Vendeur en magasin

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Demoiselle de rayon à votre service ! (PART I)!

2  30.12.2003 (31.12.2003)

Avantages:
Assez facile de trouver du travail

Inconvénients:
Métier physique et transpiration des pieds en perspective .  .  .

Recommandable: Oui 

Détails:

Épanouissant

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Melomolle

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Membre depuis:01.01.1970

Avis:25

Cet avis a été évalué par 68 membres de Ciao en moyenne: très intéressant

J'ai décidé de ne pas communiquer le nom de l'enseigne pour laquelle j'ai travaillé à l’époque car j'ai signé une clause de discrétion m'obligeant à garder les informations dont j'ai pu avoir connaissance pendant ma présence en entreprise, et ce, pendant ET après mon contrat. Étant obligée de révéler certaines informations qui devraient être tenues secrètes sur le fonctionnement de l'entreprise, j'ai préféré taire son nom, par respect pour les personnes qui y travaillent encore.

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Mon avis étant très long, j’ai décidé de la scinder en 2 parties. Cette première partie développe tout ce qui s’est passé depuis le jour où j’ai déposé ma candidature de vendeuse dans un magasin de prêt-à-porter, jusqu’à ce que je me mette au travail.
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POSTULER (ou presque)

Au chômage depuis un long mois, en novembre 2002 je décide de postuler comme vendeuse de prêt-à-porter, histoire de pouvoir faire quelque chose de mes journées, qui s’annonçaient longues et monotones… en attendant de trouver un poste d’infographiste (par la suite, j’ai légèrement dévié de cette optique vu l’état du marché du travail dans ce domaine très prisé).

Munie d’une poignée de CV - dignes de toute bonne infographiste qui se respecte, de mon optimisme et d’un joli sourire, je me rends donc à un centre commercial assez proche de chez moi, et surtout desservi par une ligne de métro.

Une fois au centre commercial, je tourne un bon moment sur les quatre étages, en long en large et en travers, pour faire un premier repérage. En général, un magasin qui recherche une vendeuse affiche une annonce sur sa vitrine, ce qui m’a facilité la recherche, puisque je n’avais pas besoin de traverser chacun de magasins, chercher le ou la responsable pour lui demander si le magasin ne cherchait pas quelqu’un –entreprise Ô combien laborieuse !

Première déception. Mon insouciance m’a encore joué un tour : la grande majorité des magasins précisait qu’il fallait se présenter avec un CV et UNE LETTRE DE MOTIVATION (s’il ne fallait pas en plus une première expérience dans la vente). Je n’avais pas préparé de lettre de motivation parce que je n’y avais pas pensé (et que je n’étais tout simplement pas très « motivée » pour aller bosser comme vendeuse. C’était juste pour payer mes factures) !

Je me suis sentie très laxiste (et bête) pour ce début de recherche d’emploi… C’était la première fois que j’étais confrontée au dur monde du travail, certes, mais je n’avais pas bien pris le temps de me préparer une réelle démarche de recherche d’emploi active.
Advienne que pourra ! Je m’étais déplacée, ça m'avait coûté un ticket de métro, alors foi de melomolle, j’allais déposer mon CV dans une boutique avant de quitter le centre commercial.

Par chance, une boutique de prêt-à-porter pour femmes devant laquelle je traînais mes jurons m'avait entendue, et recherchait justement une vendeuse… Je m'approche de l'annonce scotchée à la vitrine et je lis : « … Présentez-vous en magasin avec votre CV… ». Pas de lettre de motivation à fournir ! Je jette un œil furtif à l’intérieur de magasin, propret et très correct à mon goût.

Grande inspiration, et je décide de tenter ma chance, et je rentre d’un pas déterminé dans le magasin. La seule vendeuse qu’il y avait en magasin se trouvait à la caisse, et il me fallait traverser tout le magasin pour y accéder. En tout cas, la vendeuse en question avait l’air absorbée dans des comptes, donc ça en faisait une vendeuse responsable à mon sens (et je ne m’étais pas trompée : c’était la responsable adjointe). Je profite qu’elle n’ait pas de client pour me présenter et lui expliquer en gros ma situation. Elle pousse un soupir et me montre une liasse de CV entassée sur un coin de la caisse et qu’elle triait justement quand j’arrivais.

