Vendeur en magasin

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vendeur chez THE PHONE HOUSE: le calvaire!!

1  22.02.2005

Avantages:
staff très sympa, même humain, apprendre à travailler speed mais efficacement, gérer le stress

Inconvénients:
paye de misère, surexploitation, pression énormes des directeurs et des clients

Recommandable: Non 

Détails:

Épanouissant

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strige

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Avis:24

Lecteurs satisfaits:15

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Cet avis a été évalué par 17 membres de Ciao en moyenne: très intéressant

ça faisait très très longtemps que je voulais parler de cette foutue enseigne à qui je ne conseille jamais d'y travailler, sauf dans le cadre d'une formation en alternance (et là j'avoue c'est même bien payé par rapport aux autres entreprises dans ce cadre là).
En ce qui me concerne, j'étais en CDI et je n'y suis resté que 7 mois (et j'étais à deux doigts de me barrer même dès le 2e mois). le texte étant très long, je comprendrais si vous ne lisez pas tout, mais ça m'a tellement affecté qu'il s'agit presque d'une nouvelle. Alors prenez-le, je vous prie aussi bien comme une info mais également comme une nouvelle réaliste. A noter que j'emploie des grossieretés mais vivez ce que j'ai vécu et vous ne pourrez blâmer ces quelques gros mots.

tout début février 2003: je suis convoqué à un entretien d'embauche au siège de TPH qui se trouve à suresnes. pendant 45 minutes, je parle de mes ambitions, mes motivations, etc... quelques jours plus tard on m'appelle et me voilà embauché chez TPH.

1e étape suite à mon embauche: une formation d'une semaine rémunérée avant de se lancer dans l'aventure. ayant déjà bossé en téléphonie mobile chez carrefour (où j'en ai chié également - excusez ma vulgarité mais j'ai la rage quand j'en parle), ce fut une semaine d'ennui mais surtout d'amusement car j'avais sympathisé avec de nouvelles recrues. j'étais le meilleur aux divers tests car je connaissais tout. il est vrai que la formation était vraiment sympa, bonne ambiance, formateurs très pédagogues, vivants... en outre, je me souviens avoir lancé quelques pics au formateur orange (o rage, o désespoir, n'ai-je donc tant vécu pour me retrouver un jour client de cet opérateur de merde ;) ) pour lui dire que le téléphone spv ne marchera pas très bien (dans ma tête, c'était plutôt jamais) vu qu'il était peu ergonomique.


2e étape: fin février je commence à prendre mes fonctions dans un TPH qui était situé au CC de Cergy les trois fontaines. une petite boutique, parmi tant d'autres, espace confiné mais plus rassurant que le grand espace de carrefour (saoulant à cause de va et vient incessants et le brouhaha ambiant), des rayons bien structurés, bien rangés, le comptoir avec ses trois ordinateurs et ses trois caisses. je fais connaissance dans un premier temps avec le responsable de cette boutique, puis dans la journée avec son assistant et d'autres vendeurs. l'accueil fut chaleureux et je m'y sentais plutôt bien en comparaison à carrefour.
Les quelques premiers jours je travaille en binôme avec le responsable ou l'adjoint pour les procédures administratives ou l'utilisation du logiciel de vente (qui fait également inventaire et vérification de prix et références). au bout d'une semaine je suis opérationnel.

Je fus souvent félicité de mes résultats, de mon efficacité. parfois on me reprochait de prendre un peu trop de temps avec des clients. Mais, j'avais adopté un adage simple: un client bien renseigné = un client qui achète plus facilement = un client satisfait = un client qui me fait confiance = un client qui revient ou qui me recommande. un investissement au départ qui se révèle très souvent payant par la suite.
Au-delà de la vente, je m'occupais donc de la caisse, de la gestion des stocks, des affichages, des modifs de prix, du rayonnage, enfin bref tout ce que peux faire un chef de rayon. En plus je devais traiter les produits SAV, plus des téléphones avec assurance.

A la fin du premier mois lorsque je reçois ma paye, à mon grand étonnement j'ai moins de 900 euros (pour une moyenne de 39 heures de travail officiel mais 44 heures réels, heures supp non rémunérées), je vais voir mon responsable pour lui dire que ça fait un peu léger. Il me répond que je n'ai pas à m'inquiéter, que tout ce que je n'ai pas eu ce mois ci je l'aurai le mois suivant. En théorie il avait raison car c'est exactement les conditions de rémunérations qui m'ont été précisées lors de mon embauche, cependant la réalité révèlent des choses moins appéttissantes qu'on nous le fait paraître.

