L'évaluation de l'auteur:
| Avantages: |
Un film indiscutablement juste . . . |
| Inconvénients: |
. . . mais qui peine à dépasser l'anecdote . |
| Recommandation pour les acheteurs potentiels? |
oui |
Le cinéma britannique nous a proposé ces dernières années une belle série de films sociaux, passant de chômeurs stripteaseurs à des mineurs virtuoses, et l'annonce d'un nouveau film anglais de trame réaliste, vanté comme « le film anglais de l'année » et récompensé de quelque équivalent britannique du César ne pouvait a priori qu'être tentante.
Je fus ainsi, dès le lendemain de sa sortie le mercredi 10 octobre 07 dans une combinaison assez limitée d'une cinquantaine de salles françaises, l'un des spectateurs plutôt nombreux, à en juger par le taux de remplissage de la salle de l'UGC Halles, de « This is England », signé d'un certain Shane Meadows.
Angleterre, 1983.
Margaret Thatcher a envoyé les troupes britanniques reconquérir les Falklands, occupées par les généraux argentins, et les images de la guerre sont sur toutes les télévisions, troupes marchant fièrement au pas et corps rapatriés de ceux qui sont tombés pour la reine.
Shaun n'est pas bien haut, mais prêt à en découdre avec tous ceux qui médiraient de son père qui lui manque tant, et son naturel bagarreur et crâneur le fait prendre d'affection par Woody, le chef d'une petite bande de skins dont il devient la mascotte.
Shaun découvre ainsi les brimades anti-pakis et les meetings du National Front, sans se rendre compte que ce n'est pas un jeu…
Le film sonne juste.
La reconstitution des quartiers un peu paumés d'une Angleterre encore plus paumée a un incontestable accent de vérité, de même que la présentation de ces skins, un peu perdus aussi, et qui trouvent dans le clan la famille qui leur manque et la solidarité qui a disparu, le film est en ceci très conforme à la justesse sociale si fréquente du cinéma social britannique.
Je subodore d'ailleurs quelque relent autobiographique dans cette histoire, le réalisateur est prénommé Shane et né en 1972, le héros est prénommé Shaun et collégien en 1983, cela me semble trop bien coller pour être un hasard, et on peut supposer qu'il y a des souvenirs personnels là-dessous, au moins partiellement, ce qui expliquerait d'autant mieux cette justesse évidente !
Même la bande son met bien dans l'ambiance, avec quelques musiques bien musclées du genre à être écoutées par les skins, j'ai repéré au générique un Wayne Schrapnel and the Oï Masters dont le nom dit assez la tendance, sachant que le Oï était le cri de guerre des skinheads…
Mais tout ceci ne dépasse pas l'anecdote.
Le film reste l'histoire particulière d'un gamin, et se limite à une seule histoire, sans la richesse narrative que pouvaient avoir d'autres films britanniques plus collectifs, les autres personnages ne sont finalement que des satellites du gamin, qu'il s'agisse de la mère qui fait ce qu'elle peut, de l'épicier pakistanais, variante locale de l'arabe du coin, ou des divers skins.
L'opus se limite à traiter ce seul axe, comment devenir skin et en revenir, sans aller bien loin dans la contextualisation, qui intervient essentiellement par une série de vidéos d'actualité au début et la présence permanente et déprimante du décor gris de ces banlieues grises sous un ciel presque toujours gris, c'est sûr que ce n'est pas le genre de films qui va faire de la pub pour le tourisme à Nottinghmam, puisque, si j'en crois le générique final, les choses ont été tournées à Nottingham.
Cela se regarde évidemment, et vaut par ce côté un peu témoignage, et au passage une piqûre de rappel antiraciste qui ne peut jamais faire de mal, mais l'on reste quand même loin des meilleures réussites du cinéma britannique…
L'interprétation est bonne.
Le jeune Thomas Turgoose est parfait dans le rôle du gamin, naïf ou brutal suivant les circonstances, il a l'innocence de l'enfant ou la brutalité du skin suivant les plans, et la tête de l'emploi, rouquin plus anglais que nature. Le choix de ce jeune acteur est particulièrement bien vu, et il apporte beaucoup au film par son naturel, ou du moins son apparence de naturel.
La galerie de seconds rôles qui l'entoure est bien distribuée aussi, mère larguée, épicier travailleur, skin brutal, jamaïcain cool, il y a de tout, et chacun dans sa petite vignette est bien dans la note, ce qui donne un aspect « vrai » au film. Les acteurs ne sont pas connus, mais pour ce genre de films c'est plutôt une force en évitant de charger les rôles de l'image de celui qui les joue, et ils se débrouillent tous bien dans leurs emplois respectifs.
This is England n'est pas toute l'Angleterre.
Le titre et la promotion un peu abusive sont quelque peu trompeurs, et pourraient laisser croire à un vaste portrait social, alors qu'il ne s'agit que d'un parcours individuel, celle d'un gamin que les circonstances et le manque de père vont amener à se créer une nouvelle famille, celle des skins.
Le film est sympathique, certes, mais mineur, et il n'est qu'un film anglais parmi d'autres, surclassé par quelques belles réussites du cinéma social anglais ces dernières années…
Note : 6/10
| Autres avis |
THIS IS ENGLAND
Evaluation du produit This is England (10 octobre 2007) par
fangxiandao
Avantages: un art réaliste
Inconvénients: __________
Shaun (Thomas Turgoose), douze ans, vient de perdre son père dans la guerre : 1982, les Malouines opposent dans le sang l'Angleterre et l'Argentine. L'enfant traîne sa peine dans les rues d'un très modeste quartier anglais. Un jour, Woody (Joe Gilgun) s'a ...
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Les membres de Ciao ont trouvé cet avis très intéressant |
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très intéressant
06.12.2007
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Skinhead à 12 ans ?
Evaluation du produit This is England (10 octobre 2007) par
koukihai
Avantages: Emotion
Inconvénients: Vision un peu trop superficielle du nationalisme
This is England c'est l'histoire de Shaun, jeune enfant de 12 ans, dont le père est mort dans la guerre des Malouines.
Depuis le départ de son père, Shaun vit seul avec sa mère et leurs moyens sont vraiment modestes. Shaun n'est pas populaire à l'école, ...
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Les membres de Ciao ont trouvé cet avis intéressant |
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intéressant
02.12.2007
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