Sur la grand'route, pièce de A.Tchekhov, mise en scène B. Boëglin

Sur la grand'route, pièce de A.Tchekhov, mise en scène B. Boëglin

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... Son titre "Sur la grand'route". Je viens de voir ce spectacle au Théâtre Nationnal Populaire de Villeurbanne, il est passé le mois précédent au théatre de l'Odéon à Paris. -------------------------------------------------- Ce que je sais du metteur en scène: Il est originaire de ma ... Lire l'avis





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Avis par etrang sur Sur la grand'route, pièce de A.Tchekhov, mise en scène B. Boëglin
14.04.2006


L'évaluation de l'auteur:  

Convivialité du site  
Mise à jour  

Avantages: un texte de Anton Tchekhov et un mise en scène classique
Inconvénients: un jeu d'acteur timide ce soir là

Recommandation pour les acheteurs potentiels? non 

Avis complet

C'est une pièce de théatre écrite par A. Tchekhov que vient de mettre en scène Bruno Boëglin. Son titre "Sur la grand'route". Je viens de voir ce spectacle au Théâtre Nationnal Populaire de Villeurbanne, il est passé le mois précédent au théatre de l'Odéon à Paris.

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Ce que je sais du metteur en scène:

Il est originaire de ma ville de Lyon. Il fait partie des metteurs en scène reconnus. Plusieurs de ses pièces sont passées dans le "in" du festival d'Avignon qui consécracre les metteurs en scènes d'aujourd'hui les plus importants. La pièce qu'il vient de créer est issue d'une proposition de Georges Lavaudant, autre metteur en scène important et qui dirige actuellement le théâtre de l'Odéon.

Ce que j'ajoute grâce à theatretonline.com:

Né à Lyon en 1951, Bruno Boëglin est à la fois comédien, auteur et metteur en scène. Il a dirigé l'Eldorado à Lyon jusqu'en 1986, puis a pris brièvement la tête du Centre Dramatique National des Alpes à Grenoble, avant de revenir à Lyon où il a sa compagnie le Novothéâtre.
En 1968, il réalise sa première mise en scène Jacques ou la soumission de Eugène Ionesco. Il a présenté ou interprété plus de quarante spectacles, a monté aussi bien ses propres textes que de nombreuses adaptations.
Il commande à Bernard-Marie Koltès l'écriture de sa pièce Sallinger, et cette rencontre l'emmène en Amérique Latine. Il donne un premier spectacle en 1989 à Managua, capitale du Nicaragua : El Interrogatorio.

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Les comédiens (ou le casting, pour les cinéphiles...):

Bortzov, le personnage central, un propriétaire ruiné : Bernard Ballet

Kouzma, un passant : Philippe Bianco

Méric, un vagabond : Carlo Brandt

Fédia, ouvrier : Pierre David-Cavaz

Savva, un vieux pélerin : Patrice Kahlhoven

Maria, la femme de Bortzov : Joëlle Sévilla

Tikhone, le tenancier de bouge : Lan Truong

Efimovna, une femme pieuse : Marie Trystram

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L'ambiance, l'histoire:

L'action se passe la nuit autour dans une sorte de hangard, autour d'une petite de buvette de fortune où passent vagabonds et ouvriers itinérants. La pièce, faite d'un seul acte, se déroule la nuit, à la faible lueur d'éclairages indirectes.

Des hommes dorment là, instinctivement regroupés bien que ne s'aimant point. Dans ce lieu couvert mais non aménagé, quelques planches font office de sièges et de lits, tandis que de rares et sales couvertures contituent l'unique source de chaleur.

Peu d'action, on suit la misère d'une nuit, ponctué par l'évacuation des morts, les braillements des ivrognes et les élucubrations des fous. Un maigre fait vient troubler cette nuit: l'un d'eux, Bortzov, est reconnu comme étant un ancien propriétaire , amoureux éconduit et ruiné par la vie. Dès lors, les attitudes changent. On offre des verres à celui qu'un quart d'heure auparavant, on rejetait. L'un des exclus de la vie devient le centre des attentions et des questions, des projections imaginaires des autres miséreux en manque de vie. La langue utilisée est rude, rapeuse comme bois non poli. Le misogynisme a trouvé des raisons de s'exprimer. Et puis quoi? Et puis rien, tout retombe dans la nuit.

