Plus à mon sujet:" ✿ J'aimerai bien revenir sur le site mais j'ai la flemme. ✿ " (lilybee85) ...
Membre depuis:31.01.2007
Avis:70
Lecteurs satisfaits:19
Cet avis a été évalué par 12 membres de Ciao en moyenne: très intéressant
Après deux EP et l'album Silent Alarm en 2005, le quatuor rock britannique Bloc Party fait son retour cette année avec Weekend in the City. Un album bien étrange, à l'atmosphère très particulière qui séduit et repousse l'auditeur dans un grand jeu de "je t'aime, moi non-plus" qui ne laissera en tout cas personne indifférent.
01. Song for Clay Intro très lente et presque a capella. La voix de Kele Okereke est écorchée, bouleversante et nous prend aux tripes dans une sorte de prière émouvante. Mais ce moment d'émotion fait rapidement place à un gros son rock distordu à la Franz Ferdinand. La suite est un mix de ces deux aspects: la musique reste rythmée mais la voix ne prend pas beaucoup plus d'assurance. Parfois presque cacophonique, ce morceau ne nous emballe pas vraiment malgré le talent qui transparaît clairement. En tout cas, la nouvelle orientation électro-rock du groupe se fait sentir. Plus sombre que ceux du précédent album, ce premier titre donne sur de nombreux points la couleur du reste de la galette.
02. Hunting for Witches Intro à base de sons psychédéliques et de voix samplées. On reste dans un univers étrange, déréglé; puis une guitare émerge, pas vraiment rassurante. La voix si particulière du chanteur suit le mouvement et le morceau se démocratise au fur et à mesure. Le refrain paraît presque "normal", conventionnel. Les couplets sont assez agressifs pour les oreilles, pas que la musique soit violente mais l'expérimentation sonore est encore une fois difficile à suivre. L'ambiance est toujours sombre et froide, toujours un peu surnaturelle et hypermoderne. Le texte n'est pas pour nous réconforter: "I'm sitting on the roof of my house / with a shotgun and a six pack of beer / the newcaster says the ennemy is among us / as bombs explode on the 30 bus / kill your middle class indecision / now is not the time for liberal thought / so I go hunting for witches / head are going to roll".
03. Waiting for 7.18 L'intro est enfin rassurante. Une douce musique aux sons de clochettes très Christmas spirit. La voix de Kele est encore une fois susurrée de manière un peu inquiétante mais la musique est plus classique. Au final on a du pop-rock avec des sonorités et une ambiance à la Killers, toujours froid et moderne.
04. The Prayer Du rythme sur l'intro à base de hands clapping. On se croit enfin revenu à quelque chose d'habituel...
Photos pour Weekend In The City, A - Bloc Party
Le quatuor
Vous l'aurez compris, ce n'est pas encore pour tout de suite. La voix saccadée du chanteur dans des accents de marabout ou de vieux sorcier prononçant quelque incantation maléfique nous replonge dans un album décidément bien étonnant. En fond, la musique est énervée à la Rage Against the Machine. Le refrain paraît classique sur le chant mais décalé par rapport à la musique et notre cérébral n'est toujours pas au repos. Il faut débroussailler, on avance péniblement dans ces sons qui semblent ne pas vouloir s'accorder, on a du mal à se dépêtrer d'une musique qui nous englue et semble nous happer telle une plante carnivore. La fin est un patchwork de samples de sons divers et on ne quitte pas un univers de plus en plus psychédélique mais aussi inquiétant et une atmosphère très lourde.05. Uniform Fausse alerte, encore une? L'intro est une nouvelle fois à peu près normale. Calme. Trop, peut-être. La voix suit le même schéma, calme, murmurée, accompagnée d'une seule guitare électrique et d'une percussion, presque impreceptible. Lorsque la machine commence à se mettre en branle et à prendre du volume on se croit sauvés mais décidément non, on revient au début. Enfin le son passe au rock et la chanson change de visage aux 2:40. Presque trop normal, on s'attend au pire. Assez déjanté, ce passage n'est pourtant pas à la hauteur de nos craintes, on retrouve un rock certes toujours cérébral et torturé mais à peu près abordable pour les esprits formatés que nous sommes. Il y a un troisième changement interne de schéma et de thème vers les 4:10 mais on n'est plus à cela près. La fin part en live complet: les guitares saturent, se brouillent, s'entrechoquent mais enfin nous laissent dans un repos bien mérité, accompagné par la voix à nouveau murmurée de Kele.
06. On L'intro est en forme de calme avant la tempête. Un unique son électronique, une percussion très discrète et cette voix venue d'ailleurs toujours murmurée. Après le murmure l'écorchure: le backsound ne varie pas mais la voix se déchire plus violemment. Tandis qu'elle se calme, la musique rattrape son retard et les deux composantes se mettent au même niveau, un niveau moyen, ni trop bas ni trop haut, asez agréable mais toujours pas reposant. cette ballade est finalement peu marquante. L'ambiance glaciale n'a pas variée, la ballade se fait au milieu des saules pleureurs morts sur une berge humide par un matin brumeux. Brrrh, rallumer le chauffage... On.