Deux mois passent, même topo, "ne t'inquiète pas, ça ira sûrement mieux après". Je prends mon mal en patience et je me dis qu'après tout c'est comme ça que ça fonctionne ici.
J'apprends peu de temps après que sur les 9 employés de ma promotion, 3 déjà ont quitté TPH. J'en ai vite déduis que les belles promesses ne sont pas acceptées si longtemps par tout le monde.

Au mois de juin, soit 4 mois après mon embauche, je reçois pour la première fois une fiche de paye avec en net 1050 € , pour la première fois j'atteinds les 4 chiffres, mais à quel prix aussi!!! L'énervement commençant à monter je vais voir mon responsable pour lui dire qu'il y a foutage de gueule car je me suis déchiré pour fournir le meilleur travail possible. Alors tout poliment (car il était quand même très sympa comme manager), il me répond que je n'ai sûrement pas fait mon maximum. Ah non c'est sûr, je peux aussi travailler 300 heures par mois, comme ça j'aurais peut être l'honneur et la chance de toucher 1500€ net: honnêtement je travaillais près de 200 heures en moyenne par mois, payé 169 heures (39 heures hebdos, salaire au smic 39 heures), ce qui faisait qu'en gros je touchais moins que le SMIC horaire.

Les heures supp étaient notées comme heures à récupérer mais comme je faisais toujours des heures supplémentaires de malade, je ne pouvais jamais les prendre: c'était le cercle vicieux. J'avais le malheur de partir 10 min voire 15 min après mon heure de fin et on me reprochait de temps en temps le fait de partir trop tôt. Y a quand même de quoi tomber sur la tête. Donc du coup je faisais assez souvent en sorte d'arriver en retard car j'en avais marre. Marre de faire des efforts pour rien, du moins pas pour moi.

Les horaires étaient modulées d'une semaine à l'autre. la boutique ouvrait à 10 heures et fermait à 20 heures du lundi au vendredi et le samedi de 9 h à 20 heures. pour l'ouverture il fallait venir 10 min à 15 min en avance.
Compte tenu que la société fonctionnait plutôt à l'économie (on voit qu'elle fait des économies sur tout), on était clairement en sous effectif, si bien que tous les lundi j'étais seulement avec mon responsable. Très souvent, pour ne pas dire tout le temps, on était surchargé comme je l'ai rarement été (quoique à carrefour j'en ai vraiment bavé), si bien que lorsqu'il s'agissait de prendre ma pause déjeuner il fallait plutôt s'attendre à déjeuner vers 15 heures ou 16 heures. Il m'est déjà arrivé de déjeuner plusieurs fois après 17 heures, on pourrait plutôt parler de goûter. Certains jours, compte tenu que je n'avais pas eu le temps de prendre mon petit déjeuner, je me retrouvais en somme le ventre creux depuis près de 20 heures. je faisais assez aisément des journées de 10 heures voire 11 heures et sans pouvoir poser mes fesses quelques part vu qu'il n'y avait pas de chaises!!! Le pire c'était l'été quand il faisait 35 degrés dans la boutique et qu'on nous obligeait à être habillé en chemise cravate et pantalon de ville (encore un autre facteur d'amaigrissement express).
La fatigue était telle que finalement à elle seule, elle me coupait suffisamment l'appétit pour que je ne mange pas grand chose en somme. Quand je rentrai chez moi (je partais de chez moi à 9h30 et je n'ai que 25 minutes en voiture) il était 21h30 et j'étais tellement fatigué que j'avais la flemme de me faire à manger alors je grignotais des trucs (ou me faisais à manger si la flemme était vaincue par une faim terrible) devant la télé et la plupart du temps je ne manquais pas de m'endormir devant celle-ci. J'avais perdu énormément de poids en aillant bossé dans cette foutue boite. D'ailleurs ma copine de l'époque était inquiète pour moi mais me reprochait également le fait d'être maigre (elle n'a su pourquoi il ne m'a pas été possible de grossir pendant tout ce temps que lorsque j'ai travaillé dans une banque et que j'avais plus de temps pour moi et que j'avais également le temps de faire du sport et donc de plus manger et dormir). Il est vrai que cette condition physique me pesait terriblement, je rêvais tellement de pouvoir retrouver ma belle physionomie bien musclée et sportive de lorsque j'avais 19 ans.

