"LE VIOLON NOIR" de Maxence Fermine.
Un tout petit fascicule. Vraiment.
L'air de rien...Mon coeur a battu la chamade pour lui, j'ai envie de vous faire passer cette émotion.
Oh, j'aimerais me défaire exceptionnellement de mon verbe habituel, si excessivement riche (au mauvais sens du terme...) et approcher pour cet avis-là du registre de cet auteur, écrivain (ou poète?), un maître du dépouillement.
Difficile "challenge"!Cet ouvrage est donc un minuscule roman, voire un modeste conte. En quelques pages, fort aérées, il vous conduit aux sommets.
Montant en intensité graduellement, il atteint le sublime et touche au génie. Un tour de force? Non, juste un peu de magie...et un grand talent d'écriture en filigrane.
------------------------------------------------Imaginez-vous dans une petite salle de concert, sombre et feutrée .
Vous écoutez un virtuose. Solo de violon.
Il joue sur un Stradivarius...rien que pour vous et pour quelques intimes. C'est cela l'EFFET:
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~Beauté de " L'Instant".
-------------------------------------------------
Tout ici est SENS.
Grande économie de moyens...
Le style est fluide, limpide.
L'émotion circule et passe.
--------------------------------------------------
Wolfgang-Amadeus MOZART a dit: "MA MUSIQUE EST ENTRE LES NOTES".
Ici, elle est entre les MOTS. --------------------------------------------------
- Histoire de musique
- Histoire de rencontre(s)
- Histoire d'Amour
Triples récits mis en abyme... --------------------------------------------------
L'EPOQUE: les conquêtes napoléoniennes...mais,NON ce n'est pas une histoire de guerre!LE LIEU : Venise. Un décor parfait pour une belle histoire d'amour, me direz-vous...NON, ici nous sommes bien loin d'une banale "romance" avec cette fulgurante vision-fusion:
"La Femme à la voix de violon", ou bien dois-je dire "le Violon à la voix humaine"...
***********************************************************************A Venise, donc.
Au XVIIIème siècle, L'Armée Napoléonienne...un peu en déroute. Un soldat (oh soldat bien malgré lui: enrôlé de force...): Johannes Karelsky, un musicien prodige, une sorte de Mozart violoniste, malchanceux et blessé...
"Heureusement" blessé, il est cantonné et logé chez un très vieil ermite dans une masure vénitienne.
Cet homme presque muet, secret, passionné d'échecs, d'eaux-de-vie (ah le cérémonial religieux de la dégustation!) est... LUTHIER!
Hasard fou, miracle que cette rencontre bien sûr.
L'amitié va lentement se décanter, presque tacitement s'épanouir chez ces deux hommes...tel le bouquet subtil de la meilleure "grappa"!
De cette rencontre magique avec Erasmus, le luthier vieillissant et désabusé, ancien élève de Stradivarius, le roman va se déployer sur la sombre histoire de Carla Ferenzi, la Muse maléfique...alchimique.*********************************************************************
Maîtrise impressionnante dans ce roman pur, fin et concis.Maxence Fermine m'avait déjà "foudroyée " avec NEIGE, simplissime et poétique. Un conte étincelant qui était aussi une fine introduction à la pensée japonaise et à la poésie des haïkus.
Le Violon noir est forcément différent (lieu, époque, histoire...) mais il est son jumeau dans l'élégance de l'écriture.
Pureté
Sobriété
Poésie...
Je vous laisse...
====================================================Je vous conseille du même auteur "Sagesse et Malices de Confucius, le roi sans royaume".
Une subtile et intelligente approche du confucianisme. Plaisir et philosophie.
Quarante courtes et lumineuses histoires: sentences, paraboles, esquisses...
Où il est question de l'âme des papillons, de la beauté d'un fil de soie, de la pluie...
Du même niveau d'excellence que "Neige" ou "Le Violon noir", bien que destiné théoriquement aux enfants...rare dans la littérature enfantine un tel respect, une telle exigence.
Enfin, dans ce même rayon "enfants", vous pouvez trouver aussi des merveilles écrites par "my dear" JMG Le Clezio!
30.08.2004 11:03
:)
22.07.2004 22:53
merci de nous faire partager de votre enthousiame
24.11.2003 14:21
encore un écrivain qui m'est inconnu, et à te lire il me semble que je rate quelquechose.