07. Where is home Que des paroles prononcées façon l'exorciste pour commencer. Les choeurs derrière font incantations vaudous ou rites sataniques. Ensuite on a un duo batterie-voix très tribal mais aussi très moderne, hypermoderne, donc. Inutile de vous réciser que l'ambiance est toujours très accueillante... La voix de Kele Okereke ressemble comme deux gouttes d'eau à celle de Robert Smith sur cette plage et le morceau est assez Cure dans l'esprit. Les sons continuent de se mêler aux voix dérangeantes, comme des appels au secours lancés dans le vide. Si on se laisse à fermer les yeux, des scènes post-apocalyptiques nous viennent à l'esprit, aidés par des sons d'arme à feu. les guitares prennent d'ailleurs des accents assez black metal, puis les sons extra-terrestres viennent déchirer ce qui nous reste de tympan. Ca y est, on est vidé, on n'est plus humain, les quatre derniers morceaux s'annoncent éprouvants...
08. Kreuzberg Est-il encore utile de préciser que l'intro est inquiétante? Quelques accords de guitare semblent se perdre dans le lointain. Le chant se cale doucement dessus puis les instruments (dont la percussion) qui viennent rejoindre ce duo rapellent un peu l'ambiance d'un Coldplay. Pas grand-chose à dire sur ce titre, la référence à Coldplay est assez explcite, la voix claire et fluette de Chris Martin en moins.
09. I still remember Voici enfin un morceau connu! Eh oui, I still remember passe en radio. Pop-rock assez classique, encore assez proche des Killers dans les sonorités, rythmé, bien équilibré entre montées et descentes, assez comercial en somme, ce morceau fait presque tâche dans un album aussi surnaturel mais finalement c'est reposant et on ne boude pas cet intermède.
10. Sunday Intro rock et rythmée, d'une rythmique presque tribale, mais la voix et les accords un peu planants donnent un aspect rock des '70s/'80s. Finalement, le tout reste encore assez classique. Comme le titre précédent, Sunday parle d'amour: décidément, que de classicisme, on en viendrait presque à regretter l'étrangeté du reste de l'album.
11. SRXT Non, le nom de cette chanson n'est pas prononçable. Si cela peut vous rassurer, le texte ne permet pas vraiment de le comprendre mieux, d'ailleurs. Lorsque le morceau commence on est quand-même tout heureux de retrouver des sons plus angoissants les uns que les autres puis la voix de Kele Okereke qui semble nous parvenir d'outre-tombe. On a presque eu peur que Bloc Party finisse son album normalement, mais non, non non, pas d'inquiétude excessive, c'est toujours aussi flippant. Très lent, ce morceau en forme de requiem finit bien un album décidément à déconseiller en cas de déprime. La fin du titre est puissant et prenante, mais vraiment pas plus joyeuse. Pas de ghost track à signaler.
Ca y est! On est enfin sortis de Weekend in the City, le nouveau Bloc Party. Sortir de cet album c'est tout de même un peu sortir des méandres d'un Enfer froid et inextricable. Le groupe électro-rock britannique nous a en effet entraînés dans un voyage fascinant et dérangeant, à travers les méandres d'une musique complexe, qui fait travailler nos méninges. On réagit assez spontanément face à l'effrayant de cet album, au dérangeant, au torturé psychologique qui tourne au psychopathologique, mais cette musique travaillée, déstructurée mais cohérente n'est pas facile à pénétrer. Pourtant, elle nous englue, nous captive, nous fascine tant qu'elle nous inquiète et on n'arrive pas trop à s'en détacher, à l'osculter de loin. on voyage dans un monde surnaturel, post-apocalyptique, hypermoderne, chaotique et froid, une sorte de mort glacée où subsistent de petits fragments de vie bien seuls et désespérés, des êtres désincarnés. Weekend in the City n'est pas un album agréable à écouter mais c'est une expérience à faire, il nous plonge dans un état d'esprit très particulier qui, comme une drogue, est aussi irrésistible que désagréable. Si l'on passe un peu au-dessus du ressenti (ce qui est assez dur au demeurant), on retrouve des influences et des ressemblances dans la musique de Bloc Party. En premier lieu nous vient à l'esprit The Cure. Kele Okereke, dans un autre style de Robert Smith, nous entraîne lui aussi dans un autre univers avec cette voix si étrange, si surnaturelle, si écorchée et profonde. Les sonorités froides et le côté déstructuré cohérent sont aussi à mettre en lien avec la musique du groupe mythique des années 1970, 1980 et 1990 (et même 2000). Pour le côté froid et moderne de l'électro-rock de Bloc Party, on peut retrouver la trace des Killers qui proposent toutefois une musique bien plus policée, qui sort moins des cadres. Anti-commercial, Weekend in the City est donc un travail de recherche sonore et musicale intéressant. Mais sans doute notre cérébral travaille-t-il trop, sans doute l'écoute n'est-elle pas assez agréable pour que l'on soit séduit. Le nouveau Bloc Party: une expérience à faire, pas forcément plus d'une fois.
Bravo pour cette description superbe ! Pas toujours évident de mettre des mots sur de la musique, mais tu le fais avec brio =) J'avais plutot bien apprécié le 1er album... je tendrais une oreille sur celui là, pour ne pas rester indifférent ^^
07.07.2008 16:43
il était amoureux de toi ourson ou quoi ?
14.08.2007 16:46
Bravo pour cette description superbe ! Pas toujours évident de mettre des mots sur de la musique, mais tu le fais avec brio =) J'avais plutot bien apprécié le 1er album... je tendrais une oreille sur celui là, pour ne pas rester indifférent ^^
29.04.2007 21:20
je ne connais pas...bon avis!!!