L'évaluation de l'auteur:
| Avantages: |
* * * |
| Inconvénients: |
* * * |
| Recommandation pour les acheteurs potentiels? |
oui |
Petite typologie cinématographique (4)
LA ROMANCE DEPRESSIVE : SNIIF MORVE BOOOH !
.
.
.
.
La romance dépressive : préceptes et fondements.
La romance dépressive est un genre cinématographique plutôt élitiste pour lequel une certaine initiation s'impose. Comme l'indique le premier mot de cette locution, les films appartenant au genre traitent d'histoires à la fois sentimentales et attendrissantes. Cela semble évident. En revanche, afin de dissiper tout malentendu pouvant entraver une future bonne compréhension, attardons-nous un peu sur le second mot de la locution. Certaines romances sur grand écran peuvent donc être qualifiées de dépressives, dans le cas unique et très simple où le spectateur et le couple de héros savent dès le départ que l'un des deux va mourir à la fin des suites d'une maladie incurable, laissant l'autre désespéré mais fort de son amour incommensurable.
Certains mécréants, en dépit de ces précisions, confondent la romance dépressive et le film de pleureuses, arguant que le premier n'est qu'un sous-genre du second. Mais si l'on considère le parcours symbolique des héros, on ne peut que reconnaître la différence fondamentale qu'il existe entre ces deux types de film. En effet, là où les héros du film de pleureuses vont de la loose vers la lumière, ceux des romances dépressives vont d'une lumière plus ou moins forte vers une bonne grosse loose figurée par la mort, rien que ça.
Et si la greluchette cinéphile chouine sa race dans un cas comme dans l'autre, ce ne sont pas du tout les mêmes larmes. En ce qui concerne le film de pleureuse, la greluchette peut garder une certaine élégance, les yeux embués de larmes : elle pleure avec sobriété sur le générique de fin, en songeant à ce que c'est beau l'amour et en se persuadant que son Johnny Castle à elle l'attend quelque part. Mais après avoir vu une romance dépressive, la greluchette a perdu sa dernière once de dignité environ une demi-heure avant la fin du film, et elle pleure à gros bouillon en faisant du bruit avec sa bouche, en reniflant très fort et en se mouchant toutes les trente secondes. Grâce à la romance dépressive, la greluchette comprend que le monde est cruel : même si l'amour est plus fort que la mort, ça fait chier quand même quoi, surtout pour çui qu'est pas mort, qui reste là, tout triste, tout seul, comme un couillon.
.
.
.
.
La romance dépressive : la trame d'un drame.
S'il est possible de dresser cette petite typologie cinématographique, c'est uniquement grâce au fait que lorsqu'un scénariste décide d'imaginer une histoire dans un genre précis, une force inconsciente le pousse souvent à ressortir les bonnes vieilles ficelles déjà usées dudit genre. Et lorsque Karen Janszen adapte pour le cinéma le best-seller de l'américain à succès Nicholas Sparks, sorte de Barbara Cartland sans jupons, elle ne déroge pas à la règle :
le Temps d'un Automne n'est qu'une énième version d'un schéma très classique.
Encore une fois, il s'agit de héros gravitant dans les mêmes lieux mais semblant appartenir à des sphères totalement opposées. C'est comme ça dans les romances dépressives : on se croise au lycée ou à la fac (_Love Story_), on habite le même quartier (_un Automne à New-York_) ou on bosse au même endroit (_Coeur Sauvage_), mais on n'a visiblement rien en commun. L'un mène une vie rangée quand l'autre est baroudeur (_la Route de Madison_), l'un est riche alors que l'autre est pauvre (_Love Story_) ou comme dans ce Temps d'un Automne, l'un fait partie des cools du lycée alors que l'autre fait partie des ringards.
Mais en dépit de ces différences, les héros finissent toujours par se rapprocher. Même si c'est pas simple. Parce qu'il y en a forcément un des deux qui fait le fier et qui ne veut pas trop que se mélangent deux mondes trop différents. Celui qui est du côté « cool » doit en effet souvent faire face à l'incompréhension de ses pairs, et même au rejet. Mais c'est là que les romances dépressives ça va quand même chercher loin : y a une putain de morale. On comprend en effet que le héros un peu mulet du début est devenu meilleur au contact de l'autre qui n'est que Bonté et qu'il préfère désormais l'Amour de cette personne merveilleuse à la fausse amitié de tous les autres. Ça claque, hein ?
Sauf que la personne si bonne qui a rendu l'autre meilleur, faut pas oublier qu'elle est malade. Cancer, maladie du cœur ou leucémie. La romance dépressive, ça va pas taper dans l'otite ou dans la gastro. C'est de la vraie grosse maladie incurable et fatale qui fait comprendre que cet amour si fort est condamné. Donc en gros : après bien des difficultés pour que l'un ouvre son cœur, les amoureux se trouvent enfin et vivent des instants de pure perfection, mais la maladie se manifeste, et paf y en a un qui meurt, l'autre est triste mais il fait le malin puisqu'il a connu cet amour, il possède cette force étrange que le commun des mortels ne peut pas comprendre.