Deuxième déception. Je suis loin d’être la seule à postuler (et oui, c’est la concurrence est rude dans le monde du travail)…
Je ravale péniblement ma salive, mais je ne me décourage pas pour autant. Je lui propose de garder mon CV pour avoir mes coordonnées fin qu’elle puisse me contacter si une place se libère par la suite, etc… Elle accepte un peu par politesse, et consent à jeter un œil à mon CV. Et là, elle change d’attitude, adopte un ton franchement enjoué et me félicite d’avoir fait un CV aussi original, vif et coloré (sans vouloir cataloguer toutes les vendeuses, celles avec qui j’ai travaillé étaient quand même bien superficielles).

Je marque un bon point. Mon CV, à défaut de valoriser la moindre expérience atérieure dans la vente, a au moins le mérite de sortir du lot. Sur ce, ladite vendeuse pose mon CV sur la pile, me remercie d’être passée avec un grand sourire, et m’assure qu’elle va faire suivre ma candidature. Je salue et je pars, sans savoir trop quoi penser de ce premier contact.
Ayant par trop tourné en rond dans le centre toute l’après-midi, je me décide à rentrer chez moi, un rien déçue de n’avoir déposé qu’un seul CV. Si je ne suis pas retenue pour ce poste, je saurai désormais quoi faire pour mener à bien ma recherche d'emploi !

Le week-end passe, et je ne me fais plus trop d’illusion… je revois la pile de CV dans laquelle mon CV doit maintenant être englouti...

Et pourtant, le lundi matin, coup de téléphone d’une autre vendeuse du même magasin qui m’aborde d’un ton très chaleureux pour me demander si je suis libre le lendemain pour un entretien. Bienheureuse d’avoir franchi cette première étape, je prends rendez-vous immédiatement avec la responsable (c’est encore une autre personne du magasin), et je raccroche, après avoir utilisé toutes les formes de politesse requises dans de telles circonstances.

Le lendemain, je m'y rends en tenue correcte (pantalon noir et tee-shirt beige, qui sans le savoir, étaient deux couleurs tendances l'hiver dernier – 2ème bon point pour moi) et je prends soin de partir en avance, défiant ainsi mon chromosome du retard !

Ce jour-là, il y avait énormément de monde dans le centre commercial en général, et dans le magasin en particulier. Je me présente entre deux clientes en caisse, et la responsable me demande de faire le tour du magasin pendant qu'elle termine avec ses clientes. Je m'exécute vaguement, car vu le monde, j'ai quand même du mal à m'approcher des rayons.

La responsable expédie ses clientes en me regardant du coin de l’œil, puis me fait enfin signe de la suivre dans l'arrière-boutique.

L'ENTRETIEN

L’entretien est assez long. La responsable commence par me présenter l'enseigne, sa fonction, etc… puis elle me pose des questions sur le poste pour lequel je postule. J'ai l'impression de passer un oral pour un diplôme de vendeuse… Avec un peu de bon sens, je jongle avec les réponses vu que je ne connais rien à ce métier Mais je me débrouille pas mal, puisque la responsable semble satisfaite.

Ensuite, elle me propose de « jouer à la marchande » (comme quand j’étais petite). Avide de mises en scène qui requièrent un bon sens de l’imagination, je m’exécute en jouant le jeu. La responsable du magasin tient, bien entendu, le rôle de la cliente qui entre en magasin pour un renseignement ; je joue donc la vendeuse serviable et aimable. Ce petit exercice, un peu niais, a cependant l’avantage de projeter la personne qui postule (moi en l’occurrence) dans la fonction qu’elle vise à occuper, et d’aborder ainsi les difficultés qu’elle demande.
Pour l’employeur, ce doit être un bon moyen de visualiser les qualités requises pour le poste, mais aussi les défauts, plutôt que de demander à étaler une longue liste de compétences.

