Cet avis a été évalué par 48 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Voici un 2e sujet sur cette ville dans laquelle j’ai vécu plusieurs années…La Feria de Séville… Pour moi elle a une saveur spéciale car je me sens sévillan même si je suis maño de Saragosse à l’origine, mais Séville est ma ville d’accueil, ma 2e maison et c’est la ville ou j’ai ma famille de cœur, d’où l’importance de cette ville dans ma vie et de la Feria de Séville…
La Feria (Foire) de Séville a commencé durant l'année 1847 comme foire de bétail, grâce à une demande de sévillans d'adoption, José María Ybarra et Narcisse Bonaplata, que la mairie sévillanne a remis à la reine Isabel II. Elle a été placée dans le Pré de Saint-Sébastien (Prado San Sebastian), alors aux alentours de la ville, et a disposé 19 postes (casetas ou petites maisons). Le succès a été tel, qu'en 1950, il a fallu séparer le marché de bétail de l'enceinte de divertissement pur. À partir des années 20, il acquiert déjà la configuration actuelle. Ce n'est pas plus qu'une ville artificielle dans laquelle on installe les casetas. Depuis 1973, la Feria est établie dans le quartier des Remèdes (los Remedios), dans un terrain rectangulaire d'environ un kilomètre sur 600 mètres de large. Les rues sont ornées avec des milliers de lampadaires (farolillos) et pendant le jour, vous pouvez arpenter ces rue lors d’une promenade en calèche (voitures ornées), et à toute heure voir une énorme foule qui entre et sort de la Feria, les femmes avec les combinaisons de Flamenco et tout le monde chantant et dansant des sévillanes. La Feria commence chaque année avec l'éclairage, c'est-à-dire, l'allumage de ces milliers d'ampoules du portail (Portada), lundi à minuit et se termine le dimanche suivant avec un spectacle de feux d’artifices. La Feria est généralement au mois d'avril, mais sa date précise dépend de la Semaine Sainte. C'est toujours une semaine ou deux après celle-ci.
Tout comme la Porte du Soleil (Puerta del Sol à Madrid), où chaque année des milliers de regards sont fixés sur le carillon de l'horloge en attendant l'illumination de la Nouvelle Année, à Séville, dans la nuit entre le dimanche et le lundi de Foire, devant le cri de milliers de gorges et pour un moment, il y a la sensation étrange que nous avons étrenné une année nouvelle ; mais ce qui est certain
Photos pour Séville, Espagne
Feria Seville
est qu'on a étrenné une Feria nouvelle, avec tous les souvenirs de la précédente et l’espoir dans lequel elle est étrennée dans un authentique bain de lumière. Je vous dresse rapidement un tableau pour qu'une idée se fasse de ce qui se produit quand à 8 heures de l'après-midi on ferme la promenade des chevaux et au moment du crépuscule commence à être illuminées les rues de la Feria, la Rue de l'Enfer et le Portail : -Ampoules du portail : 23.000 unités -Portail : 50 mètres de longueur approximativement -Câble électrique : 200 kilomètres -Nombre d'ampoules : 350.000 unités. -Surface de l’enceinte de la Feria : un million de m2 -Nombre de Casetas : 1.042 -Attractions et manèges : 500 Vous pouvez vous faire une idée de la lumière qui se dégage de cette ville dans la ville. Afin de vous faire mieux comprendre ce qu’est la Feria, je vais continuer en énumérant quelques chiffres, comme une fiche informative et vous en tirerez vos conclusions: - Casetas : 1.042 