de Gala (1935), l'énigmatique et obsessionnel Angélus, thème exploité dans plusieurs toiles. Ici, c'est Gala, représentée de dos dans une superbe chemise brodée qui regarde son double, surmontée par une reproduction du tableau de l'Angélus de Jean-François MILLET. Cette représentation de jumeaux de Gala trouble par sa tension, son mystère, ses couleurs chaudes.
Gala apparait à 20 reprises dans le livre. Parfois, il s'agit juste d'une image cachée, presque subliminale, comme c'est le cas page 123 pour Impressions d'Afrique (1938), où on peut apercevoir son visage, juste au-dessus de celui de Dali.
Belle et sensuelle, sans vulgarité aucune, âgée pourtant de 50 ans, elle est représenté de face, une chemise très ouverte, avec un sein nu, dans Galarina (1944-1945), page 149.
L'une des plus belles toiles consacrées à Gala se trouve en page 160. Il s'agit de Galatée aux sphères (1952). Dans un délire cosmique, le buste de Gala est éclaté, décomposé en d'innombrables sphères qui convergent vers un point central. Les yeux fermés, le visage délicatement penché, elle est d'une sublime beauté. Mélange de quiétude et de mouvements, si les sphères sont rigoureusement alignées, certaines laissent derrière elles une trainée qui évoque mouvement, torsion. Différents tons de bleus, de gris et de bruns, mélange de couleurs froides, accentuent l'impression de froideur ou plutôt de douceur, de mélancolie. Cette toile aurait vraiment mérité une reproduction en pleine page.
En page 166, une pleine page pour une Gala représenté en Vierge dans le monumental Assumpta corpuscularia lapislazulina (1952). Elle flotte au dessus des eaux, au-dessus d'un globe. Son corps démesurément allongé est transparent. Elle regarde la lumière qui l'éclaire de côté. Placée sous une voute céleste matérialisée en dôme, elle joint ses mains. Le long de son corps, sur son vente nourricier, sont placés un mini Christ de saint-Jean de la croix, inversé par rapport à l'original et couvert d'un vêtement blanc et non plus jaune et, placé sous lui, un autel. Dali est le plus exacerbé des croyants et sa femme l'instrument idéal et divin de son délire.
Conclusion cataclysmique
Un très beau livre, lourd en main, dû à la qualité du papier.
Absence de couverture rigide.
Les reproductions des tableaux sont dans l'ensemble très soignées.
Certaines oeuvres auraient mérités une pleine page.
Biographie sur 4 pages qui va à l'essentiel avec de belles photos en noir et blanc.
Un prix très raisonnable pour la qualité d'un tel ouvrage.
Il n'y a pas toutes les oeuvres mais les plus belles sont représentées.
Le texte est intéressant et il y a de nombreuses citations de l'artiste.
19.10.2010 17:40
E...... bien mérité sur cet avis et je suis économe de E........
19.08.2010 22:23
Un livre sur un peintre, sans jeu de mots, haut en couleurs pour ses ... citations entre autres et ... sa vie.
19.08.2010 21:50
une bonne présentation