Dans le jeu de la marchandes, je commence bien par dire « bonjour » à cette fausse cliente, ce qui lui plaît, et entraîne un long argumentaire sur la politesse. L’accueil est un point primordial dans cette enseigne (je le note mentalement). On continue un peu l’exercice d’improvisation pour me pousser à vanter les qualités de certains articles (imaginaires). Puis elle me dit que c’est bien, et va chercher sa responsable adjointe (la vendeuse à qui j’avais donné mon CV). Elles s’échangent au passage deux-trois mots à voix basse, et je pense en avoir terminé avec l’entretien… ERREUR ! La responsable me laisse cette fois avec son adjointe pour un nouvel entretien. J’espère ne pas devoir passer d’entretien avec tout le magasin lol !

Ça recommence… la responsable adjointe me refait un entretien, avec en gros les mêmes questions (quel intérêt ?). Je lui avoue certaines fois que je connais déjà la réponse pour en avoir parlé avec la responsable, mais certaines fois, je fais mine de réfléchir pour lui sortir des réponses déjà vues. Cet entretien s’oriente rapidement sur la mode, que je suis malheureusement de loin . Je bute sur quelques questions très précises (c'est le noir et le beige qui sont à la mode cet hiver… l’accessoire qui prime doit faire cow-boy… l’été sera bohème et froufrou, etc…).

Du coup, je ne sais plus où j’en suis dans cet entretien. Comme j’ai tendance à me décourager facilement, je pense que mon ignorance en terme de mode m’a coûté la place. Cette partie de l’entretien était bellement foireuse…

S’ensuit un commentaire détaillé sur ma tenue vestimentaire et mon maquillage. L’adjointe m’annonce d’emblée que porter un tee-shirt en coton n’est pas très féminin (et pourtant, il est moulant) quand on est vendeuse, et qu’il faudra que je fasse un effort de ce côté là. Elle me recommande d’ailleurs au passage de m’acheter quelques tenues propres à l’enseigne si je suis prise comme vendeuse (je m’y attendais un peu). Sinon, les couleurs de mes vêtements sont tendances, et pour le pantalon et les chaussures noirs, sobres, pas de problème. Elle m’avoue qu’elle ne demande plus à ses vendeuses de porter des talons (et heureusement pour moi !) car rester debout toute la journée est déjà bien assez pénible pour les pieds.
Mon maquillage est discret mais présent, et ça lui convient aussi. Au niveau de la coiffure, ça va aussi (non mais ! Il ne manquait plus qu’à ce qu’elle me demande de me les raser :p). Il ne me manque que quelques accessoires (bijoux, ceinture…) pour être à la mode, et je lui réponds audacieusement que je profiterai de leur collection pour combler ce manque.

Elle me salue en me disant qu’elle me rappellera prochainement. C’est mauvais signe en général, et j’aurais préféré être fixée de suite. Je lui sers la main et m’en retourne chez moi, en traînant la patte.

Après quelques chuchotements échangés dans mon dos pendant que je m’en allais, la responsable et son adjointe me rappellent. Je fais demi-tour, le cœur battant. Mine de rien, j’y tiens, à ce poste ! Elles me demandent si je suis toujours partante pour le poste (oui), et elles me disent que, vu qu’elles aussi sont partantes, autant signer de suite. Je suis soulagée.

Retour en arrière-boutique pour signer un engagement de la part de l'employeur. Je rentre chez moi avec une bonne nouvelle : je commence le lundi suivant à 8 heures, et j'ai deux mois de travail assurés.

J'ai du repasser en fin de semaine au magasin pour fournir des photocopies de justificatif de domicile, pièce d'identité, carte vitale et RIB. Mon contrat de travail arrivera en magasin le premier jour de travail.

