Le Violon noir - Maxence Fermine

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Un tout petit fascicule, vraiment...

5  21.07.2004 (27.07.2004)

Avantages:
absolument tous

Inconvénients:
aucun

Recommandable: Oui 

Here..InMyHead

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Membre depuis:01.01.1970

Avis:7

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Cet avis a été évalué par 9 membres de Ciao en moyenne: exceptionnel

« Vois-tu, les rêves, il faut finir par les briser » (Maxence Fermine, le Violon Noir)

~ Une Intro, afin de vous donner envie de le lire ~
Pour Johannes Karelsky, tout commence au jardin des Tuileries à Paris, par une belle journée de l’été 1769. Il a à peine cinq ans.
Devant le bassin près duquel il s’amuse, un homme s’est arrêté. Grand, le visage sombre mangé d’une très longue barbe noire, celui-ci a tout d’un diable sorti de sa boîte.
Sans prononcer la moindre parole aux promeneurs qui, intrigués par sa présence, commencent à l’entourer, l’homme sort de sa poche un minuscule violon et commence à en jouer.
Notes faites exclusivement d’oreille et de cœur, l’homme raconte sa vie à qui peut l’entendre...
Parce qu’il a su le faire, le petit Johannes apprend ce jour-là, qu’il est lui-même musicien...

Il ne faut guère plus de deux années pour que Johannes surclasse tous les maîtres de musique venus lui parler de violon.
Enfant prodige, il fait le bonheur de sa mère…
Animal de foire durant dix ans, pour toutes les grandes courts d’Europe, il fera aussi sa fortune…

En 1788, Johannes fête son dix-septième anniversaire et avec l’age, le virtuose surprend de moins en moins. Son public, désormais se lasse et le délaisse. Tout comme sa mère, qui entreprend cette année-là, un ultime voyage…

Désormais seul, abandonné de tous, Johannes va prendre quelques élèves afin de pouvoir subsister. Et pour que sa vie ait encore un sens, il rêve de composer un opéra.
Un opéra qui serait d’une telle beauté que seul Dieu pourrait le comprendre…
Un opéra, dont l’écriture devrait être si parfaite qu’elle l' obligerait de lui consacrer toute sa vie…

En 1796, Napoléon Bonaparte part à la conquête de la péninsule italienne.
Enrôlé dans son armée dès le printemps, Johannes voit avec lui son doux rêve d’opéra s‘envoler…
Blessé à la bataille de Montenotte, il va pourtant en vivre une des plus belles scènes, lorsqu’il recevra, au seuil de la mort, la visite, le chant et le baiser d’une femme très belle, tout de noir vêtue…

Rétabli, mais restant affaibli par sa blessure, Johannes, désormais, ne doit plus se battre.
Affecté à l’arrière, avec pour seule mission d’occuper le terrain conquis, sa compagnie, alors en marche sur Vienne, l’abandonne, mi mai 1797, à Venise et à l’hospitalité d’un vieil homme…

Hasard de la rencontre ou volonté divine, Johannes apprend que, comme lui, son hôte, luthier de formation et élève du grand Stradivarius, a consacré toute sa vie à la musique. Et, ce qui n’est au début de leurs relations qu’une passion commune va très vite se transformer en amitié sincère .

Désormais bénéficiant d’un contexte plus que favorable et puisqu’ il réside aussi à Venise - la ville qui a vu naître l’opéra - Johannes se remet à écrire l’œuvre de sa vie. Mais, incapable de retranscrire toute la perfection du chant pur et envoûtant de la dame en noir, qui, depuis la bataille de Montenotte, hante la totalité de ses nuits, son cahier de partitions reste vierge…

A San Zaccaria, en novembre de la même année, alors qu’il est venu assister au Vêpres, Johannes reçoit une nouvelle fois la visite de la belle inconnue.
Agenouillé, transi d’émotion à l‘écoute de son chant, Johannes garde les yeux fermés afin d’en profiter pleinement.
Lorsqu’il les rouvre, la dame en noir a encore disparue…

Intrigué par l’impossibilité d’écrire l’opéra de ses rêves, puis par le chant de la dame en noir qui désormais le hante jour et nuit et enfin par la présence, dans la maison qui l’accueille, d’un mystérieux violon noir qui, étrangement, la lui rappelle, Johannes décide alors de se confier à son hôte …