Ma paye était tellement misérable (en moyenne 850 € net pour 190 - 200 heures de travail effectifs) que je n'utilisais quasiment jamais les tickets resto pour manger un bon truc ou quelquechose de passable et que je préferais plutot me faire un truc à manger bien fade car j'estimais à cette époque que lorsque je mangeais au travail ce n'était pas pour me faire plaisir mais plutot pour me nourrir avant tout (je mangeais sur mon lieu de travail en arrière boutique dans une petite cage à rat en fait et il m'arrvait assez souvent d'être interrompu pour aller filer un coup de main). Je mangeais souvent mal (car c'était pas bon et c'était lassant à force) et peu (vu que c'était dégueu). Je considérais que le plaisir était lorsque j'invitais souvent ma chérie au resto avec mes tickets restos. un sacrifice pour des instants doux et paisibles. Parallèlement, je mangeais des produits peu chers (pâtes avec sauce tomate ou pommes de terres à l'eau; jamais de viande, que du poisson ou des oeufs), jamais des plats tout préparés bien que ça m'aurait bien rendu service (pour un gain de temps).
En prenant du recul je trouve que j'ai fait beaucoup de sacrifices, mais quelque part, c'est dans ces moments là qu'on apprécie davantage les choses perçue de façon assez banales pour d'autres gens. Maintenant c'est vrai que je suis assez peu regardant sur les dépenses que je fais.

Curieusement pour une paye aussi pourrie que ça, on subissait une pression parfois peu tolérable. Je me souviens que l'on nous demandait tout le temps de proposer aux plus de gens qui passaient la formule de téléphonie fixe 9 telecom pour ceux qui étaient encore chez FT. Lorsque l'on ne faisait pas suffisamment de chiffres on nous rabachait tous les jours, "t'as proposé du 9?", "pourquoi tu n'as fait que ça?", etc...
Pareil pour les assurances contre le bris, le vol. Non seulement elle était très chère (je vous déconseille de la prendre à moins d'avoir acheté un téléphone ultra cher) mais en plus de ça lorsqu'il fallait prendre en charge un sinistre c'était un vrai casse tête. Quand on ne faisait pas suffisamment d'assurances, on avait des coups de fils fréquents de la part du directeur régional. Une fois, ce sont carrément le DR plus le directeur des assurances qui avaient débarqué dans la boutique pour remonter les bretelles au manager puis à nous-mêmes. Enfin bref, la galère quoi!!!

Au delà de l'aspect pécunier, il fallait également tenir compte de l'environnement. Avec ce que j'ai vécu, je prendrai très souvent la défense des vendeurs car il ne faut pas se leurrer mais "NOUS NE SOMMES PAS DES VOLEURS".
Souvent j'avais affaire à des connards de clients qui n'avaient rien compris de notre monde. Lorsqu'on me faisait la remarque "de toute façon vous les vendeurs, vous vous en foutez plein les poches". A cette ineptie, j'avais deux répliques: je disais au client que dans ces conditions là, je ne bosserai plus et que je passerai mon temps à m'amuser ou lorsque j'étais vraiment énervé, je leur faisais savoir que je pouvais leur montrer ma fiche de paye pour les calmer direct. Je ne supportais pas ce genre de remarque infondée.
D'autres qui doutaient de mes conseils, je leur répondais que dans ce cas là je préfererais ne rien leur vendre et donc du coup s'excusaient souvent et je leur sortais l'adage qui m'est toujours cher: un client satisfait = un client qui ne revient pas pour me faire perdre mon temps ni le sien = un client qui raménera d'autres gens.
Parmi les clients relous, ceux qui sont indécis et qui me font perdre du temps. Il m'est arrivé certaines fois d'envoyer balader des gens qui prenaient beaucoup trop de temps à se décider car il y avait d'autres clients plus sérieux qui attendaient.
Enfin, des gens malintentionnés ou violents. Il m'est arrivé une fois de vouloir fracasser un sale wesh wesh car il prétendait n'avoir rien volé alors que je l'avais vu et avant même que je le lui dise. Plusieurs fois les rapports étaient très tendus.

