En espérant être aussi persuasif...
26.01.2004
Avantages:
la musique, le son clair, le rythme pour un coup de neuf sur le Blues et le R n'B
Inconvénients:
aucun sauf en cas d'allergie aux "avantages"
Recommandable:
Oui
 EddyBear
Plus à mon sujet:
Peu, beaucoup, passionnément ou trop de moi dans chacun de mes avis. Entre fiction et réalité, le pl...
Membre depuis:09.11.2003
Avis:82
Lecteurs satisfaits:25
Cet avis a été évalué par 14 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Robert Cray «Strong persuader». En espérant être aussi persuasif. *********************************+
Introduction. ************* Bien, vous avez certainement compris, si vous êtes de ceux qui me font l’immense plaisir et le mot n’est pas trop fort, de me lire dans cette rubrique, que j’étais davantage intéressé par vous faire découvrir la musique que j’aime et des gens pas forcément très, très connus, dans mes avis, plutôt que d’en ajouter un nième à la longue liste de ceux concernant des artistes beaucoup plus en vue. Certains se voient en effet gratifiés d’une cohorte d’avis, alors que d’autres à mon sens tout aussi méritants, n’en ont aucun à se mettre sous la dent! Ne croyez pas néanmoins, que je n’écoute pas les premiers ou que je ne les aime pas. Je pense d’ailleurs les aborder un jour prochain, quand l’envie viendra en agiter mes petits doigts et que j’aurai trouvé une forme originale pour le faire.
En attendant, armé de ma souris vengeresse, je m’en vais dans une pacifique croisade, tenter de réparer l’injustice qui fait ignorer les seconds, comme je m’en suis fait la promesse. Maintenant, bien évidemment, vous êtes libres de partager ou pas mes goûts sans que cela affecte, j’en fais serment, l’amitié entre nous. Aujourd’hui, j’ai donc choisi de vous parler d’un chanteur guitariste et d’un album extra car l’ayant réécouté cette semaine (ça fait du bien de temps en temps de revenir aux sources de ses premières amours), je me suis dit que je ne pouvais décemment pas vous laisser ignorer ça!
En plus, il se trouve que je suis le premier sur Ciao, à vous parler de Monsieur Robert Cray. Alors allons-y. Robert est un black, au regard de braise, au grand sourire d’un blanc étincelant, et qui doit être très grand car dans ses bras, sa guitare semble un jouet d’enfant. Sa vocation musicale lui est apparue un jour de 1969, où dans un festival en plein air, il entendit jouer le guitariste Albert Collins au jeu singulier, puisqu’il joue avec ses doigts et pas avec un mediator (un triangle souvent de plastique qu’on frotte sur les cordes) d’une façon très rythmique et répétitive.
Ce premier choc ne l’a pas empêché de développer son propre style mélodique et rythmique basé sur une grande maîtrise de son instrument, une voix sans faille, et de bonnes chansons dont je vous donnerai un aperçu, un peu plus loin. En plus, il skat sans émettre de son, il mime si vous voulez, les notes de ses soli de guitare. J’en vois qui rigolent! Eh non ça ne s’entend pas sur l’album mais je l’ai vu faire à la télé dans un concert enregistré. Le son de Robert, adepte de la fameuse Fender Stratocaster, est clair, claquant, léger, aérien. Avec lui, pas de distorsion, ni de saturation à faire décoller les maquettes d’avions en modèle réduit sur les étagères (je vous parle de ça en connaissance de cause car ça m’est arrivé quand j’avais 15ans!).
C’est la première fois que je vous parle d’un tel son de guitare car je suis habituellement plutôt un partisan du son chaud et épais style Santana ou Paul Personne avec beaucoup de sustain. Mais faut avouer qu’avec peu de notes, beaucoup de feeling et de groove, les effets de cordes tapées, glissées ou tirées, les petits barrés de Robert sonnent très bien. Robert Cray, c’est du très bon et ça bouge, ça balance, ça swingue! Il s’est révélé en gagnant un Grammy Awards pour sa performance dans le concert et l’album des «guitar blues legend» organisé par Albert Collins justement et Johnny Copeland.
L’album «Strong persuader», le 5ième de Robert est une de ces merveilles musicales qui vous remettent dans le bon sens quand vous vous sentez déboussolés et que vous avez envie de vous éclater. Sa musique est au confluent du Blues, du Rock, du Rythm ‘n Blues… et prouve que le vocabulaire musical de Robert ne se limite pas au strict «Blues». Il m’est tombé dessus comme une femme fatale sur mon cœur d’artichaut, un beau jour de 1986, suite à un article lu dans une défunte revue de guitare et qui m’avait donné envie de le laisser me chatouiller les oreilles.
