Onfray soit qui mal y pense… *
05.12.2002 (19.12.2002)
Avantages:
amoureux ?
Inconvénients:
théorique
Recommandable:
Oui
 blue_maze
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Membre depuis:12.11.2002
Avis:4
Lecteurs satisfaits:9
Cet avis a été évalué par 42 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Le monsieur enseignait la philosophie dans un lycée technique de Caen avant d’abandonner son poste pour fonder tout récemment dans cette même ville une université populaire ayant pour ambition de « démocratiser la culture au travers d'un accès gratuit au savoir ». Je dis vrabo !. Il a commis une petite vingtaine d’ouvrages aux titres évocateurs (d’aucun dirait racoleurs) parmi lesquels : La sculpture de soi (et pas soiT n’est-ce pas Salombo33 (1) ), La politique du rebelle, Journal hédoniste, Le désir d’être un volcan et (dernier en date) L’anti-manuel de philosophie. Il manie assez bien la langue (celle de Molière pour le reste je ne sais pas !) quoi qu’il se la pète un peu (trop en fait ! ) à nous mitonner des phrases longuissimes (n’est pas Proust qui veut et je le prouve !) dans un style (souvent) empoulé à moins que ce ne soit ampoulé …. MAIS mais mais…. le monsieur n’a pas que des défauts loin s’en faut. Il a le mérite d’essayer de cogiter et de déchaîner les dithyrambes comme les invectives à chaque nouvelle parution, ce qui est tout de même plus rigolo que la révérence polie tirée à la sortie du 101ème taume d’une saga de Juliette Benzoni (la révolution française c’est pas booo ! (2)) . Tantôt qualifié de mystique de gauche, d’iconoclaste matérialiste mâtiné d’hédonisme ou plus benoîtement de libertaire, ce lecteur attentif de Nietzsche et consorts qui se la joue Socrate des cités voudrait prouver qu’on peut penser et jouir (presque) sans entraves… je dis : faut voir (ou plutôt en l’espèce faut lire !). Qu’est-ce donc alors que la « Théorie du corps amoureux » (sous-titré par l‘auteur qui a peur de ne pas se faire comprendre « Pour une érotique solaire ») ?. Un genre de tribu payé aux anciens, entendez par là les philosophes de l’antiquité Gréco-romaine et certains de ceux qui contribuèrent à la même époque à penser l’Homme, le monde et leurs finalités : poètes, médecins, historiens, théologiens etc. … fondements pour partie antérieurs à la pensée judéo-chrétienne que le sieur Onfray va bien entendu s’employer à narguer et égratigner. On part (ou repart c’est selon) à leur découverte au détour de l’évocation d’un bestiaire (3) qui n’a rien à envier à celui d’Émilie Jolie (souvenir d’enfance cher à aumonier95) à ceci près qu’il ne me semble pas opportun de le livrer en pâture à nos chères têtes blondes (les pauvres y‘a pas d‘images !). Coucou Aristote, t’as pas vu Pline et Diogène Laërce ? Ben nan j’étais avec Ésope, Epicure et Lucrèce ! Platon fait la gueule et Sappho de Lesbos versifie ! (ça c’est ceux que je connais au moins un peu, Archiloque par exemple ça le fait moins !). Et pour quoi faire la visite au « zoo métaphorique » ? Si je m’en réfère aux mots de l’auteur il s’agit notamment de proposer une « déconstruction de l’idéal ascétique », de « déchristianiser la morale » et de composer un genre de « Traité de libertinage », étant entendu que « le libertin désigne l’affranchi qui ne place rien au-dessus de sa liberté » (m’enfin ça veut pas non plus dire que c’est un gros con égoïste y paraît).D’où remise en question des modèles instituant le couple fusionnel comme accomplissement idéal et opposant une positivité spirituelle à une négativité charnelle. Tous avec Michel ! (C‘est ça Michel, lutte… comme dirait Weedoo0) : il faut « laïciser la chaire » , désacraliser le corps, construire un épicurisme joyeux, ouvert et ludique, instituer le « nomadisme célibataire » (nan monsieur Nazambay on a pas dit « voleurs de poules » !) et surtout ouvrir la voie à l’égalitarisme pour enfin instaurer un « féminisme libertaire » et une « esthétique païenne de l’existence ». Bon après m’être un tantinet gaussée je dois reconnaître que j’ai néanmoins apprécié ce livre (qui n’a pas été diffusé sur CinéCinéma n‘en déplaise à TeddyBeer72 !), que je résume de manière très partiale, surtout pour son bestiaire et ses références aux auteurs