Lorsqu’ après bien des hésitations il le fera, celui-ci lui apprendra que, lui aussi, a reçu, par le passé, la visite de cette femme très belle.
Un verre à la main, une lueur dans les yeux, enchaînant sur l’histoire de sa propre vie, le vieil homme lui révélera également l’étrange secret du violon noir…


~ Vingt lignes et une invitée afin de vous convaincre de le lire ~
Pour vous convaincre de lire le livre de Maxence Fermine, j‘aurais pu dire de celui-ci, qu’il est énormément plaisant. Que, de par son écriture facile et poétique, sa lecture vous rapprochera du rêve. Que, fait de phrases simples et courtes, il enchantera celles et ceux qui détestent les dictionnaires. Que les à peine 130 pages à très gros caractères qui le composent raviront les lecteurs pressés. Que les à peine 130 pages, riches de style, n’ennuieront pas celles et ceux qui aiment prendre leur temps. Que son discours essentiel, caché sous le symbole, plaira certainement aux aficionados de la lecture - grattage de tête. Qu’écrit à la manière d’un conte, il devrait captiver même les plus jeunes d’entre vous. Que, paru dans la collection Points, le prix de ce livre n’est en aucun cas un obstacle à sa lecture…
Mais bon, à tout cela, et plus sérieusement, parce que mon envie de vous amener à ce livre est vraiment très forte, je préfère largement citer un extrait de l’excellent teaser qu’en avait fait, ici même, Echoesofmyfootsteps.
Mieux que je n’ai su le faire, celui-ci devrait vous convaincre. En Novembre 2003, elle disait :
« Le violon noir de Maxence Fermine ?….Un tout petit fascicule, vraiment. L'air de rien... un modeste conte. En quelques pages, fort aérées, il vous conduit aux sommets. Montant en intensité graduellement, il atteint le sublime et touche au génie. Un tour de force? Non, tout juste un peu de magie, de pureté, de sobriété, de poésie... et un grand talent d'écriture en filigrane.
OOoooh j'oubliais, c'est une CONSTANTE chez Fermine, ces tout petits romans fins et concis comme des haïkus… »

...


~ L’étrange secret du violon noir ou les trente lignes destinées à celles et ceux qui ne liront pas le livre, mais qui, néanmoins, veulent en connaître la fin ;o) ~

Arrivé à Venise, mais bien que tout le prédispose à poursuivre l’écriture de son unique opéra, Johannes Karelsky se trouve dans l’incapacité d’en écrire la moindre ligne. Hanté désormais jour et nuit par le chant d’une femme très belle et par un violon noir qui la lui rappelle, il décide de s’en remettre aux conseils du vieux luthier.

Erasmus, puisque c’est son nom, va alors lui raconter son histoire…

La voici, résumée :
Autrefois élève de Francesco Stradivarius, Erasmus a consacré toute sa vie à la musique. Grâce, ou à cause de cela, il va, lui aussi, rencontrer la très belle dame en noir. Envoûté par sa beauté et par son chant, il se décide à en reproduire la perfection en fabriquant un violon de couleur noire. Mais une commande passée par un riche comte vénitien - celui-ci désire offrir un violon de la célèbre Maison à sa fille Carla - va cependant l‘en détourner.
Respectant à la lettre les strictes consignes de son illustre Maître, mais travaillant jour et nuit, Erasmus ne met que quelques semaines à façonner l’instrument.
Lorsqu’à Venise, il rencontre Carla pour le lui remettre, Erasmus est non seulement frappé par sa beauté, mais aussi par le fait qu’elle lui rappelle son rêve. Sentiment encore renforcé, quand un soir, il l’entendra chanter.
Amour fou d’un homme de condition modeste pour une princesse richissime, Erasmus n’a aucune chance de parvenir à ses fins. Néanmoins, afin de prouver ses sentiments à son égard, il s’engage à fabriquer pour elle un instrument qui aurait sa beauté, ses formes, la perfection de sa voix et la couleur noire de sa chevelure.
Malgré la folie du pari, Erasmus va y parvenir.
Désireux de montrer l’instrument à l’élue de son cœur, Erasmus entreprendra alors un dernier voyage pour Venise. Il apprendra là-bas, que non seulement celle-ci à perdu sa voix mais aussi sa beauté envoûtante.
Elle mourra quelques temps après, sans que sa maladie ne s‘explique, le laissant à une vie remplie de douleurs et de solitude.
Quelques temps après sa confession, Erasmus décèdera à son tour.