Rien de lourd, ni de simpliste. Des accords découpés classiquement en couplés-refrain-solo mais joués de façon originale, un tempo modéré, autour de 120, des paroles simples, graves, caustiques ou humoristiques, sur des thèmes revisités avec modernité, de belles envolées de guitare solo, sans esbroufe mais efficaces comme un couteau chaud dans une motte de beurre, et des cuivres pour appuyer intelligemment tout ça. Robert Cray chante d’une voix claire et sa prononciation permet de comprendre les textes, ce qui ne gâche rien, pour peu qu’on ait au moins quelques rudiments d’anglais.
Now, let the music play. Les chansons. ************ 10, toutes extra, en voilà quelques extraits.
1. «Smoking gun» de D. Amy, R. Cray, R. Cousins (basse). Construction simple dans les accords en mineur septième (balance entre Mim7 et Lam7) pour un rendu maximum avec rythmique aux doigts pas si basique, hein les gars? Et une histoire, hum pas très gaie. C’est un pauvre gars qui pense que sa nana au téléphone n’était pas seule, qu’elle le veut larguer mais qu’elle ne sait pas comment s’y prendre. Mais, comme il n’est pas crétin, il a compris. Sauf, que comme il n’est pas bien finaud, il la menace de son arme…Il ne sait plus ce qu’il a fait. Il est là avec le revolver fumant et les sirènes hurlantes s’approchent …En fait, il est plutôt victime de sa paranoïa, de sa jalousie. Peut être qu’elle ne le trompait pas? Solo génial dans le genre qui visite tranquillement le manche de la guitare de haut en bas. D’entrée le style de Robert Cray s’affirme, son clair, précis et tranchant comme un rasoir, peu de notes mais très travaillées, très pulsées sur la rythmique comme son maître Albert Collins. 2. «I guess I showed her». R n’B écrit par Dennis Walker sur Ré9, Fa, Sol7, La7. Bon, il en a marre, elle s’est encore foutue de lui et il l’a trouvée dînant avec un nouveau type. Il a ses limites et il s’en va, il lui laisse tout, la maison, la voiture.
3. «Right next door (because of me)». Rythmique funk modéré pour ce super morceau toujours écrit par D Walker. Alors pour résumer «J’entends derrière la porte, le couple se disputer… C’est de ma faute car je suis très persuasif… Je l’entends lui avouer mon nom quand il lui crie «qui c’est?». Elle l’a trompée et elle va perdre l’homme qui l’aime vraiment car pour moi elle n’est qu’une encoche de plus sur ma guitare. Il claque la porte et s’en va. Elle pleure. Je devrais aller la voir mais que lui dirais-je? C’est à cause de moi, c’est à cause de moi.». Solo= comment faire chanter sa guitare en 13 mesures. 4. «Nothing but a woman». Ecriture collégiale pour cette chanson très syncopée que l’on doit à Robert et à ses trois musiciens acolytes R Cousins (basse), P Boe (claviers), D Olson (batterie) + D Amy (?). Accompagnement plein de finesse, avec un picking qui semble imiter un mouvement de balancier entre Do7 et Fa7. Je vous le redis? Solo génial! Vous pouvez lui donner tout ce que vous voulez, nothing but a woman…En prime un solo de saxo et une grosse présence de la trompette et du trombone. Tenez pour la devinette du jour, cette chanson me fait penser à «C’est un monde d’hommes… mais ce n’est rien sans une femme». Qui a chanté en anglais quelque chose de ce genre? Comme d’habitude, en cas de bonne réponse, Super bises pour les filles et poignée de main virile pour les gars. Réveillez-vous les gars car les filles nous écrasent!
5. «Still around». Ecrite par Peter Boe qui tient les claviers au sein du little Band, chanson pleine d’humour “quelque chose s’est passé ce matin, quand j’ai ouvert les yeux… J’ai su ce que c’était quand j’ai entendu la douche, tu étais encore là! Ne peux-tu montrer un peu de sentiment, pourquoi ne comprends-tu pas? Tu m’as pourri la vie, j’ai fait de mon mieux pour t’aimer, alors fais de ton mieux pour t’en aller. Tu ne vois pas que c’est ce que je veux? J’en ai vraiment besoin. Combien de fois dois-je te le dire? Je croyais qu’on était d’accord…mais quand je me suis réveillé ce matin, j’ai su que tout allait de travers, tu étais encore là. Le plus long solo de l’album, sur Do mineur/Fa mineur, 22 mesures, et ça les vaut bien! 6. «More than I can stand» de Robert Cray. Il ne veut pas réaliser que c’est fini, qu’elle ne l’aime plus et qu’elle s’en va alors il lui demande de rester. Pathétique? Huummm, je crois bien l’avoir été aussi. Même Patriiiiiiiiiiiiiiiick Bruel a confessé s’est fait claquer l’amour au nez, alors!
