52ème Biennale d'Art Contemporain de Venise, pavillon de la Belgique

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52ème Biennale d'Art Contemporain de Venise, pavillon de la Belgique

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Avis sur "52ème Biennale d'Art Contemporain de Venise, pavillon de la Belgique"

publié le 03/10/2007 | madmike
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Avis : 4374
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30/01/17... Pénélope Fillon aurait été payée par La revue des deux mondes presque sans écrire, alors que les ciaonautes devraient écrire sans être payés... Cherchez l'erreur ! ;o(
Excellent
Avantages Le pavillon original et plein d'humour...
Inconvénients ...d'une Belgique alternativement flamande et wallonne.
très intéressant
Intérêt
Fréquentation et Affluence
Amplitude Horaire
Accueil et Service
Propreté

"Histoires belges"

Duyckaerts Eric, Palais des glaces et de la découverte - le labyrinthe

Duyckaerts Eric, Palais des glaces et de la découverte - le labyrinthe

La Belgique fait partie des nations ayant un pavillon national au sein des Giardini, le site historique de la Biennale de Venise, et a presqu'autant de problème à l'utiliser que la Tcécoslovaquie, qui n'existe plus en tant que telle qu'à Venise et hésite suivant les éditions entre partage ou alternance, puisque si la Belgique est (encore ?) un seul pays, elle est divisée, et le mot est faible, en deux communautés linguistiques, Flandres et Wallonie.
Le pavillon belge se voit ainsi alternativement confier à l'une ou l'autre des deux communautés linguistiques, la 51ème édition en 2005 avait d'ailleurs suscité un petit scandale parce que la Flandre, alors dépositaire du pavillon, y avait fait hisser le seul drapeau flamand, au grand émoi des wallons !
La règle de l'alternance nous vaut donc un francophone pour la 52ème édition, et c'est en l'occurrence Eric Duickaerts, que j'ai découvert à cette occasion, qui y propose son palais des glaces et de la découverte…


La Belgique est de tradition surréaliste.
André Magritte et Paul Delvaux furent les représentants historiques de cette tendance en Belgique, avec leurs toiles oniriques et ambiguës, et ils trouvèrent dès les années 70 un digne successeur avec Marcel Broodthaers, capable de créer un faux « Musée d'Art Moderne - Département des Aigles » pour la Documenta 5 à Kassel, une sortie qui marqua suffisamment les esprits pour que l'installation soit reconstituée en 1992 à la Documenta 9, toujours à Kassel.
Les années 90 virent une nouvelle génération émerger, d'un Patrick Corillon qui narrait les aventures imaginaires d'un écrivain tout aussi imaginaire, Oskar Serti, à un Guillaume Bijl capable d'inventer un faux musée de cire de la Documenta, jusqu'à un Wim Delvoye spécialisé dans l'art et le cochon, puisqu'il créée des œuvres sur peau de cochon, tatouées directement sur la bête, quand il ne collectionne pas les Vaches qui Rit, comme dans son installation LVQR de la Biennale de Lyon en 2005.
La Belgique est surréaliste, et régulièrement l'on découvre en provenance de nos voisins d'outre-Quiévrain l'un de ces nouveaux artistes capables de brocarder avec humour le monde de l'art et le pédantesque, une tradition farceuse à laquelle se rattache Eric Duickaerts…


L'installation est amusante.
La salle centrale du pavillon de la Belgique est occupée par un labyrinthe de glaces, un peu plus simple cependant que les palais des glaces des fêtes foraines, et l'espace central se transforme ainsi en un espace ludique pour grands enfants, chacun s'amusant à parcourir le dédale de verre, et rejoindre le côté en face.
Des moniteurs y diffusent les conférences d'Eric Duickaerts, et les petites salles latérales sont dévolues à des télévisions de plus grandes dimensions dédiées au même programme, tandis que dans l'antichambre les textes des conférences, ou plutôt une partie des textes, sont affichées, sous la forme de textes placardés, un peu comme des affiches soixante-huitardes.
Le visuel est amusant, avec cette salle centrale monopolisée par le labyrinthe de verre, et l'on n'a pas l'impression d'un art qui se prend la tête, d'un art de prétention, mais simplement d'un lieu de fantaisie, où il fait bon flâner, traîner un petit peu, se reposer du côté trépidant d'une biennale où il y a tant de choses à voir…


Les conférences valent le détour.
Eric Duickaerts était paraît-il là pour l'inauguration, j'avoue avoir attendu l'ouverture au public pour visiter la Biennale, et donc raté son intervention live, mais la vidéo a ceci de magique qu'elle permet d'immortaliser les conférences, qui sont ainsi diffusées en boucle sur les moniteurs et écrans télés, le cycle complet dure quarante-cinq minutes, mais, comme chaque conférence ne dure que trois ou quatre minutes, il est fort aisé de se contenter d'un échantillon.
L'artiste a pris la tête d'un conférencier, cheveux plaqués et nœud papillon, et il disserte avec assurance sur le labyrinthe, en un propos apparemment sérieux, et totalement surréaliste, alignant les enchaînements apparemment logiques avec la virtuosité d'un sophiste, l'on est quelque part entre les sketchs pseudo-scientifiques d'un Norbert Aboudaram et le détournement de motq d'un Raymond Devos, autre belge, le propos est superbe de délire contenu, et étrille au passage et mine de rien tous les pontifiants qui monopolisent les écrans, et y imposent leur langue de bois convenue.
C'est drôle, la loufoquerie sous-jacente minant sournoisement l'apparent sérieux du propos, et l'on peut presque penser qu'Eric Duickaert est passé à côté d'une carrière de chroniqueur radio-télé, il y a du professeur Gelück dans son sérieux feint, dans ses mots alignés avec une logique aussi implacable que spécieuse…


Ceci est du belge, nom d'une pipe !
Les héritiers de Magritte sont toujours bien vivants, et Eric Duickaert démontre avec talent et humour que le plus court chemin d'un point G à l'heure H est le labyrinthe, des dalles qu'il en fil avec beaucoup de talent en une installation et une série de vidéo-conférences surréalistes, et qui valent le détour et le coup d'œil.
Le pavillon belge n'est pas toujours bon, très variable suivant les éditions, les aléas linguistiques des sélections valant parfois à des tâcherons une place imméritée, il est cette année absolument superbe et parfaitement à part, à ne pas rater…

Note : 9/10


* Le palais des glaces et des mirages, Eric Duickaerts
- pavillon de la Belgique, dans le cadre de la partie "Giardini" de la Biennale, jusqu'en novembre 07
- de 10h00 à 18h00 tous les jours sauf lundi


PS : et dans la série "la ciao team n'a pas enlevé ses moufles", l'illustration de la rubrique est tout bonnement une vue du pavillon Italien de la Biennale, situé à l'Arsenal et non dans les Giardini - les autres photos sont par contre des vues du palais des glaces et de la découverte prises par mes soins... ;o)

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Commentaires sur cet avis

  • willymax publié le 13/03/2009
    ça doit quand même être génial ce palais des glaces
  • olivier1965 publié le 08/10/2007
    Encore une belle visite. A part Bruges je ne connais rien de la Belgique.
  • Matthieu publié le 04/10/2007
    Je ne connaissais pas du tout cet endroit, en tout cas tu en fais une magnifique description, très détaillée et inspirée. Ca mérite un grand E !!!
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