dont 491 familiales qui sont partagées (famille et groupe d'amis, ce qui veut dire que l’on ne rentre que si l’on y connaît du monde), 281 d’organismes (postes d'entreprises avec des employés et des directeurs), 200 galets (généralement ce que l’on appelle des peñas, c’est-à-dire des casetas de supporters sévillistes et béticos, des 2 clubs de la ville), 6 postes de secteur d'entrée libre, 12 postes de services municipaux (assistance sanitaire, pompiers, policier, enfants perdus) et le poste municipal destiné fondamentalement aux protocoles. - La "Rue de l'Enfer" (métaphoriquement parlant le parc d'attractions de la Foire de Séville, ainsi appelé par le chaos de lumières et de son qu’il il y a, ce qui lui donne sa personnalité, avec notamment plus de 500 attractions. -Promenade de chevaux dans tout son apogée d'enrôlements et cavaliers. L’enceinte de la foire a plus d’un million de mètres carrés. Le Portail de chaque année est commémoratif d’un événement ayant touché la ville : en 2002, il s’agissait de la commémoration du dixième anniversaire de l'Exposition Universelle de 1992, ce qui a inspiré la porte d'entrée du Monastère de la Cartuja, à une hauteur maximale de 42.50 mètres. Son avant est de 50.50 mètres. Sa structure pèse 125 tonnes, avec plus de 22.000 ampoules. Pour son assemblage ont été nécessaires 17.000 heures de travail et tout ceci a coûté 58.500.000 de pesetas (soit 300.000 euros). En résumant l'infrastructure de la construction de cette ville éphémère, l’installation électrique et les « squelettes de fer » des casetas employés nécessitent quelque 130.000 heures de travail ; à ceci devra être ajouté le travail de décoration et la finition des 1.040 casetas... et tout ceci pour une seule semaine.
Un élément typique de la Feria est le vêtement porté par les femmes… S'il fallait définir brièvement la combinaison de Flamenco, c’est que c’est la seule combinaison régionale espagnole qui varie et évolue en fonction de la Feria : le "corps de guitare", c’est-à-dire le bustier, rehausse indubitablement la beauté de la femme : rond ou carré selon les époques, avec des cheveux repris en chignon pour dégager le cou, la combinaison est ouverte dans le dos et les volants imprimés donnent en marchant un air plus féminin et heureux. La combinaison est accompagné de compléments différents et indispensables : châle, fleurs dans les cheveux, bracelets, … dans un illimité jeu de combinaisons de couleurs et variantes. Les tissus sont composés de cretonne, au passé tergal par le coton, ornés, avec des rendez-vous ou des bandes brodées, de longues douilles, courtes douilles, douilles japonaises, qui vont jusqu'aux genoux. Rechargés de volants, avec peu de volants, volumineux ou pas, mais toujours en cherchant à embellir l’image de la femme en même temps que de chercher le confort, la facilité de mouvements, ainsi que de faciliter son maintien de propreté et un repassage simple. Les chaussures sont généralement des chaussures à talons. La combinaison porte généralement au-dessous une sous robe blanche ou de couleurs à jeu, qui l'aide à donner du volume à ce dernier. Cela sert aussi à pouvoir placer les volants des vêtements par les deux côtés des chevaux, sans devoir laisser les jambes complètement au découvert. - C'est une combinaison qui peut indistinctement être utilisée de jour comme de nuit.
