Village de Wayen, Ouidi

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Village de Wayen, Ouidi

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Avis sur "Village de Wayen, Ouidi"

publié le 24/02/2014 | madmike
Membre depuis : 16/06/2000
Avis : 4374
Lecteurs satisfaits : 69
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30/01/17... Pénélope Fillon aurait été payée par La revue des deux mondes presque sans écrire, alors que les ciaonautes devraient écrire sans être payés... Cherchez l'erreur ! ;o(
Super
Avantages Un village pittoresque à quelques dizaines de kilomètres de Ouaga seulement...
Inconvénients ...même si la visite en est par essence relativement rapide.
exceptionnel
Rapport qualité prix
Transport
Culture et découverte
Sécurité
Hospitalité

"J'ai ouï dire qu'à Ouidi..."

Village de Wayen, Ouidi - La cour intérieure d'une concession familiale

Village de Wayen, Ouidi - La cour intérieure d'une concession familiale


...




Préambule




Je n'avais atterri à Ouagadougou au Burkina Faso que dans le dessein de mettre le cap sur le Bénin voisin, dont le nord est plus proche de la capitale burkinabé que de la ville principale béninoise, Cotonou, et, après une nuit moyennement réparatrice, compte tenu des moustiques teigneux et du matelas dur, le temps était venu de commencer la route.


Je prenais donc place à bord du Toyota Landcruiser qui est le véhicule de rigueur dans ce genre de pays aux routes incertaines, et bientôt le véhicule quittait Ouagadougouvia la RN4 , Route Nationale n°4 qui mène vers l'Est (c'est-à-dire vers le Niger, même s'il n'est pas conseillé de continuer jusqu'à la frontière vu l'insécurité djihadiste qui règne dans ce pays).


La route s'avéra bitumée et en bon état, chose suffisamment rare au cœur de l'Afrique pour être notée, et je m'amusais de noter que les panneaux signalant les villes et les bornes le long de la route étaient encore ceux du temps jadis, fleurant bon la France d'antan. C'est quand même un paradoxe qu'il me vaille aller en pleine Afrique pour pouvoir payer en francs (CFA en l'occurrence, mais un franc CFA c'est un ancien franc de chez nous) et voir des panneaux bien de chez nous et non point européens...


Les kilomètres passaient sans souci, et nous étions encore dans le département du Plateau Central (les noms de département ne sont pas très poétiques au Burkina Faso ) lorsque vint le temps d'une première halte, pour découvrir un village mossi parmi d'autres, qui allait s'avérer être le village de Wayen ...





Une mosquée et des cochons




Le véhicule n'avait pas encore stoppé que je notais la présence d'une mosquée blanche, ce qui n'a rien de surprenant en ce pays majoritairement musulman - au point que les services consulaires à Paris étaient fermés le jour de l'anniversaire du prophète Mahomet, ce qui m'a permis au passage d'apprendre que l'on connaissait son anniversaire (vous me direz, on connaît bien celui de Jésus, mais j'ai quand même un doute sur fiabilité de l'état civil à Bethléem au vu de la coïncidence qui fit naître le petit Jésus juste au moment du très païen solstice d'hiver).


L'islam n'est cependant pas omnipotent ici, puisque je verrai bientôt des cochons profiter paisiblement de l'ombre des greniers à blé pour se reposer à l'abri de la chaleur : les animistes cohabitent harmonieusement dans ce village avec les musulmans, un exemple dont j'espère qu'il durera - quand je vois à la télévision le soir venu les nouvelles de massacres interconfessionnels venus de Centrafrique, je ne peux m'empêcher de me demander si cet équilibre paisible n'est pas fragile sans que l'on ne s'en doute...





Une concession sans concessions




Le village est, comme c'est la coutume en Afrique Occidentale, composé de concessions - il ne s'agit pas ici d'un terme administratif comme lors de la ruée vers l'or, mais tout bonnement du terme utilisé pour désigner les enclos familiaux ceints d'un mur. Le principe, c'est chacun chez soi et les cochons seront bien gardés, et donc chaque famille réside dans une de ces concessions, même si en pratique on passe beaucoup de son temps dehors, aux champs ou au forage procurant la précieuse eau.


La concession se compose d'une série de cases rondes, construites en torchis, autour d'un vaste espace central découvert. Chaque case correspond à une des femmes avec ses enfants, sauf l'une d'elle attribuée à l'homme - la polygamie est encore largement développée, et c'est donc une case pour monsieur, et une pour chacune des madames associées, l'espace central jouant le rôle de pièce commune à tout le monde (l'équivalent à ciel ouvert d'un salon/salle à manger).