Août 2003: pendant les vacances bien méritées à la plage avec ma chérie de l'époque, je repensais à toute cette galère et me disais qu'après de telles vacances, il me serait impossible de reprendre réellement le travail. Un tel fossé entre ces instants paisibles et l'enfer chez TPH. Donc, je pensais très fortement à partir.

Effectivement, après la journée de travail du mardi 8 septembre 2003, j'appelle mon responsable en rentrant chez moi qu'il n'est pas nécessaire qu'il compte sur moi les jours suivants. Alors, voilà l'hypocrisie monumentale, il m'explique comme quoi c'est vrai que le système de primes n'est pas à notre avantage mais qu'il faut garder espoir en s'investissant davantage (pourquoi pas dans ce cas là vivre dans la boutique, comme ça je suis sur de travailler plus), il m'indique comme quoi je peux prendre mes heures de repos compensatoires (ah c'est étonnant c'est la première fois qu'il me le dit)... enfin bref, tout le blabla à la con que j'aurais voulu entendre dès le début. Oui du coup je suis parti sans rien dire, mais grâce à ma cousine qui est responsable RH chez TPH, j'ai été licencié. Le gros bémol, c'est que sous prétexte que je n'ai pas été là entre le moment où j'ai décidé de partir et le moment où j'ai été officiellement licencié, la société a considérée que j'ai été absent. Je me suis vu ponctionné de l'équivalent d'un mois de salaire, dont une partie m'a été prise sur la paye d'août (alors que j'ai été présent tout le mois, sauf pour les vacances mais il s'agissait de congés payés) et l'autre sur la paye de septembre. En gros on m'a volé près de 900 euros (qu'il faut que je réclame vu que j'ai le temps de faire cette réclamation).


Tout ça pour dire que ce travail de vendeur était très éprouvant aussi bien physiquement que mentalement. Une vie de chien!!
une torture également pour mon compte en banque. Or le peu de dépenses que je faisais plombait très rapidement mon compte.
Voilà mon long périple dans cette société trop nulle qui dégoûte de travailler, une société où le turnover est ultra important. En l'espace de seulement 7 mois, sur les 9 de ma promo, il n'en restait plus qu'un: j'étais l'avant dernier à partir.
Je vous remercie d'avoir tenu bon car je n'ai jamais autant écris depuis que je suis inscrit ici mais ça me tenait à coeur. Si certains d'entre vous pouvaient me dire comment faire pour récupérer au mieux et au plus vite ce que TPH me doit, je lirai vos conseils avec plaisir (je sais qu'on a 5 ans pour réclamer).

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mric

mric

28.08.2009 21:06

Désolé, mais j'ai travaillé personnellement de 99 à 2001 chez Phone House, et ça s'est très bien passé, j'ai même été repéré par Carrefour par la suite. Pour donner un autre exemple de réussite, ma femme y travaille depuis 2001, et y est toujours ! Malgré quelques galères, elle a su rester et montrer le bon exemple ! Je peux aussi donner plusieurs témoignages de gens qui avec peu de diplômes ont réussi à passer de vendeur, à adjoint, puis manager, resp régionaux et même responsable de division ! Donc, surexploité oui et non, on est pas obligé, paye de misère, si tu ne vends pas bien c'est sûr (j'ai jamais eu en dessous de 1500 euros et de mon temps c'était très bien ! ) et mon amie c'est déjà faite plusieurs paye au dessus de 3.000 euros . Oui il y a mieux, mais j trouve ça plutôt pas mal !

alllllanca

alllllanca

30.04.2009 01:30

g vendu du 9 pour un centre d'appel et ct l'enfer aussi niveau pression, humiliations, conditions de travail mais bon niveau salaire ca pouvait aller avec els primes mais a kel prix, kelle pression et pourtant ke faisais ds les 4 plus gros chiffres de la boite! mais aucun respect...je n'y bosse plus mais je me suis fait une raison, ils sont tous pareils!

rachel43

rachel43

08.12.2008 15:33

On dirait moi dans une toute autre enseigne. Je te comprend a 200%. Les patrons savent qu'on a besoin de bosser et la loi de la jungle s'impose d'elle même!

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