Sécurité minimale...

1  14.01.2007

Avantages:
Euh .  .  .

Inconvénients:
Tout  !

Recommandable: Non 

Détails:

Service à bord

Confort des fauteuils

Ponctualité

Prix

Sentiment de sécurité

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slasher-fun

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Membre depuis:22.03.2006

Avis:12

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Cet avis a été évalué par 9 membres de Ciao en moyenne: très intéressant

Spanair est la deuxième compagnie aérienne espagnole, après (bien sûr) Iberia créée fin 1986. Elle dispose aujourd'hui de 64 avions (22 A320, 5 A321, 3 Fokker 100 et 37 de ces horribles MD80/90), d'un âge moyen de 11 ans et demi. Elle effectue les 3/4 de ses vols comme vols réguliers, et le quart restant en tant que charters.


C'est en me rendant au Club Med d'Ibiza (fermé depuis) que j'ai eu l'occasion d'emprunter Spanair. Je n'ai même pas eu le temps de décoller... Résumé des faits :

Départ du terminal T3 (classique des charters) à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle. Vol prévu à 6h du matin, bah oui c'est ça les charters, on leur trouve un créneau où l'on peut.
A 7h30, une annonce est faite nous informant qu'en raison du retard de l'appareil, notre vol est retardé (c'est bien, on est déjà à 1h30 de retard, on s'en était pas rendus compte ^^). Première information fausse puisque l'appareil que nous allons emprunter est bien là sur le parking depuis mon arrivée en salle d'embarquement à 4h30.

A 9h30, on nous fait enfin passer la porte de la salle d'embarquement, pour nous installer dans les bus qui nous conduiront à l'avion. Eh oui au T3 pas de passerelles d'embarquement, ça se passe par bus.
En fait c'était juste pour débarrasser le terminal. Nous attendrons 30 min dans ces bus, serrés comme pas possible...

A 10h, le bus part enfin, et nous montons dans l'avion, un MD-83 de 16 ans d'âge. L'équipage fait la tronche, ça tombe bien les passagers aussi.
Une fois tout le monde installé, nous réalisons que seule une personne de l'équipage parle français. Ca va être pratique pour la communication. "Bienvenue à bord de ce vol Spanair, affrêté par Blue Line, affrêté par le Club Med, nous terminons les préparatifs du vol", ça commence bien.

30 minutes plus tard, une annonce nous est faite, nous indiquant qu'un technicien a oublié de signer un document nécessaire pour obtenir l'autorisation de décollage, et qu'il doit revenir le signer. "Ca devrait prendre 30 minutes". Je ne savais pas que Roissy était si grand.
1h plus tard, "le technicien vient d'arriver, nous allons bientôt pouvoir partir". 15 min plus tard, "c'est bon il a signé !". Personne n'a de stylo dans ces avions ? Le pilote nous souhaite la bienvenue et s'excuse pour le retard, il a un tel accent espagnol que même lorsqu'il parle anglais on ne comprend rien.

Push back puis démonstrations de sécurité. Traduction très approximative, rassurant. Durant le roulage, à chaque freinage l'avion se met à sauter littéralement sur place, un peu comme si on était sur un trampoline.
Une hôtesse se rend dans le cockpit et en ressort en faisant une tête pas possible (oui pire que ce qu'elle faisait déjà avant). Très rassurant.

Après 5 minutes de roulage, nous nous présentons enfin à l'entrée de la piste. Il est 11h45, ça fait donc 5h45 de retard.
Point fixe à 40% de N1, accélération, V1, V.... eh non ! Juste avant la rotation, le pilote effectue une procédure de RTO (Rejected Take Off), en gros un freinage à la puissance maximale, et manque de sortir de la piste (ouf une échappatoire était là). Là on se dit "tiens ça sert à ça les ceintures". Au bout de 2 minutes sans bouger, on nous annonce qu'en raison d'un problème technique il va nous falloir rentrer au parking, qui est rappelons-le situé à 5 minutes de notre position actuelle.

Et là le pire arrive : après 2 minutes de roulage, l'avion s'arrête, et l'on nous annonce texto ceci : "Finalement c'était rien, on avait oublié d'allumer une lumière, on va tenter de redécoller quand même". La dernière partie de la phrase ne sonne pas très bien aux oreilles des passagers, dont une bonne partie souhaite alors descendre de l'appareil, ce que les hôtesses refusent. Une s'en va signaler la situation au commandant de bord, qui choisit finalement de revenir au parking débarquer tout le monde.

Il est 12h, et tout le monde revient tel un troupeau dans un Terminal T3 où les agents de sécurité sont bien surpris...

Après plusieurs heures attentes, nous décollerons finalement à 23h20 sur un B757 de la compagnie britannique Thomas Cook (super classe au passage).


Recherches post-évènement :

L'avion est un MD-83 immatriculé EC-GXU, MSN 49622, premier vol effectué le 30 juin 1988. Après avoir servi à LAC et Meridiana Air, deux compagnies espagnoles, il arrive chez Spanair le 1er août 1992, et changera 3 fois d'immatriculation au sein même de la compagnie entre 1992 et 1993, puis une nouvelle fois en 1997. Pour cacher quoi ?

Petit tour sur notre ami Google, qui nous apprend plusieurs choses sur l'époque où l'appareil s'appelle EC-GXU (depuis 1997 donc) :
  • En 2001, l'équipage de l'appareil effectue un demi-tour au bout de la piste à Glasgow, Écosse. Le pilote calcule mal son coup, et l'appareil vient s'embourber dans la boue. Le train d'atterrissage en prendra un coup au moment de tirer l'appareil de là, ce qui fera 3 jours d'indisponibilité pour vérifications et réparations.
  • En août 2003, durant une opération de maintenance dans un hangar à l'aéroport de Copenhague, l'appareil s'effondre littéralement sur son train d'atterrissage, et restera indisponible durant deux mois. Voilà qui explique donc l'origine des secousses au freinage...
  • Et donc en 2004 (car cette histoire date de 2004), casse d'une pièce du train d'atterrissage (encore), une pièce de remplacement a dûe être ammenée du Danemark pour que l'avion puisse être autorisé à redécoller. L'avion devait faire deux A/R Paris-Ibiza dans la journée (premier décollage à 6h de Paris, puis Ibiza à 10h, second décollage de Paris à 14h, et enfin retour d'Ibiza à 18h), l'appareil partira finalement avec les passagers du vol de 14h à 21h, après réparations et vérifications d'usage.

Conclusion : Spanair a peut-être de petits prix d'après ce que j'ai pu lire dans les autres avis, mais elle se moque éperduement de la sécurité de ses passagers, ne leur fournit aucune information réelle, et pire, est prête à leur faire courir des risques, chose théoriquement interdite à un commandant de bord !

C'était donc mon premier et dernier vol sur Spanair, enfin roulage plutôt puisque je n'ai même pas décollé (heureusement pour moi sinon je m'écrasais à l'atterrissage...)
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Commentaires sur cet avis
littlekang

littlekang

23.08.2008 18:02

Très bon avis, on ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec l'accident grave qu'on vient de vivre.

Abusator

Abusator

21.08.2008 00:09

C'est grâce à des retours d'expérience que nous passager pouvons faire un choix, car il s'agit de notre vie ! Merci pour ce récit.

fbsyo

fbsyo

20.08.2008 20:10

Salut, Je travaille sur le tarmac, et c'est la raison pour laquelle je voyage Air France. C'est toujours des fonctionnaires mal aimables et imbus de leur personne, mais côté professionnalisme, rien à dire. @+

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