Sonnets - William Shakespeare

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J'ai vu plus d'un matin lever sa tête altière

5  30.07.2009

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Recommandable: Oui 

ginkas2

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Membre depuis:01.01.1970

Avis:51

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Cet avis a été évalué par 31 membres de Ciao en moyenne: très intéressant

À ma grande surprise, j’ai découvert que cet ouvrage (pourtant un grand classique) n’avait pas connu le mérite d’être représenté plus qu’il ne l’est sur ciao… Alors, je vais vous conter l’histoire des Sonnets recueil de sonnets (oui...) de Mr. William Shakespeare. Au risque de vous paraître un peu oldschool , je tiens à préciser que j’assume, oui, j’adore les classiques… J’adore Shakespeare et le mot est faible, j’aime sa dramaturgie, sa scénographie, j’adore sa tragédie (pour l’aimer tout court)… Et ses sonnets…


Parce qu’il s’agit, pour moi, de la poésie la plus mystérieuse, la plus lyrique, la plus nostalgique, la plus angoissante, frustrante, éphémère et onirique que j’ai lu… Et croyez-moi, j’en ai lu. Encore une fois, il va s’agir essentiellement d’un ressenti personnel, sans compte ni mesure, d’une transmission de l’obscur, de la vie, de sa brièveté, la mort, de l’amour bien sûr.


Cet avis va à Rere, parce qu’il n’en subira pas sa longueur et ses longueurs (vu qu’il ne sait pas lire), à sa bienveillante maîtresse, qui aime peut-être la poésie, mais surtout les perruques rouges, en fait.
Cet avis va aussi à lilmik, pour la mention spéciale...
Cet avis va également à mon précieux adorateur de mots, amateur-spectateur de vers amateurs… homme d'entre les lignes...


Chapitre 1 : Et d’un œil souverain flatter le haut des monts


Mon ami William


Je ne saurais dire à quand remonte ma première lecture de Shakespeare. C’est étrange, je me rappelle pourtant très bien des heures passées à lire sur mon petit lit à couette de nuages, Sartre, Sand, de Musset… Mes amours… Shakespeare, nothing. Impossible de dire lequel des Romeo and Juliet, MacBeth, de Much Ado About Nothing (Beaucoup de bruit pour rien), A Midsummer Night's Dream (Le Songe d’une nuit d’été) ou encore les Richard (II, III) ou Henry(IV, V, VI…) est venu en premier me dévorer le cœur. Onze tragédies, douze comédies, neuf pièces historiques, des romances tardives… et les Sonnets.


Le passé de Shakespeare revêt son lot de grands mystères (à commencer par sa date de naissance… né un 23 avril 1564, peut-être…) il est de ces secrets sa vie, ses œuvres mêmes (les Sonnets sont dédié à un certain « Mr. W.H. », «
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Sonnets - William Shakespeare William Shakespeare - Sonnets
Sonnets - 1ere de couv
le seul qui engendra » les poèmes ( the only begetter ), « vivant à jamais » ( ever-living ) et par-delà même les hypothèses sur la paternité de ses pièces :
« Shakespeare médiocre acteur, homme de petite culture, […] sans élévation d'esprit, incapable d'écrire des pièces où s'étale un prodigieux savoir, fruit de lectures immenses, une acuité intellectuelle, un goût exquis de la poésie sous toutes ses formes, une connaissance profonde du "cœur humain" venant couronner le tout. ».
Il est des choses qu’on ne discute pas… Oui… Beaucoup de bruit pour rien.


Dramaturge alliant tragédie et comédie, comme le reflet d’un esprit virevoltant entre ombre et lumière, en s’arrêtant parfois pour me bercer de clair-obscur. À tel point que je remercie parfois une puissance divine, ou simplement le hasard, de faire apparaitre en ce monde des âmes si sensibles. De ces incertitudes naît une vérité… celle des mots écrits. Et elle me suffit.


Les Sonnets


De la même manière, les conditions de publication des Sonnets (1599) restent floues et « le débat est alimenté par la présence d'un trait d'union dans le nom de Shakespeare (SHAKE-SPEARES) sur la première de couverture et en haut de chaque page du recueil. » Je n’en dirais pas plus… peu m’importe… Le fait est qu'il existe 154 sonnets. Un bonheur de lecture. Ce qu’est un sonnet ? Suivez-moi, n’ayez pas peur, ce ne sera pas long…


Un sonnet est composé de trois quatrains (trois strophe de 4 vers) suivi d'un distique final (réunion de deux vers), en pentamètre iambique (Non, ne partez-pas...), où la règle veut que chaque vers doit comprendre cinq pieds (iambe, ou pied dissyllabique). Un type de vers so british composé d’une syllabe atone (qui ne porte pas d'accent tonique) suivie d'une syllabe accentuée. Quelques exceptions à la structure anglaise classique cependant (99e, 126e et 125e sonnet sont en tétramètre iambique).
Les rimes sont de type abab - cdcd - efef - gg (on appelle cette forme le sonnet shakespearien).