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Ma reflexion:

C'est d'abord le peu d'action, le peu de spectaculaire qui frappe, passé la découverte du décors et des personnages qui l'habitent. Le lieu est vétuste, grossier, il est a l'image des hommes abimés et fatigués qui y trouvent refuge. Mise à part le prologue rajouté par le metteur en scène, tout l'acte se déroule dans ce lieu, berceau et tombeau de quelques nuits, parfois les dernières pour les plus épuisés.

Le jeu des acteurs fut assez timide, et nul force vraiment ne vint percer ce voile d'obscurité. Une spectatrice venue de Paris m'appris que les représentations a l'Odéon avaient été beaucoup plus impressionnante, à la fois dans des possibilités différentes de mise en scène (rideau de pluie entre le spectateur et le spectacle), et par un jeu plus énergique. Est-ce, comme elle le supposa, une certaine lassitude qui s'était emparée des comédiens à force de représentations.

A. Tchekhov parle de cette pièce, dans sa correspondance, comme d' "une petite bettise pour la scène". Habitué aux développements plus classiques dans ses autres pièces (actes multiples, progression de l'intrigue), nous ne pouvons savoir quel importance il donnait à celle-ci.

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Les lumières du metteur en scène:

A la fin de la représentation, un débat était organisé avec Bruno Boëglin, le metteur en scène. J'en profitai pour lui poser plusieurs question concernant sa mise en scène:

Question: D'où vient l'idée de ce prologue?
Réponse (de mémoire): Il s'agit d'un ajout de ma part. Je voulais présenter le personnage central, mettre ne scène sa problématique dont il est question plus tard: il s'st marié et sa femme l'a quitté. C'est pour cela que les comédiens évoluent sur une plan incliné qui se baissera à la fin du prologue: cette astuce de mise en scène permet de créer un lieu par une mise en espace diférente du reste de la pièce. A la fin du prologue, le plan incliné bascule et l'ensemble du plateau devient plat, un nouveau décors se met en place sans que le personnage ne quitte la scène. Il y a un glissement et on n'a pas vraiment d'indications sur le temps qui s'est déroulé entre ces deux instants de vie.

Question: Que représente le haut-parleur d'où sortent quelques phrases durant la pièce?
Réponse: J'ai lu toute l'oeuvre de Tchekhov. Je voulais ponctuer la pièce de phrases trouvées dans son oeuvres et j'ai d'abord eu l'idée de les faires dire aux comédiens à des moments choisis. Mais ça ne fonctionnait pas. On a donc eu l'idée, avec l'équipe, de les faire dire par l'intermédiaire d'un haut parleur. Et cet accessoire rappelle un peu l'esprit de propagande qu'il y a eu à un certain moment en Russie.

Question: L'aspect sonore est très travaillé, qu'est ce qui a guidé vos choix?
Réponse: Il y a des clins d'oeil comme la chanson d'Elvis Presley. Et puis il y a des musiques comme une de Mick Jagger, à la fin du prologue, que j'ai choisi parce qu'elle illustre le thème de l'amour dont il est question.

Question: Que veut dire Méric quand il brandit la hache devant l'ex femme de Kortzof?
Réponse: Méric dit dans la pièce qu'il veut dire quelque chose à cette femme mais qu'il ne trouve pas le mot pour le dire. Et ce mot, à nous aussi, l'équipe, nous manque. On a réfléchit, et on ne sait toujours pas ce que c'est.

Conclusion:

Une certaine monotonie se dégage de cette pièce. Je n'ai pas éprouvé véritablement d'ennui mais j'ai ressenti comme un manque d'énergie, de conviction. Peut-être était-ce le seul fait de cette représentation-ci? Les deux moments qui m'ont un peu émus sont l'annonce des origines aisées et de l'échec amoureux de Kortzof, avec les réactions presque d'affection de l'entourage, et le moment de suspension dans le discours de Méric qui cherche son mot. Comme si justement cette inconnue créait pour le spectateur une béance, un espace de questionnement qui apporte un peu de légereté et de grâce dans le tableau de la douleur.


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