Avant de quitter Venise et l’armée, Johannes brisera le violon de son ami.
De retour à Paris, il consacrera le reste de sa vie à composer son unique opéra. Y parvenant, mais ne pouvant être chanté par Carla, la mystérieuse dame en noir, il finira par le brûler.
Libéré définitivement par son geste de l’œuvre de bien des années d’efforts et satisfait de l’avoir commis, Johannes s’endormira, cette nuit-là, heureux pour la première fois de sa vie.
Son but désormais atteint, il ne se réveillera plus…

Conte sur la quête de l’ultime perfection - incroyable comme le chiffre 7 qui en porte le symbole est présent dans le roman de Maxence Fermine - le discours du violon noir m’a semblé s’articuler autour que d’un seul thème, mais ô combien essentiel dans nos vies :

Si les rêves sont souvent les moteurs de nos actions les plus grandes, ils peuvent, lorsqu’ils ne sont que recherche d’absolu, quête de perfection ultime, empêcher leur réalisation. Il nous faut donc savoir les briser toujours afin de rendre ces dernières possibles.
De plus, l’idée que nous nous faisons de la perfection est toute subjective… Sa définition n'est probablement pas la même pour tout le monde … Aussi, que sa recherche nous empêche jamais d’agir, quand bien même, nous serions seul à profiter des actes qui l’ont motivée…;o)


Comment Maxence Fermine transmet le message…

Parce qu’elle est très belle et que son chant est ensorcelant, la dame en noir représente la perfection ultime. Parce que Johannes espère retranscrire sur le papier la qualité de son chant, elle est un but à atteindre, et parce qu’il lui est impossible de le faire, elle n’est qu’un rêve…
Johannes est donc incapable d’écrire son opéra, parce qu’il souhaite atteindre, pour celui-ci, la perfection ultime - celle de la dame en noir qui en est le symbole.

Lorsque’ Erasmus raconte son histoire à Johannes, celui-ci va comprendre que le violon noir n’est qu’un rêve impossible, celui de l’amour d’un homme de condition modeste pour une très riche princesse. Construit à l’identique de Carla, la dame en noir, il en porte aussi la perfection.
Toxique, quand il ne se vit pas - c’est la vie misérable du vieux luthier après la mort de Carla - Johannes va alors réaliser que tout rêve de perfection, quand il est impossible à réaliser, immobilise. Comme le violon noir en porte le symbole, il va alors le détruire.

Même si le geste le libère et lui permet d’écrire enfin son opéra, Johannes, rêvant toujours de perfection - celle-ci, depuis la mort de son ami, porte désormais un nom, celui de Carla - mettra trente et un ans pour le finir.
Lorsqu’il parvient à en écrire la dernière note, il réalise alors, que même parfait, Carla n’étant plus de ce monde, aucune interprète ne sera capable de le chanter comme il le souhaiterait… il le brûle alors et son geste va le satisfaire…

Pourquoi ?

Peut-être …parce qu’il comprend que Carla n’est que SA dame en noir et non pas LA dame en noir. Définition de la perfection pour lui et aussi pour son ami, elle n’en est pas pour autant universelle. Aussi, quand bien même son opéra atteindrait la perfection, ce ne serait jamais que la sienne.…

Opéra à tout jamais détruit, mais totalement achevé et conforme à l’idée qu’il s’était fait de la perfection, Johannes va réaliser qu’il a finalement réussi sa vie.
Arrivé au terme de cette dernière, il va mourir heureux …Qu’importe s’il y a raté la gloire, puisqu’il y a trouvé le bonheur… ;o)

Quelques notes sur l’auteur…
Maxence Fermine est né à Albertville en 1968. Après une année passée en faculté de lettres, il opte pour l’architecture. Diplôme en poche, il s’embarque pour l’Afrique, des bouquins plein ses valises.
Passionné par le désert, il s’installe quelques temps en Tunisie.
De retour en France, il abandonne l’architecture pour revenir à ses premières amours, la littérature.
Le violon noir, paru chez Arléa en 2000, est son deuxième roman.

...


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Commentaires sur cet avis
Tyfene

Tyfene

27.08.2004 12:12

excellent avis sur un livre qui me semble merveilleux, bise E

chaudard1

chaudard1

07.08.2004 09:45

Mais va falloir le lire impérativement .

the666souls

the666souls

03.08.2004 20:38

elle est dangeureuse mais efficace apparement!!!!!!!!!!!!! très bon avis!!!:)) @+++

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