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Les thèmes récurrents, on s’en serait un petit peu douté, sont ceux de toute musique populaire qui se respecte : l’errance, l’exil (« My proud mountains »), le regret d’amours perdues (« Dublin blues », « Still looking for you ») ou jamais rencontrées (« The Highway ... Lire l'avis
Avis par biroux sur The Highway Kind - Townes Van Zandt 04.09.2001
L'évaluation de l'auteur:
Textes
Chant/voix
Musique
Arrangements
Créativité
Avantages:
authentique mais pas ringard
Inconvénients:
trop d'écoutes peuvent vouis conduire à programmer votre suicide plus tôt que prévu
Recommandation pour les acheteurs potentiels?
oui
Avis complet
Bon, j’en vois déjà plusieurs qui rigolent... ça y est, le Biroux est définitivement barré, se disent-ils : après nous avoir gavé interminablement d’avis sur d’obscures formations celtico-rockeuses, le voilà qui achève de se couvrir d’opprobre en nous entretenant maintenant d’un CHANTEUR DE COUNTRY américain... et même pas de country-rock, hein. On a bien dit country. La vraie, celle que personne de censé n’écoute sous nos latitudes, à moins peut-être d’être chauffeur routier, et encore (tiens, qu’en pense Denamurdi au fait ?).
En fait, soyons honnêtes, pendant longtemps j’ai eu quelque peu tendance à tenir le discours communément admis : country = music de beaufs, voire réac ou raciste dans certains cas. Il y a des années, une copine de copine m’avait prêté une tapée de 33 tours du genre, et à l’époque j’avais frisé l’overdose devant toutes ces pochettes arborant des photo artistement retouchées de yankees à la barbe soigneusement taillée, exhibant dentitions de lapin, chemises western clinquantes, cravates à lacet de cuir et chti crâne de vache, quant à la musique, bof... la paille avait tendance à jaillir à pleines bottes des haut-parleurs, disons.
Mais bon, le biroux n’est pas sectaire, et il est curieux. Au fil de mes pérégrinations collectionneuses et musicales, j’ai fini par remarquer que certains artistes ricains - de rock ricain - parmi mes favoris (Walkabouts, Calvin Russell... ) reprenaient régulièrement des morceaux d’un gars qui pour moi était alors un illustre inconnu.
Townes Van Zandt, donc. C’est bien, continuez à suivre.
J’ai donc acheté, un peu au pif, ce « Highway Kind », album de 1997. Et j’en suis resté, peu ou prou, sur le derrière.
Rarement j’ai eu l’occasion d’entendre une musique aussi dépouillée, faisant passer autant d’émotion avec une telle économie de moyens : sur la plupart des morceaux, Townes Van Zandt est seul à la guitare accoustique. Les mélodies sont faites de quelques accords, mais de ceux qui composent des mélodies lentes et hantées. Là dessus, se pose une voix grave, qui parle autant qu’elle chante (Van Zandt a d’ailleurs écrit pas mal de « talkin ‘ blues »), et qu’on hésite pas à qualifier de magnifique... bien qu’elle soit parfaitement déglinguée, ou peut-être justement pour ça.
Les thèmes récurrents, on s’en serait un petit peu douté, sont ceux de toute musique populaire qui se respecte : l’errance, l’exil (« My proud mountains »), le regret d’amours perdues (« Dublin blues », « Still looking for you ») ou jamais rencontrées (« The Highway kind »). Côté feeling et émotion, je ne ferai pas dans la demi-mesure, je comparerais au Leonard Cohen ou au Neil Young des débuts, voire, allez, à Brel (JE SAIS ! Brel ne faisait pas de country ! Je parle ici uniquement d’intensité et de puissance d’évocation... ça y est, ils rigolent encore...).
Parfois, pas souvent, le ton se fait un peu plus léger (c’est aussi à peu près le seul moment où le violon rapplique), par exemple avec « No deal », ballade tragi-comique sur un type qui rencontre tour à tour un marchand de bagnole (qui veut lui fourguer une caisse sans moteur) , un toubib (qui veut lui interdire le whiskey) et une donzelle de 16 ans (j’ai pas bien compris ce qu’elle lui proposait, en tous cas quelque chose qui lui vaudrait de « being chased out of town with nothing but my cowboy hat »... je suis perplexe, là...).
Townes Van Zandt, disparu récemment à un âge pas très avancé (la cinquantaine), star grandissime dans son Texas natal, est a priori inconnu du grand public en France, mais curieusement il est relativement facile de trouver des disques de lui. Pas tout évidemment, en trente ans de carrière il en a fait une tapée. Sa discographie a d’ailleurs l’air d’être une jolie pagaille, avec les mêmes standards repris d’un album sur l’autre, et une floppée de live et de compilations plus ou moins redondantes. Je n’ai que 3 albums de lui, et ça me suffit déjà pour commencer à collectionner les versions de « No deal » ou de « Tecumseh valley ».
The « Highway Kind », live de 1997, est à mon sens une bonne introduction à l’œuvre du bonhomme. Il n’y a rien à jeter, et la chanson titre est à se rouler sur la moquette.
« You're the only one I want now I never heard your name. Let's hope we meet some day if we don't it's all the same. I'll meet the ones between us, and be thinkin' 'bout you and all the places I have seen and why you were not there »
Deux sites précieux pour ceux qui souhaiteraient en savoir un peu plus :
http://www.townesvanzandt.com/, le site officiel, qui recense toute la discographie, fournit la bio, etc...
http://home3.swipnet.se/~w-36794/tvz/alpha.html, une page suédoise (ils sont fous ces suédois) qui donne les lyrics de toutes les chansons écrites par TVZ (il a aussi fait plein de reprises, mais elles n’y sont pas). C’est un support plus que précieux car les textes valent souvent le coup, mais sont parfois difficiles à saisir pour une oreille francophone moyenne comme la mienne, tant l’homme peut donner l’impression, sur certains morceaux, d’avoir pris un coup de sabot de palomino sur le front, tout en mâchant une patate brûlante et en finissant un gallon de whiskey de contrebande...