antiques qui m'ont poussée à les redécouvrir. Je partage pour partie certaines analyses qui voient dans les enseignements de certaines philosophies ou religions des relents de misogynie, l’apologie de la pulsion de mort ou du renoncement à vivre. Je ne trouve pas inintéressante la démarche d’Onfray consistant à vouloir redonner sa place au corps (tiens by the way lisez donc le dernier avis de TheXPhill ) et au désir, même si c'est du déjà-vu assaisonné à la sauce post-68. Son plaidoyer matérialiste s’embourbe dans des contradictions dont la lecture de l’exposé (si vous êtes arrivé à me lire jusque là) vous serait fastidieuse, notamment sur la question de la procréation. Si je suis loin de porter au nues toute femme au seul prétexte qu’elle a enfanté (sauf Grumpf ou Dounaska ! Ouais je sais c‘est abject !), je ne pousse pas le cynisme jusqu’à affirmer que la procréation est une quasi abomination dans la mesure où elle revient à infliger l’existence à qui ne l’a pas demandée (quoique … nan allez je déconne j‘aime bien les petits Aliens !). Quant à la liberté du contrat « conclus » entre joyeux célibataires, elle suppose, comme l’a très joliment formulé une lectrice attentive dans une lettre ouverte à l’auteur publiée sur le Net, que l’on soit vraiment « libre » (est on libre de choisir ses sentiments ?) de choisir ceux à qui l’on « s’attache » et qui deviennent (allez savoir pourquoi) l’« objet » de notre affectueuse attention.Affûtez vos commentaires, que vous vous soyez ennuyé(e) ou diverti(e) … et pardonnez ses offenses au labyrinthe que je suis.. Ite missa est ! * Nan nan, cet homme n’a pas été décoré de l’ordre de la Jarretière par SAS Elizabeth II ! (1) Ce n’est pas méchant et j’inaugure juste un exercice de Name Dropping sachant que je ne propose pas ma candidature au CND vu que, n’étant pas un homme et étant totalement dépourvue d‘humour, je n’ai aucune chance de profiter des formalités d’adhésion pour pouvoir enfin vérifier si Schrubs est vraiment un bon coup ! (2) Ami(e)(s) lecteur(s) et lecteuse(s)) si tu apprécies Juliette pardonne moi et saches que j’aurais pu tout aussi bien fustiger la pédanterie d’Eco ou l’œuvre de Teilhard de Chardin lorsqu‘elle constitue le seul horizon philosophique proposé aux élèves de certaines institutions… mandieu je m’enfonce ! EtienneC et David_z soyez indulgents s‘il vous vient l‘idée saugrenue de me lire ! J’aime forcer le trait… (3) Bestiaire qui sert à construire les chapitres du livre comme suit : Du manque. Épiphanie du carrelet philosophique (le jour où Platon a parlé de ça il n‘y avait pas de limande au marché !) De l’excès - Frasques du poisson masturbateur De l’économie. Emblématique de l’éléphant monogame De la dépense. Facéties du pourceau épicurien (Jambier 300 € ! ) De l’instinct. Vertus de l’abeille grégaire Du contrat. Célébration du hérisson célibataire (qui piquait, qui piquait, mais qui voulait qu‘on l‘caresse resse resse…) (4) Pour ceux que celà interesse ou irrite je précise que j'ai demandé la création de la rubrique hier soir. La Team assure quand il s'agit de causer philosophie ! (5) Weedoo0 lit vraiment ce qu'il lit. Ca m'apprendra ! (6) Je mets toujours achat pour les livres donc c'est vous qui voyez... (7) Confirmation : TheXPhill est prêt à noter TI du moment que l'on cite son pseudo et que l'on parle de seske ! (8) Chief a dit quelque part que son cerveau fonctionnait mieux du côté gauche... je crains que cela ne le confine en ringardise ! Théorie du Corps Amoureux - Le Livre de poche - biblio essais.
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30.08.2005 02:43
BRAVO !!! C'est un EXCEPTIONNEL sans aucune hésitation que je t'envoie ! Et si ça existait, j'aurais volontiers cliqué sur la touche : EXCEPTIONNELLEMENT EXCEPTIONNEL !
06.02.2005 04:11
très bien de parler de michel, le philosophe de notre époque !
17.09.2003 15:57
Je suis dessus en ce moment et j'ai eu l'occasion d'écouter quelques uns de ces cours sur france culture (ptetre encore disponibles quelques temps). En tout cas il est très proche du Socrate des cités que tu évoques (pour "qui se la pète" je suis un peu moins d'accord mais on en reparlera lorsque j'aurai fini le bouquin). Un très bon avis, chapeau