Et la greluchette en peut plus de chouiner.
.
.
.
.
Le temps d'un Automne : à quoi bon ?
En 2002, lorsque sort sur les écrans
le temps d'un Automne, cela fait déjà 31 ans qu'on en soupe. Oui, 31 ans depuis
Love Story.
Landon est un mec super cool du lycée. Sa bande est super cool. Ils font des super conneries et se croient super malins. Forcément, ils aiment se moquer de Jamie et ses tenues ringardes, son sérieux et sa gentillesse surprenante. Déjà vu. Même que Landon se retrouve contraint de jouer dans la comédie musicale du lycée et même que Jamie y tient un rôle aussi. Même qu'il va apprendre à la connaître au fil de soirées où elle va l'aider. Déjà vu, déjà vu, j'vous dis ! Il y aura des pleurs de Jamie quand Landon tentera de sauver la face en la descendant devant ses potes, il y aura des efforts de Landon pour s'excuser et se rattraper, il y aura des baisers volés, des fous-rires, des preuves d'amour étonnantes, des vraies déclarations et des étoiles plein les yeux de la greluchette vissée devant l'écran. Mais même ça, ça pue le réchauffé !
D'où la vraie question : à quoi bon se farcir cet automne-là, surtout si on en a déjà passé un à New-York, un sur la route de Madison, et tant d'autres ?
Et les réponses…
(Parce que tant qu'à faire, autant donner les réponses, oui, j'suis comme ça !)
* Tout d'abord parce que Mandy Moore.
C'est quand même terrible de s'appeler Mandy Moore. Ça peut pas être son vrai nom, mais on s'en fout. Mandy Moore, c'est le nom le plus doux du monde, le nom parfait pour évoquer la gentillesse, la tendresse et la bonté, grâce à cette moelleuse allitération. Mandy Moore, juste dans son nom, trimballe avec elle des mondes imaginaires où des papillons volent doucement au milieu des nuages si doux des Bisounours tandis que des enfants nagent dans des océans de lait fraise, accompagnés du dauphin Galak. Et si en plus elle promène son visage angélique à l'écran pendant 1h40, c'est quand même l'occasion du siècle de laisser un peu de douceur et de beauté nous contaminer un temps. D'autant que même si les doublages en français sont à chier, Mandy Moore a un jeu honnête : il faut s'habituer au fait qu'elle joue une fille parfaite de sourires et d'ouverture d'esprit, et ensuite on est définitivement charmé par ce petite bout de femme.
* Ensuite parce que Mandy Moore chante.
Un bon film ne saurait se passer d'une bonne bande son. Bon, forcément, sur 28 days later, on jubile à l'écoute d'un bon rock crasse et bien percutant. Mais le Temps d'un Automne, on n'attend rien de plus que des chansons bien mièvres, mélodies cristallines pour voix séraphiques, et petites ritournelles entêtantes que la fille pourra rechanter le soir avant de s'endormir, en rêvant à son prince charmant. Là, comédie musicale du lycée oblige, Mandy pousse la chansonnette dans une scène qui se veut aussi culte que la danse de Dirty Dancing ou l'atelier poterie de Ghost. Et il est plusieurs scènes comme celle-là, où une bande son bien sentie, bien romantique et bien sirupeuse, tombe à pic pour souligner toute la tendresse d'une situation.
* Mais surtout, parce que Mandy Moore chante pour Shane West !
Car avant d'être l'interne sexy de
Urgences, celui qui sauve des vies le jour et joue dans un groupe de rock la nuit, Shane West a été assez jeune pour avoir assez peu de poils de barbe pour être crédible dans le rôle d'un ado rebelle mais qui deviendra bon quand même après. Alors voilà, Shane West, quoi ! En 2002, il a 24 ans lorsqu'il incarne le rôle de Landon Carter. L'arrogance de son personnage d'_Urgences_ en moins, il a déjà tout ce charme dans le regard. De quoi agiter les phéromones. Alors, que fallait-il de plus pour que je retombe en adolescence, que je revive mes 18 ans, et que j'imagine Shane et son blouson en jean doublé de moumoute blanche me tenant la main ? Je ne saurais dire si Shane West joue bien dans ce film, et je m'en fous : j'ai bu chacune de ses répliques, le temps d'un automne, et d'un hiver, et d'un été (*).
(*) Note de bas de page à effet immédiat : le titre français est très mal choisi, puisque Landon explique que son histoire avec Jamie a commencé à l'automne pour s'éteindre en été. On peut donc affirmer que le titre français est pourri et que le titre original, A Walk to Remember, possède bien plus de poésie.
.
.
.
.
Comme les roses, l'Amour n'a qu'une saison : et après ?