En résumé, ce qu'il faut connaître avant de passer un entretien pour être vendeuse :

- Le magasin en général, la filière à laquelle il appartient...
- Accessoirement : son chiffre d’affaires, etc…
- La cible de clientèle (Par exemple : femme de 25 à 30 ans / adolescents sportifs, etc.)
- L’organisation de la journée dans la vente (cf. plus loin dans l’avis…)
- Les tendances vestimentaires de la saison, voire de la saison prochaine, les accessoires incontournables…
- Il ne faut pas avoir peur de poser toutes les questions qui nous viennent à l’esprit (antivols, affichage des prix, services clients du magasin…)

LE CONTRAT

Le premier jour de travail, la responsable adjointe, avec qui je suis d'ouverture, me laisse un moment en arrière-boutique pour lire et signer mon contrat de travail. À 8 heures du matin, j'ai peut-être d'autres choses plus intéressantes à faire que lire 5 pages de contrat, mais il faut bien signer… (Au passage, ne commencez jamais à travailler sans avoir signé de contrat ! Ça m'est arrivé lors d'une autre mauvaise expérience professionnelle car la responsable des ressources humaines était en congés, et ça a été un vrai fiasco : on m'a fait travailler à plein temps alors que je ne devais faire que 80 heures de vacations mensuelles hebdomadaires…)

Le contrat qui m'est remis est fait en deux exemplaires : un pour l'entreprise, et un double en copie carbone au fur et à mesure que je remplis le contrat (au stylo bille) que je dois conserver.

Jetons un œil à toute cette paperasse …
Il s'agit d'un contrat de travail saisonnier qui s’appuie sur les termes de la Convention Collective des Maisons à Succursales de Vente au Détail d'Habillement (ça, c'est de l'intitulé !) et soumis à certaines conditions contractuelles (comme les absences sans motif, les réorganisations du magasin…). A l'époque, j’ai récupéré un exemplaire de cette fameuse convention en magasin, et elle est tellement complexe qu'elle n'apporte pas grand chose de plus.

* Mon statut
Je suis engagée en tant que vendeuse catégorie B, statut employé (c'est la catégorie la plus basse car je débute dans le métier).
Mon contrat est conclu pour une durée minimale de deux mois à compter de mon premier jour de travail. Il prendra fin automatiquement à la date d'achèvement de la saison, puisqu'il dépend de la variation de l'activité saisonnière. En gros, je suis embauchée pour renforcer l'équipe de vente durant les périodes des fêtes de fin d'année et des soldes d'hiver.
J'aurais pu continuer à la suite de ce contrat, car il manquait une vendeuse dans l’équipe, mais nous avons décidé de ne pas prolonger ce présent contrat d'un commun accord avec mes responsables car elles ne me proposaient que 20 heures par semaine, et mon passage ne s'est pas bien passé (voir plus loin).
Le contrat de travail aurait dû être subordonné à l'avis favorable du Médecin du Travail après visite médicale, que je n'ai d'ailleurs jamais passée…

* Les horaires
Mon engagement ne devient cependant définitif qu'à l'issue d'une période d'essai calculée à raison d'un jour par semaine. Pour mon cas, je serai en période d'essai 8 jours, puisque mon contrat saisonnier dure 8 semaines. À noter que cet engagement peut être résilié sans indemnité ni préavis durant cette période d'essai, à la volonté de l'une ou l'autre des parties. Mais je n'allais pas faire la maligne la première semaine au risque de perdre ma place !

Mon contrat de travail est conclu sur une base horaire de 20 heures hebdomadaires. Est joint la répartition de mes horaires des deux semaines à venir (je suis essentiellement du matin, j'ai mon vendredi de libre, et le samedi, je suis de fermeture). Il est précisé que les horaires journaliers suivants cette semaine de travail seront affichés en magasin, et qu'ils sont susceptibles de modification, dans le respect du délai de prévenance légal ou conventionnel. La responsable adjointe m'annonce au passage qu'elle a rempli les horaires pour le contrat, mais que je ne dois pas en tenir compte pour la semaine. On verra dans la journée pour le restant de la semaine (déjà, elle ne respecte donc pas le délai de prévenance légal et conventionnel). Je me suis dit qu'elle profitait sûrement de ma période d'essai car je n'allais rien oser dire. Elle a eu raison d'en profiter, parce que par la suite, je ne me suis pas gênée pour lui dire ce que je pensais !