Le feu chauffe joyeusement lors de mon passage, l'on prépare le dolo , la bière de mil traditionnel, à l'aide d'un four amélioré : il s'agit d'un foyer commun à quatre fours, ce qui permet de minimiser les déperditions de chaleur, et donc d'économiser le bois de chauffe, rare dans cette zone soudano-sahélienne où le bois n'est pas disponible en quantité illimitée ! J'apprends au passage que l'introduction de ces fours améliorés est récente, cela prouve qu'il y a des ONG et/ou des organismes gouvernementaux qui travaillent efficacement et concrètement pour sauver la région du déboisement, et ne se contentent pas de grandes déclarations.


Je décline au passage poliment l'offre qui m'est faite de déguster le dolo , merci, les expériences culinaires exotiques, j'évite...




Âne, mon frère âne




La moto chinoise a beau avoir envahi l'Afrique (ça remplace ici la voiture, en moins cher mais permettant quand même de transporter deux personnes et leurs enfants en équilibre précaire), c'est encore l'âne qui fait l'essentiel du travail dans ces zones rurales. Les ânes sont donc présents près de chaque concession, entravés au niveau des pattes avant pour les dissuader d'aller se promener trop loin.


Les greniers sont quand à eux des petits silos de pailles, dressés au-dessus du sol : l'écart ménagé entre le sol et les greniers préserve les récoltes des animaux (rongeurs notamment) et de l'humidité (en saison des pluies), tout en procurant de l'ombrage aux animaux domestiques - en particulier les poules sont les premières à s'y réfugier dès que le soleil commence à taper !




Et puits encore




La balade se continue pour arriver au forage, datant de 2010. La terre est sèche, mais l'eau est en fait présente dans la nappe phréatique, ici point trop profonde (quelques mètres seulement, alors que parfois il faut creuser jusqu'à cinquante mètres pour dégotter la précieuse eau).


Les femmes sont groupées autour du forage, papotant joyeusement en attendant leur tour de remplir leurs récipients de plastique. Il est en effet de tradition en Afrique occidentale que les femmes s'occupent de l'eau, et la création de tels forages à proximité des villages leur a évité de longues marches en quête de l'indispensable eau ! Et lorsque la charmante créature qui m'accompagne s'essaye à son tour au pompage (et je dois reconnaître qu'elle est experte en l'art de pomper), les rires des femmes s'accroissent, amusées qu'elles sont de voir une touriste s'essayer par plaisir à ce qui est leur corvée quotidienne !


La pompe à main a paraît-il été déjà réparée cinq fois depuis sa mise en service en 2010, un entretien financé grâce au paiement par les utilisatrices d'un droit modique lié à leur consommation, en l'occurrence 25 francs CFA (soit 25 centimes de francs ou quatre centimes d'euro) par bidon de 25 litres, une somme qui permet de rémunérer le gardien de l'eau et de payer les frais afférents.


La bonne gestion de ce forage ne s'arrête pas là, puisque l'eau qui n'est pas récupérée dans les bidons (notamment lors des changements de contenants) s'écoule dans une rigole, conduisant à une sorte d'auge, utilisée aussi bien pour permettre aux animaux de s'abreuver que pour la préparation du benco , terre crue qui est le matériau de construction le plus utilisé par ici...


Il est temps désormais de reprendre la route vers la frontière béninoise, non sans jeter un peu plus loin un coup d'œil au majestueux baobab visible à proximité de la route...




En conclusion




Le village de Wayen est authentique et paisible .


Ce village de l'ethnie mossi , situé à quelques dizaines de kilomètres de la capitale burkinabé, vit encore au rythme des traditions et de la culture extensive, et il constitue une halte pittoresque le long de la route...


Note : 7/10



* Village de Wayen
- commune de Ouïdi
- sur la RN4, à droite en direction du Niger lorsque l'on vient de Ouagadougou


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Commentaires sur cet avis

  • willymax publié le 09/04/2014
    le texte, les photos, les détails : tout est parfait
  • zonderk publié le 01/03/2014
    un seul mot : exceptionnel
  • All-yan25 publié le 01/03/2014
    EEEEEEEEEEEEEEEEE, j'adore toujours autant les photos.....
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