L'origine de ce que sont les sévillanes, il faut la chercher dans la poésie castillane. Celle-ci est formée par quatre vers de sept. Les poésies ont été reprises pour la première fois dans le "Chansonnier du Palais", qui date de l'époque des Rois Catholiques. Ils sont arrivés à avoir de l'individualité littéraire propre durant les dernières années du siècle XVI, quand ils ont acquis une grande popularité par la facilité leur composition, de leur musique et leur danse légère et heureuse. Dans le XVIIe siècle naissent les seguidillas(poèmes, refrains) sévillanes, renforcées et élaborées par des troubadours de Séville qui les ont transformées en fêtes de l'époque. Dans le XVIIIe siècle, avec l'arrivée des Bourbons et de l'influence française, en Espagne on crée ce qui est le bolero. Cette danse est adaptée aux seguidillas et suppose le début des connaissances comme sévillanes boleras. Jusqu'à 1847, justement l'année de la fondation de la Feria de Séville, ne commence pas simplement à être connue à la seguidilla sévillane ou seguidilla bolero comme sévillane mais elle prend de l’ampleur et s’étend à tout le pays. La première fois qu'elles ont été ainsi nommés a été le 4 avril 1847 dans le Théâtre de l'Opéra (Barcelone) de Barcelone. L'Académie espagnole n'a pas inclus le terme dans le Dictionnaire de la Langue Castillane jusqu'à 1884. Beaucoup de sévillanes ont été composées par des poètes anonymes et sont passées ensuite à domination populaire… Par leur variété thématique, les auteurs peuvent être classés dans différents groupes : de sujet affectueux et sentimental, corraleras, rocieras, sujets sévillans (la ville, la Feria, la Semaine Sainte, sujets taurins, personnages populaires), marines, sociologiques et politiques, relatives à d'autres provinces andalouses, etc.. À la fin des années soixante, les sévillanes commencent à vivre une époque de grande popularité, du dans une grande partie à la professionnalisation de leurs interprètes. Ainsi, à cette époque ont commencé à surgir des solistes, duos et groupes, certains en activité encore. Quelques noms mythiques sont Les Romarins de d'Elle peuple, Amis de Gines, les Marismeños, ceux de la Rivière, Gendarme Palais "le Pali",.. Il y a également La maetranza de Toros, c’est-à-dire la tauromachie, mais je préfère ne pas en parler.
Voilà, dans quelques jours va commencer la Feria de Séville et je serai là-bas en train de revivre une semaine de fête et de danse… comme quand je vivais la-bas… Un conseil, allez-y au moins une fois dans votre vie mais si vous voulez y aller…réservez au plus tard en fin d’année avant la Feria car les places sont chères… à moins de connaître du monde sur place…
willymax,
Ce commentaire est très bien réalisé. On sent toute l'opiniâtreté d'un passionné, cependant il subsiste une coquille dans celui-ci, qui, entre nous pourrait frôler l'exhaustivité dans la description... Comme tu l'as précisé en début d'explications cette Féria prend toutes ses origines dans une histoire marquée par les bêtes, la Foire aux bestiaux n'est-ce pa?je trouve dommage que les commentaires, même objectifs, à propos de la tauromachie soit volontairement mis à l'écart. Car tout de même, que serait la Féria de Séville sans le TORO?? L'aspect historique que tu n'as pas manqué de souligné s'est inscrit dans une continuité culturelle qui nourrit les passions espagnoles, voire françaises... Il aurait été juste de consacré ne serait-ce que quelques lignes à cet aspect;même si les goûts diffèrent, la culture existe. Enfin la description de cette Féria donne réellement enivie d'aller s'y perdre. merci.
18.04.2009 10:04
Il me tarde de connaître la feria et la semaine sainte..
03.10.2007 07:10
Que ça donne envie!!!!
09.04.2005 13:32
willymax, Ce commentaire est très bien réalisé. On sent toute l'opiniâtreté d'un passionné, cependant il subsiste une coquille dans celui-ci, qui, entre nous pourrait frôler l'exhaustivité dans la description... Comme tu l'as précisé en début d'explications cette Féria prend toutes ses origines dans une histoire marquée par les bêtes, la Foire aux bestiaux n'est-ce pa?je trouve dommage que les commentaires, même objectifs, à propos de la tauromachie soit volontairement mis à l'écart. Car tout de même, que serait la Féria de Séville sans le TORO?? L'aspect historique que tu n'as pas manqué de souligné s'est inscrit dans une continuité culturelle qui nourrit les passions espagnoles, voire françaises... Il aurait été juste de consacré ne serait-ce que quelques lignes à cet aspect;même si les goûts diffèrent, la culture existe. Enfin la description de cette Féria donne réellement enivie d'aller s'y perdre. merci.