Les 17 premiers sonnets, ou « sonnets de procréation » sont écrits à l’attention d’un jeune homme et parlent de mariage et d’enfants. Du 18e au 126e sonnet, on entre dans le thème de l’amour (beauté, liberté, rêve…). Je me ferai un plaisir de partager avec vous le sonnet XLIII, que j’aime particulièrement. Patience… Les sonnets 127 à 152 vont à la maîtresse du poète (désir, passion, obsession...). Enfin, les sonnets 153 et 154 sont des allégories de « l’eau, le feu, l’Amour prisonnier des nymphes ». Le rapport ? Peut-être aucun…


Chapitre 2 : Baiser de lèvres d’or les verdoyants gazons


L’anglais moderne naissant


Ne vous y trompez pas, nous confondons souvent ce que l’on appelle le « vieil anglais » et les différentes formes de l’anglais ayant existé au fil des siècles. Le vieil anglais est la langue parlé du Moyen-âge, succédée du moyen anglais (XVe au XVIIe). La « langue de Shakespeare » correspond à ce que l’on appelle l’anglais moderne naissant (oui, l’appellation est plutôt jolie) ou Early Modern English (anglais pratiqué principalement à la Renaissance). Je ne vais pas faire un cours d’histoire, d’autant que je suis nulle en histoire… Mais il était important (j’aime être précise quant aux mots employés) de le souligner.


Donc, nous voici prêts à entrer dans l’anglais moderne naissant (oui je me répète, j’en use et en abuse…). Shakespeare aussi use et abuse… et avec ses thou ou thee (mis pour you ), ou thy (mis pour your ), doth (mis pour do ), il est parfois difficile de comprendre les subtilités de ses écrits…
Cependant, et je m’en excuse par avance, j’éprouve le besoin de vous livrer ce texte dans son état d’origine… il n’y a que comme cela que l’on peut en apprécier la sève… à la racine… Oui, ne me dites pas que vous regardez vos films cultes en V.F. ?! C’est la même chose…


***

When most I wink, then do mine eyes best see,
For all the day they view things unrespected,
But when I sleep, in dreams they look on thee,
And darkly bright, are bright in dark directed.


Then thou, whose shadow shadows doth make bright,
How would thy shadow’s form form happy show
To the clear day with thy much clearer light,
When to unseeing eyes thy shade shines so !


How would, I say, mine eyes be blessed made,
By looking on thee in the living day,
When in dead night thy fair imperfect shade
Through heavy sleep on sightless eyes doth stay !


All days are nights to see till I see thee,
And nights bright days when dreams do show thee me.


***


Ci-dessous le sonnet en français… Pour lequel je reste sceptique (mais loin d’être ingrate) vis à vis de la traduction, notamment des magnifiques vers 5 et 6 et du distique final…
Par ici, approchez, c’est promis, j’allume la lumière…


XLIII


En se fermant mes yeux prennent meilleure vue,
Ne voyant tout le jour que choses sans beauté ;
Mais si je dors, ton ombre en mon rêve apparue
Les tiens, sombrement clairs, en cette obscurité.


Oh, combien brillerait, puisque ton ombre éclaire
L’ombre, la forme encor de ton corps radieux
Au clair jour, qu’éblouit ta plus claire lumière,
Quant ton fantôme brille à mes aveugles yeux.


Et, comme ce serait pour mes yeux une fête
Que de te contempler toi-même au jour vivant,
Quand en la morne nuit, ta belle ombre imparfaite
Se montre à ces yeux clos par un sommeil pesant.


Tous les jours sont des nuits avant que je te voie
Et les nuits de clairs jours quand un songe t’envoie.


Chapitre 3 : En or pur transmuer la pâleur des rivières


Ce qu’il me dit tout bas


J’aurais pu choisir un sonnet plus sombre, plus mélancolique, comme je les aime… Mais je ne saurais expliquer pourquoi celui-ci, creusant la dimension onirique aussi joliment qu’il y mêle sentiments et humeur crépusculaire, est sans aucun doute celui qui me parle le plus et me parle encore… Je suis très loin d’apprécier l’expression du romantisme au paroxysme de son sentimentalisme (pas de fleurs bleues à mes pieds, ni de papillons dans ma tête, ou de tambour dans mon cœur), mais ce sonnet ne me parle pas de romance, il n’éclaire pas de promesses les amours perdues… Il me transcende simplement et m’emporte, dans une chambrée humide, un soir de pluie diluvienne, une lampe à pétrole posée sur un chevet de bois, les mains sur les yeux, les yeux dans les poches, les poches lourdes de mots qui bruissent et tentent d’échapper à eux-mêmes.


Et si je m'endors...


Je me dis alors que des choses arrivent à m’atteindre, que de ces choses se forment les mots, et que, bien qu'ils ne soient pas d’une grande originalité, les thèmes de la beauté, de l’amour ou du fantasme savent me déchirer sans mesure. Bien que fervente du fantasmatique (parfois fantasque) qui vous laisse une trainée de miel sur les doigts, alliant sensualité (pour moi et sans mesure, le plus beau caractère que l’on nous ait confié), courbes d’une chair dans toute sa nudité, Shakespeare ne fait pas de ses sonnets une ode à la femme, ni au corps, mais survole, avec le recul de l’homme qui voit d’en haut, un monde en noir et blanc. Si des couleurs y vivent, elles ne naissent que du désir de peindre les extrêmes, d’imaginer la mort susurrer à la vie, de deviner la beauté au travers d’yeux imparfaits, de suspendre l’envie pour mieux jalouser les vices.


Si je devais vous citer (sans inciter, mais en insistant) une bonne raison de parcourir ces pages, outre le ressenti ci-dessus, je dirais simplement que si vous pensez, comme moi, que la vie est poésie et que la poésie se vit… alors ne vous en privez pas. Il est temps de vous laisser sombrer...
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Commentaires sur cet avis
kakienet

kakienet

14.12.2010 11:29

Conquise aussi par ton style... Comment peut-on mettre un I à un tel avis ?!!!

kakienet

kakienet

14.12.2010 11:29

Waouw... Je suis conquise ! Pourquoi j'ai jamais lu Shakespeare, moi ? Peut-être parce que mon anglais date ;-)

rubis60

rubis60

20.05.2010 00:14

pas trop mon style

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