7. «Foul Play». Décidément ce Dennis Walker est doué! C’est mercredi soir, ma femme est encore dehors, encore une fois comme tous les mercredi soir, elle est en retard. Elle a appelé pour dire qu’elle faisait des heures sup’, que son patron, un jeune, un nouveau lui avait demandé de rester. Elle avait au téléphone cette voix comme juste avant l’amour, qui met en alerte mon cœur suspicieux. Je suspecte une trahison…Je me souviens quand son vieux patron a pris sa retraite, il y a deux mois, elle est rentrée tout sourire ce soir là, disant qu’ils avaient engagé un jeune type…J’attends comme un fou…Elle a intérêt cette fois à avoir une bonne explication…La guitare repart sur un solo pour finir la chanson. 8. «I wonder». C’est un blues lent que l’on doit à Robert, avec une super intro à la guitare sur un Si bémol mineur et un solo qui démarre sur un effet rythmique intéressant, des triolets répétant deux notes comme si la musique hésitait à avancer ou à reculer. Après une séparation, il se demande à chaque voiture qui tourne au coin, à chaque fois que des pas résonnent, …mais ce n’est pas elle et il ne peut pas l’oublier. Eh oui, mon gars, ça fait ça les premiers temps. On n’a plus goût à rien, on sursaute à chaque fois que le téléphone sonne, mais ce n’est jamais sa voix. Quand on ose l’appeler, on s’aperçoit qu’elle a changé de numéro, pourquoi? Mais comment peut-elle sortir, sourire, rire avec ses amis, quand on a le coeur déchiré, qu’on croit devenir fou, parce qu’elle est partie avec le meilleur de nous-mêmes, qu’on se demande si on a vécu un rêve ou si c’était vrai, qu’on se dit qu’on a été aveugle et que tout le monde sauf nous savait? Non, Jeff, t’es pas tout seul…Ah non lui c’est bob, pardon! C’était pas la bonne histoire, c’est tout. Te ruines pas la santé à la pleurer, elle n’en vaut pas la peine. Garde ton cœur bien ouvert pour la prochaine, celle du vrai amour…et puis si c’est pas la prochaine, ça sera la suivante. Faut pas cesser d’y croire, Bob, crois-moi, je sais.
9. «Fantasized» de D. Walker. Un solo de guitare en intro de cet autre morceau R n’B. Elle a frappé à ma porte, a murmuré « chéri laisse moi entrer »…comme je l’ai fantasmé… elle m’a dit cette nuit, je suis à toi,…elle a crié comme je l’ai fantasmé…J’ai rêvé d’elle des milliers de fois, je l’ai aimée des milliers de façons toujours dans ma tête, et maintenant je sens que le rêve est à mes côtés, comme je l’ai fantasmé. 10. «New blood» un blues lent de facture assez classique, (Sib7, Mib7, Fa7) écrit par Cray, O Washington, P Boe, D Amy, clôt cet album. Du sang neuf, oui Bob, faut sortir de ta cage, ça fait plus d’un an maintenant, il y a sûrement une femme quelque part qui se meurt d’amour pour toi sans le savoir. Ce morceau permet si l’on en doutait de vérifier que Robert Cray a bien été élevé au petit lait du blues.
Conclusion? *********** Un très bon album à écouter, à s’offrir ou à offrir, idéal pour se lancer dans la guitare électrique sans s’abimer les tympans. Amitiés.
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02.02.2004 13:38
J'ai reçu le CD ce matin et l'ai immédiatement écouté... je viens de le remettre. Je ne regrette pas mon achat, bien que certains morceaux m'évoquent plutôt le folk que le blues... mais ... je ne suis pas spécialiste...! Le tiercé de mes morceaux préférés (music only):8/4/10. Les solos de la 4 sont particulièrement "vibrants"! Bises Andrée
29.01.2004 19:53
Celui-ci, je ne crois pas le connaître, mais ce que tu en dis m'incite à le découvrir: je note! Quant à Santana... en voilà encore un que j'apprécie!
29.01.2004 14:30
Père sue à des....qui!!!