Pour conclure, je dirai simplement que, même s'il ne renouvelle en rien ce genre de films, le Temps d'un Automne possède une bonne dose de fraîcheur et autant de charme. La quantité de bons sentiments est distillée de façon à ne pas engendrer l'overdose, et l'on se prend à cette histoire pourtant mièvre et mélodramatique. Toutefois, en dépit de Shane West, cette intrigue ne vaut pas certaines autres du genre. Aussi, si vous voulez encore voir mourir des amoureux et voir pleurer les malheureux qui restent, voici une petite liste d'incontournables :
* Love story :
Le film fondateur du genre. Le premier que j'ai vu aussi. Évidemment pas à sa sortie, vu que je n'étais pas née en 1971, mais des années plus tard. Coup au cœur. Serait-ce ce film qui a semé en moi les graines de cette passion pour les choses à la fois belles et simples ? Un film qui n'est rien de plus qu'une histoire d'amour. Mais rien de moins que l'Histoire d'amour.
* Le choix d'aimer :
Qui s'appelle « Mourir jeune » en VO, ça annonce la couleur. Campbell Scott a une leucémie et Julia Roberts est embauchée pour le soigner. Ils tombent amoureux, évidemment. Et la fille qui regarde pleure beaucoup, évidemment.
* Coeur Sauvage :
Celui-ci est tellement obscur qu'Allociné ne le recense même pas. C'est pourtant mon préféré, celui que j'ai regardé le plus de fois depuis sa sortie en 1993, pile dans mon adolescence. Je chiale comme une grosse larve sur les quarante dernières minutes du film tellement c'est beau tout ça et tellement c'est encore plus beau quand tu sais que le mec il meurt à la fin…
* Sur la route de Madison :
Petit bijou de 1995. Clint. Meryl. Les grandes plaines américaines. Les paysages à couper le souffle. Un reporter du National Geographic. Une mère au foyer. Un pont. Une histoire qui se compte en jours, mais à laquelle on repense toute une vie… Ah, là, là…
* Un automne à New-York :
Sombre romance dépressive sans intérêt sortie en 2000, avec Richard Gere et Winona Ryder. Mais quand même, elle a la leucémie, alors elle meurt à la fin et il est triste. Enfin, il essaie : c'est Richard Gere, alors niveau empathie, faut pas trop en demander.
| Autres avis |
Quand l'amour fait des miracles...
Evaluation du produit Le Temps d'un automne (27 novembre 2002) par
cecilecha
Avantages: jeu acteurs, romantisme
Inconvénients: triiiiiiiiste!
Bon ayant donné mon avis sur "N'oublie jamais", il fallait bien que je fasse un avis sur "le temps d'un automne" qui est aussi adapté d'un roman de Nicholas Sparks ("A walk to remember"). Un film que j'ai aussi beaucoup aimé et que j'ai regardé plusieurs ...
Lire l'avis
Les membres de Ciao ont trouvé cet avis très intéressant |
|
très intéressant
03.03.2005
|
L'amour au dessus de tout...
Evaluation du produit Le Temps d'un automne (27 novembre 2002) par
shaq27
Avantages: le jeu des acteurs, le scénario, la réalisation...
Inconvénients: -----
...y a des films que l'on ne connaît pas et que l'on découvre avec plaisir… Celui la je n'ai lu aucun avis avant de le regarder, et en commençant à regarder ce film, je me suis alors dit d'en faire un…
Lorsque l'on m'a proposé de voir ce fi ...
Lire l'avis
Les membres de Ciao ont trouvé cet avis très intéressant |
|
très intéressant
10.01.2005
|
Emotifs s'abstenir !!
Evaluation du produit Le Temps d'un automne (27 novembre 2002) par
veronique1982
Avantages: belle histoire...
Inconvénients: ...qui fait chialer :'(
Désolée j'ai pas pu m'empêcher d'écrire un nouvel avis..je voulais juste vous faire partager mes impressions sur un film que j'ai vu hier soir...
*** Qu'est ce qui m'a poussé à aller voir ce film ? ***
Eh bien l'affiche tout simplement que vous pouv ...
Lire l'avis
Les membres de Ciao ont trouvé cet avis très intéressant |
|
très intéressant
28.11.2002
|
°°°Y'a pas que les grands qui s'aiment°°°
Evaluation du produit Le Temps d'un automne (27 novembre 2002) par
Morganne100
Avantages: 2 jeunes nouveaux talents, une histoire magnifique.
Inconvénients: Ca fait pleurer...
...Y'a pas que les grands qui s'aiment, y'a pas que les grands qui ont des sentiments...
Vous vous souvenez de cette chanson des années 80! Et bien c'est mon introduction pour présenter ce film, le côté niannian en moins, car ici il s'agit d'amour ave ...
Lire l'avis
Les membres de Ciao ont trouvé cet avis très intéressant |
|
très intéressant
05.12.2002
|
A walk to remember
Evaluation du produit Le Temps d'un automne (27 novembre 2002) par
qedrif
Avantages: bonne performance des acteurs, certains passages
Inconvénients: comédie romantique, un peu trop
Je ne suis pas un fan des comédies romantiques. Pas du tout. J'ai tendance à trouver ces films un peu trop faciles, avec toujours leur happy end obligatoire, leur épreuves qui arrivent toujours au même moment et se résolvent toujours au dernier moment com ...
Lire l'avis
Les membres de Ciao ont trouvé cet avis très intéressant |
|
très intéressant
16.01.2008
(14.01.2008)
|