Revenons au contrat. Il précise que je suis tenue d'enregistrer ma présence à chaque arrivée et départ du magasin. Le pointage se fait en caisse d'après un code personnel qui enregistre les heures de présence, et il me faut aussi signer le planning en avance (il nous est communiqué trois jours en avance en général) pour montrer que j'en ai pris connaissance. Pour cette première semaine qui commence en vrac, je ne la signerai pas très en avance, mais je les excuse sur le coup car j'ai été embauchée très rapidement.
Toute absence est soumise à l'autorisation préalable de la hiérarchie. En cas de maladie, la société doit être avisée dès le premier jour d'arrêt de travail et recevoir dans les 48 heures le justificatif correspondant. Donc, mieux vaut prévoir à l'avance si on a l'intention d'être malade !
J'ai un jour de congé obligatoire et fixe dans la mesure du possible (mais ça n'a pas non plus été respecté) par semaine.

* Des sous !!
La rémunération (enfin !) est de 644,12 euros pour une base horaire hebdomadaire de 20 heures (soit 488,92 euros net, ce qui est nettement moins impressionnant). Le montant est bien sûr amené à varier en fonction des heures réellement effectuées au cours du mois. Les salaires sont virés sur mon compte bancaire le dernier jour du mois. Les heures supplémentaires effectuées la deuxième quinzaine du mois sont décomptées sur la paie du mois suivant.
A la fin de mon contrat, après la date d'arrêt de paie, mon solde de tout compte sera établi le mois suivant celui de la sortie.

* Les primes
Nous pouvons toucher une prime semestrielle d'inventaire en fonction de la performance du magasin d'après des objectifs affichés en arrière-boutique, et sous réserve de participation à l'inventaire. Mais ce magasin-là n'avait pas de réserve (ce qui a ses avantages et ses inconvénients), donc nous n'avons pas eu d'inventaire à effectuer.

Une prime d'objectif mensuelle pouvait également nous être attribuée. Elle repose sur l'évolution de la cote du magasin selon les modalités précisées dans un document affiché en magasin qu'il nous fallait signer. Nous n'avons jamais atteint ces objectifs mensuels pour certaines raisons (entre autres) développées plus loin…

Une troisième prime est aussi possible en fonction du classement de la totalité des magasins de la chaîne. Pour en profiter, il faut avoir trois mois de présence en magasin, donc pour moi, c'était aussi râpé. Mais l'économie du magasin n'était pas au beau fixe, depuis plusieurs mois (je ne l'ai su que plus tard). Cette prime attendue par mes autres collègues n'est pas tombée, profitant à d'autres magasins mieux placés (et plus performants).

Bref, toutes les primes qui miroitaient à chaque début de mois nous sont passées sous le nez. Dommage, ça aurait pu faire un petit plus à la petite paie…

* Les clauses
Je suis également amenée à pour compléter ma garde-robe doit être payé et enregistré en caisse, avant d'être porté et sorti du magasin (j’ai quand même le droit de l’essayer en cabine). Sinon, c'est du vol !

Je dois m'engager à appliquer rigoureusement les règles et directives transmises par la société ou responsable, en matière d'accueil, d'horaire de travail, d'absence et de sécurité en magasin. Un point spécial attire mon attention sur la vigilance en magasin, qui ne doit pas pour autant me détourner de mon objectif prioritaire qui est l'accueil et la satisfaction de toutes les clientes. Soit…

Je me dois également d'assurer régulièrement les services qu'implique le bon fonctionnement du magasin (nettoyage des vitrines, du sol, époussetage des spots, penderies, rangement des articles, etc…). Ces services sont répartis par la responsable de magasin. Ça peut paraître idiot, mais si votre tête ne revient pas à la responsable en question, et que celle-ci n'est pas très honnête, attendez-vous à passer vos soirées à nettoyer le magasin !

Je m'engage aussi à informer par écrit la société de tout changement de ma situation personnelle, ce que je trouve normal… mais je n’avais ni prévu de me marier ni de déménager dans un T3 de 80m2 en deux mois de travail !

Je ne dois pas être liée à une autre entreprise à mon arrivée en entreprise, et que je dois être libre de tout engagement à cette date. Je remplis aussi ces conditions.

Je signe.

LES RECOMMANDATIONS

Dès le premier jour, on m’énumère une bonne liste de recommandations internes au magasin, auxquelles je dois me plier :

- L’adjointe m’a fait un badge personnel comportant mes prénom et grade. J’ai obligation de le porter pendant mes heures de travail en boutique.

- J’ai également une carte personnelle avec un code barre pour pointer mes heures de présence en caisse, conformément aux horaires affichés en arrière-boutique… Il suffit de trouver mon code vendeuse dans la liste d’un menu annexe dans l’une des deux caisses, de préciser si j’arrive ou si je pars, et de passer le laser sur mon code de carte. BIIIIIP ! Je valide, et c’est enregistré… A noter qu’une caisse est souvent occupée par une caissière (si si) qu’il faut déranger entre deux clientes pour pointer -ce qui s’avère laborieux quand la caisse est bondée. On doit bien entendu s’enregistrer pour une heure de pause.
On m’a fait des réflexions pour deux minutes de retard (alors que ce n’était qu’une histoire de caisse occupée par un client…), mais on m’a gracieusement laissée travailler un quart d’heure de plus plusieurs soirs… au bout d’un mois, je passais outre : je travaillais le temps que je devais travailler sans relever d’éventuelles réflexions, et on s’arrangeait entre vendeuses pour des horaires spéciaux (comme venir 10 minutes plus tôt pour une fille qui avait un train à prendre…), sans en informer les responsables qui n’étaient pas très arrangeantes.
Autre problème : il est mal vu de faire plus d’une pause pipi en 6 heures de travail. Mais je préférais croiser des regards malveillants en sortant des toilettes que de me rendre malade…
Cependant, je n’ai pas eu le moindre euro enlevé ou ajouté à mes revenus mensuels pour quelques minutes de travail en plus ou en moins. Le pointage servait à calculer en gros le total d’heures travaillées en magasin (aux 35 heures), et à nous tenir à une certaine ponctualité.

- J’ai une clé et un vestiaire à disposition pour poser mes affaires en arrivant. La clé doit rester sur la serrure du vestiaire quand je pars…
Nous étions bien entendu plus de vendeuses qu’il n’y avait de vestiaires disponibles, et il nous fallait courir après la vendeuse qui avait notre clé de vestiaire pour y mettre ensuite nos affaires, ou trouver une fille sympa avec qui partager son vestiaire si le notre si un carton en bouchait l’entrée.

- Il m’a été chaudement recommandé de porter des vêtements et accessoires de l’enseigne (ce qui n’est pas obligatoire d’après le contrat), mais j’ai eu des remarques quand je n’en portais pas au début. À mon arrivée, on m’examinait de la tête aux pieds avant de soupirer, lancer quelques réflexions ou faire des moues de dédain. J’ai donc crevé mon porte-monnaie pour m’acheter quelques tenues en magasin et deux colliers ; histoire d’apaiser les mauvaises langues. Avec 400 euros de paie par mois, j’espérais avoir une petite compensation pour ces articles que j’ai été obligée d’acheter… mais il fallait bien entendu travailler dans le magasin depuis trois mois pour profiter de la réduction. Je suis un peu dégoûtée d’avoir acheté ces vêtements parce que je n’ai plus l’occasion de les porter… je les avais acheté pour le magasin, mais ce n’est pas mon style vestimentaire. Cependant, c’est une bonne astuce de faire habiller l’équipe par les articles en magasin, car un vêtement porté n’a pas le même impact que sur un cintre. Pendant mes mini défilés dans le magasin pendant que je rangeais, on m’a souvent demandé si tel « top » ou tel pantalon venait du magasin…
Après deux semaines à souffrir des pieds dans mes chaussures de ville (pourtant très confortables si je les porte normalement), et à piétiner toute la journée en magasin, j’ai osé passer aux baskets de ville. Pas de réflexions… j’ai continué ! En tout cas, je n’ai jamais autant transpiré de la semelle qu’à cette époque… Il faut vraiment prévoir des chaussures très confortables si on veut éviter les problèmes… voire ajouter une paire de semelles anti-transpiration, et s’accorder quelques bains de pieds relaxants dans la semaine.

- Je dois aussi avoir un aspect « soigné » : maquillage subtil, cheveux propres et coiffés , voire ongles faits. Pour les ongles, j’ai essayé une fois, et ça été une mauvaise expérience : comme une vendeuse a beaucoup de travaux manuels à effectuer, le vernis s’écaille en une seule journée. J’ai laissé tomber le vernis. Les vendeuses qui portent du vernis ne doivent en général pas faire grand-chose de leurs dix doigts, ou alors elles passent leur temps à se faire les ongles !

- On me remet une plaquette du groupe d’une dizaine de pages (que j’ai du rendre par la suite) en me précisant que j’ai une semaine pour l’apprendre par cœur. La plaquette récapitule les spécificités de l’enseigne, les services proposés aux clients (réservation d’un article, commande minitel, retouche de vêtements…), le classement des articles en magasin, et l’entretien de certaines matières en rayon. Elle présente aussi les codes de vêtements et de coloris que je dois également connaître. Une fois qu’on saisit la logique d’un code barre, composé d’une série de chiffres représentant le type de vêtement (manteau, pantalon, veste…), le coloris (mais j’ai juste besoin de connaître la couleur générique de chaque gamme), et le type d’imprimé - que je ne devais pas apprendre (car ces codes sont compliqués et peu logiques… il est pratiquement impossible de distinguer un imprimé à fleur d’un tissu écossais, vu que le code prend en compte le mode d’impression qu’il n’est pas facile de retrouver). Grâce à ma bonne mémoire, je connaissais tous les codes en deux jours.
Il est indispensable d’apprendre ces codes à cause des changements d’étiquettes qui sont occasionnellement pratiquées par des clientes mal avisée en cabine.

- L’accueil étant primordial, je dois saluer chaque cliente qui se trouve dans mon périmètre d’abordage... il ne faut pas que la cliente soit trop loin, sinon, je devrais hurler « bonjour ! », ce qui manque franchement de glamour !! Saluer une cliente en magasin permet de lui faire comprendre que je suis une vendeuse du magasin et que je suis disponible si elle veut un renseignement. Cela permet également à montrer que le magasin prime l’accueil personnalisé de ses clients. Attendez vous, si un jour vous avez une expérience dans la vente, à ce que la moitié des gens que vous saluerez ne vous répondent pas… l’excès de politesse semble suspect dans notre civilisation !

- Et enfin, on me recommande d’être extrêmement vigilante en magasin face aux vols. Une cliente qui a de mauvaises intentions ne va pas arrêter de nous surveiller, il faut donc s’en occuper pour lui montrer qu’on a bien compris son manège… L’adjointe me dit surtout de me « méfier des jeunes Maghrébines car elles sont malheureusement souvent mêlées à des petits vols au sein du centre commercial (sic) » . Le centre dispose d’ailleurs d’une équipe de gardiens et de caméras de surveillance. En cas de doute sur un client, je dois en parler à ma supérieure, qui, si elle le juge nécessaire, appelle les vigiles. Un temps, j’ai essayé de surveiller les clients sans les déranger non plus, mais j’ai vite abandonné : je ne vois rien ! Une cliente a dérobé un foulard juste à côté de moi pendant que je remettais un rayon en place, sans que je ne m’en aperçoive. Les gens sont vraiment forts et n’ont peur de rien ! Après ça, je préférais ranger plus vite, en me tournant vers les clients pour les dissuader de voler, mais je ne cherchais pas à voir s’il y avait effectivement des vols qui se produisaient dans mon dos. Je laissais surveiller attentivement le magasin aux vendeuses qui avaient l’œil !

… à suivre…
Dans le prochain épisode, retrouvez Melomolle en action ! Au programme : du rangement, du calcul, de l’antivol, du ménage… (suspense…) Et un peu de rébellion !!…

*°(-_-)°*


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Commentaires sur cet avis
sofiee11

sofiee11

11.08.2010 22:36

j'ai tout lu très interessant ! pfiou moins de 500€ net par mois ca fait pas lourd pour tout ça...

omega181

omega181

27.07.2005 21:03

avis plus que complet, bravo!

ROMAIN01

ROMAIN01

20.04.2005 16:12

Dommage que je n'ai plus de E , superbe avis . Merci de nous avoir relaté ton expérience .

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